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Full text of "Bulletin Societe D'Histoire Naturelle de Toulouse (et de Midi Pyrenees)."

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BULLETIN 




DE LÀ 



SOCIÉTÉ 



D'HISTOIRE NATURELLE 



DE TOULOUSE 



HUITIEME ANNEE. — 1873-1874 




PARIS 
SAVY, LIBRAIRE-ÉDITEUR 

RUE HAUTEFEUILLE, 24 
1894 




BULLETIN 



DE LA 



SOCIETE D HISTOIRE NATURELLE 



DE TOULOUSE. 



TOULOUSE. — TYPOGRAPHIE BONNAL ET G1BRAC, RUE SAINT-ROME, 44. 



BULLETIN 



DE LA 



r r 



SOCIETE 

D'HISTOIRE NATURELLE 

DE TOULOUSE 



HUITIEME ANNEE. — TOME VIII 



PARIS 
SAVY, LIBRAIRE-ÉDITEUR 

RUE HiCTEFEBILLE, 24 

1893-1874 



ETAT 

DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

DE TOULOUSE. 

1er Février 1874. 

membres nés. 

M. le Préfet du département de la Haute-Garonne. 

M. le Maire de Toulouse. 

M. le Recteur de l'Académie de Toulouse. 

membres honoraires. 

MM. 

1866 D r Clos, Directeur du Jardin des Plantes de Toulouse. 

— E. Dulaurier # , Membre de l'Institut, Professeur à l'Ecole des 

Langues orientales vivantes, 27, rue Nicolo, Paris. 

— D r N. Joly ft, Professeur à la Faculté des sciences , 23, quai de 

Brienne, Toulouse. 

— D r J.-B. Noulet $s Directeur du Musée d'histoire naturelle, 14, 

rue du Lycée. Toulouse. 

— Lavocat $f , Directeur de l'Ecole vétérinaire. Toulouse. 

1868 Daguin $s Professeur à la Faculté des sciences, 44, rue Saint- 
Joseph. Toulouse. 
- D r Léon Soubeyran, Professeur à l'École de pharmacie, 1 7, rue des 
Ecoles. Paris. 

1872 L'abbé D. Dupuy ft, Professeur au Petit-Séminaire. Auch (Gers). 

— Paul de Rouville $f , Prof, à la Faculté des sciences. Montpellier 

(Hérault). 

1 873 Emile Blanchard $S membre de l'Institut. Professeur au Muséum. 

Paris. 

membres titulaires. 

Fondateurs. 

MM. D'Aubuisson (Auguste), 1 , rue du Calvaire. Toulouse. 

Bonnal (Edmond), avocat, 44, rue Saint-Rome. Toulouse- 



— 6 - 

MM. Cartailhac (Emile), Conservateur-adjoint du Musée d'histoire 
naturelle, 36 bis, rue Valade. Toulouse. 
Chalande (J. -François), 3, rue Clémence- Isaure. Toulouse. 
Fouque (Charles), 29, rue de la Pomme. Toulouse. 
D r Félix Garrigou, 38, rue Valade. Toulouse. 
Lacroix (Adrien), 20, rue Peyrotières. Toulouse. 
Marquet (Charles), U, rue Saint-Joseph. Toulouse. 
Pla, Inspecteur des Ecoles primaires, à Tarbes (H.-Pyr.). 
Trutàt (Eugène), Conservateur du Musée d'histoire naturelle, rue 
des Prêtres, 3. Toulouse. 

MM. 

4866 Colonel Belleville (Eugène), $s 28, rue Saint-Rome. Toulouse. 

— Bordenaye (Auguste), Chirur. -dentiste, 1 , rue du Taur. Toulouse. 

— Calmels (Henri), propriétaire à Carbonne (H. -G.). 

— D r Gourdon (Jean). Professeur à l'Ecole Vétérinaire. Toulouse. 

— D r Guiraud, Grande rue Villebourbon. Montauban (T. -G.). 

— Lassère (Raymond) &, capitaine d'artillerie en ret., 9, rue Mata- 

biau. Toulouse. 

— De Malafosse (Louis), château de Varennes, près Baziège(H.-G.). 

— De Planet (Edmond), Ingénieur civil, 46, rue des Amidonniers. 

Toulouse. 

— Regnault (Félix), 28, rue des Balances. Toulouse. 

— Rozy (Henri), Professeur à la Faculté de Droit, 10, rue Saint- 

Antoine-du-T. Toulouse. 

1867 Comte D'Adhémar (Victor), 5, rue Donne-Coraille. Toulouse. 

— L'abbé Carrière, 11, rue Pharaon. Toulouse. 

— De Constant-Bonneval (Hippolyte), 18, rue des Arts. Toulouse. 

— D r Thomas (Philadelphe). Gaillac (Tarn). 

1868 Gantier (Antoine), Château de Picayne, près Cazères (H. -G.) 

— Comte de Samricy-Luzençon (Félix), Château de Luzençon près 

St-Georges. (Aveyron). 
4869 Izarn, Commis principal des douanes, 43, allée Lafayette. Toulouse 
1870 Buffet del Mas, 33, rue des Couteliers. Toulouse. 

— Fagot (Paul), notaire à Villefranche-de-Laurag. (Haute-Garonne). 

— Flotte (Léon). Crépy- en- Valois (Oise). 

4 871 Chelle (J. -Bernard), Luchon (Haute-Garonne). 

— Delevez, Inspecteur de l'instruction primaire, à Perpignan (P.-O.) 

— Desjardins (Edouard), Jardinier en chet à l'Ecole vét. Toulouse. 
Guy, Directeur de l'Aquarium Toulousain, 15, rue de Cugnaux. 

Toulouse. 

— Laffont, Vérificateur de l'enregistremrnt, 3, rue Deville Toulouse, 

— De Malafosse (Gaston) , avocat, 1 3 , Grande rue Nazareth. Toulouse. 



MM. 

1871 D r Resseguet (Jules), 3, rue Joutx- Aiguës. Toulouse. 

1872 L'abbé Avignon, 22, rue Pharaon, Toulouse. 

— D r Bégué, Inspecteur des Enfants assistés. Lalande, près Toulouse 

— Bidaud (Louis), Chef des travaux chim. à l'Ecole vét. Toulouse. 

— Bioche (Alphonse), Avocat, 10, rue Taranne. Paris. 

— Du Bourg (Gaston), 6, place Saintes-Scarbes, Toulouse. 

— Castel (Julien), 1 6, rue Montplaisir. Toulouse. 

— Detroyat (Arnaud), banquier. Bayonne (B.-Pyr.). 

— Esparseil (Marius), Architecte. Carcassonne (Aude) . 

— Fontan (Alfred), Receveur de l'enreg. Mazamet (Tarn). 

— Fouquet (Camille), capitaine au 23 e d'art., Versailles (S. et-O.). 

— Gay (Paul), négociant. Villefranche-de-Lauragais (H.-G.) 

— Germain (Prosper) $s vétérinaire de l re classe en retr., 80, rue 

Montaudran. Toulouse. 

— Germain (Victor) $s capitaine de cavalerie en retr., 80, rue 

Montaudran. Toulouse. 

— Gèze (Louis), négociant 17, place d'Assézat. Toulouse. 

— Gourdon (Maurice), propriétaire à Luchon (H.-G.). 

— De Gardenal (Joseph), avocat, à Razac près Eymet (Dordogne). 

— Huttier, 6. r. Dalayrac. Toulouse. 

— Général de Nansouty (Charles), C $ç Bagnères-de-Bigorre (H. -P.). 

— Pougés (Gabriel), Membre du Conseil d'arrond., 5, rue St- Aubin. 

Toulouse. 

— Rey-Lescure. Faubourg du Moustier, Montauban (T.-et-G.). 

— De Rivals-Mazères (Alphonse), 50, rue Boulbonne. Toulouse. 

— Rouquet (Baptiste), pharmacien. Villefranche-de-Lauragais (H.-G.) 
De Saint-Simon ((Alfred), 6, rue Tolosane. Toulouse. 

— Seignette (Paul), Principal du Collège. Foix (Ariége). 

— Teulade (Marc), 8, rue Malcousinat. Toulouse. 

1873 Areille de Perrin (Elzéar), 7, r. deGrignan. Marseille (B.-du-R.) 

— Acloque (Paul), à la Société métallurgique de l'Ariége, boulevard 

du 22-Septembre, 36, Toulouse. 

— Balansa, botaniste, membre de la Société géographique, r. Riquet. 

3, Toulouse. 

— Baysseunce, ingénieur de la marine, rue Saint-Genesse , 64, 

Bordeaux (Gironde). 

— Comte de Bouille, à Pau (B.-P.). 

— Carriol, conducteur des ponts-et-chaussées, à Cahors (Lot). 

— Cazeneuve de Larroche, docteur-médecin, rue du Lycée, 11, à 

Pau (B.-P.) 

— Chamayou (Adalbert), avocat, rue Sainte-Germaine, 33. Toulouse. 

— Chapelain-Duparc, ancien officier de marine, au Mans (Sarthe). 



- 8 — 

MM. 

4 873 Courso, manufacturier, rue des Récollels, 41, à Toulouse. 

— Delvaili.e, docteur-médecin, à Bayonne (B.-P.). 

— Descdars (Léon), rue Nazareth, 13, Toulouse. 

— Doumet-Adanson, à Cette (Hérault). 

— Duc (Jules), pharmacien, à Cahors (Lot). 

— Fabre (Georges), garde-gén. des Eaux et forêts, à Mende (Lozère). 

— D r Folie-Desjardins $f , médecin-major au 2 e génie, à Montpellier 

(Hérault). 

— Fournie, ingénieur des ponts-et-chaussées, à Etampes (S.-et-O.) 

— Gavoy (Louis), rue de la Préfecture, 5, à Carcassonne (Aude). 

— Genreau, ingénieur des mines, place du Palais, 17, à Pan 

(Basses-Pyrénées). 

— Gobert, docteur-médecin, à Mont- de-Marsan (Landes). 

— Gourraud (Georges, doct. -médecin, à Bagnères-de-Luchon (H. -G.) 

— Lecacheux, directeur des hauts fourneaux de la Société métallur- 

gique del'Ariége, àTarascnn. 

— Mazières (Gabriel), rue du May, 14, Toulouse. 

— Mazuc, rue des Chapeliers, 14, Toulouse. 

— De Nerville ^ , inspecteur général des mines, boulevard Males- 

herbes, 85, Paris. 

— De Raymond-Cahuzac (Georges), r. du Vieux -Raisin, 18, Toulouse. 

— De Senty (Louis), rue Dalayrac, 1 5, Toulouse. 

— Thore, place Grammont, 10, à Pau (B.-P.) 

— Tissandirr (Gaston) , directeur du Laboratoire de chimie de 

1 Union nationale, 3, rue Bleue, à Paris 

— Vaïsse (Louis), docteur -médecin, inspecteur des eaux de Rennes, 

à Quillan (Aude). 

— De la Vieuville (Prosper), à Tarascon (Ariége). 

1874 De Gréaux (Laurent), naturaliste, rue Consolât, 126, Marseille 
(B.-du-R.) 

— Lacaze (Paul), ingénieur civil, r. des Potiers, 22 bis, Toulouse. 

— Monclar, propriétaire, à Albi (Tarn). 

— Rousseau (Théodore), inspecteur des eaux et forêts, rue de la 

Préfecture, 41, Circassonne (Aude). 

Membres correspondants. 

MM. 

1866 D r Bleicher, Médecin-major. Oran, Algérie. 

— D r Délaye % , médecin, rue de Cugnaux, Toulouse. 
4 867 D r Caisso. Clermont (Hérault). 

— Joly (Arthur), professeur au Lycée de St-Denis (Réunion). 
1868 Aimard, Archiviste. Le Puy (Haute-Loire). 



_ 9 - 

MM. 

1868 Ballarin, Professeur à l'Université. Saragosse (Espagnej. 

— D r Bras, à Villefranche (Aveyron). 

— Chantre (Ernest), attaché au Muséum de Lyon, 37, Cours Morand. 

Lyon (Rhône). 

— Desbrochers des Loges, Percepteur. Gannat (Allier). 

— Lalande (Philibert), Receveur des Hospices. Brives (Corrèze). 

— Massenat (Elie), Manufacturier. Brives (Corrèze). 

— Paparel, Percepteur. Mende (Lozère). 

— Poujol (Henri). Meyrueis (Lozère). 

— Robert, Conservateur du Musée d'hist. nat. Le Puy (H. -Loire). 

— Comte de Saporta (Gaston). Aix (Bouches-du-Rhône). 

— Valoemar Schmidt , attaché au Musée des antiquités du Nord. 

Copenhague (Danemarck). 

— Venker, Naturaliste. Charleville (Belgique). 

1869 Malinowski, Professeur au Collège. Cahors (Lot). 

— De Messe-Meker. Bergues, près Dunkerque (Nord). 
1871 Biche, Professeur au Collège. Pézénas (Hérault). 

— Peyridieu, ancien Professeur de Physique dans l'Université, 31, 

Faubourg-Matahiau. Toulouse. 

— Piette (Edouard), Juge de paix. Craonnc (Aisne). 

~ Chalande (Henri), Sous-officier dans l'infant, de marine. Nouméa 
(Nouvelle-Calédonie). 

— De Chapel-d'Espinassoux (Gabriel), avocat, 25, Boulevard de l'Es- 

planade. Montpellier (Hérault). 
1871 Marquis de Folin (Léopold), Comm. du port. Bayonne (B.-P.). 

— Pasteur Frossard, Président de la Société Ramond. Bagnères-de- 

Bigorre (H. -P.). 

— Gassies, Conservateur du Musée préhistoriq. Bordeaux (Gironde). 

— Issel (Arthur), Professeur à l'Université. Gênes (Italie). 

— Lacroix (T.), Pharmacien. Mâcon (Saône- et-Loire). 

— Lacroix (Francisque). Id. 

— Linarès. Limeuil (Dordogne). 

— D r De Montesouiou (Louis). Lussac, près Casteljaloux (L.-et-G). 
1873 Arnaud fils, boulevard d'Arcole, 23, Toulouse. 

— D r Blondin, rue de Sully, 4, Nantes (L.-Inf.). 

— Baux (Gustave), sous-offic. au 2 e rég. d'inf. de marine, à Nouméa 

(Nouvelle-Calédonie). 

— Berthelot, ingénieur civil, rue de la Charité, 35, Lyon. 

— Abbé Boissonade, professeur de sciences au Petit-Séminaire , 

Mende (Lozère). 

— Cavalié, prof, d'hist. naturelle au collège de St-Gaudens (H. -G. 

— Cazalis de Fondouce, ingénieur civil, Montpellier. 



- 10 - 

MM. 

<873 De Courréges (Félix), propriétaire, château de Labernède (Cazères- 
sur-Garonne). 

— D r Delas (Adolphe), médecin de la marine. Hôpiial militaire, 

Fort de France (Martinique). 

— Germain (Rodolphe) # , vétérinaire au 29 e d'artillerie, à Nouméa 

(Nouvelle-Calédonie). 

— Abbé de l'IIerm, professeur d'histoire naturelle au Collège de 

Gimont (Gers). 

— Comte deLiMUR. Vannes (Morbihan). 

— Pianet (Sébastien). Mâcon (Seine-et-Loire\ 

— Potbier (Raymond). Dax (Landes). 

— Poubelle (!.), professeur à la Faculté de Droit, rue des Coute- 

liers, 43, Toulouse. 

— D r Retzius (Gustave) , professeur à l'Institut Karolinien de 

Stockolm . 

— Reverdit (A.), vérificateur de la culture des tabacs, à Montignac- 

sur-Vézère (Dordogne). 

— D r de Rochas (Victor), place de la Nouvelle-Halle, Pau (B.-P.). 

— D r Sauvage (Emile), rue Monge, 2, Paris. 

— Triadou (Jean-François), propriétaire, à Pezénas (Hérault). 

— Vaussenat, ingénieur civil, à Bagnères-de-Bigorre (H. -P.) 
1874 De Larembergue (Henri), propriétaire, à Angles (Tarn). 

— Lemarié, imprimeur-libraire, à Saint-Jean-d'Angely (C.-Inf.) 

— Penfold (William), naturaliste, à Londres. 

— Sers (Eugène), ingénieur civil, à Saint-Germain, près Puylaurens 

(Tarn). 



LISTE 
des Académies et Sociétés savantes 

Avec lesquelles la Société d'Histoire naturelle est en correspondance. 



Académie des Sciences. — Institut. 

Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse. 

Académie des sciences, arts et belles-lettres de Caen (Calvados). 

Académie des sciences, belles-lettres et arts de Clermond-Ferrand (Puy-de 

Dôme). 
Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon (Côte-d'Or). 



— M - 

Académie du Gard, à Nîmes. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon (Rhône). 

Académie des sciences, arts et belles-lettres de Mâcon (Saône-et-Loire). 

Académie des belles-lettres, sciences et arts de La Rochelle (Charente-Inf ,, 

Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, à Chambéry. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts de la Somme, à Amiens. 

Académie Stanislas, à Nancy (Meurthe). 

Société d'anthropologie, à Paris. 

Société géologique de France, à Paris. 

Société entomologique, à Paris. 

Société zoologique d'acclimatation, à Paris. 

Association scientifique de France, à Paris. 

Société entomologique de Belgique, à Bruxelles. 

Société archéologique du midi de la France, à Toulouse. 

Société d'agriculture de la Haute-Garonne, à Toulouse. 

Société de médecine, chirurgie et pharmacie de Toulouse. 

Société scientifique et littéraire d'Alais (Gard). 

Société algérienne de climatologie, à Alger. 

Société centrale d'agriculture, horticulture et acclimatation des Alpes-Maritimes, 

à Nice. 
Société d'études scientifiques d'Angers (Maine-et-Loire). 
Société linnéenne d'Angers (Maine et Loire). 

Société des sciences naturelles et historiques de l'Ardèche, à Privas. 
Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, à Rodez. 
Société littéraire, scientiGque et artistique d'Apt (Vaucluse). 
Société d'agriculture, sciences et arts d'Agen (Lot-et-G.). 
Société florimontane d'Annecy (Hte-Savoie). 

Société archéologique, scientifique et littéraire de Béziers (Hérault). 
Société linnéenne de Bordeaux (Gironde). 

Société des sciences physiques et naturelles de Bordeaux (Gironde). 
Société académique de Brest (Finistère). 
Société des sciences et lettres de Blois (Loir-et-Cher). 
Société académique d'archéologie à Beauvais (Oise). 
Société des sciences naturelles et historiques de Cannes (Alpes-Maritimes). 
Société d'histoire naturelle de Colmar (Alsace). 
Société littéraire et scientifique de Castres (Tarn). 
Société des sciences naturelles de Cherbourg. 
Société d'agriculture, sciences et arts de Douai (Nord). 
Société d'études scientifiques et archéologiques de Draguignan (Var). 
Société départementale d'archéologie et de statistique de la Drôme, à Valence. 
Société académique des Hautes-Pyrénées, à Tarbes. 
Société des sciences physiques et naturelles d'Ille-et-Vilaine. Rennes. 
Société d'émulation du Jura., à Lons-le-Saulnier. 
Société d'agriculture, industrie, sciences, arts et belles-lettres de la Loire, à 

Saint-Etienne. 
Société académique de la Loire-Inférieure., à Nantes. 



- 12 - 

Société d'agriculture, industrie, sciences et arts de la Lozère, à Mende 
Société d'agriculture, histoire naturelle et arts utiles de Lyon (Rhône). 
Société botanique de Lyon. 
Société académique de Maine-et-Loire, à Angers. 
Société d'histoire naturelle de Metz (Lorraine). 
Societa ilaliana di scienze nalurali de Milan. 
Société d'émulation de Monlbéliard (Doubs). 
Société polymalhique du Morbihan, à Vannes. 
Société impériale des naturalistes de Moscou (Russie). 
Société d'agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne, à Ghâlons. 
Société d'agriculture, archéologie et histoire naturelle de la Manche., àSaint-Lô. 
Société linnéenne de Normandie, à Caen. 
Société n'vernaise des sciences, lettres et arts, à Nevers. 
Société d'étude des sciences naturelles à Nîmes (Gard). 
Société d'agriculture, sciences., arts et commerce du Puy (Haute-Loire). 
Société agricole, scientifique et littéraire de Perpignan (Pyrénées Orientales). 
Société des lettres, sciences et arts de Pau (Basses-Py renées). 
Société Ramond, à Bagnères-de-Bigorrc (Htes-Pyrenées). 

Société académique des sciences, arts, belles-lettres et agriculture de Saint- 
Quentin (Aisne). 
Société des sciences historiques et naturelles de Semur (Côte-d'Or). 
Société d'archéologie, sciences, lettres et arts de Seine-et-Marne, à Melun. 
Société des sciences naturelles de Strasbourg (Alsace). 
Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe, au Mans. 
Société d'agriculture, sciences, arts ot belles-lettres de Troyes (Aube). 
Société d'agriculture et d'horticulture de Vaucluse, à Avignon. 
Société d'émulation des Vosges, à Epinal. 

Société des sciences naturelles et médicales, à Versailles (Seine-et-Oise). 
Société des sciences naturelles de Vitry-Ie-Français (Marne). 
Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, à Auxerre. 

Journaux et Revues. 

Bulletin de la réunion des officiers. — Paris. 
Bulletin mensuel de l'observatoire de Montsouris. — Paris. 
Matériaux pour servir à l'histoire primitive et naturelle de l'homme. — Paris 
et Toulouse. 



BULLETIN 



DE LA. 

SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

DE TOULOUSE. 
HUITIÈME ANNÉE 1873-1874 

Séance de rentrée du f@ novembre 18^3. 
Présidence de M. le D r Gourdon. 

Lu Société reçoit (i) : 

Le préjugé de la rage ou de l'innocuité du virus rabique sur 
l'espèce humaine, par Faugère Dubourg. Paris, 186G, in-12 (Don 
de M. le colonel Belleville.) 

Voyage de découvertes aux terres australes, par F. Peron. 
5 volumes in-4° et un allas grand in-4°, Paris. (Don ue M. le 
colonel Belleville.) 

Album de vingt aquarelles, représentant des lépidoptères et des 
coléoptères, peintes en 1776 par Halle, membre de l'académie de 
peinture de Poitiers. (Don de M. Fafeur, libraire à Toulouse.) 

Généralités sur les eaux minérales des Pyrénées, conférence 
faite devant la Société par M. le D r Garrigou. Paris, 1873. (Don 
de l'auteur). 

(1) Sur l'avis du Comité de publication, la Société a décidé que les 
titres des ouvrages périodiques, Mémoires et Bulletins des Académies 
reçus dans chaque séance seraient groupés et publiés à la fois en dehors 
des procès-verbaux. 



— u - 

M. le D r Garrigou dépose sur le bureau l'autographie d'une 
lettre par lui écrite au Maire de Toulouse, le ( J octobre 1873 au 
sujet de son mémoire sur les eaux de cette ville. 

M. l'abbé Boissonade remercie la Société du titre de membre 
correspondant, promet son concours et annonce sa nomination de 
professeur d'histoire naturelle au séminaire de Mende (Lozère). 

M. le Président annonce deux présentations. 

Il expose ensuite les circonstances dans lesquelles le Conseil 
général a pu allouer une subvention de 300 francs seulement à la 
Société. Il demande à la compagnie de voter des remerciements au 
Conseil général et en particulier à M. Montané qui a vivement 
soutenu notre cause. — Celte proposition est acceptée à l'unani- 
mité. 

M. E. Cartailhac donne des renseignements sur le sort réservé 
à notre pétition pour l'enseignement de l'histoire naturelle et sur 
les démarches faites pour obtenir un bon résultat. 

M. A. de Quatrefages, membre de l'Institut, président de 
l'Association française pour l'avancement des sciences, a écrit le 
16 août à la Société, pour l'informer que, conformément à la 
décision prise à la session de Bordeaux, le bureau a officiellement 
porté à la connaissance du Ministre de l'Instruction publique 
l'adhésion de l'Association à la pétition et exprimé, en le motivant, 
le vœu qu'il soit" satisfait à une si juste demande. 

M. E. Cartailhac a publié dans la Revue scientifique un article 
pour annoncer à tous ceux que la question peut intéresser la 
nécessité d'agir de leur côté et sans retard, parles moyens en leur 
pouvoir-, une commission toute puissante vient, en effet, d'être 
nommée par le Conseil supérieur de l'Instruction publique : la 
révision des programmes des baccalauréats est à l'ordre du jour, et 
un des membres les plus autorisés de celte commission a bien 
voulu informer le Secrétaire-général de la Société d'histoire natu- 
relle que les intérêts, le sort, l'avenir des sciences proscrites no 
seront pas abandonnés sans vives discussions. 

Une discussion s'engage entre MM. Gourdon, Trutat, Hutlier, 
Resseguet, G. de Malafosse et autres sur le point de savoir si la 
Société pourrait indiquer les détails pratiques et signaler dans les 
éludes et les examens, les modifications qui iui paraîtraient 



- 15 - 

nécessaires et possibles pour rendre aux sciences naturelles leur 
part sérieuse dans l'enseignement secondaire. Il est décidé que la 
Société pourrait seulement donner un aperçu des matières que 
devrait comprendre l'enseignement de l'histoire naturelle. 

M. E. Cartailhac rend compte de la deuxième session de l'Asso- 
ciation française à Lyon en août dernier: le succès a été complet, 
le nombre des adhérents considérable, les lectures et les discus- 
sions pleines d'intérêt; les excursions ont parfaitement réussi. 

Plusieurs villes se disputaient l'honneur de recevoir l'Association 
française en 1874. Lille a été choisie. Toulouse obtiendrait sans 
doute le même avantage en 1875, si la ville et le département 
offraient une subvention de 15,000 francs environ (1). 



Séance du 26 novembre. 

Présidence de M. le D r Gourdon. 

La Société reçoit : 

Oiseaux migrateurs qui visitent la Bretagne et causes de leurs 
migrations, par le D r J. Blandin (membre correspondant). Saint- 
Brieux, 1872, ext. des comptes-rendus du Congrès scientifique. 

Lettre de M. le D T J. Jougla donnant sa démission de membre 
titulaire. 

(1 ) L'Association Française comprend des membres fondateurs ayant 
versé une somme de 500 francs, au moins ; des membres à vie ayant 
versé 200 francs ; des membres ordinaires dont la cotisation annuelle est 
de 20 francs. — Elle est administrée par un Conseil siégeant à Paris, 
mais comptant des membres dans les départements. — Chaque année, 
l'Association tient dans une ville de province désignée à l'avance une 
session qui dure huit jours. Les travaux présentés à ce congrès, les 
procès-verbaux des séances sont imprimés et forment un volume que 
reçoivent gratuitement tous les membres de l'Association. Les docu- 
ments et avis divers imprimés par ordre du Conseil à des époques 
indéterminées leur sont également adressés. — Le siège de l'Association 
est à Paris, 76, rue de Rennes. 



- '16 - 

Sont nommes membres titulaires : M. G. Fabre, garde général 
des eaux et forets à Monde, présenté par MM. G. de Malafosse et 
Caitailhac, et M. E. Abeille de Pehrin, rue deGrignan, 7, Mar- 
seille, présenté par MM. Gourdon et Marquet. 

M. le Président annonce une présentalion. 

M. Balansa, membre titulaire, suivant le désir de la Société, 
donne quelques renseignements sur la mission scientifique qu'il 
va remplir en Amérique. L3 gouvernement de la République du 
Paraguay vient d'organiser une commission scientifique qui doit 
sa rendre très prochainement dans cet Etat pour étudier les pro- 
ductions diverses qu'il renferme. 

Celte commission se compose de trois membres : 

MM.Twite, géologue minéralogiste ; Keite Johston, géographe; 
B. Balansa, botaniste. 

M. Balansa est spécialement chargé d'étudier les ressources 
botaniques et agricoles que le Paraguay renferme. II écrira sur 
elles un travail complet. Il fe:a notamment des études approfon- 
dies sur ses productions végétales et sur la nature de son sol, en 
vue de la culture du coton, de la canne à sucre, du tabac, des 
épices, de l'indigo, du café, de la yerba mate et d'autres plantes 
indigènes et tropicales. Il étudiera aussi le climat et le sol pour la 
production des grains et des pâturages. Il détaillera avec le plus 
grand soin :e résultat de ses études, et de plus, mentionnera dans 
son travail quelles sont les plantes exotiques qui peuvent être 
introduites dans le p:iys, et quelles mesures doivent être prises 
pour les y acclimater avec succès. 

Tel est le programme tracé. M. Balansa assure à ses confrères 
qu'il leur fera part de ses découvertes et n'oubliera pas de réunir 
des objets pour le Musée d'histoire naturelle de Toulouse. Il 
insiste en terminant sur l'hommage qu'il faut rendre à une petite 
république, à un Etat bien secondaire qui, au lendemain d'une 
guerre affreuse, n'hésite pas à consacrer à une entreprise scienti- 
fique des sommes que les ministres de l'Instruction publique de 
l'Europe trouveraient excessives. 

M. E. Trutat au nom de M. de Folin, commandant de port à 
liayonne, membre titulaire, donne lecture de la note suivante : 



- 17 - 

CLAUSILIA ARNALDI (de Folin). 

Testa fusi for mi-cylindrica, elongata, fusca, longitudinaliter 
costulata, costœ paulô irregulares ; spiraliter striata, strigœ 
super costas descussantes ; salis rimata; apertura ovato- 
pyriformi , inferne dilatata; peristomate continuo , producto , 
marginibus incrassatis, reflexis ; cervice satis elongata, basin 
versas compressa , subtus parum gibbula , laie bisulcata , 
albida; lamella superiore satis valida, inferiore immersa 
parum prominente, intus cubitata, plicis interlamellaribus ; 
duobus, immersis vix expressis, super lamellam inferiorem 
subperpendicularibus ; plicâ palatali profunde sila , satis 
prominente sed parum crassâ, curvâ ; Anfractibus XHI-XIV, 
fere redis, sutura distinctâ separatis. 

Long. 14 mm , diam. 2 mm , 5. 
Habitat Sordesianam abbatiam. 

Celte espèce allongée, fusiforme, d'aspect presque 
cylindrique, de couleur brune, est ornée de côtes longitu- 
dinales assez larges et assez saillantes; presque irrégu- 
lières, en ce sens que quelques-unes s'évanouissent avant 
d'atteindre la suture. Des stries spirales assez fortes, for- 
ment en passant par dessus les côtes une sorte de granu- 
lation assez sensible sur certaines portions de la coquille. 
La fente ombilicale est bien apparente. L'ouverture est 
ovale pyriforme, élargie à la partie inférieure \ le péristome 
est continu, légèrement épaissi et réfléchi par suite de la 
dilatation de la gorge, laquelle s'évase en s'allongeant. 
Celle-ci est gibbeuse en dessus et divisée par deux larges 
sillons ne se prolongeant pas jusqu'au péristome, elle est 
blanchâtre ou moins foncée et plus légère de texture que les 
derniers tours. Au-dedans de l'ouverture, la lame supérieure 
se détache assez vigoureusement du péristome, sans qu'on 
puisse cependant la dire épaisse. L'inférieure est très 
immergée, elle se coude par un angle obtus pour pénétrer 

2 



— 18 — 

à l'intérieur. Deux petits plis interlamellaux à peine sensi- 
bles se dirigent presque normalement sur la lame infé- 
rieure. Nous comptons treize à quatorze tours de spire pres- 
que droits, séparés par une suture assez large et distincte. 
Par suite du développement de la gorge, cette espèce ne 
manque pas d'analogie avec la C. Pauli, mais elle peut 
facilement en être séparée. D'abord ce développement est 
beaucoup moins considérable sur la nouvelle espèce, qui 
en outre revêt une forme beaucoup moins ventrue et pos- 
sède une ornementation différente, les côtes de la première 
étant beaucoup plus fortes et plus saillantes que celles de 
la seconde et n'étant pas croisées par des stries spirales. 
De plus, on ne trouve jamais sur la dernière, la lame 
externe qui, sur l'autre, prend de la fente ombilicale et se 
prolonge jusque sur le péristome. Enfin, les caractères de 
l'ouverture diffèrent essentiellement. 

On pourrait aussi rapprocher cette Clausilie des C. rugosa 
et nigricans, mais elle est beaucoup plus allongée que 
celles-ci ; puis si on remarque quelques fois sur certains 
individus de ces espèces, un allongement de la gorge, il est 
beaucoup moins sensible, et ne se rencontre qu'accidentel- 
lement. Enfin, l'ouverture par sa forme et ses caractères 
internes présente également des différences très saisis - 
sables. 

C'est donc la seconde espèce de la région qui, par un 
allongement de la gorge, allongement inusité chez les 
Clausilies, semble indiquer une tendance à se rapprocher 
du genre Cylindrella. Cette tendance paraît constituer un 
fait local; on la retrouve sur quelques échantillons d'autres 
espèces qui ne sont point particulières au pays , mais alors 
le fait n'est point général, on ne peut le remarquer que 
sur des spécimens privilégiés, sur lesquels le détachement 
du péristome a lieu par suite d'une expansion de la gorge, 
tandis que sur tous les autres exemplaires il demeure adhé- 
rent au dernier tour. 
Cette espèce, que nous dédions à notre ami M. Arnaud 



- 49 - 

Détroyat, habile les ruines de l'abbaye de Sordes, près 
Peyrehorade (Landes) (1). 



Séance du 10 décembre 1873. 

Présidence de M. le D r Gourdon. 

La Société reçoit : 

De la part de M. Balansa ses ouvrages suivants : 
4° Voyage de Mogador à Maroc (ext. du Bul. de géographie). 
2° Ascension du mont Humboldt (Caudodes néo-Calédoniens). 
Le tremblement de terre de la Brame el de l'Ardêche, par 
M. Dalmas, br. in-8°. 
Un pli cacheté de M. le D r Garrigou, membre titulaire. 

Est nommé membre titulaire, M. Berthelot, ingénieur civil à 
Lyon, présenté par MM. le colonel Belleville et Chalande. 

M. Huttier propose à la Société d'émettre le vœu que, dans les 
cartes de l'état-major, le système des hachures soit à l'avenir 
remplacé par celui des courbes de niveau. Une commission est char- 
gée d'étudier la question. 

11 est donné lecture d'une lettre de M. Vaussenat, ingénieur 
civil des mines, membre correspondant. Cette lettre, datée du 6 
décembre, contient d'intéressants détails sur le tremblement de 
terre ressenti à Bagnères-de-Bigorre : 

Par le courrier de ce jour vous recevrez un numéro de 
YEcho des Vallées du \ cr décembre qui renferme un résumé 
complet des observations jusqu'au 1 er décembre, 7 heures 
du matin. Pour compléter toute la série d'observations à 
laquelle a donné lieu le phénomène, qui aujourd'hui paraît 
avoir complètement cessé, il faut au bas de la page, et par 

(1) Au moment où cette notice est sous presse, quelques observations 
que nous poursuivons sur les croisements des Cl. Pauli et Rolphii 
nous ayant inspiré l'idée que l'espèce décrite par nous pourrait être, 
elle aussi, le produit d'un croisement, nous croyons devoir manifester 
le doute où nous nous trouvons. (Note de l'auteur.) 



— 20 — 

un renvoi, ajouter les quelques renseignements qui suivent : 
1 er décembre (suite de la journée), pas de secousses. 
Vibrations à 7 h. 16' matin, 6 h. 39' soir = barom. 771 mm , 
therm. 8°. 

2 décembre — pas de secousses. Vibrations à 4 h. du 
matin, autres tiès légères à la fin de la journée et une à 
10 h. 50' soir —barom. 770 mm , therm. 6°. 

3 décembre — pas de secousses. Vibrations à 4 H. 45' 
matin = barom. 768 mm , therm. 4°. 

4 décembre — pas de secousses. Vibrations légères à 4 h. 
matin, 6 h. matin et 10 h. 45' soir = barom. 768 mm , 
therm. 6°. 

5 décembre — pas de secousses. Vibrations légères à 4 h. 
15' matin, 6 h. 10' matin et à 10 h. 45' soir = barom. 
768 mm , therm . 6°. 

6 décembre — pas de secousses. Très légères vibrations 
à minuit 40' et à 6 h. 26' matin = barom. 768 mm , therm. 5°. 

Des diverses observations d'autres provenances que j'ai 
pu grouper jusqu'à ce moment, il résulte que le phénomène 
emprunte une grande partie de son caractère et de son 
intensité à des perturbations magnétiques et mieux encore 
à des ébranlements atmosphériques, qui ailleurs et syn- 
chroniquement se sont manifestés sous d'autres formes, 
telles que la trombe sèche ou iornado de Glermont-Ferrand, 
le passage de bolides dans le centre et l'ouest de la France 
et le cyclone de Toulon qui a traversé la Méditerranée et 
est allé s'étendre sur la côte d'Afrique. Tous ces phéno- 
mènes ont commencé dans la nuit du 26 et se sont déve- 
loppés dans la journée du 27 ; enfin l'exagération anor- 
male et générale du baromètre dans près d'une moitié de 
l'Europe (1). 



(4) Dans quelques localités, où les principales secousses seulement ont 
été perçues, notamment à Pau, il y a eu de très-curieuses observations 
faites sur l'aiguille aimantée, qui présentait des affolements qui se sont 
trouvés coïncidant exactement avec les heures où ces secousses ont été 



_ 21 — 

D'autre part, une coïncidence frappante a été constatée. 
C'est celle de l'heure exacte de la perception des principales 
secousses avec l'heure du passage de la lune sur le méri- 
dien du lieu d'observation, c'est-à-dire l'heure de la marée 
lunaire. Ces calculs, exacts pour bon nombre des secousses 
constatées, sont dus à l'un de nos collègues les plus versés 
dans les observations de cette nature. 

Je cherche de toute part des renseignements complémen- 
taires sur les manifestations de tous genres qui se sont pro- 
duites du 26 novembre au 1 er décembre afin d'en tirer le 
plus de matériaux possibles pour la monographie qui m'est 
demandée pour le Bulletin de la Société Ramond. Vous 
combleriez mes désirs en me procurant tout ce que vous 
avez pu apprendre par vous ou par vos amis les plus 
exacts, concernant cette série de phénomènes. 

Répondant à une de vos questions, je dois vous déclarer 
qu'à mon grand regret, je n'ai pas encore d'appareils enre- 
gistreurs; ni de pendule séïsmique ou sasmographique, j'en 
ai expérimenté un pendant longtemps ici, et, bien que le 
pendule eût 3 mètres de longueur, il ne donnait que des 
indications illusoires. Je viens de recevoir d'un des meilleurs 
observateurs, et à propos du dernier phénomène, des 
observations relevées à un pendule séïsmique de 1 m , 627 de 
longueur. Eh bien, d'une série parfaitement ressentie de 4 
secousses dans le lieu d'observation, une seule a été indi- 
quée par l'instrument, et encore n'est-ce pas la plus forte. 
Le trait de m ,0015 qui en est résulté ne peut donner ni 
une orientation précise, ni une mesure quelconque d'inten- 
sité, puisque pour les trois autres secousses il n'y a eu 
aucun trait marqué. A mon avis, les obstacles viennent des 
longueurs trop réduites de ces pendules ou de la mobilité 
des tiges et des points de suspension. Est-ce à dire qu'il 

observées ici. Cette série d observai ions m'est communiquée après récep- 
tion de ma deuxième note par M. le comte deFranqueville, observateur 
très-consciencieux. 



- 22 - 

faille renoncer à ce genre de pendule? Non, évidemment ; 
mais il faut profondément le modifier, le perfectionner, 
soit dans sa suspension, soit dans la rigidité à procurer 
aux tiges de suspension, et quant à moi, je n'admettrai pour 
bon pendule séïsmique que celui qui serait suspendu par un 
nœud de Cardan à une haute coupole établie sur un sol 
ferme, et non traversée par des courants d'air. Ainsi le pen- 
dule établi autrefois par Foucault deviendrait, par l'adjonc- 
tion d'un poids tendeur, un excellent sasmographe ; il est 
évident qu'à défaut de coupole, on devrait se servir des 
parties abritées d'édifices élevés qui seraient disponibles 
pour une pareille installation. Mais je crois que des bains 
minces de mercure avec des flotteurs, ou bien des tablettes 
horizontales supportant une boule avec coloration commu- 
nicative, pourraient donner, jusqu'à l'adoption d'indicateurs 
électriques, de bonnes indications de direction et d'inten- 
sité, l'heure étant toujours facile à établir dans l'un comme 
dans l'autre cas. 

D'autre part, il y a tant de causes locales qui peuvent 
influer sur la transmission des vibrations, qu'il faut des 
lieux d'établissement bien étudiés pour installer quelque 
chose en ce genre. Je ne vous citerai, entr'autres, qu'un 
exemple qui a, ici, bien intrigué le public et donné lieu à 
de bien ridicules commentaires : c'est que l'on pourrait 
dessiner sur un plan de Bagnères les quartiers où les 
secousses se sont fait sentir plus vivement que dans les 
autres et où de vieilles cheminées ont été lézardées en plus 
grand nombre. Eh bien, la raison de cela, toute simple 
qu'elle est, peu de personnes pouvaient la connaître ; car il 
fallait avoir fouillé le sol de Bagnères en tout sens, comme 
je l'ai fait en établissant la distribution d'eau potable, pour 
s'apercevoir que les quartiers où les secousses avaient été 
les moins sensibles sont ceux établis dans l'ancien thalweg 
du ruissean qui vient du vallon de Salut, lequel thalweg 
est rempli depuis plus de vingt siècles d'une épaisse et 
profonde couche de tourbe filamenteuse sur laquellle les 



- 23 - 

maisons sont bâties \ tandis que les quartiers établis sur la 
roche ou sur la moraine qui encaisse le thalweg ont perçu 
plus vivement les secousses. Le coussin de tourbe dont je 
viens de parler a donc amorti la transmission des vibra- 
tions. Il résulte de cet ordre de choses que deux pendules 
séïsmiques établis chacun dans un de ces quatiers différents 
auraient, dans la même petite ville, donné des résultats 
sinon contradictoires, du moins très peu concordants; 
de là, au lieu de la lumière, la confusion pour des obser- 
vateurs ou des physiciens qui peuvent très naturellement 
ignorer le détail que je viens de vous citer. Je puis même 
accentuer davantage en vous signalant une maison conti- 
guë à la mairie et dont les fondations sont implantées dans 
la tourbe filamenteuse dont j'ai parlé; cette maison, reliée 
immédiatement à la rue par un trottoir pavé et par la forte 
couche de macadam qui recouvre cette dernière, est forte- 
ment mise en vibration quand passe Un véhicule un peu 
lourd, un camion chargé et même simplement un omnibus. 
Eh bien, les secousses de ces derniers tremblements de 
terre y ont été moins sensibles qu'ailleurs. 

Quant à ce qui se rattache à mes observations, dès les 
premières manifestations du phénomène je me suis mis 
immédiatement en mesure de n'en laisser échapper aucun 
détail, j'ai vérifié mon chronomètre, j'ai choisi chez moi 
le compartiment le plus convenable par sa disposition pour 
en recueillir les moindres variantes, j'ai installé ma meil- 
leure (excellente) aiguille aimantée sur un gros mur très 
rigide (car celles posées sur des tables subissaient de trop 
fréquents frémissements qui n'avaient aucun caractère 
magnétique). Le baromètre et le thermomètre étaient 
également à proximité ; ces dispositions m'ont permis de 
ne rien enregistrer qui n'ait complètement été perçu par 
moi. Maintenant que ie phénomène paraît avoir cessé, je 
me livre à un relevé graphique de toutes les traces maté- 
rielles restées palpables dans le pays et vallées avoisi- 
nantes. J'espère bien que ce travail, avec l'aide des 



=. u - 

spécialistes auxquels il sera soumis, constituera une sorte 
de procès-verbal qui ne sera pas dépourvu d'utilité scien- 
tifique. 

M. Trutat était à cette époque dans le petit village de Loithet, 
vallée de la Neste (Hautes-Pyrénées), et il a pu observer avec quel- 
ques détails les différents tremblements de terre qui ont duré 
jusqu'au dimanche 7 décembre. Le fait principal et le plus 
remarquable était certainement le bruit souterrain ; il était facile 
de reconnaître que ce grondement marchait exactement dans le 
sens de la vallée (Sud-Nord) ; il donnait l'idée d'une ondulation 
dont le maximum d'intensité correspondait à la secousse même. 



Séance du 17 décembre 1873. 

Présidence de M. le D r Gourdon. 

La Société reçoit : 

Lettre de M. le général de Nansouty, membre titulaire, annon- 
çant l'envoi à la Société, pour le Muséum, de blocs de rocher, à 
surface striée et polie par un ancien glacier. Ces spécimens ont été 
recueillis à Lourdes (Hautes-Pyrénées). 

M. Marquet donne lecture, au nom de M. Elzear Abeille de 
Perrin, membre titulaire, du Mémoire suivant : 

Etude sur les Salpingiens européens. 

tableau des genres. 

A Corselet cylindro-convexe, surtout en avant, pro- 
fondément échancré en dessous. Corps tout velu 
en dessus Agnathus Laf. 

A' Corselet déprimé ou médiocrement convexe, coupé 
carrément en avant, non échancré en dessous. 
Corps glabre. 

B Corps presque plat. Antennes filiformes. Palpes 

maxillaires à dernier article sécuriforme. . . . Pytho. Fabr. 



- 25 - 

B' Corps plus ou moins convexe. Antennes grossissant 

à l'extrémité. Palpes maxillaires à dernier article 

non sécuriforme 

G Corselet denticulé latéralement Lissodema Gurt. 

G' Gorselel non denticulé. 

D Tête formant un museau court. Antennes insérées 

tout près des yeux Salpingus Gyl . 

D' Tête formant un rostre allongé. Antennes insérées 

assez loin des yeux Rhinosimus Latr. 

Les deux premiers genres ont été placés avec raison par 
Duval dans la famille de nos Salpingiens qu'il nomme 
Pythides. Néanmoins, comme ils sont un peu aberrants et 
qu'on ne peut nullement les confondre avec les autres, nous 
ne nous occ-uperons ici que des trois genres suivants, qui 
forment, dans la monographie de M. Mulsant, la tribu des 
Salpingiens vrais. 

Genre Lissodema (Curtis). 

A Corselet arqué sur toute la longueur de ses côtés. 

Elytres unicolores Cursor Gyl. 

A' Corselet rétréci avant sa base. Elytres avec des 
taches ou dessins. 

B Tête enfoncée dans le corselet jusqu'aux yeux. Cor- 
selet transversal, armé de 3 dentelures de chaque 
côté. Elytres à stries régulières, formées de gros 
points enfoncés Liturata Costa. 

B' Tête non -enfoncée dans le corselet jusqu'aux yeux. 
Corselet plus long que large, armé de 4 dentelures 
de chaque côté. Elytres à stries irrégulières, for- 
mées de points fins et superficiels Denticollis Gyl . 

Genre Salpingus (Gyllenhal). 

A Antennes offrant leurs 6 derniers articles plus gros. Foveola tus Ljun g. 
A' Antennes offrant leurs 3 à 5 derniers articles 

plus gros. 
B Rostre moins court, sinué sur les côtés. Elytres 

verdâtres Virescens Muls. 

B' Rostre court, non sinué sur les côtés Elytres non 

verdâtres 



- 26 - 

C Elytres noir-brun, marquées chacune d'une tache 

pâle vers leur base Bimaculatus Gyl. 

G' Elytres unicolores. 

D Elytres et surtout corselet fauves plus ou moins 
foncées. 

E Stries des elytres embrouillées \ers la base. 5 der- 
niers articles des antennes plus gros Castaneus Panz. 

E' Stries des elytres régulières à la base. 4 derniers 

articles des antennes plus gros Exsanguis Abeille 

D' Elytres et corselet noirâtres à reflet plus ou moins 
métallique. 

E 3 derniers articles des antennes brusquement plus 

gros Ater Payk. 

E' 4 ou 5 derniers articles des antennes graduelle- 
ment plus gros 

F 5 derniers articles plus gros. Stries superficielles 

et assez confuses • JEratus Muls. 

F' 4 derniers articles plus gros. Stries profondes et 

assez régulièies Reyi n. sp. 

Species invisse. 

Salpingus mutilatus Beck. On s'accorde généralement à 
rapporter à cette espèce le Virescens Muls. Cependant, 
comme dans ce groupe les espèces sont très voisines les 
unes des autres, je me range à l'avis que M. Rey émettait 
dans ses lettres de tenir les deux espèces pour distinctes 
jusqu'au jour où une réunion sera faite par un entomolo- 
giste compétent, au lieu d'être simplement mentionnée dans 
un catalogue. 

Salpingus nitidus Chevr. J'aurais dû peut-être ne pas 
parler de cette espèce dont la patrie est située en dehors 
des limites européennes. Je crois cependant devoir dire que 
j'en ai vu chez M. de Marseul un type en si mauvais état 
qu'il est impossible de se faire une opinion sur son compte. 
La description est des plus vagues. Il dépendra donc du 
bon plaisir du premier monographe de lui assimiler soit 
WEratus, soit le Reyi, soit même V Exsanguis. 



— 27 — 

Salpingus Reyi, Abeille n. sp. 

Long. 2 à 3 3/4 mill. 

Brun noir un peu bronzé, avec la bouche, la base 
des antennes et partie au moins des pieds roux. Antennes 
insérées presque au bord antérieur des yeux, attei- 
gnant la base du corselet, offrant leurs 4 derniers articles 
plus gros, le 7 e à peine plus gros que les précédents et 
beaucoup moins que les suivants, le dernier gros et assez 
court. Rostre court, moitié moins long depuis Ls bord de 
l'épistome qu'il n'est large. Tête et corselet marqués de 
points assez forts et serrés. Ce dernier égalant dans sa plus 
grande largeur la tête prise aux yeux, marqué de quatre 
fossettes plus ou moins obsolètes, les deux dernières se 
rejoignant souvent. Elytres deux fois et un tiers plus lon- 
gues que larges, subparallèles jusqu'aux deux tiers, se ter- 
minant en ogive, arrondies au bout séparément, à calus 
humerai nettement accusé, à stries nettes et formées de 
gros points enfoncés, embrouillées à la base, à repli se 
réduisant à une tranche sur les côtés du ventre. Postépis- 
ternums rugueusement ponctués, ainsi que les côtés du 
métasternum. Ventre presque lisse. 

Il n'a d'analogie par sa couleur qu'avec VAter et VMratus. 
La forme des antennes, sa couleur moins noire, ses épau- 
les moins élevées et son corps plus allongé le différencient 
du premier. Ses antennes plus brusquement renflées, son 
corps plus allongé, son corselet moins dilaté antérieure- 
ment, sa couleur moins bronzée, ses stries formées de gros 
points Péloignent du second, qui est du reste propre aux 
montagnes élevées. 

Je me permets de dédier cette espèce à M. Cl. Rey, dont 
les travaux sont peut-être le plus beau monument entomo- 
logique de notre époque. Je suis heureux de lui témoigner 
ainsi mon admiration, ainsi que ma reconnaissance pour 
ses savantes communications sur lesSalpingiens et pour ses 
utiles indications sur ses chasses en Provence. 



- 28 « 

Le Reyi a été découvert à Sos par mon cher ami M. Bau- 
duer, qui en a pris et m'en a fait prendre des quantités 
innombrables sur les branches mortes d'arbres fruitiers en 
juin. 

Je rapporte avec grand doute à cette espèce un exem- 
plaire pris par moi à Marseille et qui pourrait bien être, 
suivant M. Rey, le représentant d'un type nouveau, carac- 
térisé par son corps cylindrique, ses antennes plus massives 
et les points des stries plus écartés. 

Voici quelques notes sur l'habitat de certains Sa Ipingus : 

Dans les Hautes-Pyrénées, M. Pandellé capture assez 
rarement le Fovcolatus sur le hêtre mort et beaucoup plus 
souvent VAter^ surtout sur l'aulne. 

Le Castaneus paraît propre au sapin des régions monta- 
gneuses ou septentrionales, quoiqu'il ait été pris une seule 
fois à Marseille sur le pin, tandis que VExsanguis, qui le 
remplace dans le midi, vit exclusivement sur les diverses 
essences de pins. Ce dernier a été retrouvé à Sos par 
M. Bauduer et en Corse par le T. R. Père Belon. 

UjEratus est fréquent dans les fagots de sapin mort à 
Boscodon (Hautes- Alpes). Avec lui se prennent aussi par- 
fois le Foveolatus et le Virescens, deux espèces bien voisines 
entr'elles à cause de leur forme générale et de la longueur 
de leur rostre. On reconnaîtra la première à sa teinte moins 
verdâtre, à ses antennes moins brusquement renflées, à son 
corselet moins fortement ponctué et aux fossettes posté- 
rieures de ce segment unies entr'elles, si on les regarde en 
loupant l'insecte d'avant en arrière. 

Genre Rhinosimus (Latreille). 

A El y très vertes ou bleues. Corselet roux. 

B Tête entièrement rousse. Rostre court. 5 derniers 
articles des aniennes plus courts que les 6 pre- 
miers Viridipennis Latr. 



— 29 - 

B' Verlex bronzé. Rostre long. 5 derniers articles 

aussi longs que les premiers Ruftcollis Gyl . 

À' El y très et corselet noirs ou bronzés. 

B Antennes offrant leurs 4 ou 5 derniers articles 

plus gros Planirostris Fab . 

B' Antennes offrant leurs 6 derniers articles plus 
gros. 

C Rostre noir. An tennes et pattes de couleur obscure. JEneus Oliv. 

C Rostre roux. Antennes et pattes de couleur claire. 

D Rostre mince et long. Eiytres très-régulièrement 

striées. Insecte petit Tapirus n. sp. 

D' Rostre large et plus court. Eiytres moins réguliè- 
rement striées. Insecte assez grand Ornithorynchus n sp. 

Rhinosimus Tapirus, n. sp. (Abeille). 

Long. 3 mill. avec le rostre. 

D'un noir-brun bronzé, avec l'extrémité au moins du 
dessus et le dessous du rostre roux, ainsi que les antennes, 
les pieds et le milieu du dessous du corps. Antennes attei- 
gnant la base du corselet, ayant leurs 6 derniers articles 
plus gros et le dernier ovoïdo-conique ; insérées un peu au- 
delà du milieu du rostre, el éloignées des yeux par un 
espace égalant presque deux fois le diamètre de ces orga- 
nes. Rostre long, deux fois et demi plus long qu'il n'est 
large à l'insertion des antennes, anguleusement dilaté 
avant la bouche. Tête et corselet fortement ponctués, le 
dernier surtout. Corselet peu dilaté à son tiers antérieur, 
à 4 fossettes plus ou moins accusées, les dernières formant 
parfois une sorte de dépression transversale. Eiytres plus 
longues, plus parallèles, plus planes que celles du Plani- 
rostris-, à stries régulières, formées de gros points enfoncés, 
embrouillées à la base. Une fossette large et superficielle 
sur le cinquième de la longueur de chaque élytre. Epister- 
nums creusés d'un sillon large, mal limité et profond. 
Dessous du corps couvert de gros points, plus espacés sur 
le métasternum, très espacés et bien plus petits sur le 
ventre. 



- 30 - 

La femelle a le rostre un peu moins long que le mâle et 
le corps un peu plus trapu. 

Hautes-Pyrénées. Tarbes. (Pandellé.) 

Rhinosimus Ornithorynchus, n. sp. (Abeille). 

Long. 4 à 5 mill. avec le rostre. 

D'un bronzé clair, avec la moitié du dessus et le dessous 
du rostre roux, ainsi que les pieds et les antennes, sauf 
parfois leur extrémité qui est plus obscure, et le dessous du 
corps brun. Antennes dépassant un peu la base du corselet, 
ayant les six derniers articles plus gros, le dernier ovoïdo- 
conique à pointe obtuse, insérées vers le milieu du rostre 
et séparées de l'œil par un espace égalant une fois et demi 
le diamètre de cet organe. Rostre assez court, un peu 
moins de deux fois plus long qu'il n'est large à l'insertion 
des antennes ; obtusément renflé avant la bouche. Tête et 
corselet couverts de points forts et serrés. Corselet et ély- 
tres comme chez le précédent ; stries embrouillées à la base 
et sur les côtés. Episternums creusés d'un sillon obso- 
lète et peu profond. Dessous du corps couvert de gros 
points, plus espacés sur le métasternum, à peine plus 
petits et bien visibles sur le ventre. 

Département du Var en été. 

Les Rhinosimus JEneus, Tapirus et Ornithorynchus ren- 
trent dans le sous-genre Cariderus de M. Mulsant, carac- 
térisé par la massue de six articles. Ils sont en outre plus 
allongés, plus parallèles et moins convexes que leurs 
congénères. 

Leurs rapports entr'eux sont très grands. J'ai vu un 
certain nombre d'exemplaires du premier, toujours noirâ- 
tres, à pattes et antennes foncées, à stries très confuses et 
à rostre noir et court. 

Le Tapirus, dont M. Pandellé a recueilli deux mâles et 
deux femelles sur le bois mort de chêne et de châtaigner, 
est caractérisé par sa taille, dont la petitesse est surtout 



- 31 — 

remarquable quancLon tient compte de son très long bec, 
par la régularité de ses stries et par la couleur claire de ses 
pattes, de ses antennes et de son rostre. 

L' Ornithonjnchus, dont il a été pris un exemplaire sur 
l'érable en juin, à la Sainte-Beaume, et que M. Madon, 
Président du Tribunal civil de Toulon, a rencontré abon- 
damment en septembre à Saint-Maximin (Var), forme un 
peu le passage entre les deux autres. Il a le rostre rouge, 
les pattes et les antennes claires, la couleur foncière voi- 
sine de celle du Tapirus^ avec la taille et le rostre large de 
VJEneus. Il diffère du premier, outre sa taille, par son 
rostre et son corselet ponctués plus dru, le premier beau- 
coup moins long et plus large, les antennes insérées bien 
plus près des yeux, ses stries un peu moins régulières et 
ses postépisternums creusés d'un sillon moins large et 
moins profond ; du second, outre la couleur des antennes, 
des pattes et du rostre, par ce dernier un peu plus long, 
ses yeux bien plus saillants, ses élytres moins larges à la 
base, par rapport au corselet, ses stries plus nettes et les 
premiers articles antennaires moins rétrécis à leur base. 

M. Marquet fait en son propre nom la communication qui suit : 

Description d'une nouvelle espèce du genre Melanophila 
(Eschschotz), coléoptère de la famille des Buprestides. 

Je possède une Melanophila que j'avais cru être un des 
sexes de Appendiculata (Fabricius). Cependant la véri- 
fication d'un grand nombre d'individus de cette dernière 
espèce m'a démontré que le mâle et la femelle sont iden- 
tiques quant à la forme générale, à la structure et à la 
couleur : l'échancrure plus ou moins large et profonde du 
dernier arceau ventral est le seul caractère qui les dis- 
tingue. 

Après avoir soumis mon insecte à l'examen de plusieurs 
entomologistes compétents et avoir reçu d'eux l'affirmation 



— 32 — 

que l'espèce était bien distincte d' Appendiculata , je me 
suis décidé à en donner ci -après la description : 

Melanophila oxyura. 

Allongée, d'un noir bronzé, réticulée en dessus. Bronzée 
sombre en dessous. Pronotum un peu plus large que long, 
à strie médiane à peine marquée. Elytres assez convexes, 
sans dépressions visibles sur leur disque ; elles ont cha- 
cune qnatre lignes légèrement saillantes et sont terminées 
par une épine aiguë. 

Longueur ra ,008 à m ,010. 

Cette espèce diffère de V Appendiculata par la présence 
de quatre stries élevées, l'absence de dépression, la forme 
plus convexe des élytres, la réticulation moins serrée de 
ces parties et du pronotum, ce qui rend l'insecte plus 
brillant, par la couleur bronzée des parties inférieures. 

J'ai trouvé deux exemplaires de cet insecte à Béziers, 
en fauchant sur des graminées et autres plantes qui bor- 
dent les sentiers du coteau de Bagnols ; ils avaient dû subir 
leurs métamorphoses dans le tronc des conifères plantés 
dans le cimetière de la ville. 

M. Abeille de Perrin m'a communiqué ce même insecte 
provenant de chasses faites en Provence ; l'exemplaire que 
j'ai vu était d'un tiers moins grand que les miens, un peu 
plus court et d'une couleur bronzée sombre. 

Cet insecte serait-il YJEqualis de Mannerheim ? n'ayant 
pas eu sous les yeux cette espèce, je n'ai pu comparer 
V Oxyura qu'à Y Appendiculata. Dans tout état de choses, si 
mon insecte était VJEqualis, originaire d'Orient, ce serait 
une espèce intéressante à ajoutera la faune française. 






- 33 - 

Séance du 24 décembre 18*73. 

Présidence de M. le D r Gourdon. 

La Société reçoit : 

De la part de M. Ch. Velain : Compte-rendu de la réunion 

extraordinaire de la Société géologique de France à Digne; d872. 

Lettre de M. G. Fabre, remerciant ta Société de sa nomination. 

M. A. Reverdit, membre correspondant, adresse les notes sui- 
vantes à la Société : 

1° Stations de Saint- Léon- sur -Vezère (Dordogne), 
(Belcaire-Haut. — Belcaire Bas. — La Rochette). 

Les stations de Saint-Léon, que je désigne sous les noms 
de Belcaire-Haut, Belcaire-Bas et La Rochette, peuvent être 
groupées en une seule station. Les deux derniers points 
ont dû certainement ne former qu'un seul et même habitat : 
quant au premier point, il semble différer assez sensible- 
ment des autres, et pourrait appartenir à une époque 
relativement plus récente. Ces stations, situées sur la rive 
droite de la Vezère, entre Montignac et le Moustier, sont 
à 8 kilomètres de la première ville et à peu près à égale 
distance du Moustier. 

Le premier point, Belcaire-Haut, est un plateau en plein 
air, à pic sur la Vezère ; élevé de 50 à 60 mètres au-dessus 
de son niveau, il n'en est guère à plus de 20 mètres comme 
distance horizontale. Ce plateau est entièrement dépourvu 
des abris que semblaient généralement rechercher ces 
populations. Sur le milieu de la pente du plateau existe 
une grotte que l'on m'a dit être profonde, mais dont je ne 
connais que l'entrée un peu étroite. 

C'est sur ce plateau, en suivant un sentier comme rac- 
courci déroute, qu'au commencement de l'année I872 je 
fus accidentellement mis sur les traces des premiers silex 

3 



- 34 - 

taillés. Peu de temps après, venant en résidence à Mon- 
tignac, et mes fonctions m'appelant sur bien des points 
dans presque toutes les communes du canton , je me 
rappelai cette circonstance et me mis à la première 
occasion à faire des recherches plus sérieuses. C'est 
alors que , sur ce même plateau dont il vient d'être 
question, dans une vigne et sur une superficie maxima 
d'environ deux hectares de terres labourées, je découvris 
en abondance à la surface du sol des silex dont la taille, 
le plus généralement, était incontestable. J'y ai trouvé de 
grands nucléi, de grandes lames avec ou sans retouches, 
des couteaux, grattoirs, etc. : tous ces instruments, 
parfois d'un fini irréprochable, paraissent plus matériels 
que les types de Laugerie, etc., le silex est généralement 
beaucoup plus épais comme éclat. J'ai trouvé deux petits 
ciseaux taillés sur les deux faces, identiquement pareils au 
type que j'avais déjà trouvé dans une grotte de Corgnac 
(Nontron), bien que les derniers soient de beaucoup plus 
beaux sous tous les rapports, trois fragments de hache 
polie conservés dans ma collection, et deux ou trois débris 
insignifiants de poterie. 

Belcaire-Bas, distant environ de 400 mètres du point que 
je viens de décrire, n'est élevé que de quelques mètres au- 
dessus du niveau de la Vezère. Là commence une suite de 
rochers dont la ligne se continue jusqu'à la Rochette. Ces 
rochers, dont la chaîne n'est pour ainsi dire pas inter- 
rompue entre ces deux points, forment les abris et se ter- 
minent à la Rochette par deux grottes. Le point où se 
forment les rochers n'est éloigné que de quelques mètres 
de la Vezère, tandis que cette dernière est au moins à 4 ou 
500 mètres en ligne droite avec la fin des rochers. La dis- 
lance en longueur de Belcaire-Bas à la Rochette peut 
approximativement être évaluée à un kilomètre sur une 
largeur moyenne de 2 à 300 mètres. Sur tout le terrain 
compris entre ces deux points, on rencontre des silex ; ils 
sont tellement abondants sur diverses places qu'il devient 



- 35 — 

facile, en peu de temps, d'en recueillir une quantité surpre- 
nante, présentant tous des traces plus ou moins caractéris- 
tiques de travail. Le point qui semblerait être le plus 
important serait la Rochette, et cette importance pour- 
rait être justifiée par les grottes dont j'ai déjà parlé et qui 
se trouvent directement au-dessus. L'une de ces grottes 
renferme sûrement des silex, j'y en ai recueillis; je ne puis 
rien affirmer pour l'autre que je n'ai fait que visiter très à 
la hâte, sans faire la moindre fouille. Les silex recueillis par 
moi sur ces deux points consistent en couteaux, grattoirs, 
nucléi, percuteurs en silex, un râcloir bien caractéristique, 
plusieurs hachettes type Saint-Acheul, plusieurs fragments 
de flèche ou lance (une complète) et quelques disques. Les 
types sont les mêmes tant à Belcaire-Bas qu'à la Rochette ; 
je dois cependant faire remarquer que j'ai trouvé à Bel- 
caire-Bas une hache polie en grès, dont l'extrémité tran- 
chante paraît avoir été retaillée. Tous les silex, depuis 
bientôt deux ans , ont été récoltés , à quelques rares 
exceptions près, au milieu des champs, où je les recherche 
de préférence au moment où de nouveaux labours ramè- 
nent à la surface ceux restés encore cachés dans la terre ; 
et alors, je le répète, il y a quelquefois lieu d'être surpris 
de leur abondance. Un reste de brèche se remarque 
encore adhérent à un rocher de Belcaire-Bas; je suppose 
que si des fouilles étaient pratiquées, on la retrouverait 
sur toute la longueur des rochers telle qu'à la Rochette 
où elle est assez riche. Un gros fragment de poterie a 
été trouvé en place en 1872 par M. Hardy, conservateur 
du musée de Dieppe, M. Cautelauve, percepteur à Labachel- 
lerie et moi, dans une couche noire à humus, directement 
placée au-dessus de la brèche de la Rochette. 

Jusqu'à ce jour mes recherches ont toujours eu lieu dans 
les champs ; des fouilles dans les grottes et dans le cœur 
de la brèche seraient peut-être plus fructueuses. 

L'exposition des abris est sud-est. 



- 36 - 

2° Station de La Balutie, commune de Montignac-sur- 

Vezère. 

Je dois à M. Théodore Sorbier, avocat à Montignac, la 
bonne fortune de connaître cette station. Eloignée à peine 
de 3 kilomètres de Montignac, en dehors de la vallée de la 
Vezère, cette station très intéressante est aujourd'hui en 
pleine exploitation. La Balutie, qui semblerait être de 
l'époque de Solutré, de Badegoule, etc, fut découverte il y 
a déjà quelques années par M. Sorbier en compagnie du 
P. Sanna Solaro, alors professeur à Sarlat. Ces Messieurs, 
à titre de première étude, firent pratiquer quelques fouilles 
qui, bien que superficielles, suffirent néanmoins pour per- 
mettre de constater qu'on était là en présence d'une 
habitation préhistorique. Des silex taillés, des éclats en 
grandes lames furent mis à jour au premier coup de pio- 
che \ à ces silex étaient mélangés des os le plus souvent 
en débris ; mais néanmoins ces Messieurs ont pu conserver 
encore quelques ossements, de rhinocéros, d'hyène, des 
dents isolées de cerf, de cheval et de bœuf, qui ne pou- 
vaient que confirmer la découverte. 

Avant d'énumérer mes trouvailles, il est nécessaire de 
donner un aperçu de la station. Une chaîne de rochers 
d'une longueur d'environ 100 mètres, terminée à l'est par 
une grotte divisée en plusieurs chambres obscures, forme 
les abris. Ces rochers, situés sur le haut d'un coteau à 
pic, ne sont élevés de guère moins de 100 mètres au- 
dessus du niveau de la vallée très resserrée que longe 
un petit ruisseau. L'accès des rochers est difficile parla 
vallée. Ces rochers ne présentent généralement pas de 
creux ; sur un seul point, et c'est là que j'ai commencé mes 
fouilles, ils forment un enfoncement qui m'a paru de nature 
à être choisi de préférence pour une habitation, par cela 
seul qu'il devenait plus facile de s'abriter, puisque la 
nature s'était déjà en partie chargée du travail. Bien 



- 37 - 

qu'ayant commencé sur ce point mes fouilles, j'ai lieu de 
croire à peu près sûrement que tout le long des rochers 
on retrouvera les mêmes traces de la présence et du travail 
de l'homme. 

J'en arrive maintenant aux fouilles elles-mêmes et à 
leurs résultats. La couche supérieure formée par la terre 
végétale à laquelle se mêlent souvent des blocs calcaires, 
m'a fourni des échantillons de silex assez remarquables 
comme type et comme conservation. Malheureusement dans 
ce milieu, les silex sont le plus généralement brisés. J'ai 
trouvé cependant des pointes de flèche retouchées à petits 
éclats sur une face seulement et sur un seul des tranchants, 
des fragments de lance taillés sur les deux faces, analogues 
aux types de Badegoule, et deux fragments du même type 
avec un reste de talon : l'un de ces derniers est taillé sur les 
deux faces, l'autre ne lest que sur une : des couteaux plus 
ou moins complets, un fort joli percuteur taillé sur les deux 
faces, ayant la forme d'une pomme, quelques grattoirs 
généralement en mauvais état, si ce n'est un grattoir fort 
beau en quartz hyalin. On rencontre aussi quelques os 
brisés et fendus ; les nucléi y sont abondants, et il en 
existe d'assez volumineux. Pour cette couche, de même 
que pour celles inférieures, j'ai remarqué qu'en approchant 
des parois du rocher, les trouvailles devenaient plus rares. 
La brèche semble y être plus épaisse, plus dure et plus 
noire. 

Après cette première couche de terre végétale, vient 
la brèche composée de débris de silex, de cailloux roulés 
généralement en quartz, quelques pierres schistoïdes, des 
débris d'os, des dents isolées, et enfin quelques restes de 
charbon, le tout empâté dans un ciment très dur ayant 
la couleur des cendres. Les silex de la brèche sont sans 
valeur ; j'ai trouvé là quelques fragments d'os travaillés en 
forme de poinçon, mais j'ajoute bien vite que les échantil- 
lons de cette nature paraissent être très rares. 

Vient ensuite une troisième couche formée par de petits 



« 38 — 

graviers calcaires présentant l'aspect d'une carrière de cas- 
tine. Dans cette couche les silex sont rares, cependant 
j'y ai trouvé les mêmes types que ceux dont j'ai parlé pour 
la première couche, des fragments de poinçons en os, une 
cérite perforée et deux autres fragments de coquille, dont 
l'un est aussi perforé et appartient à une espèce de la 
famille des trochoïdes. 

Après cette couche castineuse vient enfin la couche à 
humus : c'est une terre noire et très-meuble, les fouilles y 
sont faciles et les silex abondants. Les os s'y trouvent 
toujours dans un état tel que celui déjà décrit, et portent 
souvent des traces de feu. Le grattoir est le type le plus 
fréquent et le mieux conservé ; quelques rares mais beaux 
couteaux, mais aucun fragment de flèche. 

Au-dessous est une autre couche qui ne diffère de la 
précédente que parla teinte rougeâtre qu'emprunte la terre, 
qui devient plus compacte, et dans laquelle se remarque 
une plus grande quantité d'os réduits à l'état de charbon. 
Les silex y sont tout aussi abondants que dans la couche 
noire et les types absolument identiques. 

Après cette couche arrive, je crois, une seconde brèche. Je 
n'affirme rien encore à cet sujet ; bien que constatée sur 
plusieurs points, cette seconde brèche semble ne pas exister 
régulièrement. L'épaisseur de ces différentes couches n'est 
point considérable, puisque, comme profondeur totale, je 
n'ai pas atteint plus de 1 mètre 30 cent. — Les fouilles 
sont très pénibles : on est souvent arrêté par de gros blocs 
qu'il devient difficile de déplacer. 

8° Station de la Tuilière. 

La Tuilière, exposée au sud-est, sur la rive droite de la 
Vezère, est une petite station contemporaine de la Made- 
laine, selon toute apparence. Située entre le Moustier et 
Saint-Léon-sur-Vezère, elle n'est distante du Moustier que 
de 1 kilomètre environ ; des rochers et une petite excava- 
tion sur le bord même de la route qui conduit de Saint- 



- 39 — 

Léon au Moustier forment les abris. La Tuilière tire son 
nom d'une ancienne fabrique de tuiles ; l'habitat est au 
niveau de la route, et la Vezère est sur ce point à une dis- 
tance-dé 150 à 200 mètres. 

La brèche proprement dite n'existe pas ; on remarque 
deux couches ainsi composées : Tune, la première, formée 
par une terre légère et noire, renferme assez de silex; 
la seconde est une terre un peu jaunâtre, compacte, dans 
laquelle se rencontrent assez fréquemment de petits blocs 
de calcaire; cette seconde couche semble renfermer plus 
particulièrement les os, et c'est là, du reste, que j'ai trouvé 
les quelques os travaillés qui consistent en trois fragments 
d'aiguille, une moitié de flèche barbelée (la pointe), trois 
poinçons en os, une petite partie d'un os gravé, un disque, 
et enfin quelques autres fragments informes qui cependant 
attestent tous le travail de l'homme. 

Gomme type, les silex me paraissent être ceux de la 
\ladelaine. Ils consistent en grattoirs, couteaux, poinçons 
ou burins, et beaucoup de petits éclats souvent retouchés et 
sûrement destinés à quelque usage. 

J'ai rencontré là des dents isolées du renne, du cerf, 
deux dents d'ours, deux fragments de mâchoires de sus, 
peu d'autres ossements, sauf des débris insignifiants que 
je n'ai pas recueillis. 



Séance du 7 janvier 1874. 

Présidence de M. le docteur Gourdon. 

La Société reçoit : 

De la part du Ministère de l'Instruction publique : 

Lithologie des mers, par M. Delesse. 2 vol. in-8°, atlas in-f°. 
Paris, 1871. 

Iconographie photographique des centres nerveux, par.). Luys. 
4 livraisons in-4<>, photographies, lithographies, texte. Paris, 1873. 



— ta - 

Traité de paléontologie végétale, par Ph. Schimper. 2 vol. 
ï fi 8° et atlas in- 4°. Paris, 1870. 

Faune conchyliologique de la Nouvelle-Calédonie, 2 e partie, par 
Gassies. ln-8°. Paris, 1872. 

Note sur V aérostat à hélice construit pour le compte de l'Etat, 
par M. Dupuy de Lôme. In-4°. Paris, 1872. 

De la pisciculture en Chine, par Dabry et Soubeyran. In-4°, 
avec planches. Paris, 1872. 

Découverte d'un squelette humain de l'époque paléolithique dans 
les grottes de Menton, par E. Rivière. In-8°. Paris-Menton, 1873. 

Mission scientifique au Mexique et dans l'Amérique centrale. 
G vol. in-K Pans, 1868-73. 

Actualités scientifiques, par M. l'abbé Moigno. 23 vol. in-12. 
Paris, 1868-73. 

MM. Desjardins et Huttier sont chargés d'examiner les comptes 
du trésorier pour la gestion de 1873. 

M le docteur Gourdon rend compte de la course qu'il a faite 
en compagnie de la Commission chargée de procéder à la recon- 
naissance des travaux de canalisation de Portet. 



Séance du 1S janvier 1874. 

Présidence de M. le docteur Gourdon. 

M. Lemarié, à Saint-Jean-d'Angely, est nommé membre cor- 
respondant sur la présentation de MM. Gourdon et Desjardins.- 

Sur le rapport de M. Huttier, les comptes de gestion du trésorier 
reçoivent l'approbation de la Société. 

M. Lacroix donne connaissance de la suite de son Catalogue 
raisonné des Oiseaux de la Haute-Garonne, l'Aude, l'Âriége, le 
Gers, etc. (1) 

(1) Voir le commencement de ce travail au Bulletin de la Société, 
t. VII, p. 129. Séance du 6 mars 1873. Le catalogue de M. Lacroix est 
entièrement terminé et déposé aux archives. Les parties non encore 
publiées paraîtront successivement. 



— 41 — 

GENRE XXXVIII. 

BOUSCARLE. - CETTIA (Bonap.) 

104. - BOUSCARLE CETTI. - CETTIA CETTI. 

Degl. ex Marm. 

Sylyia cetti, Marmora, Mem. délia Acad. diTorino (1820). t. 25, p. 254. 

Sylvu sericea, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 194. 

Sylvia cetti, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 212. 

Cettia cetti, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 578. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1 867), t. 1, p. 524. 
Calamoherpe cetti, Dubois, ri. col. des Ois. de l'Eur., 2 e série, t. 1, pi. 77. 

BOUSCARLE DE PROVENCE, Buff. PL enl. 635, f. 2. 

Arrive dans la seconde quinzaine d'avril et se répand, dès 
son arrivée, dans les endroits fourrés de plantes aquatiques 
des bords de nos rivières où il est presque impossible de la 
voir ; si ce n'était son chant, on passerait très-souvent sans * ' nic e re £ ul • 
se douter de sa présence. Elle repart vers les premiers jours 
de septembre. 

Aude. De passage en automne et au printemps ; cepen- 

dant il en reste toute l'année. C. niche régul 1 . 

Ariége. Non observée dans ce département. ° 

Gers. Je ne connais qu'une capture authentique. TT « **• ne niche pas, 

Hérault. Un passage a lieu en automne, un autre au prin- 
temps, mais une grande partie est sédentaire 
toute l'année. T. T. C. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. Observée très-rarement dans ce département. T.T.R. niche accid 1 . 

Tarn. On rencontre quelques sujets l'été et ceux-ci vont 

passer l'hiver dans l'Hérault. A. R. — 

Pyr.-Orient. Toute l'année on rencontre la Bouscarle Cetti, 

mais une petite partie émigré l'hiver. T. C. niche régul 1 . 



— 42 — 

GENRE XXXIX. 

LUSCINIOLE. - LUSCIN10PSIS (Bonap.). 

105. LUSCINIOLE LUSCINIOÏDE. - LVSCIN10PSIS 

LUSC1NI0IDES (Z. Gerbe ex Savi). 

Sylyia luscinioïdes, Savi, N. Gior. Lelter (1824) n° 14, et (1825) n° 22. 
— Temm. Man. } 2 e édit. (1820). 3° part. (1835,) p. 120. 

Cettia luscinioïdes. Z. Gerbe, Dici. univ. d'histoire nat. (1848), t. 11, p. 240. 
Sylyia luscinioïdes, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 211 bis. 
Lusciniola savii, Bp., Cat. Parzud (1856), p. 6. 
Cettia luscinioïdes, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1 , p. 580. 
LuscLNiopsis luscinioïdes, Degl. et Gerbe, Omit. Eur. (1867), t. i,p. 520. 
Calamoherpe luscinioïdes, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 e série, t. 1, pi. 79 a. 

Cette espèce arrive vers le 1 5 avril ; elle recherche les 
endroits frais et les mares garnies de plantes aquati- 
ques, qu'elle habite pendant toute la belle saison. Dès 
qu elle entend du bruit, elle grimpe aussitôt au sommet des T * R * nicne ré g u ^ 1 - 
roseaux ou autres plantes ; il faut profiter de ce moment pour 
la tirer, car aussitôt qu'elle voit le chasseur, elle se cache dans 
les feuilles et ne reparaît plus. Elle nous quitte courant sep- 
tembre. 

Aude. Ce n'est qu'en été que l'on rencontre quelques 

sujets. . T. R. niche régul 1 . 

Hérault. Séjourne dans ce département tout l'été et dispa- 
raît en septembre. A. R. — 

Tarn. Observé de loin en loin pendant l'été. T. T. R. niche accid 1 . 

Tarn-el-Gar. Rencontré dans les parties marécageuses et en 

été. T. R. — 

Pyr. -Orient, J'ai reçu cette espèce de Perpignan comme une 

très-grande rareté. T. T. R- — 

GENRE XL. 

PHRAGMITE. - CALAMODYTA (Mey. ex Wolf). 

10G. - PHRAGMITE DES JONCS. - CALAMODYTA 

PHRAGMIT1S (Mey. et Wolf ex Bechst). 

Sïlyia pdragmitis, Bechst. Nat. Deuts (1807), t. 3, p. 635. 
Temm. Mon., 2«édil. (1820), t. 1, p. 189. 



— 43 — 

Syi/via scm:nob.£Nus, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 230. 

Calamodyta phragmitis, Mey. et Wolf, lasch. der Deuts (1810-1822), t. 1, p. 234. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 584. 

— Degl. et Gerbe. Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 533. 
Calamoherpe phragmitis, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 1, pi. 82, 

f. 2. 

Arrive dans la deuxième moitié du mois d'avril et recher- 
che les lieux submergés où poussent les plantes aquatiques 
de toute sorte, qu'elle ne quitte qu'au commencement de . ,, . j 

septembre. A cette époque, on la rencontre dans les chaumgs ' mc e re ^ u ' 1 " 

situés au bord des rivières ; son passage commence à la fin 
d'août, et tous disparaissent vers le quinze septembre. 

Aude. Arrive en mai, cherche les lieux humides et four- 

rés, et repart en septembre. C. niche régul 1 . 

Ariêge. De passage au printemps et en automne; ce 
dernier passage est bien plus important que 
celui du printemps. C. niche accid». 

Gers. De passage en automne et au printemps. P- C. — 

Hérault. Sédentaire toute l'année. T. C. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. On rencontre peu cette espèce dans ce départe- 
ment. T. R. ne niche pas. 

Tarn. De passage en automne et au printemps; quelques 

couples restent en été. C. niche régul 1 . 

Tarn-et-Gar. De passage en automne et au printemps. C. ne niche pas. 

Pyr. -Orient. Sédentaire et de passage; très-abondant en 

automne. C. niche régul 1 . 



107. - PHRAGMÏTE AQUATIQUE. - CALAMODYTA 
AQUATICA (Bp. ex Lalh.) 

Sylvia aquatica, Temm. Mm., 2 e edit. (1820). t. 1, p. 188. 

— Lath. Ind. (1790), t. 2, p. 510. 

Calamodyta aquatica, Bp., Ucc. Eur. (1842). 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1. p. 586. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 535. 
Sylvia paludicola, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 231. 

Calamoherpe aquatica, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., ire g^rie, t. 1, pi. 83. 



R. 


niche régul. 


P. c. 


niche accid 1 . 


T. R. 


ne niche pas 


C. 


niche régul 1 . 


T.T.R. 


ne niche pas. 


A. R. 


niche accid 1 . 


A. G. 


niche régul . 



— 44 — 

Arrive aux mômes époques que la Phragmite des joncs , 
habite les mêmes endroits, nous quitte fin août. J'ai pris celte r, n - lc ^ Q r ^ u lt 

espèce, comme la précédente, dans les chaumes situés au bord 
des rivières. 

Aude. Arrive en avril, repart en septembre; à cette 

dernière époque a lieu un'passage important. 
Ariége. De passage en automne et au printemps. 
Gers. Observée en automne. 

Hérault. Sédentaire sur plusieurs points du département. 
Tam. Capturé rarement. 

Tarn-ct-Gar. J'ai eu un nid de cette espèce, des environs de 

Caussade. 
Pyr.-Orienl. Sédentaire sur quelques points. 



GENRE XLI. 

LOCUSTELLE. - LOCUSTELLA (Kaup.) 

108. - LOCUSTELLE TACHETÉE. - LOCUSTELLA 

NjEVIA (Degl. ex Briss.). 

ClRRUCA CINEREA NJEVIA, BnSS. Ornith. \(i 760), t. 6, SUppl. p. 142. 

Sylma locustella, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 4, p. 4 84. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 229. 
Locustella n^via, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 589. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 529. 
Calamoherpe locustella, Dubois, PL col des Ois. de la Belg., 4 e série, t. 4, pi. 79. 
l'Alouette loclstelle, Buff. PI. enl. 581, f. 3. 

Nous la voyons arriver vers le milieu d'avril et se répandre 
dans les endroits frais et humides et abondamment fournis 
de plantes aquatiques, d'où il est, pour ainsi dire, impossible 
de la faire sortir. Quand on veut la poursuivre, elle ne s'en- A. R. niche régul 1 . 
vole que très-rarement et se glisse dans le fourré comme un 
rat. Elle nous quitte dans les derniers jours d'août ou au 
commencement de septembre. 



— 45 — 

Aude. Arrive en avril ; repart en septembre. A. R. niche régul 1 . 

Ariége. Je l'ai peu observée dans ce département. T. T. R. niche accid 1 . 

Hérault. Sédentaire pendant une grande partie de l'année. A. R. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. On la trouve peu et toujours au passage d'au- 
tomne. T. R. ne niche pas. 

Tarn. Je n'ai pu constater sa présence dans ce départe- 
ment. T. R. — 

Tam-et-Gar. Je ne connais qu'une capture dans ce départe- 
ment. T.T.R. — 

Pyr. -Orient Sédentaire presque toute l'année. A. R. niche régul 1 . 



FAMILLE XL 

TROGLODYT1DÉS. — TROGLODYTIDM (Swainsï. 



GENRE XLIL 

TROGLODYTE. - TROGLODYTES (Vieill.). 

109. — TROGLODYTE MIGNON. - TROGLODYTES 

PARVULUS (Koeh). 

Troglodytes parvulus, Koch Baier, Zool. (1816), t. 1, p. 161. 
Sylvia troglodytes, Temm. Man. 2 e édit. (1820), t. 1, p. 233. 
Troglodytes europ^ea, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 236. 
Troglodytes vulgaris, Temm. Man. (1835), 3 e part. , p. 160. 
Troglodytes europ^eus, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. \, p. 598. 
Troglodytes parvulus, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 540. 
Troglodytes vulgaris, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., l re série, t. 1, p.. 75. 
le Roitelet, Buff., PI. Enl. 615, f. 2. 

Sédentaire toute l'année, habite en été les grands bois et 
les grands ramiers des environs de Toulouse, notamment ceux 
du Moulin du Château et de Braqueville, où il se reproduit. 
Se réfugie en hiver dans tous les jardins , entre même dans 
les maisons et y passe la nuit caché dans un coin; aussi ;.' mcne ré § ul * 

est-on surpris le matin d'entendre sa voix et de le voir vol- 
tiger contre les fenêtres fermées ; j'ai eu occasion d'observer 
plusieurs fois ce fait à l'époque des grands froids. 



— 46 — 

Aude. Sédentaire, en été dans les grands bois, en hiver 

dans les environs des fermes et jardins mêmes 

de la ville. T. T. C. nche régul 1 . 

Ariége. Toute l'année, les bois fourrés; en été, les jardins ; 

bois et ramiers en hiver. T. T. C. — 

Gers. On rencontre cette espèce toute l'année. T. T. C. — 

Hérault. Les hauteurs en été, la plaine en hiver. T. G. — 

Hautcs-Pyr. Sédentaire toute l'année dans ce département. T.T.C. — 

Tarn. En été, les grandes forêts ; en hiver, les fourrés, 

les broussailles et les jardins . T. T. C. — 

Tarn-et-Gar. On le trouve, pendant l'été, dans les ramiers et 

grands bois ; en hiver , dans les parcs et 

jardins. T.T.C. — 

Pyr. -Orient. En été, les montagnes boisées; en hiver, les 

jardins. T. C. — 



FAMILLE XII. 

PHYLLOPNEUSTIENS. — PHYLLOPNEUSTINM, 



GENRE XLIII. 

POUILLOT. - PHFLLOPNEUSTE (Mey. et Wolf.). 

110. - POUILLOT FITIS. - PHYLLOPNEUSTE 

TROCHILUS (Brehm ex Linn.). 

Motacilla. trochilus, Linn. S. N., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 338. 
Sylvià. trochilus, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 224. 
Phyllopneuste trochilus, Brehm Hand., Nat. vog. Deuts (1828), p. 429. 
Sylvià fitis, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 218, sujet en robe d'été. 
Phyllopneuste trochilus, Degland, Ornilh. Europ. (1849), t, 1, p. 549. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 545. 

Ficedula. fitis, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg. 1 rc série, t. 1, pi. 76 a, f. 2. 
le Pouillot, Buff., PI. enl. 651, sous le nom de Chantre. 



T. T. C. 


T. T. 0. 


T. T. G. 


T. C. 


T. T. C. 


T. T. C. 


T. C. 



— 4 7 — 

Sédentaire, en été, dans nos grandes forêts ; en hiver, dans 
tous nos parcs , jardins et grands ramiers de la plaine. ' ' ' mcne ré § ul * 

Aude. Sédentaire. Habite, en été, les grands bois ; en 

hiver, les jardins et parcs. T.T.C. niche régul 1 . 

Ariége. Toute l'année; en été, les grandes forêts: en 

hiver, les jardins. 
Gers. Partout: les forêts en été, les jardins en hiver. 

Hérault. Très-abondant pendant toute l'année. 
Hautes-Pyr. Habite toute l'année les vallées et plaines de ce 

département. 
Tarn, Sédentaire toute l'année; les forêts en été , les 

jardins en hiver. 
Tarn-etrGar. Même habitat que le précédent. 
Pyr.-Orien. Toute l'année, mais plus abondant au printemps. 



111. - POUILLOT VÉLOCE. - PHYLLOPNEUSTE 

RUFA (Bonap. ex Briss.). 

Curruca rufa, Briss, Ornith. (1 760), t. 3, p. 389. 
Sylvia rufa, Temrn. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 225. 

PHYLLOPNEUSTE RUFA, Bp., B. of. Elir. (1838), p. 513. 

Sylvia collyrità P. Roux, Ornith. Prov., pi. 223. 
Phyllopneuste rufa, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 551. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1 867), 1. 1, p. 546. 

Ficedula rufa, Dubois, PL col des Ois. de la Belg., l re série, t. 1, pi. 76. 

Habite, en été, nos grands bois de la plaine; en hiver, 
se rapproche des villes et villages. Si les froids sont peu 
rigoureux, beaucoup d'entr'eux hivernent ; le froid les fait **• G- niche régul 1 . 
tous disparaître, et ils ne nous reviennent que vers le com- 
mencement d'avril. 

Aude. Sédentaire sur plusieurs points. P. C. niche régul*. 

Ariége. Arrive au printemps, repart en automne. P. G. — 

Gers. Presque toute l'année. • P. Ç. — 

Hérault. Sédentaire toute l'année. C. — 

Hautes-Pyr. De passage en automne et au printemps. R. ne niche pas. 

Tarn. Arrivent au printemps ; quelques-uns passent 

l'été. P. C. niche aceid 1 . 

Tarn-et-Gar. Toute la belle saison. P. C. — 

Pyr.-Orient. Très-peu répandu dans ce département. T. R. ne niche pas. 



112. - POUILLOT SIFFLEUR. — PHYLLOPNEUSTE \ 

SIBILATR1X (Brehm ex Bechst). 

Alisis sybilatrix, Bechst, Om. Tasch. (1802), p. 176. 
Sylyia sibilatrix, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1,p. 223. 
Puyllopneuste sibilatrix et sylmcola , Brehm, Handb., Nat. vog. Deuls ( 1831 ), 

p. 425 et 42 6. 

— — Temm. etLaug. PI. col. 245, f. 3. 

— sylyia sylvicola, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 225. 
Phyllopneuste sylvicola, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1,p. 552. 
Phyllopneuste sibilatrix, Degl. et Gerbe, Ornilh. Europ. (1867), t. 1, p. 548. 
Ficedula sylvicola, Dubois, Pi. col. desOis. delà Belg., l re série, t. 1, pi. 77. 

Arrive vers le 1 5 avril , recherche aussitôt les grands bois 
irais et nos ramiers dans les parties bien garnies de brous- R. niche régul 1 . 

sailles. Si l'hiver est doux, il reste quelques sujets. 

Aude. Arrive au printemps pour repartir en automne. C. niche régul 1 . 

Ariége. Arrive en avril pour partir fin septembre. II 

hiverne quelquefois. 
Gers. De passage au printemps et en automne. 

HéravM. Arrive au printemps et repart vers le milieu de 

l'automne. 
Hautes-Pyr. Peu répandu dans ce département. 
Tarn. On rencontre cette espèce durant toute la belle 

saison. 
Tam-etrGar. Arrive au printemps pour repartir fin septembre. 
Pyr.-Orient. Sédentaire et très-répandu ; plus abondant au 

printemps qu'en automne. T. C. 



113. - POUILLOT BONELLI. - PHYLLOPNEUSTE 

BONELLI (Bonap. ex Vieill.). 

Sylvia bonelli, Vieill. N. Dict. (1819), t. 28, p. 91. 

Sylvia nattereri, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 227. 

Phyllopneuste bonelli, Bonap. Birds (1838), p. 13. 

— Temm. etLaug, PL col, 24, f. 2. 

Sylvia bonelli, P. Roux, Ornilh. Prov., pi. 226. 



G. 
A. C. 


- 


C. 
T. R. 


niche accid 1 . 


G. 
C. 


niche régul 1 . 



— 49 — 

Phyllopneuste bonelli, Degland, Ornith. Eur. (1849), l.,\, p. 554. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 549. 

Ficedula nattereri, Dubois, PI. col. des Ois. de laBelg., 1 re série, t. 1, pi. 76, f. 1. 

Cette espèce est de passage au mois d'avril; quelques sujets 
restent dans nos grands bois et ramiers ; le retour et départ C. niche régul 1 . 

ont lieu vers la première quinzaine d'octobre. 

Aude. Se rencontre dans te département, depuis le mois 

d'avril à fin octobre. C. niche régul 1 , 

Ariége. On trouve le Pouillot Bonelli tout l'été ; il part 

en octobre. P. C. — 

Gers. Il arrive en avril pour repartir en octobre. P. C — 

Hérault. On le trouve pendant toute la belle saison. C. — 

Hautes-Pyr. Peu répandu dans ce département, et toujours 

en été. T. R. — 

Tam. On rencontre cette espèce depuis le mois d'avril 

jusqu'en octobre. P. G. — 

Tarn-et-Gar. Il arrive au printemps pour partir vers le milieu 

de l'automne. P. G. — 

Pyr. -Orient. Arrive avec l'espèce précédente ; une partie reste 

tout l'été. C. — 



GENRE XLIV. 

ROITELET. — REGULUS (G. Guv.). 

114. - ROITELET HUPPÉ. - REGULUS CRISTATUS. 

Gharlet. 

Regulus cristatus, Charleton, Exercit. (1677), p. 95, n° 1. 

— Briss., Ornith. (1700). t. 3, p. 579. 

— Temm. Man, 2 e part. (1835), p. 157. 
Sylvia regulus, Temm. Man, 2 e édit. (1820), t. 1, p. 229. 
Regulus cristatus, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 234, f. 1, mâle f. 2. 

— — tête de la femelle. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 304. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 553. 
Regulus vulgaris, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., l re série., t. 1, pi. 88. 



— 50 — 

Sédentaire toute l'année ; habite en été les grands bois de 
pins et de sapins de nos montagnes où il se reproduit. Je l'ai 
rencontré très-abondamment au mois de juillet dans les forêts 
de pins, au-dessous de Super-Bagnères, à Luchon, vers le 
bureau des douanes de Castelviel. En hiver , il se rapproche T. C. niche régul 1 . 
des villes et des villages, et recherche les parcs et jardins où 
il y a des conifères. Il n'est alors jamais seul, mais toujours 
en bandes. Il n'est pas défiant et se laisse approcher assez 
près pour que l'on puisse le tuer d'un coup de baguette. 

Aude. Les parties élevées du département , en été ; en 

hiver, les jardins de la plaine pourvus d'ar 
bres verts. T.T. C. niche régul 1 . 

Ariége. Les forêts de sapins des Pyrénées de ce départe- 
ment, l'été ; les jardins de la plaine, l'hiver, t. T. G. 

Gers. Arrive en hiver , dans les arbres verts des jar- 

dins; repart au printemps. T. T. C. ne niche pas. 

Hérault, Répandu pendant tout l'hiver dans les jardins. T.T. C. 

Hautes-Pyr. Les forêts de pins des hautes montagnes, en été; 

descend dans la plaine, en hiver. T T. G. niche régul 1 . 

Tarn. Pendant toute la mauvaise saison, les arbres verts 

de nos jardins. T. T. C. ne niche pas. 

Tam-et-Gar. On ne le trouve qu'en hiver. T. T.C. 

Pyr.-Orient. Se reproduit dans les Pyrénées de ce départe- 
ment; il descend dans les plaines en hiver. T.T. C. niche régul 1 . 



115. - ROITELET TRIPLE BANDEAU. - REGULUS 

IGNICAPILLUS (Licht. ex Brehm). 

Sylvia ignicapilla, Temm., Man., 2 e édit, (1820), t. 1, p. 231. 
Regulus ignicapillus, Licht. Doub., Zool. Mus. (1823), p. 36. 
Regulus pyrocephalus, Brehm, Lehrbuch (1823), t. 1, p. 276. 
Regulus mystaceus, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 235. 
Regulus ignicapillus, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 555. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 306. 

— Dubois, PL col. des Ois. delà Belg., 1 re série, t. 1, pi. 89. 

— Buff., PI. Enl. 651, f. 3, mâle, sous le nom deSouci ou Poul 

Je ne sais pas 
Cette espèce se trouve mêlée aux petites bandes de roito- R s'il niche dans 

lets-huppés, tout en étant bien moins commune. „ p ne 



— 51 - 

Aude. Se rencontre en hiver dans les jardins. T. C. ne sais s'il niche 

Ariége. Je l'ai rencontré dans les jardins pourvus d'arbres 

verts. T. G. — 

Gers. — — — R. — 

Hérault. Très-répandu, pendant l'hiver, dans les parcs et 

jardins. T. C. — 

Haules-Pyr. On rencontre, en hiver , cette espèce mêlée à la 

précédente. C. — 

Tarn. Il arrive en octobre et repart en mars ou avril. C. — 

Tarn-et-Gar. On le trouve pendant tout l'hiver. G. — 

Pyr.-Orient. On prétend qu'il se reproduit dans les Pyrénées 

de ce département. A. G. niche accid*. 



FAMILLE XIIL 

MESANGES. — PAR1BM (Ch. Bonap.). 



GENRE XLX. 

MÉSANGE. - PARUS (Linn.). 
1° MÉSANGES VRAIES. - PARUS. 

116. — MÉSANGE CHARBONNIÈRE. - PARUS 

MAJOR (Linn.). 

Parus major, Linn. S.N., 42 e édit. (1766), t. 4, p. 341. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 4, p. 287. 

— P. Roux. Ornith. Prov., pi. 4 47, jeune dans le nid, 418, mâle adulte. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), 1. 1, p. 282. 

— - Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 558. 

— , Dubois. PI. col. des Ois. delà Belg., 4 re série, t. 1, pi. 87. 
La grosse Mésange, Buff., PL Enl. 3, f. 1. 



— 52 — 

Cette Mésange est sédentaire toute l'année clans notre 
département, principalement dans les parties bien pourvues 
d'arbres de nos plaines et de nos coteaux. Elle recherche , 
pour se reproduire , les trous des vieux arbres creux des 
jardins, des parcs, des bois et des ramiers (i), quelques fois 
aussi les embrasures des croisées de nos maisons de campagne 
dont les volets restent toujours fermés et dans lesquels quelques 
trous lui permettent de s introduire entre la croisée et le volet. 

Elle pond jusqu'à 12 œufs dans un nid bien garni de plu- 
mes, de crins, de mousse et de laine. Cet oiseau couche dans 
les trous des arbres et jamais sur les branches. En automne, T. T. C. niche régul 4 . 
les couvées forment de petites bandes se suivant et s'appelant 
continuellement. 

On peut parfaitement conserver cette jolie Mésange en cage 
en lui donnant (et dès qu'elle est capturée) des noix cassées 
qu'elles mangent avec avidité ; après deux ou trois jours, on 
commence à lui donner des graines de chanvre tout en 
diminuant les noix, que l'on supprime peu-à-peu pour ne 
lui laisser que les graines indiquées plus haut, et quelques 
petites rations de fromage de temps en temps. 

Aude. Partout et toute l'année. T. C. niche régulv 

Ariége. Sédentaire dans tout le déparlement. T. Ç. — 

Gers. Toute l'année. T. C. — 

Hérault. Très-abondante toute l'année. T. T. C. — 

Eautes-Pyr. Dans toutes les vallées. T. Ç. — 

Tarn. Sédentaire dans ce département. T. T. C. — 

Tarnet-Gar. On la rencontre toute l'année. T. T. C. — 

Pyr.-Orient. Sédentaire dans les plaines et vallées. T. C. — 



117. - MÉSANGE NOIRE. - PARUS ATER. 

Linn. 

Parus ater, Linn. S. IV., 12« édit. (1766), t. 1, p. 341. 

— Temm. Mon., 2 e édit. (1820), t. 1,p. 288. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 119. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 284. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1 867), t. 1 , p. 660. 

(1) Dans tout le Midi on appelle ramiers les atterrissements des rivières qui restent 
toujours humides et sont plantés de saules, de peupliers, d'osiers, et où les plantes aquatiques 
poussent abondamment. 



— 53 — 

Parus abictum, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. it, pi. 86, f, 2, 
La petite Charbonnière, Butf., PL Enl. 

Je n'ai observé cette espèce qu'en hiver, ce qui me fait 
croire qu'elle n'est que de passage. Nous la voyons tous les 
ans dans les grands ramiers du Moulin-du-Château; elle nous 
quitte vers le 4 5 mars ; passé cette époque, je n'en ai jamais 
rencontré. On la voit toujours par petite bande de quinze à P. G. ne niche pas. 
vingt individus se suivant et s'appelant sans cesse. 

On peut la conserver en cage de la même manière que la 
Mésange Charbonnière, mais il faut avoir soin d'écraser les 
graines de chanvre. 

Aude. Se montre en automne, passe l'hiver , repart en 

avril. Ç. ne niche pas. 

Ariége. Se montre pendant l'hiver, repart au printemps. C. ne sait p ? s si el,e 

Gers. On ne la rencontre que pendant l'hiver. P. C. 

Hérault. Ne se montre que du mois d'octobre au mois 

d'avril. ç 

Hauies-Pyr. De passage accidentel en hiver ou ^au printemps. R. 

Tarn. De passage irrégulier. P. C. — 

Tarn-el-Gar. Ce n'est qu'en hiver que l'on rencontre cette 

espèce. P. C. — 

Pyr.-Orien. On rencontre cette Mésange en hiver. C. — 



118. - MÉSANGE BLEUE. - PARUS CJERULEUS. 

Linn. 

Parus ceruleus, Linn. S. IV., 42 e édit. (1766), t. 1, p. 341. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 289. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 124 bis. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 285. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. I, p. 561. 

Parus ceruleus, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 1, pi. 87, f. %. 
La Mésange bleue, Buff., PI. Enl. 3, f. 2. 

Cette Mésange, que l'on peut considérer comme une des 
plu^ belles espèces d'Europe , est sédentaire toute l'année 
dans la Haute- Garonne ; elle a les mêmes habitudes et la 
même manière de vivre que la grosse Mésange; elle habite les 
mêmes localités. T. C. niche régul 1 , 

On peut la conserver en cage par les mêmes procédés que 
ceux indiqués à l'article de la Mésange Charbonnière , mais 
en ayant soin d'écraser les graines de chanvre, qu'elle ne 
peut percer, car son bec n'est pas assez robuste pour cela. 



54 



Aude. Sédentaire toute l'année. 

Ariégc. Sédentaire dans les plaines. 

Gers. Toute l'année dans les jardins et les parcs. 

Hérault. Arrive en octobre pour partir au printemps. 

Hautes-Pyr. Sédentaire dans les plaines. 

Tarn On la trouve toute l'année. 

Tarn-et-Gar. Sédentaire partout. 

Pyr.-Orient. Elle ne se montre qu'en hiver dans les plaines 
boisées et cultivées de ce département ; se 
rencontre très-rarement en été. 



c. 


niche régul 1 . 


T. C. 


— 


T. C. 


— 


T. C. 


niche accid 1 . 


T. C. 


niche régul 1 . 


Ï.T.C. 


— 


T.T.C. 


— 


T. C. 


niche accid 1 . 



110. - MESANGE HUPPEE. 

Linn. 



- PARUS CRISTATUS. 



Parus cristàtus, Linn. S.N., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 340. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 290. 

— P. Roux, Omilh. Prov., pi. 121 . 

— Degland, Omilh. Europ. (1849), t. 1, p. 290. 

— Degl. et Gerbe, Omilh. Europ. (1867), t. 1, p. 563. 

Parus cristàtus, Dubois, PL col. des Ois. de laBelg., 1 re série, t. I, pi. 86, f. 2. 
Là Mésange huppée, Buff., PI. enl. 502, f. 2. 



Cette espèce est peu répandue dans la Haute- Garonne. Je 
l'ai rencontrée , au mois de juillet , dans la forêt de pins 
au-dessus de l'établissement thermal de Bagnères-de-Luchon; 
je pense qu'elle doit se trouver aussi entre Saint-Béat et 
Luchon, sur les sommets couverts de pins et sapins. Quelques 
rares sujets ont été capturés, en hiver, dans les environs de 
Toulouse. 

Aude. De passage tout-à-fait accidentel pendant les hivers 

rigoureux. 

Ariége. A été trouvée dans les forêts de sapins des Pyré- 
nées de ce département. 

Hérault. , De passage accidentel et en hiver. 

Haules-Pyr . Observée sur quelques points élevés de ce dépar- 
tement. 

Tarn. Je n'y connais qu'une capture. 

Pyr. -Orient. Sédentaire dans les forêts élevées des Pyrénées de 
ce département. 



T. R. 



Je ne sais pas 
si elle niche 

mais j'ai tout 

lieu 
de le croire. 



T. T. R. ne niche pas. 



A. R. 
T.T. R. 



doit nicher, 
ne niche pas. 

niche régul 1 . 
ne niche pas. 



P. C. niche régul 1 . 



— 55 — 
2 mésanges à longue queue. — MECISTURA (Leach.). 

120. - MÉSANGE A LONGUE QUEUE. — PARUS 
CAUDATUS (Lirin.). 

Parus caudatus, Linn. S. N., 42 e édit. (4766), t. 4, p. 342. 

— Temm. Man., i* Mit. (1820), t. 1, p. 296. 

— P. Roux, Ornith. Prov.. pi. 4 22. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 290. 
Orites caudatus, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 4, p. 574. 
Mecistura longicauda, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg. 4 re série, t. 4, pi. 85. 
La Mésange longue queue, Buff., PL Enl. 502, f. 3. 

Cette Mésange ne quitte pas notre département ; elle 
recherche les conifères de nos parcs où elle passe, pour ainsi 
dire, toute l'année. Elle commence à faire son nid dès les 
derniers jours de février. Ce nid est très-artistement cons- 
truit en forme de bourse et suspendu presque à l'extrémité 
d'une branche flexible de pin ou de sapin. Quelquefois elle T.T. C. niche régul 1 . 
niche dans les arbustes toujours verts de nos jardins. En 
automne, elle se réunit en petites bandes qui s'appellent et 
se poursuivent sans cesse. Dès qu'on en aperçoit une, on 
voit bientôt toute la bande sautillant constamment d'un 
arbre à l'autre et paraissant ne faire aucune attention à la 
présence de l'homme. . 

Aude. Sédentaire sur quelques points de ce départe- 

ment. 

Ariége. On la trouve toute l'année sur la plus grande 
partie de ce département. 

Gers. Sédentaire partout dans ce déparlement. 

Hérault. Arrive en octobre, passe l'hiver, repart au prin- 
temps. 

Hautes-Pyr. Dans toutes les vallées et plaines. 

Tarn. On la trouve toute l'année. 

Tarn-et-Gar. Sédentaire partout. 

Pyr.-Orient. Très-commune en hiver ; beaucoup plus rare en 
été. 



A. C. 


niche régul'. 


T. G. 
T.T. Ç. 


— 


T. G. 
T. C. 
T. T.C. 
T.T. C. 


niche accid 1 . 
niche régul*. 


T.T. C, 


niche accid 1 . 



— 5G 



FAMILLE XIV. 

MOTACILLIDÉS. — MOTACILLIDM (Bp). 

GENRE XLVI. 

BERGERONNETTE. - BUDYTES (G. Guv.). 
1. HOCHE-QUEUE. — MOTACILLA (G. Guv.). 

121. - BERGERONNETTE GRISE. - MOTACILLA 

ALBA (Linn.). 

Motacilla alba, Linn. S. N., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 331. 

— Temm. Man., 2<> édit. (1820), t. 1, p. 255. 

— P. Roux, Ornith. Prov.. pi. 193, f. 1. 

— — robe d'hiver, f. 2, moitié de la robe d'été. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 433. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 383. 
Motacilla cinerea, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 4, pi. 90. 

La Bergeronnette grise, Buff., PI. Enl., 652, f. 1, sujet en robe d'été; f. 2, en 
robe d'automne; 674, f. h, jeune avant la première mue sous le nom de Bergeron- 
nette grise. 

Cette Bergeronnette est plutôt de passage que sédentaire ; 
il reste cependant quelques couples pendant tout l'été ; un 
passage très-considérable a lieu en automne et se prolonge 
jusqu'au mois de décembre. Pendant cette saison, nous les 
voyons par bandes rechercher les troupeaux de bœufs et de 
moutons, et suivre nos laboureurs. Elle disparaît presque 

entièrement en décembre, janvier et février, et recommence T.T. C. n } y V res< \ ue 
à passer dans le courant de mars, avril et au commencement régulièrement, 

de mai; en juin, en n'en rencontre que quelques couples 
isolés. 

J'ai trouvé des sujets de cette espèce de couleur isabelle, 
d'autres plus ou moins tachetés de blanc, et même de tout-à- 
fait blancs. 



— 57 — 

Aude. Arrive en automne, passe l'hiver ; quelques rares 

couples restent en été pour se reproduire. T. C. niche régul'. 
Ariége. Sédentaire; beaucoup plus commune en automne 

qu'en été. T. T. C. 

Gtfs. Très-répandue en automne et hiver ; assez rare 

en été. T. T. C. _ 

Hérault. C'est principalement en hiver que l'on trouve cette 

espèce ; assez rare en été. A. C. niche accid 1 . 

Haules-Pyr. On la voit surtout en automne et au printemps; 

peu en été. A. C. niche régul 1 . 

Tarn. Sédentaire , mais beaucoup plus commune en 

automne qu'en été. T. Ç. — 

Tam-el-Gar. Très-répandue en automne et au printemps; plus 

rare en été. T. T.C. — 

Pyr.-Orien. Sédentaire toute l'année, mais plus rare en été 

qu'en automne. A. C — 

A. 122. - BERGERONNETTE YARRELL. - 

MOTACILLA YARRELLI1 (Gould). 

Motacilla yarellii, Gould B. of Eur. (1832-1837), pi. 142. 

— lugubris, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 253. 

— alba lugubris, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 194, f. 1, été; f. 2, automne. 

— yarellii, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 435. 

— — Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 384. 

— — Dubois, PL col. des Ois. de Belg., série, t. , pi. 

Elle est de passage en automne et au printemps et mêlée à 
l'espèce précédente. Un magnifique mâle, conservant encore 
une grande partie de sa livrée d'été, a été capturé par notre 
ami, M. d'Aubuisson, le 19 octobre 1872, à Seilh, à 15 
kilomètres de Toulouse. 

Aude. De passage seulement en automne et printemps. 

Ariége. De passage en automne et au printemps. 

Gers. De passage accidentel en automne et au prin- 

temps. T. R. 

Hérault. De passage en automme et au printemps; quel- 
ques sujets hivernent. p. ç. 

Hauks-Pyr. De passage très-accidentel en automne et au 

printemps. T. R. 

Tam. On rencontre quelques rares sujets en automne. T. T. R. 

Tarn-et-Gar. De passage irrégulier en automne, T. T. R. 

Pyr.-Orien. Se rencontre régulièrement en automne et hiver. R. 







ne sais pas s'il 






reste quelques 


P. 


Ç- 


sujets l'été 

pour 

se reproduire. 


p. 


C 


ne niche pas. 


T. 


R. 


— 



- 53 - 

123. - BERGERONNETTE BOARULE. - 

MOTACILLA BOARULA (Gmel.). 

MOTACILLA BOARULA, Glïiel. Syst. (1788), t. 1, p. 997. 

— Temm. Man., 2° édit. (1820), t. 2, p. 259. 

— P. Roux, Omilh. Prov., pi. 195, f. 1, mâle, f. 2, sujet mâle 

en plumage intermédiaire. 

— Degland . Omilh. Europ. (1849), t. 1, p. 436. 
Motacilla sulphurea, Degl. et Gerbe, Omilh. Europ. (1867), t. 1, p. 385. 
Motacilla boarula, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg, 1 re série, t. 2, pi. 92. 
La bergeroneette jaune, Buff., PI. enl. 28, f. 1, sujet en robe d'hiver. 

Sédentaire toute l'année ; recherche, en été, les trbus des 
murs des usines hydrauliques pour y établir son nid ; en 
hiver, elle suit les ruisseaux qui ne gèlent pas, et fréquente T. C. niche régul 1 . 
aussi les villes, où nous la voyons sur les toitures de nos 
maisons à la recherche des insectes et des larves. 

Aude. Bien moins répandue que les précédentes. T. C. niche régul*. 

Ariége. Habite toutes les plaines et toujours près des T. Ç. — 

villes et des villages. 

Gers. Toute l'année et presque partout. A. C. — 

Hérault. Très-commune en hiver, plus rare en été. T. C. — 

Hautes-Pyr. Toutes les villes basses delà plaine et des vallées. T. C. — 
Tarn. Très-répandue; recherche les trous des murs des 

nombreuses usines hydrauliques de ce dépar- T. T. C. — 

tement. 

Tarn-et-Gar. Sédentaire; plus rare en été qu'en hiver. A. G. — 

Pyr. -Orient Plus commune en hiver qu'en été. C. — 

2 Bergeionuettes. — BUDYTES (G. Cuv.). 

124. - BERGERONNETTE PRINTANIÈRE. - 

MOTACILLA FLAVA (Linn.). 

Motacilla flava. Linn. S. N., 12« édit. (1766), t. 1, p. 331. 

— Temm. Man. 2e édit. (1820), t. 1, p. 260. 

— P. Roux, Omilh. Prov., pi. 196, f. 1, mâle; f. 2, jeune. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 438. 
Budytes flava, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 376. 
Motacilla flava, Dubois, PI. col. des Ois. delà Belg., l re série, t. 1, pi. 93. 
La Bergeronnette de printemps, Buff. PI. Enl. 674, f. 2. 



— 59 — 

Cette espèce nous arrive vers la seconde moitié d'avril; 
une partie se répand dans les prairies et les champs de blé 
pour y passer la belle saison. En automne elles se réunissent 
en grandes bandes pour nous quitter dans les derniers jours 
de septembre. 

J'ai rencontré des sujets de couleur isabelle et d'autres 
complètement blancs. 

Aude. Arrive au printemps, repart en automne. 

Ariége. Passe toute la belle saison dans ce département. 

Gers. Très-répandue en été dans toutes les prairies, 

Hérault. Rare l'été ; très-abondante au passage du prin- 
temps et d'automne. 

Haules-Pyr. Toute la bellesaison, dans les prairies de la plaine. 

Tarn. Assez répandue, de moitié avril à fin septembre. 

Tarn-ei-Gar. Elle arrive vers le 15 avril pour disparaître fin 
septembre. 

Pur. -Orient. Passe la belle saison , très-commune au passage 
d'automne. 



T. C. 



T. 


C. 


T. 


G. 


T. 


C. 


T. 


C. 


T. 


C. 


T. 


c. 



T. G. 



T. G. 



niche régui 1 



niche régul 1 . 



A. 125. — BERGERONNETTE FLAYÉOLE. — 

MOTACILLA FLAVEOLA (Temm.) 

Motacilla flàveola, Temm. Man., 3e part. (1835), p. 183. 
Budytes flaveola, Ch. Bonap. B. of. Eur. (1838), t. 1, p. 201. 
Motacilla flaveola, Crespon, Ornith. du Gard (1840), p. 175. 
Motacilla De rayi, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. \ 9 p. 441. 
Budytes rayi, Jaub.-Barthélemy-Lap., Richesses ornith. du midi de la France, 1859, 
p. 230, et pi. col. 16. 
— Degland et Gerbe, Onilh. Europ. (1867), t. \ x p. 378. 

Motacilla flaveola, Dubois, PI. col. des Ois. de la Bdg., 1 re série, t. 2, pi. 94 a. 



De passage au printemps et en automne dans les environs 
de Toulouse, et mêlée à l'espèce précédente mais de beaucoup 
plus rare ; il est à croire qu'elle passe inaperçue des chasseurs 
peu au courant des différences qui existent entre la Berge- 
ronnette de printemps et celle-ci. 

J'ai constaté que la raie sourcillière de cette race, ou variété, 
est d'un jaune vif au printemps et d'un jaune blanchâtre en 
automne, et qu'à cette dernière époque la poitrine porte 
quelques faibles taches olivâtre-clair, qui disparaissent au 
printemps , le beau jaune jonquille reprenant toute sa pureté 
dans toutes les parties inférieures. 



je crois 
qu'elle niche 

dans la 
H te -Garonne. 



C. niche régul 1 



— 60 — 

Aude. Arrive au printemps et passe la belle saison. P. C. niche régul 1 . 

Ariège. De passage au printemps et en automne. T. R. ne niche pas. 

Gers. On ne la voit qu'aux passages d'automne et prin- 

temps. T. R. — 

Hérault. Arrive dans ce département, dès le mois d'avril 
et une grande partie y passe toute la belle 
saison. 

Tarn. De passage accidentel et en automne. T. T. R. ne niche" pas. 

Tam-et-Gar . De passage irrégulier au printemps et en 

automne T. T.R. 

Pyr.-Orien. Arrive avec la Bergeronnette de printemps , se 
répand comme elle dans les prairies et les 
champs de blé ; repart en automne. A. C. niche régul 1 . 



B. 126. — BERGERONNETTE A TETE CENDRÉE. 

MOTACILLA CINEREOCAPILLA (Savi). 

Motacilla cinereocapilla, Savi, Ornith. Tosc, 1831, t. 3, p. 216. 

BlIDYTES CINEREOCAPILLA, Bp. of. Ew. (1838), p. 19. 

— Ch. Bonap. 4 Con. de Fauna liai., pi. 31, f. 2. 

Motacilla flava, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 195. 
Motacilla cinereocapilla, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 442. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p 379. 

— ' Dubois, PL col. des Ois. de la Belg. , 1 re série , t. 2 , 

pi. 93 a. 

Arrive en même temps que les deux Bergeronnettes précé- 
dentes, avec lesquelles elle se trouve mêlée , tout en étant J e cro \ s 
cependant beaucoup plus rare. J'ai pris, le 7 mai 1869 , T. T.R. ^ngYa 
dans une prairie des ramiers du moulin du Château-Narbon- Ht e -Garonne. 
nais, un mâle adulte qui fait partie de ma collection. 

Aude. Observée rarement dans l'Aude, et en été. T. T. R. niche accid 1 . 

Hérault. De passage au printemps ; très-peu restent l'été. T. T. R. — 

Tarn. De passage en automne et au printemps. T. T. R. ne niche pas. 

Tam-et-Gar. Rarement observée dans ce département. T. T. R. — 

Pyr. Orien. Quelques sujets passent la belle saison dans ce 

déparlement. T. T.R. niche régul 1 . 



- 61 ~ 

GENRE XLVII. 

PIPI. - ANTHUS (Bechst). 

127. - PIPI RICHARD. - ANTHUS RICHARDI. 

Vieill. 

Anthus richardi, Vieill. Dict. (4 818), t. 26, p. 491, et Faune Fran., p. 178. 

— Temm. Man., 2« édit.' (1820), t. \, p. 263, et 3* partie (1835). 

p. 185. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 189 à 190. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1' p. 416. 
Corydalla richardi, Degl. et Gerbe, Onith. Europ. (1867), t. 1, p. 363. 
Anthus richardi, Dubois PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 2, pi. 96. 

Le Pipi-Richard est de passage irrégulier en avril , sep- 
tembre et octobre, toujours presque seul; il court à terre avec 
rapidité; je ne l'ai jamais vu percher. Si on ne l'observe avec T. T. R. ne niche pas. 
attention lorsqu'il est posé à terre, on le confond avec 
l'alouette des champs. 

Aude. De passage irrégulier en automne. T. T. R. ne niche pas. 

Ariége. Observé de loin en loin, toujours isolément et 

en automne. T. T. R. — 

Hérault. De passage presque régulier au printemps et en 

automne. T. T. R. — 

Tarn. Observé accidentellement dans ce département. T. T. R. — 

Tarn-et-Gar. Je ne connais qu'une capture dans ce départe- 
ment. T. T. R. — 

Pyr.-Orien. Passe au printemps et en automne. On a capturé doit nicher 

un sujet de cette espèce au mois de juillet. T. T. R. accidentel lem*. 

128. — PIPI ROUSSELINE. — ANTHUS CAMPESTRIS. 

Bechst ex Bris.. 

Alauda campestris, Briss. Ornilh. (1760), t. 3, p. 349. 
Anthus campestris Bechst, Vog. Deust. (1807), t. 3, p. 722. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1; p. 267. 

Anthus rufescens , P. Roux, Ornith. Prov., pi 191, f. 1, mâle; f. 2, tête de jeune, 
Anthus campestris, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 417. 
Agrodroma campestris, Degl. et Gerb, Ornilh. Europ. (1867), t. 1, p. 361. 



— 62 — 

\.\ims C1MPKSTRIS, Dubois, PL col. des Ois. de laBelg., 1 rc série, t. 2, pi. 96 a. 

Alouette des marais, Buff., Pl.enl. 061, f. 1, adulte; PI. enl. 654, f. l,jeuneen 
mue sous le nom de Fiste de Provence ; f. 2, jeune avant la première mue sous le 
nom de Pivote ortolane de Provence. 

Cette espèce se montre dans les environs de Toulouse vers 
les premiers jours de mai , et recherche , aussitôt après son . , 

arrivée, les endroits incultes et pierreux , principalement les p ^ presque 

coteaux arides couverts de bruyères et de thyms. Il nous régulièrement, 

quitte en septembre; nous avons un passage pendant ce mois. 
Il perche quelquefois sur les arbres de moyenne hauteur. 

Aude. Passe par grandes bandes au printemps et en 

automne; quelques sujets passent l'été. T. C. niche réguK 

Ariége. De passage en automne et au printemps; très-peu 

restent l'été. R. niche accid*. 

Gers. De passage au printemps et en automne ; rare en 

été. R. — 

Hérault. Passe abondamment en automne et au printemps. 

Une partie séjourne l'été. T. G. niche réguK 

Hautes-Pyr. Observé de loin en loin et en automne. T. R. ne niche pas. 

Tarn. Passe presque régulièrement en mai et septembre. A. R. niche accid 1 . 

Tam-et-Gar. J)) passage régulier en avril, mai et septembre. 

Quelques couples restent en été. P. G. niche réguK 

Pyr.-Orien. Sédentaire pendant toute la belle saison ; repart 

en septembre. T. C. — 



129. - PIPI DES ARBRES. - ANTHUS ARBOREUS. 

Bechst ex Briss. 



Alauda arborea et pratensis, Briss, Omith. (1760), t. 3, p. 340 et 343. 
Anthus arboreus, Bechst, Nat. Deuts (1 807), t. 3, p. 706. 

— Temm. Man., 2 e édit. (4 820), t. 1, p. 271. 

— P. Roux, Omith. Prov., pi. 1 87, individu au plumage d'automne. 

— Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 423. 

— Degl. et Gerbe. Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 366. 

— Dubois, PL col. des Ois. delaBelg., 1 re série, t. 2, pi. 98. 
La Farlouse, Buff., PI. enl., 660, f. 1. 



— 63 — 

Cet oiseau, connu par nos chasseurs sous le nom de Fitte , 

arrive de bonne heure au printemps, reste quelque temps 

dans nos parcs, bosquets, jardins et ramiers. Vers les premiers 

jours de mai, il regagne les grands bois secs et arides de nos . . _; 

T c niche résul^ 
environs et s'y reproduit. Dès l'approche de l'automne, il se x • u * b ' 

réunit par petites bandes, se jette dans les luzernières, où il 

devient très gras. Aux premiers froids, il reprend le même 

chemin qu'à son arrivée , et nous quitte définitivement fin 

octobre. 



Aude. Très-commun à son passage d'automne; moins à 

celui du printemps. T. G. niche régul*. 

Ariége, Passe en avril ; quelques couples restent en été ; 

passe de nouveau fin août et septembre. A. C. 

Gers. De passage au printemps et en automne 5 peu 

restent en été. T. C. 

Hérault. Un passage considérable a lieu en automne,, 

moins important au printemps; quelques 

couples restent en été. T. C. — 

Hautes-Pyr. De passage en automne et au printemps ; très 

rare en été. A. C. niche accid 1 . 

Tarn. On trouve cette espèce en été, mais surtout au 

passage d'automne. A. C. niche régul 1 . 

Tam-et-Gar. Assez répandu en automne, moins au printemps, 

rare en été. A. Ç. — 

Pyr.-Orien. Très-commun au passage d'automne ; moins 

répandu au printemps. T. Ç. — 

130. - PIPI DES PRÉS. - ANTHUS PRATENSIS. 

Bechst ex Linn. 

Alauda pratensis, Linn. S. N., 12 édit. (1760), t. 1, p. 287. 
Anthus pratensis, Bechst, Nat. Deuts (1807), t, 3, p. 732. 

— Temm. Man., 2° édit. (1820), t. 1, p. 269. 
Anthus sepurius, P. Roux, Ornith. Prov., y pi. 188. 

Anthus pratensis, Degland, Ornith. Europ. (1849). t. 1. p. 419. 

— Degl. et Gerb, Ornith. Europ. (<867), t. 1 , p. 367. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 2, pi. 97- 
Le Cujelier, Buff., PI. enl. 660, f. 2. 



— 64 — 

Arrive au printemps clans nos contrées, reste peu de temps 
et se dirige vers nos montagnes, où il s'élève quelquefois assez 
haut. Je l'ai trouvé sur la route du lac d'Oo et au port de 
Venasque, près Luchon. Vers la fiu de l'été, il forme de peti- 
tes bandes et descend dans la plaine. A cette époque, il 
recherche les prairies naturelles et surtout les luzernières; il T. C. niche régul 1 . 
devient alors très-gras , il a même quelquefois de la peine à 
s'envoler lorsqu'on le chasse , et sa chair est très -délicate et 
fort recherchée. Il nous quitte dans les derniers jours d'oc- 
tobre. Quelques rares sujets passent l'hiver s'il n'est pas 
rigoureux. 

Aude. Quelques couples nichent sur les parties les plus 

élevées de ce département. Un passage très- 
important a lieu en automne. T. C. niche régul 1 . 

Ariége. Se reproduit l'été sur les parties élevées de ce 

département. 11 y a un passage très-impor- 
tant dans les plaines et en automne. T. C. — 

Gers. De passage seulement ; au printemps et en 

automne. T. C. ne niche pas. 

Hérault. Quelques couples se reproduisent sur les parties 

les plus élevées. Il en arrive beaucoup en 

automne, qui séjournent l'hiver. T. T. C. niche régul*. 

Haules-Pyr. Il se reproduit en été sur les parties élevées. T. C. — 

Tarn. De passage en automne et en hiver. T. C. ne niche pas. 

Tarn-et-Gar. Très-répandu en automne, moins au printemps. T. C. — 

Pyr.-Orien. Sédentaire toute l'année. T. C. niche régul 1 . 



131. - PIPI GORGE ROUSSE. — ANTHUS 

CERVINUS (Keys. et Blas ex Pall.). 

Motàcilia cervina, Pall. Zoog. (1811-1831), t. 1, p. 511. 
Anthus rufogularïs, Temm, Man., 3 e part. (1835), p. 192. 
Anthus cervinus , Keys et Blas, Wirbelh. (1840), p. 48. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 421. 

— Degl. et Gerbe, Omith.Europ. (1867), t. 1, p. 369. 
Anthus rufigularis, Dubois, PI col. des Ois. delà Belg., 4*« série, t. 2, pi. 97 a. 






- 65 — 

Je connais |quatre captures de cette espèce dans la Haute 

Garonne ; il est vrai que sa ressemblance, en automne, avec 

le Pipi des prés a dû souvent le faire passer inaperçu. M. Jules 

Berdoulat possède le dernier individu capturé. Cet observateur 

distingué se trouvait en chasse lorsqu'il fut surpris d'entendre 

tip crois nas 
un cri d'appel qui lui parut nouveau; il se mit à la recherche ,., *? 

de l'oiseau qui l'avait poussé et qu'il tua dans un champ de f.T, R. ait niché dans 

maïs à fourrage. J'ai examiné cet individu , et j'ai pu me la 

convaincre que c'était bien une espèce distincte du Pipi des Ht e -Garonne. 

prés. Son cri d'appel tout-à-fait différent est, du reste, un 

caractère qui ne pouvait laisser de doute à cet égard. 

Je crois que peu de personnes ont été à même de l'entendre 

ou de l'observer. ne sais pas 

qu'il ait 

Aude. Peu observé dans ce département. T. T. R. niché. 

Ariége. A été capturé rarement. T. T. R. — 

Hérault. Peu commun dans ce département, et toujours au 

passage d'automne. T. R. ne niche pas. 
Hautes-Pyr. Je ne connais qu'une capture authentique dans 

ce déparlement . T. T. R. — 

Pyr.-Orien. De passage accidentel et au printemps; non 

observé au passage d'automne. T. R. niche accid 1 . 

132. - PIPI SPIONCELLE. — ANTHUS SPINOLETTA. 

Bp. ex Linn. 

Alauda spinoletta , Linn. S. 2V., 4 2 e édit. (4 766), t. 1, p. 288. 
Anthus aquaticus, Temm. Man., 2 e édit. (4 820), t. 1, p. 265. 

— — 3e part. (4 835), p. 4 48. 

— — 4* part.(4840), p. 623. 
Anthus spinoletta, Bp. of Eur. (4 838), p. 48. 

Anthus aquaticus, P. Roux, Omith. Prov., pi. 492; en automne. 
Anthus spinoletta, Degland, Omith. Europ. (4 849), t. 4, p. 425. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (4 867), t. 4, p. 374. 
Anthus aquaticus, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 4 re série, t. 2, pi. 95. 
Alouette pipi, Buff., PI. enl. 664, f. 2. 

J'ai rencontré cette espèce au mois de juillet 4 868 et 4 870 
sur les parties environnantes du pic de l'Entécade, où j'ai pu 
capturer plusieurs sujets. En automne il descend dans la 
plaine et ne fait que passer. Au printemps, nous le voyons p. G. niche réguK 
revenir vers la fin d'avril pour se diriger immédiatement 
vers les hauts sommets de nos Pyrénées , dans les endroits 
calcaires, incultes et voisins des neiges éternelles. 



— 66 — 

Aude. De passage en automne et au printemps. P. C. ne niche pas. 
Ariége. En été se reproduit sur les Pyrénées élevées et 

arides de ce département. A. G. niche régul 1 . 

Gers. De passage en automne et au printemps. T. R. ne niche pas. 
Hérault. Arrive en automne, passe l'hiver; quelques sujets 

restent l'été sur les parties élevées. P. C. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. Se trouve dans ce département d'avril en octo- 
bre, toujours pendant l'été et près des neiges. A. Ç. — 

Tarn, Observé très-rarement. T. T. R. ne niche pas. 

Pyr.-Orien. Sédentaire. Fréquente, en été, les parties élevées; 

en automne, la plaine, A. G. niche régul 1 . 



FAMILLE XV. 

ALAUDIDÉS. — ALAUDIDM (Schinz). 



GENRE XLVIII. 

ALOUETTE. - ALAUDA (Linn.). 
1. ALOUETTES PROPREMENT DITES. - ALAUDA (Linn.). 

133. - ALOUETTE des CHAMPS. - ALAUDA 

ARVENSIS (Linn.). 

Aiaudà arvensis, Linn. S. N., 12 e édition (1766), t. 1, p. 287. 

— Temm. Man., 2 e édit. (4 820), t. 1 , p. 281. 

— P. Roux, Omith. Prov., pi. 4 80 et 184 j variétés noire et 

rousse. 

— Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 396. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 339. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 2, pi. 101. 
L'alouette ordinaire, Buff., PI. enl 363, t. 1. 



— 67 - 

Cette alouette est de passage et non sédentaire; nous la 
voyons arriver vers la deuxième quinzaine de septembre et 
passer tout l'hiver dans nos chaumes et champs ensemencés. 
Elle est toujours réunie en bandes plus ou moins considéra- T. T. C. niche accid 1 . 
blés. Elle nous quitte vers la première quinzaine d'avril , et 
s'il reste quelques sujets en été, ils sont rares. 

On rencontre des sujets isabelle et passant par degrés au 
blanc complet. 



T. G. ne niche pas. 



Aude. Arrive en octobre, passe l'hiver, repart au prin- 

temps. 

Ariége. Arrive dans les plaines de ce département en 

octobre, repart en avril. T. C. 

Gers. Passe tout l'hiver dans les chaumes ras et blés 

semés. T.T.C. 

Hérault. Très-commune en hiver, très-rare en été. T.T. C. niche réguK 

Hautes-Pyr. Arrive en octobre pour partir au printemps. T. C. ne niche pas. 

Tarn. On la voit dès le mois d'octobre, passe l'hiver, et 

la plus grande partie part au printemps. T. C. niche accid 1 . 

Tarn-et-Gar. C'est dans les environs de Montauban que cette 
espèce est la plus commune pour toute la 
région dont je parle, mais toujours en hiver 
et surtout au passage du printemps . T. T. C. — 

Pyr.-Orien. Arrive en octobre pour passer l'hiver; une partie 

reste l'été pour & reproduire. T. T. C. niche régul 1 . 

134. - ALOUETTE LULU. - ALAUDA ARBOREA. 

Linn. 

Alauda arborea, Linn. S. N. 12e édit. (1760), t. 1, p. 287. 

Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 282. 
Alauda nemoralis, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 183. 
Alauda arborea, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 402. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t 1, p. 340. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg. 1 re série, t. 2, pi. 100. 
Petite alouette huppée, Buff., PI. enl. 503, f. 2. 

Cette espèce arrive au printemps. Dès son arrivée , elle 
recherche les petits coteaux arides et peu cultivés. Elle ne Jj}?^ 
forme jamais de grandes bandes comme l'espèce précédente; commune 
c'est tout au plus si l'on trouve 1 o ou 1 2 individus réunis, rdjèce m U ' 

Un passage a lieu en octobre ; elle nous quitte commencement P ré_ 
novembre ; cependant, si l'hiver n'est pas rigoureux , on en 
trouve en décembre, janvier et février. 



- 68 — 

Aude. Arrive en automne , passe l'hiver , repart au 

printemps ; peu passent l'été. C. niche accid 1 . 

Ariége. Arrive dans ce département en automne , passe 

quelque temps et disparaît; repasse au prin- 
temps. A. C. ne niche que ra- 
rement. 

Gers. De passage en automne et au printemps. A. C. ne niche pas. 

Hérault. Passe tout l'hiver dans ce département, repart au 

printemps. T. C. niche accid 1 . 

Hautes-Pyr. On trouve cette espèce presque toute l'année. A. C. — 

Tarn. Part en novembre ; arrive au printemps. A. C. niche régul 1 . 

Tarn-et-Gar. On trouve cette espèce toute la belle saison dans 

ce département. A. C. — 

Pyr.-Orien. Sédentaire toute l'année; il en arrive une grande 

quantité en automne qui passent l'hiver. T. C. ne niche pas. 



135. — ALOUETTE CALANDRELLE. - ALAUDA 
BRACHYDACTYLA (Leisler). 

Alauda brachydactyla, Leisler , In Annal. Weter. Gesellsch. Natur. (1814) , t. 3, 
p. 357, pi. 19. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 284. 
Alauda arenaria, P. Roux, Ornirh. Prov., pi. 4 82. 

Alauda brachydactyla, Degland, Ornith. Europ. (4 849), t. 1, p. 404. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 341. 
Alauda calandrella, Dubois PI. col. des Ois. de la Belg. 1 re série, t. 2, pi. 4 04 a. 

Cette espèce est de passage en automne ; elle recherche les 
parties pierreuses, incultes et arides. Dès les premiers jours 
d'octobre, on n'en voit plus une seule. Au mois d'avril, elle Pi G- ne niche pas. 
repasse par bandes moins nombreuses qu'en automne, mais 
sans presque s'arrêter. 

Aude. Arrive en avril , reste toute la belle saison , et 

disparaît en août. A. C. niche régult 1 . 

Ariége. Observée au passage d'automne dans ce départe- 

ment- T. R. ne niche pas. 

Gers. Capturée quelquefois à son passage d'automne, qui 

n'est pas régulier. R. 

Hérault. Arrive commencement d'avril; il en reste pendant 

l'été pour se reproduire. T. T. C. niche regul 1 . 

Tam. Je ne connais que trois captures, et encore non 

simultanées. T. T. R. ne niche pas. 






Tarn-et-Gar. Elle a été prise quelquefois et en automne. R. ne niche pas. 

Pyr.-Orien. Arrive au printemps , se répand dans la campa- 
gne , repart en août. C. niche régul 1 . 

2. COCHEVIS. - GALERIDA (Boie). 

136. — COCHEVIS HUPPÉ. - GALERIDA CR1STATA 

(Boie ex Linn). 

Alauda cristata, Linn. S. N. 12 e édit. (1766), t. I, p. 288. 

— Temm. Man. 2 e édit. (1820), t. 1, p. 27 7. 

GALERIDA CRISTATA ET UNDATA, Boie, fsis (4 828), p. 321. 

Alauda cristata, P. Roux, Ornith. Prov.j pi. 184. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 400. 
Galerida cristata,, Degl. et Gerbe, Orniih. Europ. (1867), t1, p. 357r 
Alauda cristata, Dubois, PL col. des Ois. delà Belg., I re série, t. %, pi. 100. 

Le Cochevis, Buff., PI. enl. 503, f. 1, sous le nom de Gochevis, et 662, sous le 
nom de Coquillade. 

Cette Alouette est sédentaire toute l'année et dans toute la 
plaine de la Haute-Garonne ; elle n'abandonne jamais les 
champs qui bordent les routes ; en hiver surtout on la voit T r . , . u 
toujours par couples, jamais en bandes, fouiller dans les tas * r ^ u ' 

de crotin, qu'elle n'abandonne que sous les pieds des chevaux. 

Aude. Sédentaire dans presque tout le département. 

Ariége. On la trouve toute l'année. 

Gers. Elle ne quitte jamais ce département. 

Hérault. On la rencontre partout et toute l'année. 

Hautes-Pyr. Elle habite les plaines et toute l'année. 

Tarn. Sédentaire toute l'année. 

Tarn-et-Gar. On rencontre partout cette espèce, qui est sédent re . 

Pyr.-Orien. Elle séjourne toute l'année. 

3. CALANDRE. - MELANOCORYPHA (Boie). 

137. — CALANDRE ORDINAIRE. -MELANOCORYPHA 

CALANDRA (Boie ex Linn.). 

Alauda calandra, Linn. S. N. 12 e édit. (1766), t. 1, p 226. 

MELANOCORYPHA CALANDRA, Boie, Isis (1828), p. 322. 



T. C. 


niche 


régul 1 . 


T. C. 




— 


T. C. 




— 


T. C. 




— 


C. 




— 


T. C. 




— 


T. C. 




— 


T. C. 




— 



— 70 — 

Alauda calandra, Temra. Won., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 276. 

— P. Roux, Omith. Prov.. pi. 185, f. 1, adulte; f. 2, tête du jeune 

au sortir du nid. 

— Degland, Omith. Europ. (4 849), t. 4, p. 406. 
Mélanogorypha calandra, Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (4 867), t. 4, p. 350. 
Calandra rimactjlata, Dubois, PI. col. des Ois, de la Belg., 1 re série, t. 2, pi. 102. 
La Calandre, Buff., PI. enl. 363, f. 2. 

Je n'ai rencontré cette espèce que très-rarement dans nos 
environs, toujours en septembre ou octobre et constamment 
isolée; ce qui me fait croire que j'avais affaire à des sujets T - R « ne niche pas. 
égarés et portés dans notre contrée par quelque coup de vent. 

Aude. Sédentaire sur quelques points de ce départemen t A. C. niche régul 1 . 

Hérault. Sédentaire et très-répandue dans tout ce départe- 
ment. T.T.C. niche régul 1 . 

Tarn. Je ne connais que trois captures opérées à de 

longs intervalles. T. T. R. ne niche pas. 

Pyr.-Orien. Sédentaire dans les plaines de ce département. T. C. niche régul 1 . 



FAMILLE XVI. 

FRINGILLES. — FRINGILLIDJE (Vig.). 

Nous admettons dans la famille des Fringiiles les genres, BEC-CROISÉ, BOUVREUIL, 

GROS-BEC, YEKIHER, MOINEAU, PINSON, CHARDONNERET, 

LINOTTE, CIZER1N, El BRUANT. 



GENRE XLIX. 

BEC-CROISÉ. - LOX1A (Briss.) 

138. - BEC-CROISÉ ORDINAIRE. - LOXIA 

CURV1ROSTRA (Linn.). 

Loxia curvirostra, Linn. S. N., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 299. 

— Temm. Man., 2« édit. (1820). t. 1, p. 328. 

— P. Roux, Omilh. Pwv., pi. on mâle adulte. 

— — pi. 70, femelle adulte; pi. 71, jeune. 



71 



Loxia curvirostra, Degland, Omith. Europ. (1849), t. 4, p. 476. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 4, p. 264. 

Curvirostra pityopsittacus, Dubois, PI. col. des Ois. delà Belg.j 2« série, t. % t pi. 
le Bec-Croisé, Buff., PI. enl. '218, sous le nom de Bec-Croisé d'Allemagne. 



448. 



Passe le printemps tout entier dans les forêts de sapin des 
Pyrénées, et commence ses voyages en juillet. C'est ainsi que 
M. Bonhenry , préparateur du Muséum de Toulouse , a Lue 
plusieurs sujets au voisinage du Jardin des Plantes, le 14 
juillet 1868 ; il y avait également des adultes et des jeunes. 
Ces passages sont lout-à-fait irréguliers et nous passons sou- 
vent plusieurs années sans voir un seul individu. Ces oiseaux 
sont faciles à approcher, et le coup de fusil semble ne pas les 
effrayer. 



niche 
régulièrement 

dans 
les environs de 

Luchon 
et Saint-Béat. 



Aude. De passage accidentel en juillet et août. 

Ariége. Se reproduit en mars dans les forêts de sapins 

des hautes montagnes de ce département. 
Gers. Observé accidentellement dans ce département. 

Hérault. De passage non régulier et de loin en loin. 
Hautes-Pyr. Il habite les grandes forêts de sapins de ce dépar- 
tement. 
Tarn. De passage accidentel et à de longs intervalles. 

Tarn-et-Gar. Observé rarement dans ce département. 
Pyr.-Orient. Habite les forêts élevées de ce département. 



T. R. ne niche pas. 



A. 
T. 
A. 



C. 

T.T.R. 
T.T.R. 
A. C. 



niche régul 1 . 
ne niche pas. 



niche régul 1 . 
ne niche pas. 

niche régul 1 . 



GENRE L. 

BOUVREUIL. - PFRRHULA (Briss). 

139. - BOUVREUIL VULGAIRE. - PYRRHULA 
VULGARIS (Temm.). 



Fringilla. pyrrhtjla, Temm., il/an., 1 rc édit, (1815), p. 200. 

Pyrrhula. vulgariS; Temm., Man.. 2 e édit., (4820), t. 1, p. 338. 

— EUROPE , P. Roux, Omith. Prov., pi. 73 et 74. 

— — Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1. p. 185. 

— yulgaris , Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. \, p. 250. 

— — Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 4 re série, t. 2, pi. 423. 
le Bouvreuil, Buff., PI. enl. 4 45, f. 4, mâle; f. 2, femelle. 



— 72 — 

Ce Bouvreuil habile, en été, les Pyrénées : Luchon, Fos, 
Saint-Béat, ....; en hiver, il descend dans la plaine, et niche réguiv 

arrive très-rarement jusqu'à Toulouse. 

Aude. De passage accidentel et pendant les hivers 

rigoureux. T. R. ne niche pas. 

Ariége. Se reproduit, en été, dans les forêts de hêtres 

des moyennes hauteurs des Pyrénées de ce 

département. A. G. niche régul 1 . 

Hérault. De passage en automne , séjourne l'hiver, repart 

au printemps. P. G. ne niche pas. 

Haules-Pyr. On le trouve pendant toute la belle saison dans 

les forêts fde hêtres des moyennes hauteurs ; 

en automne, descend dans les vallées. C. niche régul 1 . 

Tarn. On l'a pris pendant l'hiver de 1870 ; j'ai constaté 

plusieurs captures. T. R. ne niche pas. 

Tarn-et-Gar. Observé très-rarement dans ce département. T. T. R. — 

Pyr.-Orienl. Il habite et se reproduit sur les Pyrénées de ce 

département. A. C. niche régul 1 . 



GENRE LI. 
SERIN. - SERINUS (Koch). 

140. - SERIN MÉRIDIONAL. - SERINUS 

MERIDIONALIS (Brehm.). 

Fringilla serinus, Linn. S.N., I2 c édit. (1766), t. 1, p. 320. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 353. 
Serinus meridionalis, Brehm Hand., Nat. vog. Deuts (1831), p. 255. 

— Ch. Bonap. Birds (1838), p. 34. 

Fringilia serinus , P. Roux, Omith. Prov., pi. 94, f. 1, vieux mâle. 

— — — f. 2, femelle. 
Pyrrhula serinus, Degland, Omith. Europ. (1849), t, 1, p. 192. 
Seminus meridionalis, Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 285. 
Serinus flavescens, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg. 1 re série, t. 2, pi. 116. 
le Cini , Buff., Pi. enl. 65». 



— 73 — 

Ce charmant petit oiseau passe tout l'été dans les vallées des 
Pyrénées; il niche jusque dans les jardins de Luchon ; en 
automne, il gagne la basse plaine de Toulouse, qu'il aban- T. G. niche régula 
donne à l'arrivée du froid ; il nous revient en avril pour 
regagner ses montagnes favorites. 

Aude. De passage en automne et au printemps dans ce 

département. T . C . ne niche que 

Ariége. Se reproduit sur les montagnes, descend dans les rarement, 

vallées et plaines à l'approche de l'hiver. T. C. niche régul 1 . 

Gers. De passage seulement en automne et au printemps P. C. ne niche pas. 

Hérault. Il en arrive une grande quantité en automne qui 
hivernent ; ils repartent au printemps; une 
partie reste l'été pour se reproduire. T. T. C. niche régui*. 

Haules-Pyr. Il se reproduit sur les montagnes à moitié hau- 
teur; en automne il descend dans la plaine; T. G. — 

Tarn. De passage pendant les mois d'octobre, mars et 

avril. P. C. ne niche pas. 

Tam-el'Gar. On ne voit celte espèce que pendant les passages 

d'automne et du printemps. P. C. — 

Pyr. -Orient. Sédentaire dans ce département ; en été , les 
moyennes hauteurs, en hiver les vallées et 
la plaine. T. C. niche régul 1 . 

140 bis. J'ai vu à Luchon , chez un marchand amateur, un Serin à longue queue : 
Pyrrhula caudata (pallâs) . Serinus longicauda , Dubois , PL col. des Oiseaux de la 
Belgique, 2 e série, t. 1, pi. 102. C'était, m'a-t-il assuré, le troisième sujet qui eût 
été tué dans le pays. Ne connaissant pas la valeur de cette espèce, il avait cédé pour 
3 francs à un touriste un des trois exemplaires; le marché fait, l'acheteur lui avait 
avoué que ce Serin valait 20 francs. Ce prix engagea notre amateur à faire tout son 
possible pour se procurer de nouveaux exemplaires; malgré toutes les recommanda- 
tions faites aux chasseurs du pays, il n'a pas revu cette espèce. 

L'examen du sujet que j'ai eu entre les mains me porte à croire que cet oiseau 
était en chair et non en peau quand il a été monté ; il avait fort peu de plumes roses 
et sa robe était presque blanche ; au dire du marchand, les autres sujets avaient peut- 
être un peu plus de rose. Le premier aurait été pris en août 1862, les deux autres 
en août 1864. 

Malgré toutes mes instances , il n'a pas voulu me céder le dernier sujet qui lui 
restait, et depuis je ne n'ai pu savoir s'il a fait de nouvelles captures. 

J'ai cru que ce fait isolé n'était pas suffisant pour inscrire cette espèce dans mon 
catalogue ; mais je ne pouvais cependant la passer complètement sous silence, car la 

6 



— 74 — 



présence au milieu de nous du Serin à longue queue est un fait surprenant; cet oiseau 
toujours rare dans les régions qu'il habite (Nord de la Russie), n'avait jamais été ren 
contré dans l'Europe méridionale. Je ne désespère pas d'arriver à constater ce fait 
d'une manière certaine. 



GENRE LU. 

GROS-BEC. - COCCOTHRAUSTES (Briss.). 

141. - GROS-BEC VULGAIRE. — COCCOTHRAUSTES 

VULGARIS (Vieill.). 



Coccothraustes vulgaris, Vieill. Dkt. (1817), t. 13, p. 519. 
Fringilla coccothraustes, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 342. 
Coccothraustes vulgaris, P. Roux, Omith. Prov., pi. 75, mâle, 76, femelle. 

— Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 196. 

— Degl. et Gerbe, Ornilh. Europ. (1867), t. 1, p. 266. 

— Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1™ série, t. 2, pi. 122. 
le Gros-Bec, Buff., PI. enl. 99, mâle ; 100, femelle. 

Le Gros-Bec passe l'hiver et une partie du printemps dans ne niche pas, 

nos jardins, sui tout dans ceux qui renferment des conifères; A - G. du moins très' 
il nous quitte fin avril. accidentelle!*. 

Aude. 11 ne se montre dans l'Aude que pendant les 

hivers un peu rigoureux. C. ne niche pas. 

Ariége. On le voit presque tous les ans , à moins que 

l'hiver ne soit trop doux. A. 0. — 

Gers. On voit le Gros-Bec vulgaire pour ainsi dire tous 

les ans, mais il est très-abondant si l'hiver est 
rigoureux. T. C. — 

Hérault. Ne se montre dans ce département que pendant 

les hivers rigoureux. C. — 

HauteS'Pijr. On prétend que quelques couples se reproduisent 
sur les montagnes de ce département ; il 
est de passage lorsque l'hiver est rigou- 
reux. T. C. niche accid 1 . 



- 75 — 

Tarn. Il se montre au passage d'automne ; plus abondant 

à celui du printemps. T. C. ne niche pas. 

Tam-et-Gar. on ne le trouve dans ce département que pendant 

l'hiver et commencement du printemps. T. C. — 

Pyr. -Orient. Il arrive au commencement de l'hiver pour 

repartir ou regagner les hauts sommets des 

Pyrénées de ce département en avril et mai. T. C. niche accii 1 . 



GENRE LUI. 
VERDIER. — LIGURINUS (Koch). 

142. - VERDIER ORDINAIRE. - LIGURINUS 

CHLORIS (Koch ex Linn.) 

Loxia. chloris, Linn. S. IV., 1 2 e édit. (1766), t. 1, p. 304. 
Ltgurinus chloris, Koch Baier, Zool. (1816), t. 1, p. 230. 
Fringilla chloris , Temm. Man. 2 e édit. (1820), t. 2, p. 854. 

— P. Roux, Omith. Prov., pi. 77, mâle; 78, femelle. 
Chlorospiza chloris, Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 199, 
Ligurinus chloris , Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 269. 

— Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 2, p.. 115. 
le Verdier, Buff., PI. enl. 267, f. 2. 

Sédentaire,, en été il recherche les endroits frais, les plan- 
tations de peupliers sur lesquels il établit son nid; en hiver, T. C. niche régul 1 . 
il se réunit aux grandes bandes de Pinsons, de Linottes et de 
Bruants. 

Aude. Sédentaire et de passage en automne et au prin- 

temps. T. C. niche régul 1 . 

Ariége. Toute l'année et de passage en mars, avril, octo- 
bre et novembre. T. Ç. — 

Gers. Très-répandu et sédentaire ; néanmoins, il existe 

un passage en automne et au printemps. T. T. C. — 

Hérault. Très-abondant toute l'année , mais il en arrive 

beaucoup en automne pour passer l'hiver. T.T.C. — - 

Hautes-Pyr. Il n'est pas rare dans ce déparlement ; il est très- 
commun en automne. T. G. — 

Tarn. On le trouve sédentaire dans tout îe département T. C. — 



— 76 — 

Tàm-et-Gar. Sédentaire, et de passage au printemps et en 

automne. A. C. niche régul 1 . 

Pyr. -Orient. Il habite toute l'année ce département; il en 
arrive beaucoup [en automne pour passer 
l'hiver. T. C. 



- 



GENRE LIV. 
MOINEAU. — PASSER (Briss.). 

143. - MOINEAU DOMESTIQUE. - PASSER 

DOMESTICUS (Briss.). 

Passer domesticus, Briss, Ornith. (1760), t. 3, p. 72. 
Fringilla domestica, Temm. Man, 2 e édit. (1820), t. 1, p. 350. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 80, f. 1, vieux mâle. 

— — f. 2, jeune mâle, robe d'hiver. 

— — p. 81, femelle, 88 variétés. 
Passer domesticus, Degland, Ornith. Eur. (1849), t. 1, p. 204. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 241. 

— Dubois. PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 2, pi. 113. 
le Moineau, Buff., PI. enl. 6, f. 1, mâle en été, et 55, f. 1, robe d'automne donnée 

pour celle du jeune. 

Sédentaire partout, sauf les hautes montagnes , recherche 
les habitations et aime beaucoup à s'établir dans les pigeon- t.t. C. niche régul 4 . 
niers. En hiver, il se réunit en bandes nombreuses qui fré- 
quentent particulièrement les haies et les buissons. 

Aude. Sédentaire et commun partout où habite l'homme. T. T. C. niche régul 1 . 

Ariége. On trouve ce Moineau dans toutes les vallées et 

plaines de ce département. T. T. C. — 

Gers. Très-commun toute l'année dans tout le départe- 
ment. T.T.C. — 

Hérault. Très-répandu dans tout le département. T.T.C. — 

Hautes-Pyr. Dans toutes les vallées et plaines du département. T. T. C. — 

Tarn. Sédentaire toute l'année et dans tout le départe- 
ment. T.T.C. — 

Tam-el-Gar. Habite tout le département dans les villes et 

villages. T.T.C. • — 

Pyr.-Orien. Très-répandu dans les plaines de ce département. T. T. C. — 



- 77 - 

144. - MOINEAU ESPAGNOL. - PASSER 

H1SPANI0LENSIS (Degl. ex Temm.). 

Fringilla hispàniolensis , Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 353 , et 3 e partie 

(1835) p. 257. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 84, mâle adulte. 
Passer hispàniolensis , Degland, Ornith. Europ. (1849), t. l,p. 209. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 244. 

— Dubois, PI. col. des Ois. delà Belg., 2 e série, t. 1, pi. 99. 

J'ai rencontré plusieurs fois, en hiver; ce Moineau mêlé ne sais pas 

aux bandes de l'espèce précédente , mais jamais en grand T. R. qu'il ait 

nombre; il a les mêmes habitudes que le moineau ordinaire. niché. 

Aude. De passage accidentel et en hiver. T. R. ne niche pas. 

Hérault, A été capturé plusieurs fois et en hiver. T. R. — 

Hautes-Pyr. Observé de loin en loin dans u département. T. T. R. — 

Pyr.-Orient. Il arrive tous les hivers et se mêle aux bandes 

de Moineaux ordinaires. P. C. niche accid 1 . 



145. - MOINEAU FRIQUET. - PASSER MONTANUS. 

(Briss). 

Fringilla montancs et campestris , Briss., Ornith. (1760). t. 3, p. 82. 
Fringilla montana, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1,p. 354. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 83. 

Passer montànus , Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 211. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 246. 
Passer campestris, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 2, pi. 112. 
le Friquet, Buff. PL enl. 267, f. 1. 

Habite tous nos environs et très-accidentellement les 
villes ; il niche dans les trous d'arbres et dans les tas de 
fagots ; se réunit, en hiver, aux bandes de Moineaux ordi- T. T. Ç. niche régul 1 . 
naires. J'ai pu constater cette année qu'un couple de Friquet 
avait fait 5 nichées du 1 5 avril au 8 septembre. 

Aude. Sédentaire dans les campagnes de tout ce départe- 

ment. T. T. C. niche réguK 

Ariége. Sédentaire toute l'année et partout dans ce dépar- 
tement ; rarement dans les villes. T. T. C. — 



— 78 — 

Gers. Très-répandu toute l'année dans ce département. T. T. C. niche régul 1 . 

Hérault. Très commun dans les villages et en rase cam- 
pagne près des habitations rurales. T. T. C. — 

Hautes-Pyr. On trouve cette espèce dans toutes les vallées et 

plaines de ce département. T. G. — 

Tarn. On le trouve toute l'année et partout dans la 

campagne. T. T. C. — 

Tam-et-Gar. Il est très-commum toute l'année et un peu par- 
tout dans la campagne. T. T. C. — 

Pyr. -Orient. On le trouve partout dans ce département, où il 

est sédentaire dans les campagnes. T. T. C, — 



146. - MOINEAU SOULCIE. - PASSER PETRONIA 

(Degland ex Linn.) 

Fringilla petronia , Linn. S. N., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 322. 

— Temm. Man., 2 e édit.*(l820), t. 1, p. 213. 

— P. Roux, Ornilh. Prov., pi. 79, mâle. 
Passer petronia, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 213. 

— Degl. et Gerbe. Ornith. Europ. (1 867), t. 1, p. 247. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 2, pi. 114. 

le Soulcie, Buff.^ PI. enl. 225, sous le nom de Moineau des bois ou Soulcie. 

Le Soulcie habite en été les grands bois des montagnes, où 
il se reproduit ; en hiver, il descend dans la plaine et arrive p ^ niche réeul 1 
jusqu'aux environs de Toulouse , où il se mêle parfois aux 
grandes bandes de fringillidés. Il repart isolément en mars, 

Aude. Ne se moutre dans ce département qu'en hiver. P. C. ne niche pas. 

Ariége. En été se trouve dans les forêts de sapins des hauts 

sommets; en hiver, descend dans la plaine A. Ç. niche régul 1 . 
Gers. De passage en hiver dans ce département. R. ne niche pas. 

Hérault. On ne voit cette espèce que pendant la mauvaise 

saison; très-abondant si l'hiver est rigoureux T. R. — 

Uautes-Pyr. Sédentaire dans ce département; en été, les hauts 

sommets, en hiver les plaines. C. niche régul*. 

Tarn. De passage non régulier dans ce département. T. R. ne niche pas. 

Tarn-et-Gar. Observé de loin en loin et pendant les hivers 

rigoureux. T. R. — 

Pyr.-Orient. En été, les forêts de la haute montagne, en hiver 

les plaines de ce département. C. niche régul 1 . 



— 79 — 

GENRE LV. 

PINSON. - FRINGILLA (Linn.). 

147. - PINSON ORDINAIRE. — FRINGILLA CMLEBS. 

(Linn.) 

Fringillà c^elebs, Linn. S. N. , 4 2 e édit. (4 766), t. 4, p. 318. 

— Temm. Mon., 2 e édit. (1820), t. 4, p. 357. 

— P. Roux. Ornith. Prov., pi. 85, mâle, en 

— — automne, 86 f. 4. femelle; f. 2, 

— — tête du mâle au printemps. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 4, p. 216. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (4 867), t. 4, p. 274. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Beîg. ^ Ie série, t. 2, pi. 4 26. 
le Pinson, Buff., PI. enl., 54, f. 4, mâle. 

Sédentaire. En été , très-abondant dans les vallées pyré- 
néennes , sans qu'il atteigne jamais les régions élevées ; en 
automne , il arrive en quantité dans la plaine et forme alors T. T. C. niche régul 1 . 
des bandes considérables ; il remonte dans les montagnes dès 
les premiers jours d'avril. 

i Aude. En été, les endroits élevés, où il se reproduit; en 

hiver, il habite les plaines. T. C. niche régul 1 . 

Ariége. Sédentaire; en été, les bois en montagne, les 

I plaines en automne et hiver. .1.1* — 

Gers. Se reproduit sur quelques points et n'est commun 

dans ce département qu'en automne et 
hiver. * * — 

Hérault. Sédentaire, bien plus^commun en automne qu'en 

été. T. C. niche régul 1 . 

Hauies-Pyr. Toute l'année ; l'été, les montagnes ; l'hiver, les 

plaines. T. C. niche régult 1 . 

Tarn. Il se reproduit, en été, dans le sud de ce départe- 

ment; très-répandu, en hiver, dans toute la 
plaine. T. T. C. — 

Tarn-et-Gar. Niche très-peu dans ce département; très-répandu 

en automne et hiver. T. C. niche régul*. 

Pyr. -Orient. Toute l'année; en été, les montagnes; en hiver, 

les plaines de ce département. T. C. ne niche pas. 



— 80 — 

148. — PINSON d'ARDENNES. - FRINGILLA 

MONTIFRINGILLA (Linn.). 

Fringillà. montifringilla, Linn. S. N. , 12 e édit. (1766), t. 1, p. 318. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 360. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 87, f. 1, mâle. 

— — en automne, f. 2, vieux mâle. 

— — au printemps, pi. 88, femelle. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 219. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. i, p. 274. 

— Dubois , PL col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. %> 



■A 



1. 127. 



T. C. 



le Pinson d'Ardennes, Buff., PI. enl., 54, f, 2. 

Ce Pinson arrive régulièrement dans les premiers jours de 
novembre, mais en nombre variable suivant les années, et 
nous quitte vers le milieu du mois de mars. Pendant son 
séjour dans noire région, il forme des bandes considérables 
dans lesquelles se mêlent à la fois des Linottes, des Verdiers, 
et des Bruants; ils forment alors de véritables nuages qui, 
tantôt rasent les champs, tantôt s'élèvent dans les airs, sui- 3 " eï ^" ne niche pas. 
vant le caprice des chefs de file. Le 14 décembre 1872, j'ai hiver, 
rencontré sur la route de Grenade (1 ) une de ces bandes : c'était 
certainement la plus considérable que j'aie jamais vue, car je 
ne crois rien exagérer en évaluant de 8 à \ mille les oiseaux 
qui la composaient. 

Aude. Arrive en octobre, passe l'hiver pour repartir en 

mars. T. T. C. ne niche pas. 

Ariégc. On le voit toute la mauvaise saison , par vols 

plus ou moins considérables. T. T. C. — 

Gers. Il ne se montre que pendant l'hiver; très-abon- 

dant s'il est rigoureux. T. T. G. — 

Hérault. Arrive en hiver , il est peu commun ou très- 
commun, suivant que les hivers sont, ou ne 
sont pas rigoureux. T. C. — 

Hautes-Pyr. Il arrive en octobre et repart fin février. T. C. — 

Tarn On le trouve dans ce département pendant toute 

la saison rigoureuse. T. C. — 

Tarn-et-Gar. C'est toujours en hiver qu'on le rencontre dans 

ce département. T. Ç. — 

Pyr. -Orient. Ne se reproduit pas dans ce département ; il ne 

l'habite qu'en hiver. T. C. — 

(1) Près Toulouse. 



— 8\ — 

GENRE LVI. 

NIVEROLLE. - MONTIFR1NGILLA (Brehm.). 

149. - NIVEROLLE DES NEIGES. 

MONTIFRINGILLA NIVALIS (Brehm. ex Briss.). 

Fringilla nivalis, Briss. Ornith. (1760), t. 3, p. 162. 

— Temm. Man., 2e édit. (1820), t. 1, p. 362. 

Montifringilla nivalis, Brehm, Handb., Nat. vog. Deuts ( 1831 ), p. 269. 
Fringilla nivalis, P. Roux, Ornilh. Prov., pi. 89, mâle en hiver. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 221. 

Montifringilla nivalis, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (186*7), t. 4, p. OT. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de laBelg., 2 e série, t. 1, pi. 4 05. 

Habite pendant l'été les sommets couverts de neige des 
montagnes de Luchon, et descend en hiver dans les basses R. niche régul*. 

vallées et, très-rarement, dans les environs de Toulouse. 

Aude. De passage accidentel et de loin en loin. T. T. R. ne niche pas. 

Ariége. Sédentaire toute Tannée et établie presque dans 

la région des neiges. A. C. n i c he régul 1 . 

Hérault. De passage tout-à-fait accidentel et de loin en 

loin- T.T. R. ne niche pas. 

Hautes-Pyr. Elle reste toute l'année sur les hauts sommets , 

toujours près des neiges éternelles. T. C. niche régul 1 . 

Tarn. Ce n'est qu'à de rares intervalles que l'on aperçoit 

cette espèce dans ce déparlement. T.T. R. ne niche pas. 

Pyr. -Orient. Sur les hauts sommets des Pyrénées de ce dépar- 
tement où elle est sédentaire. A. G. niche régul*. 

GENRE LVII. 

CHARDONNERET. - CARDUELIS (Briss.). 

150. - CHARDONNERET ÉLÉGANT. - CARDUELIS 

ELEGANS (Steph.). 

Fringilla carduelis, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. l,p. 376. 
Qrduelis elegans. Stephens Gêner., Zool. Aves (1826), p. 30. 



— 8-2 — 

Fringilla carduelis, P. Roux, Oniith. Prou., pi. 97 , mâle adulte. 

— — 98, jeune à la sortie du nid. 

Carduelis elegans, Degland, Ornith.Europ. (1849), t. 1,p. 225. 

— Degl. et Gerbe, Ornilh. Europ. (1867), t. 1, p. 279. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg. y 1 re série., t. 2, pi. 129. 
le Chardonneret, Buff., PI. enl., 4, f. \. 

Sédentaire ; en hiver , ils forment de petites troupes qui 
fréquentent le bord des chemins et des lieux arides, et se réu- 
nissent quelquefois aux grandes bandes de Fringillidés. Dès 
les premiers beaux jours, ils se divisent par couple et recher- 
chent alors les jardins et les arbres touffus dans lesquels ils 
bâtissent leur nid , le plus artistemeut fait de tous ceux des T. Ç. niche régul*. 
oiseaux d'Europe. Je dois signaler ici la capture faite à 
Toulouse, le 12 novembre 1872, d'une charmante variété de 
cette espèce , qui est connue sous le nom de Chardonneret 
Fevé ou Royal ; cet oiseau fait partie de ma collection. 

Aude. Sédentaire et de passage dans tout le département. T. CL niche régul*. 

Ariége. On trouve toute l'année cette espèce. T. T. C, 

Gers. Très-répandu partout et toute l'année. T. T. C. 

Hérault. Sédentaire dant tout le département. T. C. 

Haules-Pyr. On trouve cette espèce toute l'année. T. C. — 
Tarn. Très-répandu dans tout ce département et toute 

l'année. T.T.C. — 
Tarn-et-Gai\ Assez répandu dans tout ce déparlement et toute 

l'année. T. C. — 

Pyr.-Orient. Sédentaire dans les plaines. T. C. — 



GENRE LVIII. 
TARIN. - CHRYSOMITRIS (Boie). 

151. - TARIN ORDINAIRE. - CHRYSOMITRIS 

SPINUS (Boie. ex Linn.) 

Fringilla spinus, Linn. S. AT., 12* édit. (1766), t. 1, p. 322. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1,p. 371. 

Chrtsomitris spinus, Boie, Lis (1822), p. 555. 

Fringilla spinus , P. Roux, Ornith. Prov., pi. 95, mâle ; pi. 96, femelle. 
Carduelis spinus, Degland, Ornith.Europ. (1849), t. 1,p. 227. 



— 83 - 

Chrysomitris spinus, Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 281. 
Carduelis spinus, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 rc série, t. 2, pi. 128. 
le Tarin, Buff., PI. enl., 485, f. 3, mâle en robe d'automne. 

Le Tarin arrive régulièrement dans nos environs dans les 

premiers jours d'octobre , en plus ou moins grand nombre r ou 

suivant les années; il séjourne un ou deux mois, et fréquente T. C. -, 

r»o uicne nas 
alors le bord des eaux et se nourrit des fruits de l'aulne. Il selon v * 

est si peu défiant, que l'on peut le prendre avec un roseau . ^ es 

enduit de glue; il revient en mars, mais alors ne séjourne " lvers * 

pas. 

Aude. Arrive en automne, repart au printemps. ne niche pas. 

Ariége. Il se montre en octobre et novembre , repasse en 

avril. 

Gers. On demeure souvent plusieurs hivers sans en 

voir, et d'autres fois il passe plusieurs années 

de suite. — 

Hérault. Il ne se montre pas d'une manière régulière tous 

les hivers. — 

Hautes-Pyr. On prétend que quelques sujets passent l'été dans 

les forêts de sapins des hautes montagnes de 

ce département. niche accid 1 . 

Tarn. Se montre presque tous les hivers plus ou moins 

abondamment. ne niche pas. 

Tarn-eLGar. Se montre tous les ans, mais il est plus ou moins 

commun. — 

Pyr. -Orient. Il arrive en plus ou moins grand nombre , selon 

les années. — 

GENRE LIX. 

VENTURON. - CITRINELLA (Bp.). 

152. - VENTURON ALPIN. - CITRINELLA ALPINA 

(Bp. et Scop.). 

Fringilla alpina, Scop., an. 1, Hist. Nat. (1769), p. 205. 
Fringilla citrinella, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 370. 

CITRINELLA SERINUS , Bp., B. of. Eur. (1838), p. 34. 

Fringilla citrinella, P. Roux, Omith. Prov., pi. 90, mâle. 



— 84 — 

Canabina citrinella , Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 234. 
Citrinella alpina , Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867) 't. 1 p 283 
Carduelis citrinellus, Dubois, PI. col. desOis.de la Belg.] 2* série, t. V, pi. 106 
le Venturon, Buff., PI. enl. 652, f. 2, mâ l e , sous le nom deVenturon de Provence. 



Habite, en été, les bois des régions moyennes des Pyré- 
nées; descend, en hiver, dans la plaine, et arrive jusque R 
dans les environs de Toulouse, qu'il quitte de nouveau fin 
mars. 



Aude. 
Ariége. 

Gers. 

Hérault. 
Hautes-Pyr. 

Tarn. 

Tarn-et-Gar. 

Pyr.-Orkn. 



Se montre en hiver dans ce département. 

Quelques rares couples se reproduisent sur les 
montagnes de ce département. 

On le rencontre en très-petit nombre et en hiver 
dans ce département. 

Il ne se montre que pendant les hivers rigoureux. 

Il passe l'hiver dans les plaines, l'été sur les som- 
mets de ce département. 

De passage en octobre, novembre et mars, tantôt 
en grand nombre, d'autres fois très-rare. 

Il arrive en automne, passe une partie de l'hiver, 
repart en mars. 

Une partie niche sur Jes montagnes en été ; il 
descend dans les plaines en hiver. 



R. 

R. 

R. 
A. 



A. R. 



A. R. 



niche 

régulièrement 

sur nos 

montagms. 

ne niche pas. 

niche accid 1 . 

ne niche pas. 



P* C. niche accid 1 . 
P* G. ne niche pas. 



niche régul 1 



GENRE LX, 



LINOTTE. - CANNABINA (Brehm.). 

153. - LINOTTE VULGAIRE. - CANNABINA LINOTA 

(Gray ex Gmel.) 

Fringilla linota, Gmel., S. N. (1788), t. 1, p. 216. 

Fringilla cannabina, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 364. 

Fringilla linota, P. Roux, Ornith. Prov,, pi. 91, mâle' au printemps; 92, mâle en 

robe d'automne. 
Cannabina linota, G. R. Gray, Gen. of Birds (1841), p. 59. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 230. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 288. 

— Dubois, PI. col. desOis. delà Belg., \™ série, t. 2, pi. 124. 



- 85 - 

la Linotte, Buff., PL enl. 1">1, f. 1, mâle ou femelle adulte sous le nom de 
Linotte ; f. 2, mâle en automne sous le nom de Petite 
Linotte des vignes; 485, f. 1, mâle en robe d'été sous le 
nom de Grande Linotte des vignes. 

Sédentaire ; ne s'élève jamais sur les montagnes, recherche 
en été les vignes, où elle établit son nid ; se réunit en bandes 
dès l'automne et s'approche alors des fermes. En hiver, ces T. T. C. niche régul 1 . 
bandes se réunissent entr'elles et se joignent parfois aux 
grandes bandes de fringillidés dont j'ai déjà parlé. 

Aude. Sédentaire et de passage dans ce département. T. T. C. niche régul*. 

Ariége. H y a un passage très-important en automne et 

au printemps 5 une grande partie reste l'été. T. T. C. — 

Gers. Sédentaire toute l'année ; il y a un passage très 

important en automne. T. Ç. — 

Hérault. Une grande partie reste toute l'année. Il en arrive 
beaucoup en octobre qui viennent hiverner 
dans ce département. T. G. — 

Hautes-Pyr. Sédentaire dans toutes les plaines de ce départe- 
ment. T. C. __ 

Tarn. Très-répandue et toute l'année; en automne il y 

a un passage considérable. T. T. C. — 

Tam-et-Gar. On la voit toute l'année dans ce département , 
mais bien plus nombreuse en automne et en 
hiver. T. T. C. — 

Pyr. -Orient. Sédentaire et de passage dans ce département. T. C. — 

GENRE LX1. 

SIZERIN. - LIN ARIA (Vieill.). 

154. — SIZERIN BORÉAL. - LINARIA BOREALIS. 

(Vieill.) 

Linaria borealis, Vieill., N. Dict. (1819), t. 31, p. 341. 

Fringilla linarià, Tem m. Man., 2« édit. (1820), t. 1, p. 373. 

Linaria borealis, P. Roux, Omiih. Prov., pi. 101 , mâle au printemps. 

— — — 102, femelle. 

— Degland, Ornith. Eump. (1849), t. 1, p. 237. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 293. 
Carduelis linaria, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 2, pi. 131. 



— gfi — 

De passage en automne et de loin en loin mais toujours en 
petit nombre. Nous sommes souvent un et deux ans sans en TT » **• ne niche pas. 
voir. 

Aude. Observé accidentellement dans ce département T. R. ne niche pas. 

Ariége. Très-peu observé dans ce département, on ne le 

voit que dans les hivers très-rigoureux. T. T. R. — 

Gers. Observé accidentellement dans ce département. T.T.R. — 

Hérault. Ne se montre que pendant les hivers très-rigou- 
reux. T.T.R. _ 

Hautes-Pur. A été pris une seule fois à ma connaissance dans 

ce département. T.T.R. — 

Tarn. Je l'ai reçu, en décembre 4 870, de Gaillac (Tarn). T.T. R. — 

Tam-et-Gar. Observé accidentellement dans ce département 

et en hiver. T.T. R. — 

Pyr.-Orien. On le rencontre de loin en loin dans ce départe- 
ment pendant les grands froids. T.T. R. — 

155. - SIZERIN CABARET. - LINARIA RUFESCENS. 

(Vieill.) 

Linaria rufescens, Vieill., N. Dict. (1819), t, 31, p. 342. 
Fringilla linarià, Temm. Man., 2 5 édit. (1820), t. 1, p. 273. 
Linària rufescens, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 99, vieux mâle. 

— — au printemps, 100, f. 1, femelle. 

— — f. 2, tête de mâle en automne. 

— Degland, Ornilh. Europ. (1820), t. 1, p- 239. 

— Degl. et Gerbe, Ornilh. Europ. (1867), t. 1, p. 207. 
Carduelis rufescens, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 rc série, t. 2, pi. 132. 
le Cararet, Buff., PI. enl. 485, f. 2. 

De passage régulier en automne, toujours en petit nombre. 
Il suit alors le bord des eaux et se nourrit des fruits de 
l'aulne, comme le Tarin. C'est un oiseau vif et pétulant, se R. ne niche pas. 

suspendant aux branches comme la Mésange bleue et aussi 
peu méfiant qu'elle. 

Aude. On le voit arriver toujours en petit nombre en 

automne et repartir au printemps. R- ne niche pas. 

Ariége. C'est en octobre qu'il arrive; il est toujours peu 

nombreux. R. — 

Gers. De passage presque régulier tous les ans et en 

hiver. R. — 



— 87 — 

Hérault. Ne passe pas d'une manière régulière dans ce 

département; on reste quelquefois plusieurs 

années sans en voir. R. ne niche pas. 

Hautes-Pyr. Se montre presque tous les ans, mais toujours en 

petit nombre. R. — 

Tarn. De passage régulier dans ce département , mais 

toujours en petit nombre. P.C. — 

Tarn-et-Gar. Ce n'est qu'en hiver qu'on le voit. P. C. — 

Pyr. -Orient. On prétend qu'il se reproduit sur les montagnes 
de ce déparlement , mais j'en doute ; tou- 
jours est-il qu'on le trouve , l'automne et 
l'hiver, dans la plaine d'une manière régu- 
lière. P. C. — 



GENRE LXII. 
BRUANT. - EMBERIZA (Linti.) 

156. - BRUANT JAUNE. - EMBERIZA CJTRINELLA. 

(Linn.) 

Emberiza citrinella, Linn., S. N. (1~66), t. 1, p. 309 et Auct. 

— Temm. Man, 2 e édit. (1820), t. 1,p. 304. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi 104, f. 1,mâle. 

— — f. 2, tête de la femelle. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t, \, p. 244. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 310. 

— Dubois, Pi. col. des Ois. de la Belg., 1 e série, t. 2, p. 107. 
le Bruant de France, Buff., PL enl., 30, f. 1. 

Sédentaire dans la plaine ; recherche, en été , les parcs et 

bois touffus ; se réunit, en hiver, en bandes nombreuses , 

dans lesquelles se mêlent d'aulres espèces ; ces bandes volent „, n ., ... 
i • - lt x ii u j i T - c - m che regul 1 . 

toute la journée sans ordre et sans repos ; à 1 approche de la 

nuit, elles semblent plus compactes que pendant le jour. 

Aude. Sédentaire. 11 en arrive beaucoup dans les plaines 

de ce département pendant l'hiver. T . c. niche régul 1 . 

Ariège. On trouve cette espèce toute l'année dans ce 

département, mais bien plus commune en 
hiver qu'en été. P. C. — 



— 88 — 

Gers. Cette espèce ne quitte pas ce département, où clic 

est très-commune en hiver. T. C. niche régul 1 . 

Hérault. Elle arrive en automne, passe l'hiver dans ce dé- 
partement, et part au printemps. T. G. ne niche pas. 

Hautes-Pyr. On trouve le Bruant jaune toute l'année, mais 

bien plus répandu en hiver. T. C. niche régul 1 . 

Tarn. Toute l'année il habite ce département où il 

est très-commun en automne et hiver. T. C. — 

Tarn-el-Gar. Sédentaire, mais bien plus commun en automne 

et hiver qu'en été. T. C — 

Pyr.-Orien. Il arrive dans ce département en automne, passe 
l'hiver et repart au printemps ; il en reste 
quelques couples en été qui se reproduisent 
sur les parties élevées des moyennes hauteurs . T. C. — 



157. — BRUANT ZIZI. - EMBERIZA C1RLUS ( Linn. ). 



Emberiza. cirlus, Linn., S. N. 12 e édit. (1766), t. 1, p. 311. 

— Temm. Man. , 2* édit. (1820) , t. 1, p. 313. 

— P. Roux, Omilh. Prov., pi. 105, mâle en été, 

— 106, femelle en été ; 107;, variété. 

— Degiand, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 247. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 311. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Bclg., 1 re série, t. 2, pi. 109. 
le Zizi ou Bruant de Hay, Buff., PI. enl. 653, f. 1 etf. 2. 

Sédentaire dans tout le département, sauf les parties éle- 
vées; mêmes habitudes que le Bruant jaune , avec lequel il 
se mêle parfois. Lorsque la terre est couverte de neige , il ^* mcne ré S ult - 
s'approche des habitations rurales. 

Aude. Arrive en octobre et novembre, repasse en avril; 

peu re reproduisent dans ce déparlement. A. G. niche régul 1 . 
Ariége. Sédentaire toute l'année ; plus répandu en 

automne et en hiver. T. C. — 

Gers. Il se trouve toute l'année dans ce département, 

plus commun en automne et en hiver. T. C. — 

Hérault. Il arrive dans ce déparlement en automne et en 

hiver A. C. ne niche pas. 

Hautes-Pyr. On le trouve pendant toute la belle saison , mais 

plus commun en automne et en hiver qu'en 

été. C. niche régul 1 . 



— 89 - 

Tarn. Sédentaire dans la plus grande partie de ce dépar- 

tement. T. C. niche régul 1 . 

Tarn-el-Gar. N'abandonne pas ce département de toute 

l'année , mais bien plus commun en hiver. T. C. 

Pyr.-Orien. Il arrive en automne et disparaît au printemps. T. C. niche accid 1 . 



158. - BRUANT FOU. - EMBERIZA CIA (Linn.J. 

Emberiza cia , Linn. S.N., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 310. 

— Temm. Man., %* édit. (1820), t. 4, p. 135. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 111, mâle; 112, femelle. 

— Degland, Ornilh. Europ. (1849), t. 1, p. 250. 

— Degl. et Gerbe, Ornith., Europ. (1867), t. 1, p. 312. 

— Dubois, PL col. des Ois. de la Belg. , 1 re série , t. 2 , pi. 110. 
le Bruant fou, Buff., PI. enl. 30, f. 2, sous le nom de Bruant des prés de France; 

511, f. 1, sous le nom d'Ortolan de Lorraine. 

Sédentaire dans tout le département; habite en été les 
hautes montagnes ; aux environs de Luchon, je l'ai rencontré 
au lac d'Oo et à l'Hospice; gagne la plaine en hiver, et A. C. niche régul*. 
se mêle aux grandes bandes de Pinsons, Linottes, etc., et 
repart dans les derniers jours de mars pour les hautes 
régions. 

Aude. Sédentaire sur quelques points de ce départe- 

ment, P. Ç- niche régul 1 . 

Ariége. En été, les Pyrénées de ce département ; en hiver, 

les plaines. A. C. — 

Gers. On ne le voit qu'au passage d'automne et en 

hiver. R* ne niche pas» 

Hérault. Ne se montre dans ce département que pendant 
les hivers rigoureux ; dans le cas contraire, 
il est très-rare. R ou C. — 

Hautes-Pyr. Les forêts des hauts sommets, l'été ; les plaines, 

l'hiver. A. C. niche régula 

Tarn. On ne le prend dans les plaines qu'en hiver ; en 

été, il se reproduit dans les environs de la 
Montagne-Noire. A. G. — 

Tarn-cL-Gar. De passage seulement en automne et en hiver. A. R. ne niche pas. 

Pyr.-Orien. Il arrive dans les plaines en automne , passe 
l'hiver et disparaît au printemps pour gagner 
les hauteurs des Pyrénées de ce département, A. C* niche régula 

7 



— 90 — 

159. - BRUANT ORTOLAN. - EMBERIZA 

HORTULANA (Linn.). 

Emberiza hortulana, Linn. S. iV., 12 e édit. (4 766), t. 1, p. 309. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 311. 

— P. Roux, Omith. Prov., pi. 115, f. 1, mâle; f. 2, femelle. 

116, variété sombre. 

— Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 254. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p 316. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 rc série, t. 1, pi. 108. 
l'Ortolan, Buff., PL enl. 247, f. 1, femelle. 

Cette espèce arrive dans nos environs au commencement 
d'avril et se répand alors dans les champs de colza, de trèfle 
et de luzerne , où il se reproduit ; pendant le temps de la T. C. niche réguK 
couvée, le mâle , perché sur les arbrisseaux voisins du nid, 
chante continuellement ; il nous quitte en automne. 

Aude. Arrive au printemps par bandes très-nombreuses. 

Une partie s'arrête pour se reproduire dans 
ce département. T. C. niche régul 1 . 

Ariége. Arrive en avril, passe l'été, repart en septembre. T. C. — 

Gers. Passe toute la belle saison dans ce département. T. Ç. — 

Hérault. Un passage considérable a lieu au printemps et 
en automne; une grande partie reste tout 
l'été. T. G. — 

Hautes-Pyr. Il arrive en petit nombre dans ce département au 
printemps, passe la belle saison et repart en 
septembre. A. C. — 

Tarn. Très-répandu au passage du printemps et en 

automne ; quelques rares couples se repro- 
duisent dans ce département. T. C. — 

Tarn-et-Gar. On en prend beaucoup au passage d'avril et 

d'août. T. C. 

Pyr.-Orient. Sédentaire'; il en arrive beaucoup en automne 

pour passer l'hiver. T. C. — 

160. - BRUANT DES ROSEAUX. — EMBERIZA 

SCHOENICULUS (Linn.). 

Emberiza schoeniculus , Linn. S. N. 12^ édit. (17GG), t. 1, p. 311. 
— Temm. il/an., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 307. 



— 91 — 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 113, f. 1, mâle en été; f. 2, le 

même en automne. 

— — PI. H4, femelle. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 260. 
Cynchràmus schoeniculus, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 323. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., l tQ série, t. 2, pi. 111. 
l'Ortolan des roseaux, Buff., Pi. enl. 247, f. 2, mâle; 497, f. 2, femelle, et 656, 

f. 1 , jeune sous le nom de Gavoué de Provence. 



Sédentaire 5 recherche , en été 1 , les mares plantées de 
roseaux ; se réunit en petites bandes pendant l'hiver. Ces 
bandes errent à l'aventure tout le jour, et le soir elles se G. 
retirent dans les oseraies ; après avoir bien caqueté à la 
manière des moineaux , elles descendent dans les herbes 
sèches aussitôt le soleil couché. 



niche régul*. 



Aude. On ne trouve cette espèce qu'en hiver dans ce 

département. 

Le Bruant des roseaux arrive en octobre dans les 
plaines de ce département pour repartir au 
printemps. 

On le rencontre tout l'hiver dans ce département, 
et jamais en été 

Il arrive en octobre pour repartir en avril. 

C'est pendant tout l'hiver que l'on trouve le 
Bruant des roseaux ; assez rare en été. 

Sédentaire sur quelques points de ce départe- 
ment. 
Tarn-et-Gar. Se reproduit sur quelques points de ce dépar- 
tement. Très-abondant à son passage d'au- 
tomne. 
Pyr.-Orient Passe l'hiver dans ce département, disparaît au 
printemps, ou du moins il en reste très-peu 
pendant l'été. 



Ariége. 



Gers. 

Hérault. 
Hautes-Pyr 

Tarn. 



T. C. niche accid 1 . 



A. C. ne niche pas. 

T. C. — 

T. C. — 



niche presque 
régulièrement. 

niche régul*. 



A. C. 



T. C. 



T. C. 



T. C. niche accid 1 . 



GENRE LXIII. 

PROYER. - MILIARIA (Brehm.). 

161. - PROYER D'EUROPE. - MILIARIA EUROPEA 

Swains. ex Linn. 

Emberiza miliawia, Linn., S.N., 12 e édit (176C), t. 1, p. 308. 
— Temm. il/an. 2*- édit. (1820), t. 1, p. 306. 



Miliaria europ.ea , Swains, Net. Syst. B. (1887), t. 2 ; p. 290. 
Embewza HiLUBiA , P. Roux, Omith. Prpp., pi. 108, f. 1, adulte en automne; f. 2, 
jeune au sortir du nid. 
— Degland, Omith. Europ. (1849), t, 1, p. 270. 

Miliaria eiroi\ea, Degl. et Gerbe, Ornilh. Europ. (1867), t. 1, p. 308. 
Emberiza miluria, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg. 1 re série, t. 2, pi. 106. 
le Proyer, Buff., PI. enl., 233 sous le nom de Bruant de France, appelé Proyer. 

Le Proyer habite la plaine pendant toute l'année ; il y a 
cependant un passage en octobre et novembre. En été, il 
recherche les prairies et surtout les champs de trèfle, au milieu T p . , , , t 
desquels il établit son nid. En hiver , il forme de petites 
bandes qui se réunissent, si le froid augmente, aux grandes 
masses de Fringillidés. 

Aude. Sédentaire et très abondant toute l'année. 

Ariége. Ne quitte pas ce département de toute l'année. 

Gers. On le trouve toute l'année clans ce département. 

Hérault. Sédentaire et très-répandu dans l'Hérault. 
Haules-Pyr. On le voit toute l'année dans les plaines. 
Tarn. Sédentaire et très-commun dans le sud de ce 

département. 
Tam-et-Gar. Ne quitte pas ce département de toute l'année. 
Pyr. -Orient. Reste toute l'année dans les plaines. 

GENRE LXIV. 

PLEGTROPHANE. - PLECTROPHANES (Mey. et Wolf.). 

162. - PLEGTROPHANE DE NEIGE. 

PLECTROPHANES NIVAL1S (Mey. et Wolf. ex Linn.) 

Emberiza nivalis, Linn,, S. N.. I2 e édit. (1766), t. l,p. 308. 

Plectrophanes nivalis, Mey. et Wolf, tasch. Deuts (\8\0). 

Emreriza nivalis, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 319. 

Passerina nivalis, P. Roux, Omith. Prov., pi. 103, f. 1, mâle en hiver; f. 2, 

femelle. 
Emberiza nivalis, Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 275. 
Plectrophanes nivalis, Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 332. 

— Dubois PI. col. des Ois. de la Belg. y 1 re série, t. 2, pi. 105. 

l'Ortolan déneige, Buff., PI. enl. 497, f. 1 , mâle sous le nom d'Ortolan de 

neige; 511, f. 2, femelle sous le nom d'Ortolan de 

passage. 



T. C. 


niche 


régul*. 


T. C. 




— 


T. C. 




— 


T.T.C. 




— 


A. C. 




— 


T. C. 




_ 


T. G. 




— 


T. G. 




— 



— 93 — 

Le Bruant de neige n'est de passage accidentel dans nos 
régions que dans les hivers les plus rigoureux, tels que ceux -r, T. R. ne niche 
de 1830, 1870-1871-, et encore nous ne le voyons qu'en très 
petit nombre. 

Ariége. Je ne connais qu'une capture faite, en 1 870 , 

près de Tarascon. T. T. R. ne niche 

Tarn-et-Gar. Capturé deux fois à ma connaissance dans ce 

déparlement. T.T.R. — 

FAMILLE XVII. 

GRIMPEREAUX. — CERTHIADJE (Less., 1831), 



GENRE LXV. 

SITTELLE. — SITTA (Linn.). 

163. - SITTELLE TORCHE-POT. — SITTA 

EUROPjEA ( Linn. ). 

Sitta Europe, Linn., S. IV., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 177. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 407. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 237. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 600. 
Sitta c^esia, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 182. 

— Dubois PL col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 2, pi. 135. 

la Sitelle ou Torchepot , Buff., PI. enl. 623, f. I, sous le nom de Torchepot. 

La Sitelle ne se rencontre que dans les grands bois de la 
région moyenne des Pyrénées; en hiver, elle descend dans R. niche régul*. 

les vallées et ne s'écarte jamais de la région des montagnes. 

Aude. Sédentaire sur les points élevés de ce départe- 

ment. R. niche régul 1 . 

Ariége. On la trouve sur les Pyrénées de l'Ariége, jamais 

en plaine. A. R. — 

Gers. Observée rarement dans ce département. T. T. R. ne niche pas. 

Hérault. On la trouve dans les parties boisées élevées de ce 

département. A. R. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. Elle ne quitte pas de toute l'année les forêts des 

montagnes de ce département. P. C. — 



— 94 — 

Tam. Observée accidentellement dans ce département. T.T. R. ne niche pas. 

Tam-ct-Gar. Observée très-rarement dans ce déparlement. T.T.K. — 

Pyr.-Orien. Sur les Pyrénées de ce département. Je ne crois 

pas qu'elle ait jamais été observée dans la 

plaine. P. C. niche régul 1 . 

GENRE LXVI. 

GRIMPEREAU. - CERTHIA (Linn.). 

164. - GRIMPEREAU FAMILIER. - CERTHIA 
FAMILIARIS (Linn.). 

Certhia fàmiluris, Linn., S. IV., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 184. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 410. 

— P. Roux, Ornith. Pron., pi. 239. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), 1. 1, p. 604. 

— Degl. et Gerbe, Ornilh. Europ. (1867), t. 1, p. 186. 

— Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 2, pi. 133. 
le Grimpereau, Buff., PI. enl. 631, f. 1. 

Sédentaire, sauf sur les hautes montagnes; habite, en été, 
les jardins, les bois, les ramiers; niche dans les arbres creux; 
se rapproche, en hiver, des endroits habités ; ne reste pas un A. C. niche régul 1 . 
instant en repos et fait entendre constamment son cri d'appel. 

Aude. En été, les moyennes montagnes ; en hiver, les 

jardins et les parcs. A. G. niche régul 1 . 

Ariége. Pendant la belle saison, les parties boisées et 

élevées ; en hiver , les jardins et parcs de 
la plaine. T. C. — 

Gers. Id. id. id. A. Ç. — 

Hérault. En été, les parcs et les forêts ; en hiver, se rap- 
proche des habitations. T. C. — 

Ilautes-Pyr. Les hautes montagnes boisées, en été ; les parcs 
et jardins près des villes et villages, pendant 
l'hiver. T. C — 

Tarn. Très-abondant dans le sud de ce département, en 

été ; en hiver, toutes les plaines. T. G. — 

Tam-et-Gar t Très-commun, en hiver, dans les parcs et jardins; 

rare en été. A. C. — 

Pyr.-Orien. En été, les parties boisées et élevées; en automne, 

les parcs et jardins de la plaine. T. C. — 



— 93 - 

GENRE LXVII. 

TICEODROME - TICHODROMA (Illig., 1811). 

165. — TICHODROME ECHELETTE. 

TICHODROMA MURARIA (Illig. ex Linn.). 

Certhià mcraria, Linn. S. IV., 12 e édit. (4 766), t. 1, p. 184. 

Tichodroma muraria, Illig., Prod. syst. (1811), p. 210. 

Tichodroma PHOENicoPTERA , Temm., Man. , I e édit., (1820), t. 1, p. 412. 

Petrodoma muraria, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 238. 

Tichodroma muraria, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 607. 

— Degl. et Gerbe. Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 190. 

Tichodroma phoenicoptera, Dubois, PI. col. des Ois. delà Belg., 1 re série, t. %, pi. 134. 
le Grimpereau des murailles, Buff., PI. enl. 372, f. 1, mâle en robe d'été; f. 2, 
mâle en robe d'automne sous le nom de femelle. 

Sédentaire dans les hautes montagnes, surtout dans les niche 

parties coupées à pic; descend, en hiver, dans les villages et régulièrement 

fréquente surtout les clochers ; il descend même quelquefois P. C. j crevasses 
jusqu'à Toulouse , et il a été vu sur le clocher de S l -Sernin d es r0 chers. 

et sur celui des Jacobins. 

Aude. Très-peu observé dans ce département, et toujours 

en hiver. T.T. R. ne niche pas. 

Ariége. En été , les rochers élevés et coupés à pic de ce 
département ; en automne et hiver, les villes 
et villages. P. G. niche régul 1 . 

Hérault. Très-rare dans ce département, et si on le ren- 
contre, ce n'est jamais qu'en hiver. T.T. R. ne niche pas. 

Hautes-Pyr. Il habite les rochers nus et déchirés de ce dépar- 
tement pendant l'été; descend dans les vil- 
lages en hiver. ' C. niche régula. 

Pyr.-Orien. Se reproduit sur les Pyrénées de ce département. A. R. — 



- 90 — 

FAMILLE XV1IL 

PICIDÉS. — P1CIDM (Vig., 1825) 



. GENRE LXVIII. 
PIGUS. - PIC US - (Linn). 

166. - PIC NOIR. — PI CUS MARTIUS (Linn.). 

Picus martius, Linn. S. iV., 13 e édit. (1766), t. 1, p. [173. 

— Temm., Man., & édit, (1820), t. 1, p. 390. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 56, mâle adulte. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 151. 
Dryopicds màrtius , Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 148. 
Picus niger, Dubois, PL col. des Ois. de l'Eur., 2 e série, t. 2, pi. 190. 
le Pic-noir , Buff., PI. enl. 596. 

Habite les grandes forêts de sapins des environs de Luchon 
et de Saint-Béat. Je ne l'ai jamais rencontré dans les environs A. R. niche régul 1 . 
de Toulouse. 

Aude. Extrêmement rare dans tout le département. t. T. R. ne niche pas. 

Ariége. Se reproduit dans les grandes forêts des Pyrénées 

de ce. département. T. R. niche régul 1 . 

Hérault. On ne connaît qu'un très-petit nombre de captures. T. T. R. ne niche pas. 
Hautes-Pyr. Il habite, en été, les grandes forêts des environs 

de Cauterets. R. niche régul 1 . 

Pyr.-Orien. Quelques couples se reproduisent dans les forêts niche presque 

des Pyrénées de ce département. T. T. R. régulièrement 

167. - PIC-VERT. — PICUS VIRIDIS (Linn.). 

Picus viridis , Linn. S. N., 12 édit. (1766), t. 1, p. 175. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. i, p. 391. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 57, f. i,mâle; f. 2, tête de la femelle; 

pi. 58, jeune. 

— Degland, Ornith, Europ. (1849), t. 1, p. 153. 



T. C. 


T.T. C. 


T. T. G. 


P. C. 


T. C. 


T. T. C. 


T.T. C 


T. C. 



— 97 — 

Gecinus viridis, Degl. et Gerbe, Ornilh. Europ. (1867), t. 4, p. 156. 
Picus viridis, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 4 re série, t. 2, pi. 141. 
le Pic- Vert , Buff., PI. enl. 371 et 879. 

Partout et toute l'année; varie beaucoup; j'en ai vu de 
complètement jaunes, mais dont la tête était rouge; cette 
variété est magnifique ; enfin j'en ai rencontré un entière- T. T. G. niche régul 1 . 
ment blanc sauf la tête, qui était aussi vivement colorée que 
dans le type. 

Aude. Sédentaire et très-abondant. ■ T. C. niche régul 1 . 

Ariége. Toute l'année dans les vallées et plaines. 

Gers. Ne quitte jamais les forêts et les parcs de ce 

département. 
Hérault. Peu répandu dans ce département. 
Hautes-Pyr. Sédentairg toute l'année dans ce département. 
Tarn. Habite tout le Tarn et toute l'année. 

Tarn-et-Gar. Ne quitte pas ce département de toute l'année. 
Pyr.-Orien. Habite toute l'année les forêts et les parcs. 

168. - PIC CENDRÉ. — PICUS CANUS (Geml.). 

Picus canbs , Geml., Syst. nat. (1788), t. \, p. 433. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 393. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 59 mâle; f. 2, femelle. 
Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 154. 

Gecinus canus, Degl. et Gerb, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 157. 
Picus caniceps , Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg, 1 re série, t. 2, pi. 142. 

Je ne connais que deux captures : l'une, le 1 2 novembre 
1870, dans le ramier de Braqueville , l'autre, le 16 janvier T.T. R, ne niche pas. 
1874, dans la forêt de Bouconne. 

Hautes-Pyr. Je l'ai reçu une- fois en août 1 867 de Cauterets. T. T. R. ne sais s'il niche. 
Tarn. J'ai vu un sujet de cette espèce pris près de Durfori. T.T.R. — 
Pyr. Orien. A été capturé, mais rarement, dans ce départe- 
ment. T.T.R. — 

169. - PIC-EPEICHE. — PICUS MAJOR (Linn.). 

Picus major, Linn. S.N., 1 2 e édition (1766), t. 1, p. 176. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820). t. 1, p. 395. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 60, f. 1, mâle adulte; f- 2, Pic mar. 

f. 3, tête de la femelle. 



— 98 — 

— Degland . Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 156. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 150. 

— Dubois, PL col. des Ois. delaBelg., 1 re série, t. 2, pi. 137. 
l'Epeiche, Buff., PI. enl. 595, femelle -, 195, sous le nom d'Epeiche mâle ou Pic 

varié. 

Cette espèce est répandue dans tout notre département sans 
être commune nulle part. Elle recherche surtout les parties R* niche régul*. 

boisées. Il y a deux passages : l'un en septembre et octobre, 
l'autre en mars et avril. 

Aude. Très rare en été ; plus commun en hiver. R. niche régul*. 

Ariége. Plus répandu en hiver qu'en été. R. — 

Gers. De passage en automne et au printemps. R. ne niche pas. 

Hérault. De passage en hiver ; très-rare en été. R. niche accid*. 

Hauies-Pyr. Se reproduit dans les forêts des hautes monta- 
gnes de ce département. P. C. niche régul 1 . 

Tarn. En été, les environs de Durfort ; en hiver, les 

plaines. P. Ç. — 

Tam-et-Gar. De passage en automne et au printemps. R. ne niche pas. 

Pyr.-Orien. Se reproduit sur les Pyrénées de ce département; 

descend en automne dans les plaines. P. G. niche régul 1 . 



170. - PIC LEUCONOTE. — PfCUS LEUCONOTUS. 

Bechst. 

Picus leuconotus , Bechst, Orn. Tasch. (1802), p. 66. 

— Bechst, Nat, Deuts. (1805), t. 2, p. 1034. 

— Temm. Man. 2« édit. (1820), t. 1, p. 397. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1 <4 p. 157. 

— Degland et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. \, p. 151. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 2, pi. 138. 

Je n'ai à signaler que trois captures : l'une à Saint-Béat; 
la seconde à Pibrac, le 1 4 février 1 8 61 , et la dernière à Tour- T. T. R. ne niche pas. 
nefeuille, en décembre 1863. 

Hautes-Pyr. Je ne connais qu'une capture près Bagnères-de- 

Bigorre , le 20 mars 1853. T. T. R. ™ "is pas s'il 

Pyr.-Orien. De passage tout -à-fait accidentel et de loin en 

loin. T. T. R. ne niche pas. 



— 99 - 



171. - PIC-MAR. - PICUS MEDIUS (Linn.). 



Picus médius , Linn., S. N. 12« édit. (1766), t. \ } p. 1*76. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 398. 

— P. Roux, Ornità. Prou., pi. 60 f. 2, 61, mâle adulte. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 159. 

— Degl. et Gerb, Ornith. Europ. (*867), t. 1 , .p. 152. 

— Dubois, PI. col. des Ois. delà Belg., 1 re série, t. 2, pi. 139. 

le Pic a tête rouge , r Buff., Pl.'enl. 611, sous le nom de Pic varié à tête rouge. 



Ce Pic, que les auteurs disent commun dans le Midi , est 
beaucoup plus rare que l'Epeiche ; c'est tout au plus si dans 
l'espace de 20 ans je l'ai rencontré cinq fois. Le dernier, qui 
fait partie de ma collection, a été capturé à Grenade (Haute- 
Garonne). 

Aude. Très-peu observé dans ce département. 

Gers. Capturé deux fois à ma connaissance près Gimont. 

Hérault. Très-rarement capturé dans ce département. 
Hautes-Pyr. Ne connais qu'une capture de cette espèce. 
Tarn. Très-rare dans ce département ; on ne le prend 

que de loin en loin. 
Tam-et-Gar. Très-peu observé; il est considéré comme une 

rareté. 
Pyr.-Orien. Observé rarement dans ce département. 



T.T.R. 



T.T.R. 
T.T.R. 
T.T.R. 
T.T.R. 
T. R. 

T. R. 

T. R. 



ne sais pas 
s'il niche dans 

le 
département. 



ne sais s'il niche . 
ne niche pas 



crois qu'il niche. 



172. - PIC ÉPEICHETTE. - PICUS MINOR (Linn.). 



Picus minor, Linn., S. N , 12 e édit. (1766), t. i,p. 176. 

— Temm. Man., 2* édit. (1820), t. 1, p. 399. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 62, mâle adulte. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. \, p. 160. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t, 1, p. 153. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg. 1 re série, t. 2, pi. 140. 

le petit Pic varié, Buff . , PI. enl. 59 8, f. 1, mâle j f. 2, femelle sous le nom de 
Petit Pic varié. 



Habite, en été, les grands bois des Pyrénées ; descend , en 
hiver, dans la plaine, et se cantonne dans les parcs plantés P. C. 
de grands arbres. 



niche régul 1 . 



— 400 — 

Aude. Ce n'est qu'en automne et au printemps qu'on 

voit cette espèce dans les grands jardins et 

parcs. A. R. ne niche pas. 

Âriége. On le trouve sur les Pyrénées de ce département, 

en été. P. C. niche régul 1 . 

Gers. De passage en automne et au printemps. A. R. ne niche pas. 

Hérault. De passage pendant la saison froide et rigoureuse. R. — 

Hautes-Pyr. Se trouve pendant la belle saison sur les Pyré- 
nées boisées de ce département. P. C. niche régul 1 . 
Tarn. De passage en automne et au printemps. A. R. ne niche pas. 
Tam-et-Gar. Les ramiers, parcs et jardins de ce département 

en automne et au printemps. P. C. — 

Pyr.-Orien. Assez peu répandu dans ce département ; en été, 

les montagnes; en hiver, les jardins de la 

plaine. T. R. niche régul 1 . 



GENRE LXIX. 

TORCOL. — YUNX (Linn.). 

173. - TORCOL VERTICILLE. — YUNX TORQUILLA 

Linn. 

Yunx torquilia, Linn. S. N. \%* édit. (1766), t. 1, p. 172. 

— Temm. Man., 2* édit. (1820), t. 1, p. 403. 

— P. Roux, Ornith. Prov.. pi. 63. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 163. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 159. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 2, pi. 136. 
le Torcol, Buff., Pi. enl., 698. 

De passage vers le 1 5 avril ; quelques couples seulement 
restent pendant l'été et nichent dans les troncs d'arbres creux . 

et vermoulus. En automne, il est de passage et alors assez G. ^éguliôrem" 6 

abondant ; il fait, à cette époque, une guerre acharnée aux 
fourmilières ; il nous quitte vers le milieu d'octobre. 

Aude. De passage au printemps, septembre et octobre. C. ne niche pas. 

Ariége. Il arrive en avril, mai ; quelques couples passent 

l'été, et un passage a lieu en septembre et 

octobre. A. C. niche régul 1 . 

Gers. De passage en avrii, mai, septembre et octobre. A. Ç. niche accid 1 . 



— 1 2 - 

Hérault. Passe dans ce département en avril, mai et octobre. A . G. ne niche pas. 

Eaules-Pyr. On le voit en avril, mai; quelques couples restent 
l'été; le 2 e passage a lieu en septembre et 
octobre. A. G. niche accid 1 . 

Tarn. De passage en avril, mai septembre et octobre. A. C. — 

Tam-et-Gar. Il arrive au printems ; peu restent l'été , et repar- 
tent en automne. P. G. — 

Pyr.-Orient. On le voit arriver en avril, mai; une grande 
partie reste pendant l'été pour se reproduire; 
un deuxième passage a lieu en octobre. C. niche régul 1 . 

FAMILLE XIX. 

CUCULIDÉS. — CUCULIDM (Vig., 1825). 



GENRE LXX. 

COUCOU. - CUCULUS (Linn.). 
174. — COUCOU GRIS. - CUCULUS CANORUS (Linn.). 

Cuculus canorus, Linn. S. N., 42 e édit. (1766), t. 1, p. 168. 

— Temm. Man., 2« édit. (1820), 1. 1, p. 381. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi 64, mâle en automne 

— — 65, jeune au sortir du nid. 

— — 66 , jeune à l'âge d'un an envion. 

— Degland, Orniih. Europ. (1849), t. 1, p. 167. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 161. 

— Dubois, PLcol. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 2, pi. 143. 
le Coucou, Buff. PI. Enl. 811, sous le nom de Coucou gris. 

Le Coucou gris arrive dans notre déparlement dans le 
courant du mois d'avril ; il s'établit aussitôt dans les grands 
bois et les forêts, où son chant trahit bientôt sa présence. 
Vers le 1 5 mai, il se met en quête de trouver les nids dans 
lesquels il doit déposer ses œufs , car il ne doit placer qu'un 
seul œuf par nid ; ce sont ordinairement ceux des Bruants , 
des Pinsons, des Alouettes, des Pipis, des Traquets, des 
Rossignols, des Fauvettes, etc. 

La femelle du Coucou pond par terre, prend l'œuf dans son 



— 102 — 

bec et le dépose dans le nid choisi par avance; et, chose très 
singulière, cet œuf ressemble tellement à ceux que contient 
le nid étranger, qu'il faut une certaine attention pour le 
distinguer des autres. 

Ces nids, appartenant à des espèces différentes, contiennent 
des œufs très-diversement colorés entre eux ; aussi faut-il 
que la femelle du Coucou ponde chaque fois un œuf différent 
du précédent et semblable à ceux du nid qui va le recevoir. 
C'est là une des modifications physiologiques volontaires les 
plus étonnantes que l'on puisse citer. C. niche régul 1 

La mère ne perd pas de vue sa progéniture et se tient au 
voisinage des nids. Dès que les petits sont éclos, elle veille 
sur eux d'autant plus que les oiseaux auxquels elle a laissé la 
charge de l'incubation ne pourraient suffire aux soins né- 
cessités par un nourrisson aussi vorace. Aussitôt que les 
jeunes Coucous peuvent voler, la mère les réunit et les soigne 
avec tendresse. 

Vers le milieu de juillet, ils peuvent seuls pourvoir à leur 
nourriture, et ils nous quittent tous à la fin d'août ou dans 
les premiers jours de septembre. 

Aude. Arrive en avril, repart fin août et commencement 

septembre. T. C. niche régul 1 

Ariége. Arrive fin avril, habite, en été, toutes les parties 

boisées de ce déparlement ; repart fin août. T. C. — 

Gers. On l'entend chanter dans les premiers jours de 

mai ; il quitte ce département fin août T. C. — 

Hérault. On le voit arriver au commencement d'avril , 

pour repartir en septembre. T. G — 

Haules-Pyr. Il se montre fin avril, pour repartir fin août. A. Ç. — 

Tarn. Arrive en avril et mai, quitte ce département fin 

septembre. T. C. — 

Tam-et-Gar. Se fait voir fin avril et commencement de mai, 

pour repartir fin août. T. C. 

Pyr.-Orien. Arrive dans ce département au commencement 

d'avril ; repart en septembre. T. C. — 



— 103 -* 

FAMILLE XX. 

UPUPIDÉS. — UPUPIDM (Ch. Bonap., 1838). 

GENRE LXXI. 

HUPPE. - UPUPA — (Linn.,). 

175. - HUPPE VULGAIRE. - UPUPA EPOPS. 

(Linn.). 

Upupa epops, Linn., S. N., 12> édit. (1766), t. 4, p. 4 83. 

— Temm. Mon.; 2 e édit. (4 820), t. 1, p. 415. 

— P. Roux, Ornith. Prov.,, pi. 240. 

— Degland, Ornith. Europ. (4849), t. 1, p. 610. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (4 867), t. 4, p. 493. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Btlg., 4™ série, t. 2, pi. 4 46. 
la Huppe, Buff., PL enl. 52. 

La Huppe est de passage pendant tout le mois de septem- 
bre ; elle repasse au printemps dans les premiers jours 
d'avril pour disparaître vers le 4 5 mai. Dans son séjour au C. ne niche pas. 

milieu de nous, elle fréquente les ramiers, les grands jardins 
et les parcs. 

Aude. Passe la belle saison dans ce département. Com- 

mune aux passages du printemps et d'au- 
tomne. 

Ariége. De passage en mars, avril, fin août et septembre. 

Gers. Id. id. id. 

Hérault. Arrive en mars; une partie reste l'été; un pas- 
sage a lieu en septembre et octobre. 

Hautes-Pijr. De passage en avril, mai, fin août et commence 
ment septembre. 

Tarn. De passage au printemps et en automne. Quelques 

couples se reproduisent du côté deSt Féréol. 

Tarn-et-Gar. De passage en avril, mai, fin août et septembre. 

Pyr.-Orien. Arrive en mars, reste l'été, part et passe vers la 

fin septembre. P. C. niche régul* 



P. 

A. 
P. 


G. 
C. 
C 


niche régul 1 . 
niche accid*. 
ne niche pas. 


P. 


c. 


niche régui 1 . 


A. 


R. 


ne niche pas. 


P. 
P. 


C. 
C 


niche accid 1 . 
ne niche pas. 



— i(H — 

FAMILLE XXI 

CORACIADIDÉS. - CORACIADIDM (Ch. Bonap. » 

GENRE LXXIL 

ROLLIER. - CORACIAS (Linn.). 

176. ~ ROLLIER D'EUROPE. — CORACIAS 

EUROPjVUS (Nob,) 

Galgulus garrulcs, Vieill. iV. D»c«. (1819), t. 29, p. 428. 
Goracias garrula, Teriïm. Mm., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 127. 
Galgulus garrulus, P. Roux, Ornilh. Prov., pi. 139. 
Coracias garrula, Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 613. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1,p. 169. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg. 1 re série, t. 1, pi. 50. 
le Rollier,, Buff., PI. enl., 486. 

Le Kollier d'Europe est de passage isolément et de loin en 
loin dans notre département. Plusieurs sujets ont été capturés T. R. ne niche pas. 
à des époques différentes; on en a pris en avril, juin, juillet 
et août. 

Aude. De passage non régulier en avril, septembre et 

octobre. T. R. ne niche pas. 

Ariége. De passage très-accidentel et de loin en loin. T. T. R. — 

Gers. Observé très-rarement dans ce déparlement et 

toujours aux passages du printemps et de la 

fin de l'été. T.T.R. — 

Hérault. De passage régulier en avril, mai, septembre et 

commencement d'octobre. T.T.R. niche accid 1 . 

Hautes-Pyr. De passage très-accidentel et à de longs inter- 

valles - T.TR. ne niche pas. 

Tam-elrGar. Je ne connais que deux captures, en mai 1867, 

près Mon lauban. TT..R. — 

Pyr.-Orien. De passage régulier en mai et septembre ; quel- 
ques couples se reproduisent dans ce dépar- 
tement. T.T.R. niche accid 1 . 



— 405 — 

FAMILLE XXII. 

MÉROPIDÉS. — MEROPIDM (Vig., 1825.). 



GENRE LXXIII. 

GUÉPJER - MEROPS (Linn.). 

177. - GUEPIER VULGAIRE. - MEROPS APIASTER 

(Linn.). 

Merops apiàster , Linn. S. N., 4 2 e édit. (1766), t. 1, p. 182. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 420. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 241. 

— Degland, Ornith. Europ. (4849), t. 1, p. 516. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1 867), t. 1 , p. 1 72. 

— Dubois, PI. col. des Ois. delà Belg., 1 re série, t. 2, pi. 144 a. 
le Guêpier , Buff., PI. enl. 338. 

Le Guêpier vulgaire est de passage accidentel et de loin en 
loin dans le département de la Haute-Garonne. Deux sujets 
ont été capturés en mai 1868 près de Portet , à 10 kilomè- 
tres sud de Toulouse. L'année suivante, un magnifique mâle 
a été tué en avril dans la propriété de M. de Saint-Simon , à T. T. h. ne niche pas. 
Saint-Simon, 8 kilomètres de Toulouse; il faisait partie d'une 
bande de 5 à 6 individus. Je pourrais encore signaler d'autres 
captures de ce bel oiseau, mais toujours à de longs intervalles. 

Hautes-Pyr Je connais deux captures, le 7 mai 1860 et le 30 

avril 1872. T. R. ne niche pas. 

Tarn. Je l'ai reçu de Castres, le 1 er mai 1869. A. C. niche accid 1 . 

Pyr.-Orien. De passage régulier, mais plus ou moins commun 

selon les années. T. T. H. ne niche pas. 



~ 106 - 

FAMILLE XXIII. 

ALCÉDINIDÉS — ALCEDINIDJE (Bp., 1838), 



GENRE LXXIV. 

MARTIN-PÊCHEUR. -'- ALCEDO (Linn.). 
178. - MARTIN-PÊCHEUR VULGAIRE. 

ALCEDO ISPIDA (Linn.). 

Alcedo ispida, Linn. S. IV., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 179. 

— Temm. Mon., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 423. 

— P. Roux, Ornith. PfW., pi. 242. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 4, p. 620. 

— * Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (4 867), t. i, p. 175. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1™ série, t. 2, pi. 144. 
le Martin-Pêcheur , Buff., PI. enl., 77. 

Le Martin-Pêcheur ordinaire est sédentaire et répandu dans 
tout le département ; il suit constamment tous nos cours d'eau, 
niche dans des trous qu'il creuse dans les talus sablonneux du T. C. niche régul*. 
bord des rivières et des ruisseaux ; ees trous ont quelquefois 
jusqu'à 70 centimètres de profondeur. 

Aude. Sédentaire sur quelques points, de passage sur 

d'autres. T. C. niche régul 1 . 

Ariége. Toute l'année on le rencontre le long des rivières 

et ruisseaux de la plaine de ce déparlement. T. C. — 

Gers. Très-répandu pendant toute l'année , mais moins 

abondant en hiver. T. C. — 

Hérault. De passage dans ce département au printemps et 

en automne. T. C. niche accid 1 . 

Hautes-Pyr. Très-commun toute l'année, plus rare en hiver. T. G. niche régul 1 . 
Tam. Sédentaire et très-répandu toute l'année , moins 

commun en hiver. T. T. C — 

Tam-cl-Gar. On le rencontre le long des cours d'eau de ce 

département et toute l'année. T. C. — 

Pyr.-Orien. Sédentaire et de passage dans ce département. T. C. — 



— 407 



TROISIÈME ORDRE. 

PIGEONS. — COLUMBM (Lath.) 



FAMILLE XXIII. 

COLOMBIDÈS. — COLUMBIDM (Dumér., 1806). 

GENRE LXXV. 

COLOMBE. — COLUMBA (Linn.). 

179. - COLOMBE RAMIER. - COLUMBA-PALUMBUS 

(Linn.). 

Columba pamjmbus, Linn., S. N. 12 e édit. (1766), t. 1, p. 282. 

— Temm. Man. , 2* édit. (1820) , t. 2, p. 444. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 243. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 2, p. 4. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 2, p. 16. 

— Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 8, pi. 316, 
le Ramier, Buff., Pl.enl. 316. 

La Colombe-Ramier est de passage en septembre, octobre et 
novembre, puis en mars et avril; elle recherche , dans ses 
visites chez nous, les forêts et les grands parcs. Tous les ans» 
il se fait une chasse très-importante aux filets dans quelque s 
étroits passages de nos Pyrénées au moment où ces oiseaux 
frachissent ces montagnes pour se rendre en Espagne. Cette 
chasse est surtout curieuse par les procédés employés pour 
faire tomber les Ramiers dans les filets ; aussi je ne puis ter- 
miner cet article sans en dire quelques mots : 

Les filets sont placés dans le fond d'un passage dont les 
côtés sont formés par deux murailles de rochers très-élevées 
et fesant l'effet d'une rue ; aux extrémités et en avant sont 
placés des chasseurs qui signalent l'arrivée des Colombes et des 
Bisets. Dès que le vol est arrivé à portée du premier chasseur, 



— 108 — 

il lance une flèche garnie de plumes à travers la bande, laquelle, 
a la vue de ce faucon simulé, se rabat vers le fond du col. Le 
vol arrive un peu plus loin, et au moment où il se relève , un 
deuxième chasseur lance une seconde flèche, qui rabat encore 
la bande. Arrivée près de la bifurcation où sont les filets, elle 
trouve un troisième chasseur qui, par une nouvelle (lèche, ' ne nicle P as 

l'oblige à raser la terre pour passer la panthière. C'est le mo- 
ment suprême, et les filets prennent, pour ainsi dire, toute la 
troupe -, derrière sont placés des chasseurs qui tirent sur les 
oiseaux qui ont échappé. 

Aude. De passage en octobre, mars et avril. T. C. ne niche pas. 

Ariége. Un passage considérable a lieu clans les cols des 

Pyrénées de ce département en octobre et 

novembre. T. C. — 

Gers. De passage régulier en octobre, novembre, mars 

et avril. A. C. — 

Hérault. Le passage d'automne est beaucoup plus considé- 

dérable que celui du printemps. T. C — 

Hautes-Pyr. Un passage très- important a lieu en automne ; 
celui du printemps est bien moins considé- 
rable. T. T. C. niche accid 1 . 

Tarn. De passage en automne et au printemps. A. G. ne niche pas. 

Tarn-et-Gar. Id. id. id. A. C. — 

Pyr.-Orien. Arrive en automne, une partie hiverne; le retour 
a lieu en mars. On prétend que quelques 
couples se reproduisent dans les grandes forêts 
des Pyrénées de ce département. T. C. niche accid 1 . 

180. - COLOMBE COLOMBIN. - COLUMBA GENAS 

(Linn.). 

Colcmba oenas, Linn. S. IV., 12 e édit. (4766), t. 1, p. 279. 

— Temm. Mon., 2° édit. (1820), t. 2, p. 445. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 244. 
Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 2, p. 6. 

— Degl. et Gerbe. Ornith. Europ. (1867), t. 2, p. 8. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Bclg., 1™ série, t. 2, pi. 146. 
le Pigeon commun, Buff., PI. enl. 510. 



— 109 — 

Le Colombin passe en octobre et novembre et revient à la 
même époque que la Colombe-Ramier ; mais il recherche les 
endroits plus déserts, tels que les grandes forêts et grands C. ne niche pas. 

bois de chêne , dont il mange les glands. On prend cette 
espèce aux panthières comme la précédente. 

Aude. De passage régulier en octobre et par grands vols; 

moins nombreux au passage du printemps. T. C. ne niche pas. 

Ariége. De passage tous les ans en automne et au prin- 
temps. T. G. — 

Gers. Ils effectuent leur passage dans ce département en 

octobre , mars et avril. A. C. — 

Hérault. De passage tous les ans et par grandes bandes en 

automne et au printemps. T. C. — 

Hautes-Pyr. Un passage considérable a lieu dans les cols des 
Pyrénées de ce dép l en automne; un autre bien 
moins considérable a lieu au printemps. T. T. C. — 

Tarn. De passage annuel en automne et au printemps. T. C. 

Tarn-et-Gar. Tous les ans au passage d'octobre, mars et avril. P. C. — 

Pyr.-Orien. Il arrive en octobre; quelques-uns passent 
l'hiver; le retour a lieu en avril. On assure 
qu'il se reproduit dans ce département. T. C. niche accid 1 . 



181. - COLOMBE BISET. - COLUMBA L1VIA (Briss). 

Columbà livia., Briss, Ornith. (1760), t. 1, p. 82. 

— Temm. Man. 2 e édit. (1820), t. 2, p. 446. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 245. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 2, p. 8 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 2, p. 9. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., l re série, t. 2, pi. 147-, 
le Bizet, Buff., PI. enl. 510. 

De passage et sédentaire; l'arrivée a lieu, comme pour les 
espèces précédentes , en septembre, octobre, novembre, mars 
et avril. Dans cette migration, ils recherchent les grands bois 
de chêne; ceux qui n'émigrent pas passent l'hiver dans la 
plaine, et l'été ils habitent les crevasses des rochers de nos 
Pyrénées. Cette espèce est considérée comme la souche de 
toutes les races de Pigeons domestiques, quelles que soient les 
variétés qu'elles présentent; c'est elle aussi qui a formé de 



- uo - 

tout temps la population des abris que l'homme a construits 

pour les retenir, demeures connues dans nos campagnes sous 

le nom de pigeonniers. C'est aussi à celte espèce que se ratta- T y q niche réeul 1 

chent les pigeons qui habitent les trous établis dans les grands 

murs et clochers des églises et des grands édifices. 

Ceux qui vivent à l'état sauvage ont exactement les mêmes 
mœurs et manière de vivre que les autres Colombins. 

Aude. Sédentaire et de passage dans ce département. T. C. niche régul 1 . 

Ariége. Toute Tannée on le trouve dans ce département. T. C. — 

Gers. Trèr-répandu à l'état captif ou libre dans les villes 

et villages. T.T.C. — 

Hérault. De passage plutôt que sédentaire dans ce dépar- 
tement. T. Ç. niche peu. 

Hautes-Pyr. Sédentaire et de passage dans la plus grande partie 

de ce département. T. C. niche régul*" 

Tarn. Très commun dans tout ce département. T. T. C. — 

Tarn-et-Gar. Très-répandu dans tout ce département. T. T. C. — 

Pyr.-Orien. De passage et sédentaire dans la plus grande partie 

de ce département T. C — 

GENRE LXXV1. 

TOURTERELLE. - TURTUR (Selby, 1835). 

182. — TOURTERELLE VULGAIRE. - TURTUR 
AURITUS (Ray.). 

Tortur auritus , Ray., Synop. Av. (1713), p. 184. 
Columba turtur, Temm. Man, 2 e édit. (1820), t. 2, p. 448. 

— P. Roux, Omith. Prov., pi. 246, f. 1, tête de jeune. 

— — f. 2, mâle adulte. 

— Degland, Omith. Europ. (1849), t, 2, p. 9. 
Turtur auritus, Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 2, p. 14. 
Columba turtur, Dubois, Pi. col. des Ois. de laBelg., 1 e série, t. 2, pi. 149. 
la. Tourterelle, Buff., Pi. enl. 394. 

La Tourterelle sauvage arrive dans notre département vers 
le 15 avril et le commencement de mai ; elle recherche dès sa 
venue les grands bois , parcs , vergers et jardins pourvus de ™ ç niche réeul' 
beaux arbres, où elle passe toute la belle saison, pour nous ' "' 
quitter fin août et courant septembre. Il y a un passage con- 
sidérable pendant ce dernier mois. 



— 411 — 

Aude. Elles arrivent dans ce département en avril 

repartent en septembre. T. G. niche régul 1 . 

Ariége. On la voit arriver en avril pour repartir courant 

septembre. T. G. — 

Gers. Très-répandue dans ce département pendant toute 

la belle saison. T. T. C. — 

Hérault. Très-communes aux passages d'avril et septem- 
bre. Une partie reste l'été pour se reproduire. T. Ç. — 

Hautes-Pyr. Arrive en avril, se disperse dans les grands bois 

touffus , repart en septembre. T. C. — 

Tarn. Passe toute la belle saison dans ce département. T. G. — 

Tarn-et-Gar. On la rencontre dans tous les parcs et grands bois 
de ce département pendant toute la belle 
saison. T.T.C. — 

Pyr.-Orien. Arrive en avril, repart fin septembre. T. C. — 

183. - TOURTERELLE RIEUSE. — TURTUR 

RISORIUS (Linn.). 

Turtur risorius, Linn. S. N., t. 12, p. 285 n° 33. 

Columra risoria, Nauman, in Wiegm. Archiv., 3 e année, t. 1, p. 106. 

— Dubois, PI. col. des Ois, de l'Eur., %' série, t. 1, pi. 119 6. 

Là Tourterelle a collier, Buff, pi. 244. 

Le 18 avril 1869, M. Jules Berdoulat , étant à l'affût pour 
tuer des Tourterelles ordinaires au moment de leur passage , 
fut frappé par la vue d'un oiseau qu'il ne connaissait pas. Il 
fut assez heureux pour en faire la capture, et reconnut à l'état 
sauvage la Tourterelle à collier que l'on élève en cage. Il la 
conserve dans sa collection. Elle était mêlée à un vol de tour- _ 
terelles communes. Nous l'avons examinée ensemble avec ne sais pas 

beaucoup de soin, et nous pouvons assurer qu'elle n'avait pas T T R qu'elle niche 
vécu en volière, car les plumes de sa queue étaient des plus ' à 

intactes et ne présentaient nullement les usures que l'on l'état sauvage, 

remarque sur les sujets en captivité; de plus, ce sujet est d'un 
tiers plus petit que ceux élevés en cage. J'ai vu également 
une autre tourterelle de cette espèce, qui a été tuée deux ans 
avant, le 7 mai 1867, dans la forêt de Bouconne, 22 kilo- 
mètres de Toulouse. D'où je conclus que quelques sujets peu- 
vent s'égarer et suivre les Tourterelles ordinaires dans leur 
retour d'Afrique en Europe. 

Aude. Je connais une capture, le 7 avril 1860, près 

Carcassonne. T. T. R. ne niche pas. 

Hérault. Capturée rarement dans ce département , mais 

toujours au passage du printemps. T. T. R — 

Tarn-et-Gar. A été capturée le 1 4 avril 1 863 près Montauban . T. T. R. ne sais pas qn'elle 

ait niché. 



m 



QUATRIÈME ORDRE. 

GALLL1NACÉS - GALLINM (Linn.) 
FAMILLE XXV 

TÉTRAS. — TETRAONIDM (Ch. Bonap., 1838). 



GENRE LXXVII. 

LAGOPÈDE. - LAGOPUS (Briss.). 

184. - LAGOPÈDE ALPIN. - LAGOPUS ALP1NUS. 

(Keys. et Blas. ex Linn.). 

Tétras lagopus , Linn., S. N. 4 2* édit. (1 "66), t. 4, p. 274. 
LàGOPUS alpinus, Keys et Blas, Die Wirbelt M 840), p. 63. 
Tétras lagopus, Terri m. Man., 2' édit. (4820), l. 4, p. 468. 

— P. Roux, Omith. Prov., pi. 255, femelle en plumage d'hiver. 

— — f. 2, tête de femelle prenant la robe d'été. 
Lagopus alpinus, Degland, Omilh. Euwp. (4 849), t. 2, p. 36. 

Lagopus nutus , Degl. et Gerbe, Omilh. Europ. (4867), t. 2, p. 40. 
Lagopus alpinus, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 4 ro série, t. 2, pi. 425. 
n Lagopède, Buff , PI. enl. 4 29, femelle en plumage d'hiver; 494, femelle prenant 
le plumage d'été sous le nom de Gelinotte blanche ou Lagopède. 

Le Lagopède Alpin vit, en été, dans les régions les plus 
élevées de nos Pyrénées sur la limite des neiges érernelles , 
tels que les hauts sommets au-dessus du lac d'Oo, des monts 
Crabioules, près Luchon ; descend, en hiver, dans les régions C. niche régul 1 . 

moyennes. 11 paraît préférer les endroits rocailleux, arides et 

Presque nus, à ceux qui sont couverts de bois et forêts. Je ne 
ai jamais rencontré pendant les hivers rigoureux dans la 
plaine des environs de Toulouse. 

Aude. Observé rarement dans ce département. T. T. R. ne niche pas. 

Ariége. Sédentaire près des neiges éternelles de ce dépar- 
tement. C. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. Sédentaire sur les hautes montagnes de ce dôpar 

tement T. C. — 

Tam. Observé très-rarement dans ce département. T. T. R. ne niche pas. 

l'yr.-Orien. Sédentaire sur les points les plus élevés de ce 
département, et toujours près des neiges éter- 
nelles. T. C. niche régul 1 . 



— 443 — 

GENRE LXXVIII. 

TÉTRAS - TETRAO (Linn.). 

185. - TETRAS UROGALLE. - TETRAO 

UROGALLUS. (Linn.). 

Tetrao urogallus, Lînn. S.N., 12e édit. (1766), t. 1, p. 274. 

— Temm. Man., 2e édit. (1820), t. 2, p. 457. 

— P. Roux, Omilh. Prov., pi. 250, mâle, 251, femelle. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 2, p. 23. 

— Degl. et Gerbe, Omilh. Europ. (1867), t. 2, p. 44. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re sér., t. 2, pi. 151 et 151 a. 
le grand Coq de Bruyère, Buff., PL enl. 73, mâle; 74, femelle. 

Ce Tétras, connu sous le nom de grand Coq de Bruyère , 
habite toute l'année les grandes forêts de Pins et de Sapins des 
environs de Luchon, Fos et Saint-Béat ; il ne descend jamais P* Ç- niche régul 1 . 
dans les vallées , et reste toute l'année dans les lieux qui 
l'ont vu naître. 

Ariége. Habite toute l'année les régions les plus élevées 

de ce département. C. niche régul*. 

Hautes-Pyr. Se trouve dans les grands bois des parties les plus 

élevées de ce déparlement. C. — 

Pyr.-Orien. Sédentaire dans les foiêts les plus élevées des 

Pyrénées de ce département. P. C. — 

GENRE LXXIX. 

GELINOTTE. — RONASIA (Steph., 1819). 

186. - GELINOTTE DES BOIS. — BONASIA 

SYLVESTRIS (Gray. ex Brehm.) 

Bonasia sylvestris, Brehm Handb., Nat. vog. Deuts (1831), p. 513. 

— G. R. Gray, List. Gen. of B (1841). p. 80. 

Tetrao ronasia , Temm. Man, 2 e édit. (1820), t. 2, p. 463. 



— 114 — 

— P. Roux, Omith. Prov., pi. 234, f. 4, mâle adulte. 

— — f. 2, têle de la femelle. 

— Degland, Ornith. Eur. (1849), t. 2 p. 29. 

Bonasia sylvestris, Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 2, p. 52. 
Tetraste bonasia, Dubois. PL col. des Ois. delà Belg., 4»« série, t. 2, pi. 4 53. 
Là Gelinotte, Buff., PI. enl. 174, mâle; 175, femelle. 

La Gelinotte se plaît dans les grandes forêts de Pins , de 
Sapins et de Hêtres de nos Pyrénées. J'ai tué celte espèce sur 
les hauts sommets, au-dessus de la cascade d'Enfer , près R- niche régul 1 . 

Ludion ; on la trouve aussi dans les environs de Fos et Saint- 
Béat. Elle ne descend jamais dans les vallées basses ni dans 
la plaine de notre département. 

Ariéijc. Se reproduit , en été , sur les hauts sommets 

boisés de ce déparlement. r. niche régul 1 

Haulcs-Pyr. Habile tous les hauts sommets de ce déparlement. R. 

Pyr.-Orien. Habite, en été, les parties élevées de ce déparle- 
ment. P. C. — 



FAMILLE XXVI 

PERDRIX. — PERDIX (Briss.). 
GENRE LXXX. 

PERDRIX. — PERDIX (Bris.). 

187. — PERDRIX RARTAVELLE. - PERDIX 

GRMCA (Briss.). 

Perdix gRjECA, Briss. Ornith. (1760), t. 1, p. 241. 

Perdix saxatilis , Temm. Man., 2<J édit. (1820), t. 2, p. 484. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 259, mâle. 

Perdix gr^ca, Degland, Ornilh. Europ. (1849), t. 2, p. 51. 

— Degl. et Gerbe, Ornilh. Europ. (1 867), t. 2, p, 64. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de l'Eur., 2 e série, t. 2, pi. 128. 
la Bartavelle, Buff., PI. enl. 231, femelle sous le nom de Bartavelle. 

Nous rencontrons cette espèce de loin en loin et dans les 
parties élevées, arides et rocailleuses; elle descend peu dans T T R n - c h e acc'd 1 
le fond des vallées, et ce n'est toujours que par les grands 
froids. 



T. T. R. 


niche accid 1 . 


T. T. R, 





T. T. R. 


— 



— 115 — 

J'ai pu constater la capture de deux hybrides de la Bar- 
tavelle et de la Perdrix rouge. Un magnifique sujet a été pris 
par M. Jules Berdoulat, à Miremont, et fait partie de sa col- 
lection. Le deuxième figure dans le Musée d'Histoire naturelle 
de Toulouse-, il fut pris en octobre 1860. 

Aude. Très-peu répandu dans ce département 

Gers. J'ai vu une Bartavelle qui venait du côté de Lec- 

toure. 

Hérault. Très-peu observée dans ce département. 

Tarn. On ne la trouve que très-rarement, et ce n'est 

toujours que dans la partie sud de ce dépar- 
tement. T. T. R. — 

Pyr.-Orien. On ne la trouve que du côté de Vingrau , dans 
les montagnes de ce département ; jamais 
dans la plaine. T. R. niche régul*. 

188. - PERDRIX ROUGE. - PERDIX RVBRA (Briss.). 

Perdix rubra, Briss, Omilh. (1760), t. 1, p. 236. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 2, p. 485. 

— P. Roux, Omith. Prov., pi. 257, femelle avec ses petits au sortir du 

nid ; 258, jeune avant la première mue. 

— Degland, Omilh. Europ. (1849), t. 2, p. 53. 

-— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 2, p. 69. 

— Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 2, pi. 1 54. 
la Perdrix rouge, Buff. , PI. enl. 150. 

Sédentaire dans toute la plaine et les coteaux de notredépar- 
tement ; habite les grands bois, les parties en friche et arides; ,p p nir-hp é H 
en automne, se répand dans nos vignes; en hiver, se rap- ' * regui . 

proche des habitations jurales. 

Aude. Sédentaire sur presque tout le département. T. C. niche réguK 

Ariége. — — — T. G. — 

Gers. On la trouve dans tout le département et toute 

l'année. T. G. — 

Hérault. Sédentaire dans tout le département. T. C. — 

Hautes-Pyr. Habite toute l'année les plaines et coteaux de ce 

déparlement. T. G. — 

Tarn. Très-répandue et toute l'année dans ce départe- 
ment. T. G. — 

Tarn-et-Gar. N'abandonne pas ce département. T.T.'C» — 

Pyr.-Orien. Commune toute l'année dans les plaines et basses 

montagnes de ce département. T. C. — 



— 116 — 

189. - PERDRIX GRISE. - PERDIX CINEREA. 

(Briss.). 

Perdix cinereà , Briss., Ornilh. (1760), t. 1, p. 129. 

— Temm. Mon., 2 e édit. (1820), t. 2, p. 488. 

— P. Roux, Ornilh. Prov., pi. 256. 

— Degland, Ornilh. Europ. (1849), t. 2, p. 57. 
Starna CINEREA, Degl. et Gerbe, Ornilh. Europ. (1867), t. 2, p. 73. 
Perdix cinerea , Dubois, PL col. des Ois. de laBelg., 1 re série, t. 2, pi. 155. 

la Perdrix grise, Buff.,Pl. enl. 170, femelle. 

Sédentaire dans toutes les parties arides et rocailleuses, des 
grands bois en plaine et des coteaux; elle se réunit, en au- 
tomne , en compagnies plus ou moins nombreuses et fré- C. niche régul 1 . 
quente dans cette saison nos grandes vignes ; cette espèce est 
moins commune que la précédente. 

Aude. Sédentaire sur les points élevés. C. niche régul*. 

Ariége. Sédentaire et répandue dans tout ce département, 

préfère les bois en coteaux. A. C. — 

Gers. On en trouve toute l'année et dans tout le dépar- 

tement. T. G. — 

Hérault. Moins commune que la Perdrix rouge, et dans 

les coteaux. R- — 

Hautes-Pyr. Sédentaire toute l'année dans ce département. A. C. — 

Tarn. Répandue pendant toute l'année. A. C. — 

Tarn-et-Gar. On la rencontre toute l'année et dans les grands 
bois principalement des coteaux de ce dépar- 
tement. A. C. — 

Pyr.-Orien. Sédentaire dans les montagnes moyennes et boi- 
sées de ce département. P. G. — 

GENRE LXXXI. 

CAILLE. - COTURNIX (Maehring.). 

190. - CAILLE VULGAIRE. - COTURNIX VULGARIS 

( Fleming ). 

Coturnix vulgaris, Fleming, Drit. Anim. (1828), p. 45. 
Perdix coturnix, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 2, p. 491. 

— P. Roux, Omith. Prov., pi. 261, f. \, mâle; f. 2, tête de mâle 

de l'année; f. 3, jeune sujet avant la première mue. 

— Degland, Ornilh. Europ. (1849), t. 2, p. 63. 



— 4 47 — 

Coturnix communis, Degl. et Gerbe, Ornith.Europ. (1867), t. 2, p. 80. 
Coturnix vulgaris, Dubois, PI. col. desOis. delà Belg., 1 re série, t. 2, pi. 156. 
la Caille, Buff., PI. enl. 96. 

La Caille arrive dans notre contrée dès le 1 5 avril ; elle se 
répand dans nos champs de blé , sainfoin et luzerne , passe 
toute la belle saison dans nos environs et s'y reproduit, nous 
quitte vers la deuxième quinzaine de septembre. Avant l'épo- 
que de son départ , nous avons un passage très-important, 
qui ne dure que peu de jours et quelquefois un seul. 
Malgré cela, il reste quelques cailles toute l'année, mais elles T. T. G. niche régul*. 
sont très-rares pendant la saison froide ; il est à croire que 
ce sont des sujets trop faibles ou maladifs au moment de 
l'émigration. J'ai rencontré, le 25 octobre 1872, une Caille à 
plumage noir; les cas de mélanisme sont excessivement 
rares ; l'albinisme se rencontre aussi, 

Aude. Elle arrive au commencement d'avril pour re- 

partir en septembre. T. T. C. niche régul 1 . 

Ariége. Très-commune d'avril à fin août dans tout le 

département sauf les hauts sommets. TT - C — 

Gers. Arrive en avril , passe l'été et repart fin août , 

commencement de septembre. T.T.C. — 

Hérault. Arrive dans ce département au commencement 
d'avril, repart en septembre. Quelques sujets 
passent l'hiver, s'il est doux. T. C. — 

Hautes-Pyr. On la voit arriver en avril pour partir fin août. T. C. — 

Tarn. Très-répandue dans tout le département d'avril 

à fin août, commencement de septembre.. T. T. C. — 

Tarn-et-Gar. Même habitat que la précédente. T. T. C. — 

Pyr.-Orien. Arrive vers le 6 ou 8 avril , se répand dans les 
plaines de ce département pour repartir en 
septembre. T. C. — 



- 118 — 

CINQUIÈME ORDRE. 

ÉCHASSIERS — GRALLJE (Linn.). 



PREMIÈRE DIVISION. 

ÉCHASSIERS COUREURS. — GRXLLM CURSORES 

(Mey. 1810). 



FAMILLE XXVII. 

OTIDIDÉS — OTIDWJE (Bp., 1842). 

GENRE LXXXII. 

OUTARDE. - OTIS (Linn.). 

191. - OUTARDE BARBUE. - OTIS, TARDA (1) 

(Linn.). 

Otis tarda , Linn. S. N., 12* édit. (1766), t. 1, p. 266. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 2, p. 506. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 264. 

— Degland, Ornilh.Euroj). (1849), t. 2, p. 72. 

— Degl. et Gerbe. Ornith. Europ. (1867), t. 2, p. 95. 

Otis barbata, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 rc série, t. 2, pi. 157 et 158. 
l'Odtarde , Buff tJ PI. enl. 245 ; mâle en robe d'hiver. 

Nous voyons la grande Outarde de loin en loin et non 
d'une manière régulière; ses passages n'ont pas heu à la 
même époque; quelquefois elle se montre en juillet, et d'autres 

(1) La grande Outarde varie considérablement, soit pour la taille, soit pour le poids. Dans 
les sujets que j'ai pu observer , j'ai rencontré des Outardes de 2 k. 500, 3 k. 700 pour les 
femelles; un mâle a pesé 8 k. 200; un deuxième, 13 k. 900. 

M.Jules Berdoulat a pesé et mesuré l'Outarde qu'il captura le 15 septembre 1867; voici 
les renseignements qu'il m'a fournis et qui ne sont pas sans intérêt du bout du bec à l'extré- 
mité des pattes, 1». 09 ; envergure , l m ,70 ; circonférence de la poitrine, m ,85 , et son poids 
était de 8 k. 600 grammes. 



T. R. 


ne 


niche pas 


(0 






T. R. 


ne 


niche pas. 


T.T.R. 




— 


T. T. R. 




— 


T.T.R. 




__ 


T.T.R. 




__ 


T. T. R. 




___ 


T.T R. 




__ 



— 419 — 

fois plus tard. J'ai pu constater aussi que lorsque le can- 
tonnement qu'elle a choisi lui convient, elle séjourne long- 
temps. Ainsi, M. Jules Berdoulat a tué, le 15 septembre 
1867, une grande Outarde, laquelle lui était signalée depuis 
le 11 juillet de la même année ; elle se tenait à découvert et 
ne se laissait pas approcher ; ce n'est que par surprise qu'il 
la captura 

Aude. De passage irrégulier, principalement en hiver. 

Ariége. On ne l'observe que de loin en loin. 

Gers. Très rarement capturée dans ce département. 

Hérault. On l'observe presque tous les hivers. 

Hautes-Pyr. Je n'ai pu constater que 2 captures. 

Tarn. Ce n'est que de loin en loin qu'elle a été capturée. 

Tam-et-Gar. De passage accidentel. 

Pyr, Orien. N'a été observée dans ce département que pendant 

les hivers rigoureux. T.T.R. — 

192. - OUTARDE CANEPETIÈRE (2). 

0T1S TETRAX (Linn.). 

Ons tetrâx, Linn. S. N., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 264. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 2, p. 507. 

— P. Roux, Omith. Prov., pi. 265, f. 1, mâle ; f. 2, tête de la femelle. 

— Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 78. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1 867), t. 2, p. 1 00. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 2, pi. 159 et 160. 
Là Petite Outarde, Buff., PI. enl. 10, femelle; 25, mâle. 

Cette Outarde arrive dans nos environs vers les premiers 
jours de septembre et reste tout l'hiver, ou du moins en 
grande partie. Dans son séjour elle recherche les grandes 
plaines en labeur ou incultes et arides. Il y a 25 ans, cette ne nicne P as - 

Outarde était regardée à Toulouse comme une rareté ; main- 
tenant , elle semble beaucoup plus commune; et, tandis 
qu'autrefois elle ne passait que d'une manière irrégulière, son 

(1) En disant très-rare, je n'applique cette désignation qu'aux jeunes sujets. 

Pour ce qui est des Grandes -Outardes pourvues de leurs barbes, je n'en ai jamais rencontré 
dans la région dont je me suis occupé. Les sujets adultes et en livrée parfaite sont considérés 
comme une grande rareté même pour l'Europe ; ils manquent en cet état à la plupart des 
Muséum d'une certaine importance, et à presque toutes les collections particulières. 

(2) Je n'ai jamais rencontré de sujets avec le collier noir, indice de l'adulte en livrée de 
noces. 



— 120 — 

passage est régulier maintenant, et nous ne sommes jamais 
une année sans en voir.' Il est vrai que certaines années elle . , 

est plus ou moins abondante. Je l'ai vu vendre sur notre ' ^ 

marché au gibier 6 fr., 4fr., et d'autres fuis 3 francs. 

Aude. De passage régulier au printemps et en automne. P. C. ne niche pas. 

Ariége. On la voit tous les ans en automne et au prin- 
temps. C. — 

Gers. Passe régulièrement en mars et en automne. P. G. — 

Hérault. De passage régulier en mars, septembre et octobre. P. C. — 

Haules-Pyr. Très-peu répandue dans ce département. A. R. — 

Tarn. De passage annuel dans la plus grande partie de 

ce département. P. C. — 

Tarn-et-Gar. Se montre d'une manière régulière et en hiver. G. — 

Pyr.-Oricn. De passage régulier en mars , septembre et oc- 
tobre, C. — 



FAMILLE XXVIII. 

CHAMDRIIDÉS. — CHARADRIIDM (Leach., 1825). 
GENRE LXXXIII. 

OEDIGNÈME. - OEDICNEMUS. (Temm.). 

193. - ŒDÏCNÈME CRIARD. - OEDICNEMUS 
CREPIT ANS (Temm.). 

Œdicnemus crepitans, Temm. Man., 4 rc édit. (1815), p. 322. 

— Temm. Man., 2« édit. (1820), t. 2, p. 521. 
Œdicnemus europ^os , P. Roux, Ornith. Prov., pi. 266. 
Œdicnemus crepitans, Deglaml, Omilh. Europ. (1849), t. 2, p. 88. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1 867), t. 2, p. 1 \ 5. 

— Dubois, Pi. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 2, pi. 4 62. 
le Grand Pluvier, Buff., PI. enl. 319. 

L'Œdicnème criard est sédentaire ; il habite toute la plaine 
de notre département. En été , on l'entend sifller tous les 
«oirs, à la fin du jour, môme à la nuit close, et toute la nuit T. C. niche régul 1 . 
s'il fait clair de lune. Dans la journée, il reste muet et blotti. 
On ne le voit jamais ou presque jamais courir pendant le jour. 



A. Ç 
T. C 
T. G 
T. G 
P. G 
T. G 
T. C 



— 121 — 

Aude. Sédentaire sur quelques points en plaine de ce 

département. A. Ç. niche régul». 

Ariége. Sédentaire dans toute la plaine. 

Gers. Sédentaire dans tout le département 

Hérault. Sédentaire et de passage dans ce département. 

Hautes-Pyr. Sédentaire dans les plaines de ce département. 

Tarn. Très-répandu et toute l'année. 

Tarn-et-Gar. Sédentaire dans tout le département. 

Pyr.-Orien. Habite toute l'année une grande partie de ce dé- 
partement. T. C. — 

GENRE LXXXIV. 
PLUVIER. - PLUVIALIS (Barrère, 1745). 

194. - PLUVIER DORÉ. - PLUVIALIS AURATUS 

(Lac. ex Linn.). 

Charadrius pluvialis et apricarius, Linn., S. N. 12 e édit. (1766), t. 1, p. 254 
Charadrius pluvialis, Temm. Man., 2 Ô édit.. (1820), t. 2, p. 535. 

— P. Roux, Omith. Prov., pi. 271, robe d'été; 272, d'hiver. 

Pluvialis apricarius, Bp., Uccel. Eur. (1842), p. 57. 
Charadrius pluvialis, Degland, Omith. Europ. (1849), t. 2, p. 91. 
Pluvialis apricarius , Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 2, p. 123. 
Charadrius auratus , Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 2, pi. 165. 
le Pluvier doré, Buff., PI. enl. 904. 

Ce Pluvier nous arrive vers le milieu d'octobre et séjourne 
tant que les gelées ne sont pas très-fortes. Dans son séjour, 
il recherche les grandes pièces de terre un peu fraîches et 
humides , se mêle , ou, pour mieux dire, suit de près les ^ ne n i cne p as 

grands vols de vanneaux. A son arrivée, nous le voyons par 
bandes plus ou moins nombreuses , mais jamais isolé , il 
repasse pour aller vers le nord , fin mars , commencement 
avril. 

Aude. De passage en octobre, novembre et mars. C. ne niche pas. 

Ariége. Arrive en octobre, novembre , pour repartir au 

printemps. C. — 

Gers. Passe presque toute la mauvaise saison dans ce 

département. C. — 



— 122 — 

Hérault. Un passage considérable a lieu en automne et 

un autre en mars et avril. A. C. ne niche pas. 

Hautes-Pyr. Il arrive dans les plaines de ce déparlement en 

automne; repart au printemps. P.C. — 

lkm. Arrive en octobre, novembre; repart en mars. A. C. — 

Tarn-et-Gar. Se montre en automne, hiverne, repart au 

printemps. A. C. — 

Pyr.-Orien. Arrive en grandes bandes en octobre, repart au 

printemps. T. C. — 

195. - PLUVIER GUIGNARD. - PLUVIALIS 

MOR1NELLUS (Briss.). 

Pluviàlis minor sive moiunellus , Briss, Omilh. (1760), t. 5, p. 54. 
Chàradrius morinellus , Temm. Man. 2 e édit. (1820), t. 2, p. 537. 

— P. Roux, Omilh. Prov., pi. 273 , robe d'été, mal coloriée; 

274, donnée pour le j^une ; également mal coloriée. 
Pluviàlis morinellus, Degland, Omilh. Europ. (1849), t. 2, p. 93/ 
Morinellus siriricds, Degl. et Gerbe, Omilh. Europ. (1867), t. 2, p. 130. 
Charadrius Morinellus, Dubois, PL col. des Ois. de laBelg., 1 re série, t. 2, pi. 166. 
le Pluvier guignard, Buff., PI. enl. 832. 

Ce Pluvier arrive en septembre et commencement octobre, 
repasse dès les premiers jours d'avril ; dans son passage, il R. ne niche pas. 

recherche les lieux frais et incultes de nos coteaux. 

Aude. De passage en hiver dans quelques parties de ce 

département. T. R. ne niche pas. 

Ariége. Observé très-rarement dans ce département. T. T. R. — 

Gers. Ce n'est qu'en automne que l'on peut se procurer 

cette espèce. T.T.R. — 

Hérault. On voit ce Pluvier en hiver et isolé , jamais en 

grandes bandes. R. — 

Hautes-Pyr. De passage accidentel et de loin en loin. T.T.R. — 

Tarn. On trouve cette espèce tous les ans au passage d'au- 

tomne, toujours en petit nombre. R. — 

Tarn-et-Gar. De passage presque régulier en automne et au 

printemps. R. — 

Pyr.-Orien. Passe l'hiver dans les parties élevées et humides 

de ce département. C. 



- 123 — 

GENRE LXXXV. 

GRAVELOT. - CHARADRIUS (Linn.). 

196. - GRAVELOT HIATICULE. - CHARADRIUS 

HIATICULA (Linn.). 

Charadrius Hiaticula , Linn. S. iV., 10 e édit. 0758), sp. 3. 

— Temm. Man., 2 e édit. (4 820), t. 2, p. 539. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 275. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 2, p. 97. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 2, p. 134. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 r e série, t. 2, pi. 4 67. 
le Pluvier a collier, Buff., PI. enl., 920, mâle adulte. 

De passage accidentel. On le voit, à la suite des tempêtes 
en mer ou des grandes pluies et le long de nos rivières. J'ai „ ne n j cne pas 

rencontré deux sujets de cette espèce, le 28 septembre 1872, ' p 

sur les bords de la Garonne, à Braqueville. 

Aude. Passe toute la belle saison le long des côtes mari- 

times, étangs et ruisseaux de ce ( départe- 
ment. P- C. niche régul 1 . 

Âriége. De passage accidentel en automne. R. ne niche pas. 

Gers. Ne se montre qu'accidentellement au passage 

d'automne. R. — 

Hérault. Sédentaire en été dans les parties sablonneuses 
du bord de la mer et graviers des embouchu- 
res des rivières. C. niche régul*. 

Hautes-Pyr. De passage accidentel et de loin en loin. T. R. ne niche pas. 

Tarn. Se montre aux passages d'automne et du prin- 

temps. R. — 

Tarn-et-Gar. De passage non régulier et en automne. R. — 

Pyr.-Orien. Très-abondant en automne sur les côtes mariti- 
mes de ce département. Quelques couples 
se reproduisent l'été. C. niche régul 1 . 

197. - GRAVELOT PETIT. — CHARADRIUS MINOR 

( Mey. ex Wolf. ) 

Charadrius minor, Mey. et Wolf, Tasch. der Deuts (1810) , t. 2, p. 324. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 2, p. 342. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 276, f. 4, mâle adulte; f. 2, tête 

du mâle avant la première mue. 



— m — 

— Degland, Omith, Europ. (1840\ t. 2, p. 99. 

Chàradrius puilippinus , Degl. et Gerbe, Ornilh. Europ. (1867), t. 2, p. 136. 
Chàradrius minor , Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., l re série, t. 2, pi. 168. 
le Petit Pluvier a collier, Buff, pi. enl. 921, adulte. 

Le petit Pluvier à collier arrive dans nos environs vers les 
derniers jours d'avril, recherche tous nos cours d'eau, surtout 
les endroits où il y a de grands graviers , s'y établit et y 
passe toute la belle saison, niche dans des petits enfonce- 
ments ou creux, sans aucun apprêt et sur un simple lit de 
sable plus ou moins fin -, à peine s'il y a quelques brins d'herbe 
sèche. 11 est très-difficile de trouver le nid de cette- espèce , ç niche régul 1 . 

vu que l'on confond les œufs avec les graviers environnants, 
avec lesquels ils ont une certaine ressemblance, soit comme 
couleur, soit comme forme. Ces Pluviers se rassemblent en 
automne par petites bandes de 10 à 15 individus, suivent les 
bancs de sable et de cailloux de nos rivières, et nous quittent 
commencement octobre. 

Aude. De passage en avril et septembre; quelques cou- 

ples restent l'été. A. C. niche régul 1 . 

Ariége. Passe la belle saison sur les graviers des cours 

d'eau de ce département. A. C. — 

Gers. De passage au printemps et en août; peu restent 

l'été. A. C. — 

Hérault. Arrive en avril, se répand le long des cours G. — 

d'eau ; repart en septembre. 

Hautes-Pyr. On les voit au printemps et en automne. P. C. niche très-peu. 

Tarn. Répandu pendant la belle saison le long des 

graviers , ruisseaux et rivières. A. C. niche régul*. 

Tarn-et-Gar. Toute la belle saison les bords graveleux des 

cours d'eau. A. C. — 

Pyr.-Orient. On trouve ce Pluvier tout l'été dans ce départe- 
ment. A. C. — 



198. - GRAVELOT A COLLIER INTERROMPU 

CHARADRIUS CANTIANUS (Lath.). 

Chàradrius cantianus, Lath., ind. supplément (1802), p. 66. 

— Temm. Man., 2 e édit, (1820), t. 2, p. 544. 

— P. Roux, Omith. Prov., pi. 277. 



- 125 — 

Çharadrius cantianus. Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 2 , p. 101. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 2, p. 138. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. %, pi. 166 a. 

Le Pluvier à collier interrompu a les mêmes mœurs et 
même manière de vivre que l'espèce précédente, mais préfère 
les côtes maritimes aux bords sablonneux de nos rivières ; T. R. ne niche pas. 
aussi nous ne l'avons que de passage accidentel en automne 
et au printemps, et nous ne savons pas qu'il se soit jamais 
dans la Haute-Garonne. 

Aude. De passage au printemps el en automne ; quelques 

rares couples se reproduisent sur les côtes 
sablonneuses des bords de la mer. R. niche accid 1 . 

Àriége. De passage accidentel au printemps et en automne. T. R. ne niche pas. 

Gers. De passage non régulier au printemps et en au- 

tomne. Ï.T.R. — 

Hérault. De passage régulier au printemps et en automne; 
le long des côtes maritimes de ce départe- 
ment. C. niche accid 1 . 

Hautes-Pyr. De passage très-accidentel et de loin en loin. T. T. R. ne niche pas. 

Tarn. De passage au printemps mais principalement en 

automne. T. R. — 

Tarn-et-Gar. De passage au printemps et surtout en automne. T. T. R. — 

Pyr.-Orien. De passage régulier en avril , mai , fin août et 
septembre ; quelques rares couples restent 
l'été sur les côtes maritimes de ce départe- 
ment et s'y reproduisent. A. C. niche régul 1 . 

GENRE LXXXVL 
VANNEAU. — VANELLUS (Linn.). 

1. VANNEAU PLUVIER. — SQUATAROLA (G. Cuv.). 

199. - VANNEAU SUISSE. - VANELLUS 
HELVETICUS (Veill. ex Linn.). 

Tringa helvetica, Linn. S.N., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 250 et 252. 
Vanellus helveticus, Vieill. Dict. (1819), t. 35, p. 215. 
Vanellus melanogaster , Temm. il/an., 2 e édit. (1820), t. 2, p. 547. 
Vanellus hel\eticus , P. Roux, Ornith. Prov., pi. 279, mâle en été, 2 tête du même 
en hiver. 
— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 2, p. 114. 



T. R. 


ne niche pas. 


A. R. 


ne niche pas. 


T. R. 


___ 



- d26 — 

Plumalis varius, Degl. et Gerbe, Ocnilh. Europ. (1867), t. 2, p. 127. 

Vanellus melanogaster , Dubois PL col. des Ois. de la Delg., 1 re série, t. 2, pi. 172. 

le Vanneau suisse, Buff., pi enl. 853, adulte au plumage de noces, ious le nom 
de Vanneau suisse; 854, jeune sous le nom de Vanneau 
gris; 923, adulte en plumage d'hiver, sous le nom de 
Vanneau varié. 

Nous ne voyons pas le Vanneau suisse d'une manière régu- 
lière, et ce n'est que de loin en loin que nous le rencontrons 
et toujours en petit nombre , quelquefois mêlé aux bandes 
de Pluviers dorés. 

Aude. De passage en automne et fin de l'hiver. 

Ariege. Se montre non régulièrement pendant les hivers 
pluvieux. 

Hérault. De passage régulier en hiver ; peu commun si 
l'hiver est sec, assez répandu s'il est pluvieux 
et humide. A. C. 

Hautes-Pyr. De passage accidentel et pendant les pluies d'au- 
tomne. R. 

Tarn. De passage presque régulier mais en très-petit 

nombre et pendant la saison pluvieuse. A. R. 

Tarn-et-Gar. On le trouve dans ce département presque tous 
les hivers, mais toujours isolé, et se mêlant 
aux Pluviers dorés. T. R. 

Pyr.-Orien. Plus ou moins nombreux selon les hivers, mais 

d'une manière régulière. A. C. 



S. VANNEAU proprement dit. — VANELLUS (Auct,)- 

200. - VANNEAU HUPPÉ. - VANELLUS CRISTATUS 

(Mey. et Wolf ex Linn. ). 

Tuinga vanellus, Linn. S. IV., 12e édit. (1766), t. 1, p. 248. 
Vanellus cristatus, Mey. et Wolf, Taich. Deuts. (1810), t. 2, p. 400. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 2, p. 550. 

— P. Roux, Omilh. Prov., pi. 278, f. \, mâle en été, f. 2 tête du 

même en hiver. 

— Degland, Omith. Europ. (1849), t. -2, p. 112. 

— Degl. et Gerb, Omith. Europ. (1867), t. 2, p. 148. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg, 1 ,e série, t. 2, pi. 471. 
le Vanneau , Buff., PI. enl. 242, adulte. 



— 127 — 

Le Vanneau huppé arrive dans les plaines de nos environs 
vers la deuxième moitié d'octobre, séjourne tout l'hiver s'il 
n'est pas trop rigoureux ; pendant la saison humide, il se 
réunit en grandes bandes qui, quelquefois, vont jusqu'à deux 
ou trois mille individus. Durant son séjour chez nous, il T. C. ne niche pas. 
laisse difficilement approcher les chasseurs à portée de fusil; 
c'est toujours par surprise qu'on le prend. Il nous quitte 
vers la fin mars. 



Aude. Arrive en automne, passe l'hiver, repart fin 

février. A. C. ne niche pas. 

Ariége. Hiverne dans toutes les plaines de ce départe- 

ment. T. C. — 

Gers. On le voit depuis fin octobre jusqu'à fin février. T. Ç. — 

Hérault. Se montre fin octobre, repart fin février, com- 
mencement de mars ; on en prend beaucoup 
au filet, pourvu que l'on ait un appeau , et 
autant que possible vivant (1). T. G. — 

Haules-Pyr. Arrive à la fin de l'automne pour partir fin 

février. A. C. — 

Tarn. On le voit tout l'hiver dans les plaines de ce 

département. T. C. — 

Tam-et-Gar. Il arrive fin octobre ; une partie séjourne l'hiver; 

il repasse et repart fin février. T C. — 

Pyr.-Orien. Arrive fin octobre et reste pendant toute la 

mauvaise saison. T. C, — 

(1) Il est bien constaté par tous les chasseurs des marais du bord de la mer de ce départe- 
ment, que s'ils n'ont pas un Yanneau vivant attaché au milieu des filets, ou du moins s'ils 
n'ont pas placé une dépouille de celle espèce , non seulement ils ne prendront que peu de 
Vanneaux, mais encore que très-difficilement d'autres oiseaux des marais. Dans le cas où ils 
pourront avoir l'espèce doat je parle, il est prodigieux de voir comment viennent à eux pour 
s'engouffrer dans leurs filets les volées dCEtourneaux, Pluviers, Chevaliers , Barges, tous les 
Bécasseaux , en un mot, toutes les espèces qui vivent aux bords des eaux. 



— 128 — 

DEUXIÈME DIVISION. 

ÉCIIASSÏERS CULTRIROSTRES. - GALLATORES 
CULTRIROSTRES. 



FAMILLE XXIX. 

GRUIDÉS. — GRVWM ( : Vig., ). 

GENRE LXXXVH. 

GRUE. - GRUS (Linn.). 
201. - GRUE CENDRÉE. - GRUS CINEREA (Bechst). 

Grus cinerea , Bechst, Nat, Deuts. (1801-1809), t. 4, p. 103. 

— Temm. Man. 2» édit. (1 820), t. 2, p. 577. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 326. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 2. p. 120. 

— Degland et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 2, p. 274. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 3, pi. 197. 
la. Grue, Buff., PI. enl. 769. 

Cette Grue arrive dans nos contrées vers la fin octobre , 
séjourne peu et repasse commencement avril ; ses passages ne r # ne n i c he pas. 

sont pas réguliers depuis quelques années et elle semble 
être plus rare qu'il y a 15 ou 20 ans. 

Aude. De passage presque régulier et par petites bandes 

en automne et au printemps. 

Ariége. On ne la voit pas tous les ans au passage d'au- 
tomne ni du printemps. 

Gers. Elle passe, pour ^insi dire , tous les ans à l'au- 

tomne et au printemps. 

Hérault. De passage régulier en automne et au printemps. 

Hautes-Pyr. De passage non régulier pendant la mauvaise 
saison . 

Tarn. On peut en voir presque tous les ans au passage 

d'automne ou du printemps. 

Tarn-et-Gar. On voit la Grue presque lous les ans à ses pas- 
sages d'automne et printemps. 

Pur.-Orienl. Ne fait que passer dans ce département au prin- 
temps et en automne. 



R. 


ne 


niche pas. 


T. R. 




— 


A. R. 




__ 


P. c. 




— 


T. R. 




— 


A. R. 




— 


A. R. 




— 


P. C. 




__ 



.- 129 - 

FAMILLE XXX. 

HÉRONS. — ARBEIBM (Vig.,). 



GENRE LXXXVIII. 

HÉRON. — ARDEA (Linn.). 

202. - HÉRON CENDRÉ. — ARDEA CINEREA (Linn.) 

Ardea cinerea (jeune), Ardea major (adulte), Linn., S. N., 12 e édit. (1766) , 
t. 1, p. 236. 

— Temm. Man. 2 e édit. (1820), t. 2, p. 567. 
Ardea major , P. Roux, Ornith. Prov., pi. 314. 

Ardea cinerea, Degland, Onith. Europ. (1849), t. 2, p. 132. 

— Degl. et Gerbe, Orniih. Europ. (1867), t, 2, p. 286. 

— Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., I rC série, t. 3, pi. 201. 

le Héron huppé, Buff., PJ. enl. 755, adulte sous le nom de Héron huppé; 787 , 
jeune sous le nom de Héron. 

Le Héron Cendré arrive dans nos environs vers les pre- 
miers jours d'octobre ; cependant on en voit quelquefois 
plus tôt. Il passe une grande partie de l'hiver le long de nos 
rivières et ruisseaux qui ne gèlent pas; souvent on en voit 
une longue file perchés au sommet de nos grands peupliers. 
Dans une^circonstance et dans le mois de février, j'ai pu 
compter 33 Hérons Cendrés perchés à côté l'un de l'autre et q ne n iche pas. 

un sur chaque bout de peuplier ; l'effet était des plus sin- 
guliers. Ils nous quitlent vers les derniers jours d'avril. 

M. Traverse, ornithologiste-amateur, possède dans sa col- 
lection une magnifique variété complètement blanche ; elle 
fut capturée dans les environs de Toulouse : cest le seul 
sujet que j'ai jamais vu en cet état , et je crois qu'aucun 
Muséum ne possède un exemplaire semblable. 

Aude. De passage, pendant l'hiver, le long des ruisseaux 

et rivières. C. ne niche pas. 

Ariége. De passage pendant toute la mauvaise saison. A. C. — 

Gers. On ne le voit dans ce département que pendant 

l'hiver. A. C. — 

Hérault. Sédentaire et de passage sur le bord des marais 

de ce département. T. C. niche régul*. 

10 



— 430 — 

Haules-Pyr. On ne voit le Héron Cendré dans ce départe- 
ment qu'en hiver. P. G. ne niche r w. 

Tarn. De passage pendant toute la mauvaise saison. A. C — 

Tam-el-Gar. On ne le rencontre que pendant la mauvaise 
saison le long des cours d'eau de ce départe 
ment. A. G. — 

Pyr.-Orien. Sédentaire et de passage sur le bord des mares, 

ruisseaux et rivières de ce département. T. C. niche régul 1 . 



203. - HÉRON POURPRÉ. - ARDEA PURPUREA 

(Linn.). 

Ardea. purpurea , Linn., S. IV., 12* édit. 0*766), t. 4, p. 236. 

— Temm. Mon., 2« édit. (1820), t. 2, p. 570. 

— P. Roux , Omith. Prov. , pi. 312 adulte ; pi. 313, jeune sujet. 
Degland, Ornilh. Europ. (1849), t. 2, p. 134. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 2, p. 290. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 rc série, t. 3, pi. 202. 
le Héron pourpré, Buff., PI. enl. 788, adulte. 

Le Héron Pourpré est de passage en automne; à cette 
saison on ne voit guère que des jeunes ; à son retour , au 
printemps, je n'a» rencontré que des adultes avec leur livrée 
de noce complète ; quelques rares sujets passent l'été dans les 
mares couvertes de roseaux et joncs le long de nos rivières. R. niche accid 1 . 

Il ne sort guère de sa retraite que sur la fin du jour ; il est 
très-rare de le rencontrer dans la journée , et si on le voit , 
c'est qu'il a été inquiété dans ses joncs et roseaux par un 
chasseur ou toute autre cause. 

Aude. On trouve cette espèce en septembre, octobre , 

mars, avril et mai, dans ce département. P. G. niche accid 1 . 

Ariége. De passage accidentel. T. R. ne niche pas. 

Gers. De passage presque régulier en avril et mai dans 

ce département. A. R. — 

Hérault. Sédentaire et de passage en automne et au prin- 
temps ; assez abondant, en été, dans l'étang 
de Vendres, près Béziers. A. G. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. De passage très accidentel (surtout l'adulte) dans 

ce département. T. R. ne niche pas. 

Tarn. On en voit tous les ans quelques-uns et aux 

passages d'automne et du printemps. T. R. — 

Tam-el-Gar. De passage, mais en très-petit nombre, au prin- 
temps et en automne. T. R. — 

Pyr.-Orienl. Sédentairs; un passage a lieu au printemps et 

en automne. A. C. niche régul 1 . 



— 131 — 

GENRE LXXXIX. 

AIGRETTE. - EGRETTA (Bp.). 

204. - AIGRETTE BLANCHE. — EGRETTA ALBA 

(Bp. ex Linn.). 

Ardea alba, Linn. S. iV., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 239 ; adulte en automne ou 

jeune. 
Ardea egretta, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 2, p. 572. 
Egretta alba Bonap.. B. of Europ. (1838), p. 47. 
Ardea egretta, P. Roux, Omiih. Prov., pi. 314, en hiver ou jeune. 
Ardea alba , Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 2, p. (,37. 
Egretta alba, Degl. et Gerbe, Omiih. Europ. (1867), t. 2, p. 294. 
Ardea egretta, Dubois, PL col. des Ois. delaBelg., 1 re série, t. 3, pi. 203. 
la Grande Aigrette, Buff., PI. enl. 886, jeune sous le nom de Héron blanc. 

Le Héron Aigrette n'est que de passage accidentel dans les 
environs de Toulouse ; je ne connais que trois captures au- 
thentiques -, toutes ont été faites en novembre et décembre , T.T. R. ne niche pas. 
et les sujets dont je parle n'ont pas leur parure des oiseaux 
adultes en noces ou du printemps et paraissent être des 
jeunes. 

Aude. De passage très-accidentel et en hiver. 

Gers. J'ai vu un sujet qui avait été pris le 1 7 février 

1866, près Gimont. 
Hérault. De passage annuel et pendant la mauvaise saison. 
Hautes-Pyr. Très-peu d'observations ont été constatées dans 

ce département. 
Tarn-et-Gar. Très-peu observée dans ce département. 
Pyr.-Orien. Quelques sujets se reproduisent de loin en loin 

dans les marais bien fourrés en roseaux de 

ce département. 

205. — AIGRETTE GARZETTE. — EGRETTA 

GARZETTA (Bp. ex Linn.). 

Ardea garzetta , Linn., S. N., 12 e édit. (1766), t. 1,p. 237. 
— Temm. Man., 2* édit. (1820), t. 2, p. 574. 

Egretta garzetta, Ch. B., B. of Eur. ^1838), p. 47. 



T.T.R. 


ne niche pas. 


T.T.R. 
R. 


^_ 


T.T.R. 
T.T.R. 


— 


A. R. 


niche accid 1 . 



— 132 



Ardea nigripes , Temm. Mon., 4« part. (1 S40), p. 377. 
Ardea garzetta , P. Roux, Ornith. Prov., pi. 315, 

— Degland, Omiih. Europ. (1849), t. 2, 139. 

Egretta garzetta, Degl. el Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t, 2, p. 295. 
Ardea garzetta , Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg. 4 re série, t. 3, pi. 



Le Héron Garzette est de passage dans nos environs en 
avril et mai ; j'ai même rencontré cette espèce en juin , ce 
qui me ferait supposer quelle doit s'y reproduire. Tous les 
sujets que j'ai vus étaient avec toute leur parure. Je n'ai 
pas eu occasion de rencontrer la Garzette en hiver et par 
conséquent privée de ses aigrettes. Ce Héron fréquente dans 
ses passages ou son séjour chez nous, les parties couvertes de 
roseaux, joncs et plantes aquatiques. 



T. R. 



203 a. 



ne niche 
que tont-à-fait 
accidentellement. 



Aude. 
Ariége. 

Gers. 

Hérault. 

Hauies-Pyr. 

Tarn. 

Tam-el-Gar. 

Pyr.-Orien. 



2;M>. 



On voit cette espèce presque tous les ans à son 
passage du printemps. 

Capturée de loin en loin et aux passages d'automne 
et du printemps. 

De passage périodique en automne et au prin- 
temps. 

De passage régulier mais toujours en petit nom- 
bre en automne et au printemps. 

Très-peu commune dans ce département , et aux 
passages d'automne et du printemps. 

On voit presque tous les ans celle espèce mais 
en petit nombre. 

A été vue plusieurs fois principalement au prin- 
temps. 

Passe toute la mauvaise saison sur les bords des 
marais pourvus de plantes aquatiques de ce 
déparlement. 



GENRE XC. 
GARDE-BOEUF. — BUBULCUS (Puqher). 
GARDE-BŒUF IBIS. - BUBULCUS IBIS 



T. R. ne niche 

T. R. _ 

T. R. _ 

R. _ 

T.T.R. _ 

T. T. R. _ 

T. R. _ 



(Cp. ex Hasselq.). 



Ardea. ibis , Hasselquist., lliner. Palœst. (1757), p. 248. 

Ardea VEftANH, P. Roux, Omiih. Prov. , t. 2 , pi 316, plumage de noces. 

Rii'iiis YEiuMi, Bp., B. of Eur. (1838), p. 48. 



— 133 — 

Ardea veranii , Temm. Man., 4 e part. (4 840), p. 379. 
Ardea Bubulcus , Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 2, p. 143. 
Bdbulcus ibis, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (*867); t. 2, p. 298. 
Botaurus bubulcus, Dubois, PL col. des Ois. de l'Eur., 2 e série, t. 2, pî. 150. 

Le Héron Garde Bœuf est de passage accidentel dans notre 
département. Je ne connais que deux captures qui ont été 
faites en novembre 1869, à 10 jours d'intervalle lune de 
l'autre, et dont une fait partie de ma collection ; ces sujets 
sont tous deux sans leurs aigrettes et paraissent être des 

jeunes après leur première mue; ils sont complètement T. T. R. ne niche pas. 
blancs. Ce qui peut aisément les faire distinguer à première 
vue de la Garzette , c'est que cette dernière a le bec noir, 
mince et long, et que le Garde- Bœuf l'a plus court, assez 
robuste et jaune-orange. 

Aude. Observé rarement dans ce département. T.T.r. ne niche pas. 

Hérault. Très-peu répandu et au passage d'automne. T. T. R. 

Hautes-Pyr. Je connais une capture faite près Tarbes, le 12 

février 4 868. T. T. R. 

Tarn-et-Gar. Très-rarement observé Je connais deux captures, 

le 13 février 1867 et le 9 décembre 1869. T. T. R. 

Pyr.-Orien. J'ai reçu une dépouille prise près Perpignan ; le 

4 1 février 4 872. T.T.R. 



GENRE XCI. 
GRABIER. - BUPHUS (Boie). 

207. — CRABIER CHEVELU. - BUPHUS COMATUS 

(Boie). 

Ardeà ralloïdes, Temm. Man., 2 e édit. (4 820), t. 2, p. 580. 
Buphus comatus, Boie, Isis (4 826), p. 356. 

Ardea ralloïdes, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 320, adulte; 324, jeune. 
Ardea comata . Degland, Ornith. Europ. (4 849), t. 2, p. 4 44 . 
Buphus comatus, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (4 867), t. 2, p. 301. 
Ardéa comata , Dubois, PL col. des Ois. delà Belg., 4™ série, t. 3, pi. 204. 
le Crabier de Mahon, Buff., PL enl. 315, jeune sous le nom de Petit Héron roux 
du Sénégal; 348 , adulte sous le nom de Héron huppé de Mahon. 



— 134 — 

Le Héron Crabier est de passage irrégulier dans les envi- 
rons de Toulouse. Nous prenons l'adulte avec ses parures de 
noce dans les mois de mai et de juin, l'adulte et le jeune en croi3 ... nichfl 

automne. T. R. très-accident elle- 

J'ai capturé un mâle et une femelle le 17 juin, 1870 , ce 
qui me fait supposer qu'ils avaient niché dans les environs 
de Toulouse. 

Aude. De passage non régulier au printems et à la fin 

de l'été. T. R. ne niche pas. 

Ariége. Je ne connais que la capture d'un jeune sujet , 

le 9 août 1860, près Saverdun. T.T.R. — 

Gers. Observé accidentellement dans ce département. T. T.R. — 

Hérauli. Visite au printemps et d'une manière régulière 

ce département. P. C. — 

Hautes-Pyr. Je n'ai pu constater qu'une capture près Tarbes , 

le 13 août 1857 (un jeune). T.T.R. — 

Tarn. Un mâle adulte a été prisa Saint-Pons, près 

Lavaur, le 17 septembre 18 70. T.T.R. — 

Tam-et-Gar. Observé au printemps sur les bords des ruiseaux 

et parties marécageuses de ce département. T. R. — 

Pyr.-Orien. Se montre tous les ans au printemps pour dispa- 
raître peu-après son arrivée; toujours isolé. R. — 

GENRE XCII. 
BLONGIOS. - ARDEOLA (Bp.). 

208. - BLONGIOS NAÏN. — ARDEOLA MINUTA 

(Bp. ex Linn.). 

Ardea MiNUTa , Linn. 5. N., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 240. 

— Temm., Man. , 2« édit., (1820), t. 2, p. 584. 
Ardeola minuta, Bp., B. of Eur. (1838), p. 48. 

Ardea minuta , P. Roux, Omilh. Prov., pi. 322, adulte-, 323, jeune. 

— Degland, Ornilh. Europ. (1849), t. 2, p. 147. 
Ardeola minuta, Degl. et Gerbe. Omilh. Europ. (1867), t. 2, p. 305. 
Botaurus minutus , Dubois, PL col. des Ois. delà Belg. y 1 re série, t. 3, pi. 207. 
le Blongios, Buff., PI. enl. 323. 



R. 




niche accid 1 . 


R. 
A. 


R. 


ne niche pas. 


T. 
A. 


G. 
R. 


niche régul*. 
ne niche pas. 


A. 


R. 




A. 


R. 






— 135 — 

Le Héron Blongios est de passage dans noire département 
en automne et au printemps; il ne séjourne pas en été dans 
nos marais. A ses passages , il se blottit au plus fourré R - ne niche pas. 

des roseaux et joncs des endroits submergés du bord de nos 
rivières. 

Aude. De passage régulier au printemps et en automne; 

peu restent l'été dans ce département. 

Ariége. De passage en automne eî principalement au 
printemps. 

Gers. Passe régulièrement au printemps et en automne. 

Hérault. Sédentaire pendant l'été; un passage assez im- 
portant a lieu en avril. 

Hautes-Pyr. De passage non régulier surtout au printemps. 

Tarn. On le trouve dans les endroits marécageux de ce 

département et pendant les passages d'au- 
tomne et du printemps. 

Tarn-et-Gar. De passage régulier en automne et au printemps. 

Pyr.-Orien. Passe toute la belle saison dans ce département, 

qu'il quitte à l'approche de l'hiver. T. C. niche régul 1 . 

GENRE XCIII. 
BUTOR. - BOTAURUS (Steph.) 

209. — BUTOR ÉTOILE. - BOTAURUS STELLARIS 

(Steph. ex Linn.). 

Ardea stellàris, Linn., S. N., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 239. 
Botaurus stellàris, Steph., In Shaw. Gen. Zool. (4819), t. 11, p. 593. 
Ardea stellàris; Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 2, p. 580. 

— P. Roux, Omilh. Prov., pi. [319. 

— Degland , Omilh. Europ. (1849), t. 2, p. 144. 
Botaurus stellàris, Degl. et Gerbe, Omilh. Europ. (1867), t. 2, p. 308. 
Botaurus vulgaris , Dubois, PL col. des Ois. delaBelg., 1 f e série, t. 3, pi. 206. 
Le Butor, Buff., PI. enl. 783. 

Le Héron Butor est de passage en hiver et au printemps 

dans notre département. ; il se blottit toute la journée dans „ . , 

« K ne niche nas 

les parties couvertes de plantes aquatiques des bords de nos * * 

ruisseaux et rivières , ne sort de sa retraite que le soir au 

déclin du jour. 



R 




ne niche pas. 


T. 


R. 


— 


A. 


R. 


— 


A. 


C. 


niche régul 1 . 


T. 


R. 


ne niche pas. 


T. 


R. 


— 



— 136 - 

Aude. De passage en automne et au printemps dans ce 

département. 

Ariége. De passage accidentel dans les parties maréca- 

geuses de ce déparlement. 

Gers. De passage presque régulier en automne et en 

hiver. 

Hérault. De passage régulier et sédentaire sur quelques 
points de ce département. 

Hautes-Pyr. De passage très-accidentel en automne et au 

printemps. 
Tarn. On le trouve en automne et au printemps. 

Tarn-et-Gar. De passage au printemps et en automne , mais 

d'une manière irrégulière. T. R. — 

Pyr.-Orien. On le voit tous les ans au passage d'automne, 
reste une partie de l'hiver , repasse au prin- 
temps. A. Ç. niche accid 1 . 

GENRE XCIV. 
BIHOREAU. — NYCT1CORAX (Steph.). 

210. - BIHOREAU D'EUROPE. — NYCTICORAX 

EUROPMUS (Steph. ex Linn.). 

Ardea nycticorax, Linn. S. N. I2 e édit. (1766), t. 4, p. 235, et Ardea grisea , 

p. 239. 
Nycticorax Europ.eus , Steph., In Shaw. Gen. Zool. (1819), t. h\, p. 609. 
Ardea nycticorax , Temm. Man, 2 e édit. (1820), t. 2, p. 597. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 317, adulte-, 313, jeune. 

Nycticorax ardeola , Temm. Man., 4* part. (1840), p. 384. 
Ardea nycticokax , Degland, Ornilh. Europ. (1849), t, 2, p. 149. 
Nycticorax Europ^us , Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 2, p. 312. 
Botaurus nycticorax , Dubois, PI. col des OU. de la Belg., 1 re série, t. 3, pi. 205, 
le Bihoreau, Buff., PL enl. 758, adulte; 759, jeune. 

Le Héron Bihoreau est de passage au printemps et en 
automne ; quelques rares sujets restent en été pour se repro- 
duire dans les parties marécageuses de notre département. R niche non réguliè- 
II reste toute la journée caché dans les plantes aquatiques et rement. 
ne sort qu'au crépuscule, même pendant la nuit lorsqu'il fait 
clair de lune. 



— 137 — 

Aude. De passage en avril , mai et octobre dans ce 

dépaitement. A. R. ne niche pas. 

Ariége. De passage dans les plaines de ce département en 

avril, mai et octobre. T. R. — 

Gers. On le trouve au passage d'avril, mai. octobre et 

commencement novembre. T. R. — 

Hérault. Arrive au printemps , passe l'été et repart en 

automne. A. Ç. niche régul. 

Hautes-Pyr. Passe d'une manière irrégulière au printemps et 

en automne. T. R. ne niche pas. 

Tarn. De passage au printemps, en automne et en 

hiver, dans ce département. T. R. — 

Tam-et-Gar. On le volt tous les ans et toujours isolément 

dans ses passages d'avril et d'octobre. R. — 

Pyr.'Orien. Arrive fin mars, en avril et octobre dans ce 

département. R. — 

FAMILLE XXXI. 

CICONI1DÈS. — CICONIIDJE (Bp.V 



GENRE XCV. 
. CIGOGNE. - CICONIA — (Briss.). 
211. - CIGOGNE BLANCHE. - CICONIA ALBA, 

( Willugh ex Linn.). 

Ardea ciconia, Kinn., S. N. 4 2 e édit. (1766), t. 1, p. 235. 
&CONIA. ALBA , Willugh, Omilh. (1676), p. 210. 

— Temm. Man. , 2* édit. (1820) , t. 2, p. 560. 

— P. Roux, Omilh. Prov., pi. 324. 

— Degland, Omilh. Europ. (1849), t. 2, p. 152. 

— Degl. et Gerbe, Omilh. Europ. 867 )> t. 2, p. 316. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Bclg., 1 re série, t. 3, pi. 199. 
la Cigogne blanche, Buff., PI. enl. 866. 

La Cigogne blanche est de passage fin juillet et courant 
août par vols plus ou moins nombreux. A leur passage, 
elles s'arrêtent dans les villes et se reposent sur le sommet ne niche pas. c. 
des grands édifices; elles ne séjournent pas en hiver, repasr 
sent vers les derniers jours de mars et commencement d'avril. 



— 158 

Aude. De passage en août et au printemps. C. ne niche pas. 

Ariége. De passage courant août; moins nombreuse au 

passage du printemps. C. — 

Gers. De passage tous les ans en août et au printemps. C. . — 

Hérault. Passe au printemps et fin de l'été dans ce dépar- 
tement. C. — 

Hautes-Pyr. De passage non régulier fin août et au printemps. P. C. — 

Tarn. De passage régulier en août, avril et mai. Ç. — 

Tam-et-Gar. Passe tous les ans fin de l'été et au printemps. C. — 

Pyr.-Orien. Passe régulièrement au printemps et à la fin de 

l'été. C — 

212. — CIGOGNE NOIRE. — CICONIA NIGRA 

(Linn. ex Gesn.). 

Ardea nigra, Linn., S. N. 12* édit. (1766), t. \, p. 235. 
Ciconia nigra, Gesner, Av. Nat. (1585), p. 273. 

— Temm. Man., 2° édit. (1820), t. 2, p. 561. 

— P. Roux, Omith. Prov., pi. 325, adulte, f. 2 tête du jeune. 

— Degland, Omith. Europ. (1849), t. 2, p. 154. 

— Degl.et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 2, p. 318. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg. 1 re série, t. 3, pi. 198. 
la Cigogne noire, Buff., PI. enl., 399. 

La Cigogne noire est de passage en automne et au prin- 
temps, mais non régulièrement et par sujets isolés, rarement 
2 ou 3 ensemble. Nous prenons des jeunes et des adultes. 
Autant la Cigogne blanche recherche les villes dans ses pas- R. ne niche pas. 

sages, autant celle-ci les évite; aussi ne la trouve-t-on que 
dans les grands bois humides et marécageux, où elle peut 
pêcher sans être inquiétée. 

Aude. De passage au printemps ; peu en automne. A. R. ne niche pas. 

Ariége. De passage principalement en avril et mai. A. R. — 

Gers. Passe principalement au printemps. A. R. — 

Hérault. De passage irrégulier et de loin en loin. A. R. ne niche pas. 

Hautes-Pyr. De passage accidentel et toujours au printemps, 

rarement en automne. T. R. — 

Tarn. De passage régulier au prinl s ; peu en automne. A. R. — 

Tam-et-Gar. On voit cette espèce tous les ans à son passage 

d'avril, mai et octobre. A. R. — 

Pyr.-Orien. Très-peu répandue dans ce département, et tou- 
jours au passage d'automne et principale- 
ment celui du printemps. T. R. — 



— 139 — 

GENRE XCVI. 

SPATULE. - PLATALEA (Linn.). 

213. - SPATULE BLANCHE. - PLATALEA 

LEUCORODIA (Linn.). 

Platalea ledcorodia, Lian. S. N., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 231. 

— Temm. Man., 2« édit. (1820), t. 2, p. 595. 

— P. Roux, Omith. Prov. 3 pi. 310, f. 1, adulte; f. 2, tête de 

jeune. 

— Degland, Orniih. Europ. (1849), t. 2, p. 156. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 2, p. 321. 
Platalea leucoradius , Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 3, pi. 200. 
la Spatule, Buff. Pi. Enl. 405. 

Ce n'est que tout-à-fait accidentellement que j'ai rencontré 
la Spatule blanche , et ne connais que deux captures faites, 
une le 7 janvier 1857, et la deuxième le 9 octobre 1861 ; 
depuis cette dernière date , je n'ai pas eu connaissance que 
d'autres Spatules aient été prises dans les environs de Tou- 
louse ni dans notre département. 

Aude. Capturée le 24 janvier i 871 près de La Nouvelle. 

Hérault. De passage non régulier et en hiver. 

Tarn. Prise une fois à ma connaissance en décembre 

1861 dans les environs de Castres. 
Tarn-et-Gar. J'ai vu un sujet qui avait été capturé près Castel- 

sarrasin, le 14 novembre 1853. 
Pyr. -Orient. Passe de loin en loin et en hiver. 



T.T.R. 


ne 


niche pas. 


T. R. 


ne 


niche pas. 


T. R. 




— 


T.T.R. 




— 


T.T.R. 




— 


T. R. 




— 



TROISIEME DIVISION. 

ÉCHASSIERS LONGIROSTRES. — GALLATORES 
TENUIROSTRES. 



FAMILLE XXX1L 

IBIS. — 1BISIDM (Less.). 

GENRE~XCVI1. 
IBIS. - IBIS (Illig.). 

214. — IBIS FALGINELLE. — IBIS FALCINELLUS 

(Vieill. ex Linn.). 
Tàntalus falctnellus, Linn,, S. N., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 241. 
Ibis falcinellus , Vieill., Dicc. (1817), t. 16, p. 23. 



— 140 — 

Ibis sacra, Temm. Man., 1™ édit. (184 5), p. 385. 

Ibis falcinellus, Temm. Op. cit., 2 e édit. (1820), t. 2, p. 598. 

— P. Roux, Orniih. Prou., pi. 809 f. 1, adulte ; f. 2, tête de jeune. 

— Degland, Omilh. Europ. (1849), t. 2, p. 161. 
Falcinellus igneus, DegL et Gerbe, Omilh. Europ. (1807), t. 2, p. 329. 
Ibis falcinellus, Dubois PI. col. des Ois. de la Belg., 1 ,C série, t. 3, pi. 196. 
le Courlis vert, Buff., PI. enl. 819, adulte sous le nom de Courlis d'Italie. 

Deux individus de cette espèce furent abattus dans nos 
environs, le 5 septembre 1 867 ; ils fesaient partie d'un 
vol de quinze à vingt Ibis. Un troisième a été capturé près T. R. ne niche pas. 
Montréjeau, le 30 septembre ï869; il était tout seul. Ses 
passages sont des plus irréguliers dans notre département. 

Aude. De passage tout-à-fait accidentel et à de longs 

intervalles. T. T. R. ne niche pas. 

Ariége. Observé très-rarement au passage du printemps. T. T. R. — 

Hérault. De passage régulier surtout au printemps, A. C. — 

Hautes-Pyr. De passage non régulier, toujours au printemps. T. R. — 
Tarn-et-Gar. Ne connais qu'une capture près Caslelsarrazin, 

le 18 avril, 1872. T. T.R. — 
Pyr.-Orien. Se montre tous les ans et au passage du prin- 
temps dans ce département. R. — 



FAMILLE XXXÏII. 

SCOLOPACIDÉS. — SCOLOPACIDM (Vig.). 



GENRE XCVIII. 

COURLIS. - NUMENIUS (Linn.). 

215. — COURLIS CENDRÉ. — NUMENIUS ARQUAT A 

(Linn.). 

Numenius arquata , Linn. S. IV., l re édit. (1753) , p. 64. 

— Lath., Ind. (1790), t. 5, p. 3H. 

Scolopax arquata , Linn. S. N., 12 e édition (1766), t. 1, p. 242. 

Numenius arquata , Temm. Man., 2° édit. (1820), t. 2, p. 603. 

Ncmenius arquatus, P. Roux, Omilh. Prov., pi. 306. >, 

Numenius arquata , Degland, Omilh. Europ. (1849), t, 2, p. 165. 

Numenius arquatus, Degl. et Gerbe, Omilh. Europ. (1867), t. 2, p. 159. 

Numenius arquata , Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg. 1 r * série, t. 3, pi. 194. 
le Courlis, Buff., PI. enl., 318. 



-■ 141 — 

Nous voyons le Courlis Cendré en automne , aux mois 
d'oclobre, novemb.e; il repasse en mars et avril; si l'automne 

est pluvieux , il est plus abondant. Il fréquente, dans son ne mche pas * 

séjour et passage, les lieux frais et humides. 

Aude. Arrive en automne ; passe une partie de l'hiver. C. ne niche pas 

Ariêge. On ne voit cette espèce que pendant la saison 

humide et pluvieuse. A. C, — 

Gers. On voit le grand Courlis pendant ses passages 

d'automne et du printemps. PC — 

Hérault. Sédentaire et de passage fin août et en mars. C. niche régul*. 

Hautes-Pyr. Passe en automne et au printemrs. R ne niche pas. 

Tarn. De passage en automne et au printemps. P. C. — 

Tam-et-Gar. Ne se montre que pendant l'automne et au 

printemps. P. C — 

Pyr. -Orient. Passe tout l'hiver dans ce déparlement. C. — 

216. - COURLIS CORLIEU. - NUMENIUS PHjEOPUS 

(Lath). 

NUMENIUS PH2EOPUS , Lath., Ind/1790), t 2, p\ 741. 

— Temm. Man., 2<? ëdit. (1820), t. 2, p. 604. 

— P. Roux, Ornith. Prov.. pi. 3 07. 

— Degland, Omilh. Europ. (1849), t. 2, p. 167. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 2, p. 162. 
numenius pluvialis, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., i re série, t. 3, pi. 193. 
le Courlieu, Buff., PI. enl., 842. 

Le Corlieu est de passage aux mêmes époques que l'espèce 
précédente et fréquente les mêmes endroits, j'ai rencontré r ne niche pas. 

aussi cette espèce pendant l'automne dans les grands champs 
ensemencés en blé. 

Aude. De passage en automne et principalement au 

printemps. P. C. ne niche pas. 

Ariêge. C'est principalement au passage du printemps 

que l'on voit cette espèce. T. R. — 

Gers. De passage au printemps et en automne dans ee 

département. R. — 

Hérault. On ne voit cette espèce qu'au passage du printemps. A. R. — 

Hautes-Pyr. Ce n'est que pendant les passages du printemps 
et de l'automne qu'on le voit dans ce dépar- 
tement. T. R. — 



— U2 — 

Tarn. De passage régulier , mais principalement au 

printemps. A. R. ne niche pas. 

Tam-et-Gar. De passage, peu en automne, beaucoup plus au 

printemps. A. R. — 

Pyr.-Orien. Arrive en automne ; une partie hiverne et repart 

dès les premiers beaux jours. P. C. — 



217. - COURLIS A BEC GRÊLE. - NUMENIUS 

TENUIROSTRIS (Vieil!.). 

Numenius tenuirostris, Vieil]. , N. Dict. (1817), t. 8, p. 202. 

— P. Roux, Orniih. Prov., pi. 308. 

— Less., Ornith. (1831). 

— Ch. Bonap., Faun. liai., pi. 42. 

— Degland, Ornith, Europ. (1849), t. 2, p. 168. 

— Degl. et Gerbe, Orniih. Europ. (1 867), t. 2, p. 1 60. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 3, pi. 4 94. 

Ce Courlis est de passage régulier en automne et commen- 
cement de l'hiver ; il a les mêmes allures et manière de p # q # ne n j c he pas. 
vivre que les deux espèces précédentes, el nous le rencon- 
trons bien plus souvent que le Courlis Corlieu. 

Aude. De passage régulier en automne et au printemps 

dans ce département. P. c. ne niche pas. 

Ariége. Très-peu observé dans ce département, T. R. 

Gers. On le trouve , pour ainsi dire , tous les ans au 

double passage d'automne et du printemps. A. R. 

Hérault. On trouve cette espèce en petit nombre tous les 
ans dans ce département, aux passages d'au- 
tomne et du printemps. P. C. 

Ilautes-Pyr. Observé très rarement dans ce département. T. R. -_ 

Tarn. De passage régulier en automne et au printemps 

dans ce département. P. C. _ 

Tarn-el-Gar. On le voit en petit nombre tous les ans , mais 
toujours pendant les passages d'automne et 
du printemps. A. R. — - 

Pyr.-Orien. Quelques sujets passent l'hiver dans ce départe- 
ment. Ils se mêlent aux bandes de Courlis. P. C. — 



— U3 — 

GENRE XCIX. 

BARGE. — LIMOSA (Briss.). 

218. - BARGE COMMUNE. - LIMOSA MGOCEPHALA 

(Leach ex Linn. ). 

Scolopax limosa et zEGOCephala, Linn. 5. N. 12 e édit. (1766), t. \, p. 246. 
LiMOSA iEGOCEPHALA, Leach, Syst. Cal. M. and B. Brit. Mus. (1816), p. 34. 
Limicula melanura , P. Roux. Omith. Proo., pi. 303, en été -, 304, en hiver. 
Limosa melanura, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 2, p. 664. 
Limosa .egocephala , Degland, Omith. Europ. (1849), t. 2, p. 171. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 2, p. 167. 

Limosa melanura, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série., t. 3, pi. 191. 
la Barge commune, Buff., PI. enl. 874, . femelle, sous le nom de Barge ; 916, 
sujet prenant sa robe d'été, sous le nom de Grande Barge rousse. 

Cette Barge est de passage régulier en septembre et octobre, 
mars et avril -, cependant , il reste quelques rares couples en 
été. En celte saison, elle recherche les grandes prairies et p. c. niche accid 1 
champs de blé frais et humides, ou du moins non loin de 
quelques mares pourvues de plantes aquatiques. 

Aude. De passage en automne et au printemps dans ce 

département. R. ne niche pas. 

Ariége. De passage en automne et au printemps; quel- 
ques rares couples se reproduisent l'été dans 
ce département. P. G. niche accid*. 

Gers. De passage en automne et au printemps ; quel- 

ques sujets se reproduisent dans les prairies 
marécageuses de ce département. P. G. — 

Hérault. De passage en automne et au printemps dans ce 

déparlement. P. C. ne niche pas. 

Hautes-Pyr. Id. id. id. R. — 

Tarn. H y a un double passage en automne et au prin- 

temps -, quelques rares couples se reprodui- 
sent. R' niche accid 1 . 

Tarn-et-Gar. De passage en automne et au printemps dans ce 

déparlement. Très-peu restent l'été. P. G. — 

Pyr. -Orient. Passe loule la mauvaise saison dans ce déparle- 
ment , repart dès les premiers jours du beau 
temps. C. — 



— 1U — 
219. - BARGE ROUSSE. - LIMOSA RUFA (Briss.). 

LlMOSA rifa, Briss. Ornilh. (1760), t. 5, p. 281. 

— Tenim. Man., %*éà\\. (1820), t. 2, p. 668. 
LlMICULA LAPPONlCA, P. Roux, Ornilh. Prov , pi. 305. 
Limosarufa, Degland, Ornilh. Europ. (1849), t. 2, p. 173. 

— Degl. et Gerbe, Ornilh. Europ. (1867), t. 2, p. 169. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de In Belg., 1 re série, t. 3, pi. 191 . 
la Barge rousse, Buff., PI. enl. 900, individu en robe d'été. 

De passage accidentel en octobre, novembre et décembre, 
toujours à la suite du mauvais temps en mer; dans ses visites 
nous ne la rencontrons que le long de nos cours d'eau; mais T. T. R. ne niche pas. 
dès que le beau temps reparaît, elle regagne les bords de la 
mer, ses contrées de prédilection. 

Aude. Observée peu dans ce département. T. R. ne niche pas. 

Hérault. De passage régulier , mais toujours en petit — 

nombre, en automne et au printemps. A. R. 

Tam-el-Gar. Je connais un sujet capturé près de Montauban, T. T. R. — 

le 21 octobre 1871. 

Pyr. -Orient. Se montre tous les ans dans ce département. R. — 

220 A. - BARGE DE MEYER. - LIMOSA MEYERI 

( Leisler ex Temm. ). 

LlMOSA meyeri , Temm. Man., 1 re édit. (1815). p. 434. 

— — 2 e édit., 4^ part. (1840), p. 422. 
Limcula meyeri, Vieill. Di't. (1816), t. 3, p. 249. 

Limosa meyeri, Degland, Ornilh. Europ. (1849), t. 2, p. 175. 

— Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 9, pi. 192. 

Je n'ai pu me procurer cette variété ou hybride de la 
Barge comnune et la Barge rousse qu'une seule fois. On ne 
peut la confondre avec aucune d'elles, vu qu'elle tient le 
milieu, soit pour la taille, soit pour la grosseur. T. T. R. ne niche pas. 

C'est ainsi qu'est le sujet qui fait partie de ma collection 
et qui fut capturé le 17 décembre 1868 sur les bords de la 
Garonne, à Roques, près Toulouse. 

Aude. De passage très-accidentel. T. T. R. ne niche pas. 

Hérault. Je ne connais que deux captures. T. T. R. — 

Pur. -Orient. Je l'ai reçu le 17 novembre 1870, me venant de 

La Nouvelle. T.T.R. — 

(A continuer). 



- 145 — 

Conformément à ses statuts, la Société procède aux élections 
pour le renouvellement du bureau et des comités. 

Sont nommés : 

Président : M. le colonel Belleville. 
Vice-présidents : MM. d'Aubuisson et Lacroix. 
Secrétaire général : M. Huttier. 

— adjoint : M. Ghamayou. 
Trésorier : M. Marquet. 
Archiviste : M. Desjardins. 
Membres du Conseil d'administration : 
MM. Gourdon et Gh. Fouque. 
Membres du comité de publication : 

MM. A. de Saint-Simon, Gaston de Malafosse, Gourdon, Trutat» 
La Société unanime vole des remerciements aux membres du 
bureau sortant. 



Séance du SI janvier 1874. 
Présidence de M. le colonel Belleville. 

M. Gourdon donne sa démission démembre du Conseil d'admi- 
nistration, désirant ne pas faire partie de deux comités en même 
temps. 

Il est décidé que plusieurs exemplaires du Bulletin de la 
Société seront envoyés au ministère de la marine. 

M. le Président met divers ouvrages à la disposition des mem- 
bres de la Société. 

M. Flotte rend compte des articles contenus dans le bulletin de 
la Société des sciences de Lille, notamment d'un article de 
M. Gosselel, relatif a la question Houillère, lequel insiste sur la 
nécessité de faire de nouveaux sondages pour trouver de nouvelles 
mines de houille. 

M. Trutat envoie une note de M. Pianet contenant des observa- 
tions sur la reproduction en captivité du grand Kanguroo rouge 
(Macropus fuliginosus) . La femelle a été saillie le 4 5 mai, et elle 
a mis bas le 45 juillet, exactement deux mois après. Le jeune 

M 



- 146 - 

Kanguroo est reste caché dans la poche de sa mère pendant plus 
d'un mois ; ce n'est que vers le quarantième jour qu'on s'est 
aperçu qu'il sortait la tête au dehors. Le 17 janvier, il n'avait pas 
encore abandonné tout-à-fait son refuge naturel. 

M. Pianet rapporte aussi un fait qui confirme la réputation de 
férocité brutale dont jouit le Sarcophile de Tasmanie. L:> ménagerie 
Pianet possédait une paire de ces animaux, et ils avaient vécu 
en assez bonne intelligence jusqu'au jour où la femelle étant 
tombée malade, en arriva à ne plus pouvoir quitter un des coins 
de la cage. 

Le mâle ne la voyant plus remuer, se mit à lui manger la queue 5 
et il attaquait déjà les membres postérieurs lorsqu'on s'aperçut de 
cet acte de voracité. La femelle qu'on eut beaucoup de peine à 
arracher au maie, mourut quelques heures après. 

Dans sa séance du 26 novembre dernier, la Société avait nomrmî 
une commission chargée d'étudier une proposition faite par 
M. Huilier de formuler un vœu pour que l'on remplace, dans les 
cartes de l'état-major, les hachures qui servent actuellement à 
l'indication des hauteurs, par descourbesde niveau. La commission 
était composée de MM. Hultier, Rey-Lescure, colonel Belleville et 
Bonnal. Après en avoir mûrement délibéré, M. Bonnàl, nommé 
rapporteur comme membre de la Société de géographie de Paris, 
a lu la Pétition suivante, qui devra être transmise a;:x ministres 
delà guerre, des travaux publics et de l'instruction publique : 

Monsieur le Ministre, 

Parmi les devoirs qu'impose à la Société d'Histoire 
naturelle de Toulouse son règlement comme son esprit, il 
en est un qu'elle s'efforce de remplir avec ce zèle indé- 
pendant qui fait la force des associations : réclamer 
l'appui du Pouvoir dans l'application des Vœux qu'elle 
émet relativement à certaines améliorations scientifiques 
déterminées. 

C'est pour rester fidèle à son passé que la Société 
recourt, Monsieur le Ministre, à votre haute intervention 
dans une question qui intéresse à la fois votre départe- 
ment et la vulgarisation de l'enseignement géographique. 



— U7 — 

Notre ville n'a point, il est vrai, de Société spéciale; 
mais plusieurs des membres de la Société d'Histoire natu- 
relle ont défendu les intérêts de la géographie par leurs 
explorations à l'étranger, par des études techniques dans 
le midi de la France, quelques-uns même l'ont traitée 
dans ses rapports avec l'extension à donner aux travaux 
publics, tous ont vu en elle le corollaire d'une éducation 
complète et nécessaire. Aussi attendent-ils un bienveillant 
accueil de Votre Excellence. 

Un membre de l'Institut, M. Faye, l'a dit avec raison : 
« La carte de France, due aux travaux des ingénieurs 
géographes et des officiers d'Etat-major, est le plus beau 
travail géographique qui ait été exécuté. » Ses imperfec- 
tions, ses lacunes même ne sauraient rendre injustes pour 
ce grand œuvre, et les attaques qui se sont produites 
contre la carte de l'Etat-major proviennent, à notre 
avis, ou de personnes incompétentes, ou de prétentions 
systématiques. 

Les études successives sur la Méridienne faites par 
Méchain et Delambre qui servirent de base, au début de 
ce siècle, à des triangulations nouvelles, créèrent la géo- 
désie, que l'on a justement définie : « une science de créa- 
tion toute française. » En reprenant aujourd'hui ces 
mêmes études, en revenant à ces glorieuses traditions, le 
gouvernement ne peut que rencontrer l'approbation des 
Sociétés savantes et du pays tout entier. C'est par de tels 
actes qu'il aidera au relèvement, et, en ce qui touche la 
Géodésie, qu'il lui rendra la place d'honneur si longtemps 
occupée par nos savants en Europe. 

Mais le département de la Haute-Garonne ne peut 
oublier, Monsieur le Ministre, qu'il a donné naissance à 
un soldat célèbre qui, après être parvenu à la plus haute 
dignité militaire, s'est efforcé, au pouvoir, de réorganiser 
l'armée , sans oublier les droits imprescriptibles de la 
science. 

M. le maréchal Niel, en effet, préoccupé de faire rentrer 



— 148 - 

la France dans le mouvement géodésique européen et 
désireux d'opposer à Tare prussien, qui coordonne les 
triangulations des Etats situés entre Christiania et Palerme, 
Tare Français, avait accepté la proposition du bureau des 
Longitudes, ainsi décrite par son promoteur et chef des 
opérations, M. le capitaine Perrier : « L'arc français serait 
d'une amplitude supérieure à celle de l'arc prussien , et, 
traversant des plaines, des chaînes de montagnes très- 
élevées, la Méditerranée et la mer du Nord, fournirait aux 
savants de tous les pays un vaste champ d'études nou- 
velles et d'investigations utiles. » 

En présence de si nobles réformes, la Société d'Histoire 
naturelle de Toulouse s'est demandé , Monsieur le Minis- 
tre, s'il ne serait pas utile de modifier les représentations 
des altitudes dans les cartes de l'état-major destinées au 
public. Elle a pensé qu'on pourrait supprimer les hachu- 
res en y suppléant par des courbes de couleurs dites courbes 
de niveau, et en indiquant au bas des cartes les chiffres 
d'altitude. Elle se fonde sur les raisons suivantes : 

Si, au point de vue du dessin, les hachures font res- 
sortir les contours et le modelé du sol, les cartes qui en 
sont surchargées ne traduisent pas d'une manière nette, 
rapide et sûre, soit comme vue d'ensemble, soit comme 
travail analytique, les lignes de niveau et les lignes de 
pente qui rattachent les uns aux autres les divers plans 
inclinés, les lignes de faîte séparatives des bassins, les 
lignes anticlin aies et inclinales. Il se produit une confu- 
sion qui naît de la noirceur, et qui est aussi nuisible 
que l'empâtement. On a constaté, en outre, que les plai- 
nes basses, les vallées, les versants inférieurs et les pla- 
teaux bas ou moyens étant généralement plus peuplés, 
plus cultivés et plus boisés que les plateaux supérieurs, 
il convient d'en éclairer les détails et les noms multiples 
en graduant les teintes selon V élévation des niveaux. 

C'est ainsi qu'ont procédé les géographes allemands 
dans l'atlas de Perthes de Gotha où l'on a gradué, sous 









- 149 — 

la direction de Petermann, les couleurs d'après les bas 
niveaux, les niveaux moyens et les niveaux élevés. 

Ce mode de représenter les altitudes offre à la topo- 
graphie militaire, à la science, au public, des avantages 
certains et immédiats. Les hachures, au contraire, bien 
que séduisantes à l'œil, ne donnent que difficilement les 
moyens de reconnaître .es différences de niveaux pour les 
points autres que ceux déjà cotés. 

Il n'est nul besoin de constater à nouveau la pénurie 
de cartes où s'est trouvée la France durant la dernière 
guerre pas plus que l'infériorité de celles que lui livra le 
commerce jusqu'au: jour où M. Jusselain, de l'infanterie de 
marine, put rééditer la carte de l'État-major, au moyen de 
la photographie et de l'autographie. 

Mais, d'après nous, Monsieur le Ministre, officiers, géo- 
graphes, géologues, botanistes et public trouveraient de 
grandes facilités pour se repérer dans leurs excursions, 
surtout dans les montagnes et les terrains accidentés, si 
les courbes de niveau remplaçaient désormais les hachures. 

Quelques ingénieurs des Ponts-et-Chaussées ont fait 
dresser des cartes au -^- , en employant les cour- 
bes de niveau et les ont rendues aussi nettes, aussi 
faciles à lire qu'on le peut désirer. Nous désignons dans 
ce système la carte du département de la Seine par l'émi- 
nent ingénieur des Mines et professeur, M. Delesse, 
celle du Lot-et-Garonne, par M. Lacroix, ingénieur des 
Ponts-et-Chaussées , et les atlas de M. Levasseur, de l'Ins- 
titut. 

La Société d'histoire naturelle de Toulouse ne réclame 
donc pas une amélioration hasardée ou impossible à réa- 
liser ; elle s'appuie en ceci sur les données de la science 
et sur l'expérience elle-même. 

Il suffit de comparer les tranches horizontales des hachu- 
res avec les cotes inscrites pour voir que les relations 
entre ces deux éléments topographiques n'ont pas une 
exactitude géométrique complète. Et l'on a le droit de 



— m - 

déclarer qu'il n'est pas bon de déterminer avec une préci- 
sion qui n'est qu'apparente, des cotes aussi nombreuses. 
Il n'est pas plus utile de fixer ainsi les règles des équidis- 
tances, de la longueur, des épaisseurs, de l'intervalle et 
de la direction des hachures. Leur inspection ne suffit pas 
pour indiquer la pente et la hauteur exacte d'un point. 
Les détails de la planimétrie sont masqués, les noms se 
lisent mal, les sentiers se reconnaissent à peine, le figuré 
du terrain est fort obscurci par la représentation des 
bois. 

Avec les courbes de niveau, on n'a pas la plupart 
de ces inconvénients, car les courbes se tracent avec 
une exactitude telle, qu'on peut la dire absolue; elles 
ne présentent, en outre, aucune difficulté d'exécution. 

On objecte, il est vrai, qu'on a quelque peine à les dis- 
tinguer des chemins tracés horizontalement ou à peu près; 
on objecte même qu'elles disparaissent dans les bois. 
Mais en éclaircissant les feuillus, on verra mieux les cour- 
bes de niveau, et la couleur obviera au défaut de clarté 
qu'on signale. 

La carte de l'état-major au y^ existant au dépôt 
de la guerre , les difficultés d'opérations topographi- 
ques ne sont pas à redouter puisqu'elles sont déjà 
résolues. Cette carte n'a pas encore été gravée, dans des 
craintes que la dernière guerre a démontrées comme 
presque illusoires , quant au fait de copie possible , nos 
ennemis étant aussi bien fournis que nous. La Société 
d'Histoire naturelle demande donc, M. le Ministre, qu'elle 
soit désormais livrée au public , en y employant le sys- 
tème des courbes à trois teintes, selon l'élévation des 
niveaux. 

Invoquant les expériences déjà faites par des ingénieurs 
géographes, par des membres de l'Institut, par des ingé- 
nieurs des Mines, des Ponts-et-Chaussées et des membres 
de la Société de géologie de France, la Société déclare, dans 
r intérêt de la représentation exacte du relief du terrain^ que 



— 151 - 

les courbes de niveau sont le seul moyen de populariser 
renseignement de la géographie, le seul moyen de rester à 
la hauteur des améliorations tentées à l'étranger, le seul 
enfin qui convienne à la planimétrie périodiquement 
révisée de notre belle carte de l'État-major. 

A l'unanimité de ses membres et après deux délibéra- 
tions successives, la Société d'Histoire naturelle de Tou- 
louse statue qu'une copie de la présente délibération sera 
adressée à MM. les Ministres de la Guerre, des Travaux 
publics et de l'Instruction publique. 

La Société statuera ultérieurement sur le mode d'envoi de cette 
Pétition, dont elle approuve le fond et la forme. 

M. E. Gartailhag analyse un travail de M. Toussaint, chef de 
service à l'Ecole vétérinaire de Lyon, sur le cheval et sa domestica- 
tion probable à l'époque où l'homme quaternaire habitait la station 
préhistorique de Solutré (Saône-et-Loire). Dans ce mémoire, 
communiqué à la section d'anthropologie de l'Association française 
pour l'avancement des sciences, l'auteur s'appuie principalement 
sur ce fait que les innombrables ossements de chevaux accumulés 
près des foyers, se rapportent, sauf de rares exceptions, à des indi- 
vidus ni jeunes ni vieux. Gela s'explique en admettant que ces 
chevaux devaient être à l'état domestique : on les tuait alors à 
un âge fixe, soit pour l'alimentation, soit pour des sacrifices. Si 
ces animaux eussent été sauvages, les chasseurs auraient tué 
les jeunes aussi bien que les vieux, et comme il arrive pour 
les rennes, les cerfs, etc., etc., ils n'auraient transporté dans leurs 
stations qu'une partie du corps et on ne devrait pas y retrouver 
tous les ossements du squelette en juste proportion. 

M. Cartailhac, après avoir exposé les divers arguments présen- 
tés pour ou contre celte hypothèse par les savants réunis à Lyon, 
essaye de montrer comment se présente la question dans nos gise- 
ments préhistoriques du Midi. Il est persuadé que les hommes de 
l'âge du renne n'avaient pas plus domestiqué le cheval que le 
renne, le bœuf, etc. Les peuplades postérieures de l'âge de la 
pierre polie ont, les premiers, introduit dans nos régions les ani- 
maux domestiques, et le chien avant tous les autres. 



— 15i - 

M. G. de Malafosse demande si M. Toussaint pense que le che- 
val, à Solutré, n'a servi qu'à être mangé ou immolé, selon 
certains rites. 

On répond que c'est, en erïet, la seule utilisation dont il y ait 
des preuves matérielles. 

M. Gourdon fait observer que le cheval, autrefois, pas plus 
qu'aujourd'hui, n'a jamais été complètement asservi par la domes- 
ticité. Il en est de même de l'âne, du bœuf. En réalité, il n'y a 
qu'un seul animal vraiment domestique, le chien. Quant au cheval, 
même soumis, il redevient promptement sauvage quand il est aban- 
donné à lui-même; aussi semble-t-il que dans les temps anciens, 
comme aujourd'hui dans les Pampas d'Amérique et dans la 
Camargue, le cheval n'était domestique que temporairement et 
selon les besoins des habitants du pays. 

Il est donné lecture du procès-verbal de la dernière séance 
du Comité de publication, réglant l'ordre des matières à insérer 
d.ms le premier fascicule du bulletin 1873-74. 



Séance du 2 S janvier 1874. 

Présidence de M. le colonnel Belleville. 

La Société a reçu : 

Une lettre de M. Lemarié, membre correspondant, qui envoie 
une élude sur les Poissons de plusieurs départements de l'ouest ; 

De M. le docteur Garrigou, la grande carte géologique de 
France avec deux vo'.umes de texte explicatif. 

Des remerciements sont adressés à M. le docteur Garrigou. 

M. Belleville fait le dépôt du Journal de Conchyologie. 

M me Prince envoie à la Société, pour être donnée au Mu?éum 
de la ville, une collection de reptiles et d'insectes, recueillis en 
Egypte par feu M. Prince, ancien directeur de l'Ecole vétérinaire 
de Toulouse. 

La Société vote des remerciements à M me Prince. 

M. Trutat fait à la Société la communication verbale suivante 
au sujet des glaces de fond de la vallée du Lys. 

Lorsque la température s'abaisse vers zéro, la surface de 



- 153 - 

l'eau se refroidit et se contracte jusqu'à 4<>, c'est-à-dire jusqu'au 
maximum de densité; la partie supérieure devenant plus lourde 
gagne le fond, et l'eau inférieure remonte. Mais les couchessupé- 
rieures continuant à se refroidir, atteignent une température infé- 
rieure à 4°, deviennent ainsi plus légères que les couches 
moyennes, qui conservent pendant longtemps la température de 
4«, et finissent par se congeler. 

Dans une masse d'eau en mouvement, le même effet se produit, 
mais il est très atténué, aussi faut-il que la température descende 
fort bas, pour qu'un cours d'eau dont la vitesse est considérable, 
puisse se geler, car à mesure que la glace se forme à la surface, 
elle est entraînée. 

Dans les torrents qui descendent des hautes régions des Pyrénées, 
la vitesse est très considérable, et jamais la surface ne se congèle 
comme dans les grandes rivières. 

D'un autre côté, cette même vitesse empêche la superposition 
des couches de densités différentes, car les diverses chutes que 
produit l'inégalité du fond du lit des torrents, occasionnent un 
mélange complet et l'on peut considérer la température comme 
identique dans toute la masse d'eau en mouvement. 

Lorsque l'on examine l'eau des torrents qui sortent des glaciers, 
sa température est souvent de \ au-dessous de zéro, sans que 
jamais il y ait de la glace à la surface, tandis que les rives en sont 
couvertes: mais cette glace est produite par les gouttes d'eau pro- 
jetées sur les corps environnants, sur lesquels elles se congèlent. 
Telle est l'origine des stalactites de glace qui encadrent les casca- 
des durant les grands froids. 

Enfin, l'observation confirme que les torrents supérieurs ne sont 
jamais gelés à la surface, ce qu'explique la grande vitesse de leur 
courant. Au mois de décembre dernier, M.Trutat accompagné de 
M. Maurice Gourdon s'étant rendus à la cascade d'Enfer, au fond 
de la vallée du Lys, a constaté que le torrent était entièrement 
gelé sur une longueur de près d'un kilomètre; au milieu un petit 
chenal laissait un étroit passage à l'eau ; partout ailleurs la glace 
atteignait le fond du lit, et en certains points l'eau coulait sur une 
couche de glace adhérente au fond, c'était donc de véritables glaces 
de fond: les grundeis des Allemands; mais ici le phénomène 
avait une physionomie toute différente des faits analogues observés 
dans les Vosges et dans les Alpes. 



- 154 - 

En effet, la masse glacée était eu quelque sorte cristallisée et 
presque entièrement formée de lames de glaces s'entrecroisant à 
30, GO ou 120°. 

M. Trutat explique ainsi ce phénomène : Tout corps formant 
obstacle dans le lit d'un lorreut produit en ce point un mouve- 
ment de rotation de l'eau; en même temps il existe derrière cet 
obstacle un espace où l'eau se trouve dans un repos complet; c'est 
donc là que doit se former tout d'abord la glace de fond; son 
adhérence à l'obslacle augmente graduellement le même volume 
de ce même obstacle : le phénomène s'accentue de plus en plus et 
la glace s'étend de proche en proche, de façon à occuper tout le lit 
du torrent. 

M. Trutat insiste sur l'état cristallisé des glaces du fond de la 
vallée du Lys, et il fait remarquer qu'il coïncidait avec de magni- 
fiques fleurs de givre qui couvraient certaines touffes d'herbes des 
prairies voisines; ce serait la première fois que cette forme aurait 
été constatée au milieu même d'un cours d'eau. 

M. Huttier rend compte d'une note de M. Fournier, insérée au 
n°4 de l'année 1874 des Comptes rendus de l'Académie des sciences, 
et relative à la dispersion des fougères de la Nouvelle-Calédonie; 
ces fougères se retrouvent jusqu'auprès de Mayotte, et forment de 
nombreuses variétés. L'auteur émet la pensée que la présence 
simultanée de ces plantes sur des îles fort éloignées pourrait bien 
être une preuve en faveur de l'hypothèse, souvent émise, de la 
présence d'un continent dans l'Océan pacifique dans les temps 
anciens. 

M. Gourdon fait ressortir la liaison qui existe entre cette végé- 
tation toute primitive et la nature géologique des terrains de ces 
îles appartenant presque tous aux couches les plus anciennes. 

M. Ghamayou fait part d'un cas d'albinisme observé sur un 
izard, dans une chasse au Pic-Posets (Espagne), il y a environ 
deux mois ; dans un troupeau de quatre-vingt-cinq de ces ani- 
maux, les chasseurs en ont parfaitement vu un qui se distin- 
guait des autres par sa couleur mi-partie blanche, mi-partie 
brune. 






- 455 — 

Séance du 4 février 18 l î'4. 

Présidence de M. le colonel Belleville. 

La Société a reçu de M. Lavocat, membre honoraire, un 
ouvrage intitulé : Pied d'homme d huit doigts. 

Il est parvenu également : 

Une lettre de M. Dupont qui donne sa démission de membre 
titulaire, pour cause de départ de Toulouse. 

Quatre lettres de M. le directeur du musée d'histoire naturelle, 
accusant réception d'envois d'objets donnés par M me Prince et 
MM. le général de Nansouty, Fouque et Huttier. 

Une lettre de M. le Ministre de l'Instruction publique donnant 
avis qu'une réunion des sociétés savantes aura lieu à la Sorbonne 
au mois d'avril, et demandant le nom des délégués à y envoyer. 

M. de Gréaux, naturaliste à Marseille, présenté par MM. Belle- 
ville et Chamayou, est admis comme membre titulaire. 

11 est ensuite procédé à l'élection d'un membre du conseil 
d'administration en remplacement de M. Gourdon. M. Yzarn, 
ayant obtenu l'unanimité des suffrages, est déclaré élu. 

M. Lassère lit une note au sujet d'une invasion de rats qui a 
eu lieu dans la plaine de Valentine, entre Saint-Gaudens et 
Montréjeau. 

Il l'attribue à l'absence presque complète d'hiver ; la douceur de 
la température a favorisé la reproduction de divers rongeurs qui 
habitent les champs, à tel point qu'on a trouvé dans un de leurs 
terriers vingt jeunes rats appartenant à trois générations. 

Les dégâts causés par ces animaux sont considérables, les 
récoltes étant sérieusement menacées sinon perdues dans la 
vallée. 

Les espèces reconnues par M. Lassère sont au nombre de quatre, 
savoir : le campagnol, le mulot et le rat des moissons, tous trois 
appartenant au genre rat, et enfin le loir-lérot, également de 
l'ordre des rongeurs (Myoxus intela), dont il présente un spécimen 
vivant, destiné au Musée d'histoire naturelle. 

M. Lassère ajoute que le lérot qu'il présente à la Société tombe 
dans un état d'engourdissement lorsque la température est infé- 



150 — 



rieure à 10 degrés au-dessus de zéro, mais se réveille dès qu'elle 
remonte à 15 degrés. Jusqu'à présent, ce lérot n'est pas tombé en 
léthargie (comme cela se produit chaque hiver chez le héri-son 
et la tortue), probablement par suite de l'absence de grands 
froids. 



Séauce du II février 1874. 

Présidence de M. Lacroix. 

La Société a reçu : 

Une lettre de M. Bioche qui envoie trois comptes-rendus de la 
Société géologique. 

Une note de M. Tachard sur la méthode Chervin pour le trai- 
tement du bégaiement (envoi de M. Chervin). 

Une lettre de M. des Gréaux qui envoie son ouvrage sur la 
puissance de Vaile. 

Le programme annuel du concours de la Société archéologique 
du midi de la France. 

M. Bonnal déclare, d'après les renseignements qu'il a reçus, que 
la pétition relative à la carte de France, ne peut être envoyée au 
ministère que directement. 

Après avoir entendu les observations de plusieurs membres, 
il est décidé, que celte pétition sera adressée aux trois ministres 
compétents, ainsi qu'à l'Assemblée nationale; celte dernière sera 
signée individuellement par les membres de la Société. 

Les signatures seront recueillies à la prochaine séance. 

La Société, cependant, croit devoir publier la lettre si instruc- 
tive que le célèbre géographe, M. Levasseur, membre de l'Institut, 
professeur au Collège de France, a cru devoir répondre à M. Bonnal 
sur celte affaire : 

« Monsieur, 

» Je crois, comme la Société d'Histoire naturelle, que 

» les cartes à courbes, lorsque Péchelle est assez grande 

» pour employer avec exactitude ce genre de figuré du 

» relief, sont préférables au point de vue de la topo- 



157 - 

graphie et rendent plus de services aux ingénieurs et 
aux militaires. 

» Le ministère de la guerre a-t-il entrepris de publier 
les minutes au 40,000 e comme la Suisse le fait en ce 
moment pour les levés au 25,000 e et au 50,000 e ? Je 
l'ignore. Elle a fait des essais, très-heureux selon moi, 
de substitutions de la courbe à la hachure sur une por- 
tion de feuille du 80,000 e et à l'aide de la chromolitho- 
graphie. C'est avec la première feuille de l'Algérie, le 
seul travail par courbes à grande échelle, que la guerre 
ait publié à ma connaissance. 

» Je crois que beaucoup de membres de la Société de 
Géographie sont dans le même sentiment, à savoir que 
ces courbes sont une excellente chose. Mais je ne crois 
pas qu'elle se charge de remettre en son nom une péti- 
tion au ministère, parce qu'elle sait que le directeur 
du dépôt de la guerre est parfaitement au courant de la 
valeur qu'ont les courbes pour figurer le terrain, et que 
pour refaire — ce qui serait désirable à plusieurs points 
de vue — la carte de Fétat-major, il faudrait des mil- 
lions. C'est à l'Assemblée nationale qu'il faudrait 
l'adresser et il serait bon que, dans quelques dépar- 
tements, les Conseils généraux donnassent l'exemple. 
» Veuillez agréer, monsieur, l'expression de mes sen- 
timents les plus distingués. 

» E. Levasseur. » 
Paris, 30 décembre 1873. 



M. Marquet dépose sur le bureau do la Société la troisième 
partie de son catalogue des Coléoptères de la région ; cette partie 
comprend la famille des brachèlxjtres, qui composait autrefois le 
genre staphijlin de Linné. Tout le monde connaît ces singuliers 
animaux cbez lesquels l'abdomen n'est pas recouvert par les cly- 
tres, ce qui leur donne une physionomie larvaire ; cet abdomen 
est terminé par deux petites glandes qui émettent, quand on les 
irrite, une humeur acre; de plus, cet abdomen est doué d'une 



— 458 - 

grande mobilité et se relève facilement en faisant saillir les 
glandes anales, qui leur servent comme moyen de défense pour 
écarter leurs ennemis -, d'autrefois, ils s'en servent pour faire 
rentrer leurs ailes membraneuses sous les clytres. 

Le catalogue de M. Marquet contient cent quatre-vingt-deux 
espèces de staphylins répartis dans deux familles, la plupart sont de 
très petite taille, aussi est-ce par la chasse au crible et dans le s 
détritus humides, sur les bords des rivières ou de la mer, que 
M. Marqueta fait ses meilleures trouvailles. 

MICROPEPLIDtE. 

Mieropepltis , Latr. 

porcatus, Payk Languedoc! Pas commun. Dans les détritus des 

inondations, 
fui vus, Erichs Toulouse ! Trouvé quelquefois sous des pierres 

adossées à des meules de paille. — Assez rare, 
staphylinoides, Marsh. . Toulouse ! Je n'ai trouvé que deux exemplaires de 

cette rare espèce dans un bolet. — Carcassonne 

(M. Gavoy). 

STÀPHYLINIDjE. 

PIESTI. 

Glyptoma, Erichson. 

corticinus, Molsch. . . . Toulouse! Rare dans les vieux troncs d'ormes, à 
Balma. 

PROTINI. 

Phlceobium, Erichs. 

clypeatum, Mûll Languedoc ! En fauchant sur les fleurs dans les 

prairies. 

Megarthrus , Stephens. 

depressus, Payk Languedoc ! Sous les plantes pourries ; dans les 

détritus des inondations. 



— 459 — 

affinis, Mill Languedoc! Avec ce dernier; plus commun. 

denticollis, Beck Toulouse ! Dans les mousses, au pied des verbas- 

cum. Rare, 
sinuatocollis, Lacord . . Toulouse ! Forêt de La Ramette ; en battant les 

fagots. Rare, 
hemipterus, Illig Languedoc (M. Fauvel , F. G. Rh. ),; dans les 

bolets. Commun. 

Protinus, Latreille. 

limbatus, Msekl Carcassonne. Rare (M. Gavoy). 

ovalis, Sleph Languedoc ! Sous les détritus et au pied des plantes 

brevicollis, Erichs. Commun. 

brachypterus, Fabr. . . . Toulouse ! En fauchant dans les prairies du Cal- 
vaire. Pas rare. 

macropterus, Gyll. . . . Toulouse ! Dans les bolets et les détritus des 
plantes. Pas commun. 

HOMALINI. 

Anthobium , Stephens. 

atrum, Heer Toulouse! En battant les aubépines et les prunel- 
liers. Rare Carcas?onne (M. Gavoy). 

torquatum, Marsh. . . . Toulouse ! Sur l'aubépine, le saule, les genêts. 
Pas commun. 

ophthalmicum, Payk. . . Toulouse ! En fauchant dans les prairies. Assez 
rare. 

minutum, Fabr Languedoc ! idem. idem. 

Homaiium , Gravenh. 

rufulum, Erich Toulouse ! Rare; en battant des fagots. Carcassonne 

(M. Gavoy). 
distincticorne , Baudi.. . Cette (M. de Germiny); en février, 
rufipes, Fourc Toulouse! En fauchant dans les bois. Rare. Plus 

commun à Carcassonne (M. Gavoy). 
vile, Erichs Toulouse ! Assez rare. — Sous les écorces, les 

mousses, 
concinnum, Marsh. . . . Toulouse! idem. Dans les détritus des 

inondations. 

planum, Payk idem. idem. idem. 

monilicorne, Gyllenh.. . Béziers ! Un seul exemplaire trouvé à l'étang de 

Yendres. 



- 160 - 

pusillam, Gravenh.. . . Toulouse! Pas commun. Dans les détritus des 

inondations. 

deplanatum, Gyll Cette (M. Mayet). 

oxyacanlhae, Gravenh. . Toulouse! Pas commun. En fauchant dans les 

prairies sèches. Cette (M. Mayet). 
eœsum, Gravenh Béziers ! Pris une fois en grand nombre sous le 

liber d'un vieux peuplier. Toulouse ! dans les 

détritus, 
excavatum, Steph . . . . Languedoc (M. Fauvel, F. G. Rb.). Dans les 

détritus des inondations. Assez rare. 
Allardi, Fairm. et Bris. . Toulouse ! Sous des plantes pourries. Très-rare. 

Cartassorme ( M. Gavoy). 
impar, Muls 1 . et Rey . . Cette (M. Mayet). Dans les fucus, 
riparium, Thomps. . . . Béziers ! Deux exemplaires pris dans des algues 

marines. Cette (M. Mayet). 
rivulare, Payk Languedoc ! Très-commun en fauchant dans les 

prairies. 

Boreaphilus , Sahlberg. 

velox, Heer Carcassonne (M. Mabille). Très-rare. 

Pliiloi'inum , Kraatz. 

sordidum, Steph Languedoc ! Sur les fleurs des genêts. Pas rare. 

humile, Erichs. 

Olophrum , Ërichson. 

piceum, Gyll Montpellier (M. de Saulcy). 

restera, Latreille. 

Fairmairei, Fauv Languedoc! Bords des cours d'eau, sous la mousse 

immergée. Assez commun. 

fontinalis, Kiesw Toulouse! Un exemplaire; avec ce dernier. 

Pandellei, Fauvel Carcassonne (M. Mabille). Sous les feuillets des 

rochers, près des cascades, 
longaelylra, Goeze. . . . Languedoc! Très -commun sous la mousse et sous 
bicolor, Fabr. les pierres au bord de l'eau. 

Geodromicus, Redtcnbacher. 

plagiatus, Erichs Toulouse ! Très-rare 5 au bord de la Garonne, à 

Tounis. 



— 161 — 

Anthophagus, Gravenh. 

przeustus, Mùll Toulouse! En battant les chênes, et dans les 

détritus des inondations. Pas rare. 

OXYTELI. 
Deleaster , Erichson. 

dichrous, Gravenh. . . . Toulouse ! Très-commun, -parfois, dans les détritus 
des inondations de la Garonne. 

Planeustomus, Jacq. Duval. 

Kahri , Kraatz Montpellier (M. Lethierry). 

Coprophilus, Latreille. 

striatulus, Fabr J'ai trouvé deux exemplaires de cette espèce à 

Toulouse, dans les alluvions de Tounis. 

Pholidus, Muls 1 . et Rey. 

insignis, Muls*. et Rey, . Un exemplaire de cette rare espèce a été pris par 
M. Gavoy, près de La Nouvelle (Aude), dans 
la boue liquide, au bord da l'étang. 

Thinobius , Kiesenw. 

linearis, Kraatz Toulouse ! avec le suivant ; assez rare. 

longipennis, Heer. . . . Toulouse ! Pas rare dans les détritus des inonda- 
tions. 

Ancyrophorus , Kraatz. 

hoinalinus, Erich Excessivement commun à Toulouse! Sur les talus 

humides des bords de la Garonne ; sous les 
pierres et dans les détritus des inondations. 

ilexuosus , Muls 1 . et Rey. Toulouse ! Avec ce dernier , mais beaucoup plus 
rare. 

Trogophiœiis , Mannerh. 

dilatatuSj Erich Toulouse ! Commun ; on le trouve avec les Ancy- 
rophorus et autres petits staphylinides, dans le 
chevelu des racines , contre les tertres humides 
de la Garonne. 

42 



162 - 



distinctus, Fairm. 
plagialus, Kiesw. 



bilinealus, Steph. . . 
Erichsonis, Sharp. . 
anthracinus, Muls 1 . et Rey 
memnonius, Erichs. 

fuliginosus, Gravenh. 
corticinus, Gravenh. 
nitidus, Baudi. . . . 



punctipennis, Kiesw. 
despeetus, Baudi, . . 
exiguus, Erichs. . . 
halophilus, Kiesw. . 
pusillus, Grav. . . . 
tenellus, Erichs. . . 



Toulouse ! Dans les détritus des inondations. Assez 

commun. 
Toulouse ! Garcassonne, Béziers ! Sous les pierres 

presque immergées et dans les détritus au bord 

des rivières. Pas rar-e. 
Languedoc ! Avec Trogophlœus distinctus. Commun. 
Languedoc ! Très-commun, avec ce dernier. 
Aude. Celte (M. Fauvel). 
Béziers (M. Fairmaire), Mirevâl (M. Mayet) ; sous 

les feuilles sèches. 
Toulouse ! Dans les détritus des inondations. Rare. 
Languedoc ! idem. commun. 

Hérault. Rare ( V. Kiesenwetter ) , Mireval (M. 

Mayet), sous des feuilles sèches. 
Béziers. (V. Bruck). 
Béziers. (de Saulcy). 

Toulouse ! Dans les détritus des inondations; rare, 
La Nouvelle (M. Lethierry). 
Languedoc ! Dans les détritus des inondations; rare, 
idem. idem. très-commun. 



Haploderus, Steph. 



cœlatus, Grav. 



Toulouse! Carcassonne (M. Gavoy), sous le:- 
détritus végétaux. Pas commun. 



Oxytelus , Gravenh. 



rugosus, Fabr. 



pioeus. Linn. . . . 
sculptus , Gravenh. 
inustus, Gravenh. 



sculpturatus, Gravenh. 
nitidulus, Gravenh. 
complanatus, Erich. , 
speculifrons, Kraatz. 
tetracarinatus, Block. 
hamatus, Fairm. . . , 



. Languedoc ! Très-commun dans les bouses et sous 

les plantes pourries 
. Languedoc ! môme habitat. 

idem. Commun dans les détritus végétaux. 

idem. Excessivement commun dans toutes 

les matières animales et végétales en 
décomposition. 

idem. Mômes mœurs ; môme habitai. 

idem. idem. idem. 

idem. idem. idem. 

. Béziers. Cette. Montpellier (M. Mayet). 
. Languedoc! Commun. Sous les feuilles sèches. 
. Toulouse ! Dans les végétaux décomposés et dans 

les crottins de sus et de mouton. 



- 163 — 

Piatystethus, Mannerheim. 

arenarius, Fourc Languedoc ! Dans les crottins , les bouses et dans 

morsitans, Payk. le sable, où il se creuse des terriers à la manière 

des Bledius. Commun, 
cornutus, Gravenh.. . . Languedoc ! Mœurs et habitat de ce dernier. Tr. c. 

spinosus, Erichs idem. idem. idem. assez rare. 

nitens, Sahlb idem. idem. idem, très-commun. 

Bledius, Mannerheim. 

taurus, Germ Celte (M. Mayet); dans le sable, au bord de 

l'étang de Tbau ; Carcassonne (M. Gavoy), 
rare. 

bicornis , Germ Cette, Balaruc (M. Mayet); assez commun dans le 

sable du rivage. 

unicornis, Germ.. . . . Toulouse! Très rare ; dans le sable au bord de la 

monoceros, Rosenh. Garonne. Vendres (M. Mayet). Cette! La Nouvelle ! 

Je l'ai pris en quantité en fouillant le sable. 

tricornis, Herbst .... Cette. (M. Mayet). Commun au salin de Villeroy. 

Graellsi, Fauv Cette. (M. Mayet), avec ce dernier. 

speclabilis, Kraatz. . . . Commun à Béziers ! Dans le gravier et sous les 
détritus de l'étang de Vendres. 

verres , Erichs Très-coramun dans le sable au bord des flaques 

d'eau, sur le littoral,, à Vias ! (Hérault). 

tristis, Aube La Nouvelle ! dans le sable de i'étang 5 pas com- 
mun. Béziers ! 

subterraneus, Erichs. . . Toulouse ! un exemplaire trouvé dans une inonda- 
tion de la Garonne. 

atricapillus, Germ. ... Un exemplaire pris par nous à Toulouse. Carcas- 
sonne (MM. Gavoy et Mabille). Rare. 

nantis, Erichs Cette (M. Mayet). 

opacus, Block Très-commun à Toulouse ! Dans le sable humide, à 

Tounis. 

pusillus, Erichs Toulouse ! Béziers ! Dans les détritus, au bord des 

cours d'eau ; rare. Carcassonne (M. Gavoy). 

longulus, Erichs Toulouse! Béziers! Dans les détritus des inon- 
dations. Commun. 

cribricollis, Héer. , . . . Un exemplaire trouvé à Carcassonne par M. Gavoy. 

dissimilis, Erichs Toulouse! Très-commun dans le sable humide, à 

Tounis. Carcassonne (M. Gavoy). 

fracticornis , Payk. . . . Toulouse ' Très-commun dans les détritus au bord 
de l'eau, et dans le sable. 



— 164 - 

oyy|ioius. Fabr. 

rufus, Linn Languedoc ! surtout à Toulouse, daus les bolets ; 

très-commun. 

STENI. 

Evœsthetus, Gravcnli. 

rnlicapillus, Lacord. . . Toulouse ( M. Lcspés ). 

Diauous, Samouelle. 

cœrulescens, Gyllenh.. . Pas commun à Toulouse! dans les détritus des 
inondations. 

Stcnus, Latreille. 

bigiittatus , Linn Toulouse! assez commun; courant sur le sable 

humide, à Tounis. 
bipunctatus, Erichs. . . Languedoc (M. Fauvel , F. G. Rh) ; avec le 

précédent. Je le prends rarement, 
ocellatus , Fauv Toulouse! très-rare, dans les détritus, au bord de 

la Garonne. 

longipes, Heer Cette, Béziers (M. Mayet). Toulouse ! Rare. 

guttula, M il 11 Languedoc ! Excessivement commun sur les tertres 

humides des cours d'ean. 
oreophilus,, F. et Ch. Bris. Béziers ! un seul individu. Carcassonne! (M. Gavoy) 

Montpellier. (M. Fauvel) sur le sable; très-rare, 
incanus, Erichs Carcassonne (M. Gavoy) ; rare; sur le sable , au 

bord de l'Aude. 

nanus, Steph Languedoc; assez rare (M. Fauvel, F. G. Rh.) 

declaratus, Erichs. 

stigmula, Erichs Carcassonne (MM. Gavoy et Mabille) ; rare. 

bimaculatus, Gyllenh. . Toulouse (M. Gonthier) ; un seul exemplaire. 

clavicornis, Scop Languedoc ! Commun à Toulouse sous les pierres et 

speculator, Lacord. dans les détritus végétaux. 

providus, Erichs idem. idem. idem. 

Rogeri, Kraatz 

Juno, Fabr idem. assez rare; idem. 

ater, Mannerh Cette , Béziers ( MM. Mayet, Fauvel ) ; sous les 

débris végétaux, les pierres, etc. 
longilarsis , Thonis. . . . Montpellier (M. Mayet) ; très-rare; au bord des 

étangs et des ruisseaux. 



- 165 — 



intricatus, Erichs. . . . 
circularis, Gravenh. . . 

pusillus, Steph 

inerassatus, Erichs. . . . 
buphthalmus , Gravenh. 



Languedoc ! Très-commun à Béziers, eQ battant 
les roseaux déposés sur le bord des étangs. 

Languedoc ( M. Fauvel , F. G. Rb. ). Sous les 
débris des végétaux. Toulouse ! un exemplaire. 

Toulouse ! Rare ; sous les mousses humides et sous 
les détritus. 

Languedoc (M. Fauvel, F. G. Rh.) ; au bord des 
étangs, des canaux, etc.; assez rare. 

Toulouse ! Carcassonne , sous les détritus végé- 
taux; assez commun. 

Languedoc. (M. Fauvel, F. G.Rh.) ; sur la vase, 
les altérissemenls ; assez rare. 



melanarius, Steph. . . 
insequalis, M.etRey. 
cineraseens, Erichs. 
canaliculatus, Gyll. . . . idem. idem. assez commun, 

melanopus, Marsh. . . . Toulouse ! Béziers ! Sous les pierres et les détritus 

nitidus, Lacord. des inondations. Pas commun, 

atratulus , Erichs. . . . Montpellier (M. Mayet) ; au pied des roseaux et 
sous les détritus végétaux. Assez rare. 

morio, Gravenh Béziers ! Toulouse ! Dans les marais , sous les 

débris végétaux. Rare. Cette (M. Mayet). 
fuscipes, Gravenh. . . . Languedoc ! Sous les détritus des inondations. 
Commun. 

crassus, Steph Toulouse ! Deux exemplaires sous les pierres. 

crassiventris, Thomps. 

Argus, Gravenh Béziers ! Sous les débris végétaux ; au pied des 

arbres. Rare, 
brunnipes , Steph. . . . Toulouse ! Dans les détritus, sous les pierres au 

unicolor , Erichs. bord de la Garonne. Assez rare, 

latifrons, Erichs. .... Languedoc (M. Fauvel, F. G.Rh.); sous les 
débris végétaux au bord des étangs. Assez rare. 

paganus, Erichs idem. ( idem. ); dans les détritus. 

Pas commun. 

tarsalis. Ljung Toulouse! Carcassonne (M. Gavoy). Très-commun 

sur la vase et sous les détritus végétaux. 

similis , Herbst idem. fort commun sous les pierres, dans les 

endroits humides. 

solutus , Erichs idem. avec ce dernier, mais plus rare. 

cicindeloïdes , Schall. . . idem. Yendres ! Sous les débris végétaux et 

sous les pierres. Rare. Cette (M. Mayet). 
fornicatus , Steph. . . . Béziers ! Assez commun à l'étang de Vendres, en 

contractus, tërichs. battant les roseaux coupés. Rare à Toulouse, 

canescens, Rosenh. . . . Languedoc ( M. Fauvel , F. G. Rb. ) ; sur les 
roseaux et les feuilles mortes. Rare. 



- 166 - 

pubescens , Sleph. . . . Languedoc! (M. Mayet) ; au pied des roseaux. 

subimpressus , Erichs. Rare à Béziers ! 
salinus, Ch. Bris 1 . . . . Etang de Vendres près Béziers (M. Mayet), Yiasl 
Dans les roseaux. Rare. 

binotatus, Ljung Languedoc (M. Fauvel, F. G. Rh. ) ; mœurs de 

ce dernier. Commun. Cette (M. Mayet). 

pallitarsis, Steph Cette (M. Mayet). 

plantaris, Erichs. 

picipes, Steph Languedoc (M. Fauvel , F. G. Rh. ). Sous les 

rusticus , Erichs. pierres et les débris végétaux. Pas commun, 

nitidiusculus, Steph. . . Toulouse ! Dans les détritus des inondations. Très 
tempestivus , Erichs. rare. 

flavipes , Steph Toulouse! Assez commun en fauchant dans les 

filum, Erichs. bois, 

cordatus, Gravenh. . . . Béziers! trois exemplaires trouvés sous des pierres 
à Terre-Blanche. 

hospes, Erichs Montpellier (V. Kiesenwelter). 

politus, Aube Toulouse ! En fauchant dans les bois. Rare. 

elegans, Rosenh Montpellier (M. Mayet), Carcassônne (M. Fauvel). 

Rare. Toulouse ! Détritus des inondations, 
subseneus, Erichs. . . . Languedoc! Assez commun sous les pierres et les 
détritus. 

aerosus, Erichs Béziers! Carcassônne (M. Gavoy ) , en fauchant 

aceris , Steph.. dans les prairies. Commun, 

irnpressus , Germar. . . Toulouse! Au pied des plantes et sous les mousses 
humides. Pas rare. 

ossium, Steph Béziers! Assez commun sous les pierres, en hiver, 

impressipennis, J. Duv. au quartier dit de Terre -Blanche, 
pallipes, Gravenh. . . . Toulouse ! Rare ; dans les détritus des inonda- 
tions, 
fuscicornis , Erichs. . . . Languedoc. (M. Fauvel, F. G. Rh. ) ; sous les 
pierres au bord des étangs. Assez rare. 

Erichsonis, Rye Toulouse ! Assez rare ; en fauchant dans les bois 

flavipes, Erichs. humides. 

PjEDERI. 

Similis, Stephens. 

anguinus, Brullé Montpellier (M. J. Duval) ; sous les pierres. Très 

rare, 
filiformis, Latr. . . .'. Espèce très-commune dans tout le Languedoc! 

Sous les plantes, dans les fagots, sous les pierres, 
pulchellus , Heer. . . . Carcassônne (M. Gavoy). 



— 167 - 

bimaculalus, Erichs. . . Béziers ! Dans les roseaux desséchés. Commun. 

Carcassonne (M. Gavoy). 
intermedius, Erichs. . . Toulouse ! Très-rare ; dans les détritus. Béziers ! 
un seul exemplaire. 

gracilis , Payk Languedoc ! Extrêmement commun sous les pierres, 

anguslatus , Payk. les débris végétaux, les mousses, etc. 

Stilicus , Latreille. 

subtilis, Erichs Languedoc (M. Fauvel^, F. G. Rh.); sous les 

pierres et les détritus végétaux. Assez rare. 

rufipes, Germ idem. idem. idem. 

similis, Erichs Toulouse! Dans les détritus des inondations et 

sous les pierres. Assez rare. 

affinis , Erichs Béziers! Montpellier (M. Mayet). Pas commua. 

orbiculatus, Payk. . . . Languedoc (M. Fauvel, F. G. Rh.). Habitat des 

précédents. Très-commun, 
fragilis , Gravenh. . . . Béziers ! Toulouse ! Sous les pierres , dans les 

fagots. Pas commun, 
festivus, Muls 1 . et Rey. . Languedoc ! Dans les détritus des inondations. 

Rare. 

Scopseus, Erichs. 

gracilis, Sperk Carcassonne (M. Gavoy). Dans les détritus au bord 

Erichsonis, Kol. de l'Aude. Toulouse! Au pied des plantes; tr. -rare- 

sericans, Muls 1 et Rey. . Béziers ( Fairmaire ). Sur le sable , au bord de 

l'Orbe 
laevigatus , Gyll Languedoc ! Sous les débris végétaux, les pierres. 

Rare, 
longicollis. Fauvel. . . . Carcassonne (M. J. Duval). 
didymus, Erichs. . . . Toulouse! Carcassonne (M. Gavoy ) , Frontignan 

(M. Mayet). Dans les détritus, au bord del t eau. 

Rare. Béziers ! 
rubidus , Muls 1 . et Rey. Toulouse ! Carcassonne ( M. Gavoy). Habitat de 

ce dernier. Très commun aussi à Béziers ! 
cognatus, Muls 1 et Rey. Haut-Languedoc (M. Fauvel, F. G. Rh.). Sous les 

pierres, les débris végétaux , etc. Rare, 
sulcicollis, Steph. . . . Languedoc (M. Fauvel, F. G. Rh.). Habitat du 
minutus, Erichs. précédent. 

Lithocharis, Lacordaire. 

castanea , Gravenh. . . Narbonne ! Un seul exemplaire sous une pierre- 



— 108 — 

fuscula , Mannh Languedoc! très-rare; sous les débris végétaux , 

les pierres , etc. 
ripicola , Kraatz Toulouse! Carcassonne ( M. Gavoy). Pas commun 

dans les détr.tus végétaux et sous les pierres, 
ochracea, Gravenh. . . Languedoc! Très-commun sous les pierres et les 

détritus des inondations, 
obsoleta, Nordm Toulouse! Rare; dans les débris végétaux. Cette 

(M. Mayet). 
brunnea, Erichs Languedoc (M. Fauvel , F. G. Rh. ). Sous les 

feuilles mortes. Rare, 
nigritula , Erichs. . . . Béziers ! Commun à l'étang de Vendres. Toulouse! 

Rare ; dans les détritus végétaux, 
propinqua, Ch. Bris. . Languedoc ( M. Fauvel, F. G. Rh. ). Dans les 

débris végétaux , sous les pierres , etc. Assez 

rare, 
ruticollis , Kraatz. . . . idem. idem. idem, 

melanocephala, Erichs. 

vicina, Ch. Bris Béziers ! Celte (M. Mayet). Dans les détritus. 

melanocephala, Fabr.. . Languedoc! Très-commun. Habitat de ces derniers, 
gracilis Rey Agde (M. Mayet); sous de grosses pierres enfon- 
cées. 
Aveyronensis , Mathan. . Agde (M. Mayet); sous des pierres profondément 

enfoncées dans les terrains humides. Béziers! 

trois exemplaires pris sous des pierres à l'étang 

de Vendres. 

Piederus, Fabricius. 

gregarius , Scop Toulouse ! Très-commun sous les plantes , les 

littoralis , Grav. feuilles, les pierres. Agde (M. Mayet). 

riparius, Linn Agde (M. Mayet); sous les débris végétaux, les 

mousses humides. Assez rare, 
caligatus , Erichs. '. . . Languedoc! Assez commun sous les pierres , les 
détritus végétaux. 

fuscipes , Curt Languedoc ! Très-commun toute l'année au pied 

longipennis, Erichs. des arbres et dans les débris végétaux , surtout 

dans les marais. 

rufieollis, Erichs Languedoc! excessivemement commun sur le gra- 

longicornis, Aube. vier, la vase, les détritus. 

Dolicaon , Caste! n au. 

biguttulus , Lacord.. . . Béziers! Très-commun à l'étang de Vendres dan* 
les débris végétaux. 



169 - 



Lathrobium, Gravenh. 

elongalum, Lin Languedoc! Sur la vase,, au bord des eaux, dans 

les détritus des inondations. Commun. 

geminum , Kraatz. ''. . . Languedoc (Fauvel, F. G. Rh.). Habitat du pré- 
cédent. 

fulvipenne, Gravenh. . . Toulouse ! Rare. Avec ce dernier. 

dividuum , Erichs. . . . La Nouvelle ! Trois exemplaires trouvés en juin 
sous des pierres., dans les terrains sablonneux et 
salés. 

labile 1 , Erichs Béziers ! A l'étang de Vendres , sous les débris 

végétaux. Pas commun. 

multipunctum, Grav. . • Languedoc ! Très-commun sous les pierres et dans 
strialopunctatum, Kiesw. les détritus des inondations. 

quadralum , Payk. . . . Languedoc ! Pas commun ; dans les débris 
terminatum, Grav. végétaux et sous les pierres, dans les étangs. 

pallidum , Nordm. . . . Toulouse! Deux exemplaires dans les détritus de la 
Garonne. 

bicolor, Erichs Toulouse ! Rare. Même habitat que ce dernier. 

Carcassonne (M. Fauvel). 

angusticolle, Lacord. . . Toulouse ! Avec ces deux derniers. Rare. 

picipes, Erichs Béziers! Toulouse! Assez rare ; dans les débris 

végétaux. 

lusitanicum , Gravenh. . Languedoc ! dans les détritus des inondations. 
Assez rare. 

Scimbalium , Erichs. 

planicolle, Erichs. . . . Toulouse! Au bord du Touch , dans les détritus. 

Pas commun, 
testaceum , Erichs. . . . Montpellier (Rey). Agde (Fauvel). Béziers ! Sous 

les pierres et au pied des plantes Rare, 
pubipenne, Fairm. . - . Réziers (Ch. Bris 1 .) , Aude (Fauvel). Habitat du 

précédent. Très -rare, 
longicolle, Rey Agde (M. Mayet). Sous degrosses pierres enfoncées. 

Aclienium, Curtis. 

depressum, Gravenh. . . Languedoc! Commun sous les détritus végétaux et 

sous les pierres, 
ephippium, Erichs. . . . Béziers! Dans les étangs. Montpellier (M. Mayet). 
humile, Nicol Béziers ! Pas rare à l'étang de Vendres en secouant 

les roseaux secs. 



- 170 — 

rufulum, Fairm Languedoc ! Sous les pierres el les détritus au bord 

des eaux. Très-rare, 

( i > ptobium , Maunerh. 

glaberrimum, Herbst. . . Languedoc ! Commun sous les pierres et les débris 
fraclicorne, Payk. végétaux. 

La variété Jacquelini, Boield. se trouve surtout à Yias, près du littoral. 



fulvipennis , Fabr. . . 

myrmecophilus, Kiesw. 

lœviusculus, Steph.. . . 
punclipennis, Lacord. 



STAPIIYLINI. 

Othius , Stephens. 

. Languedoc (M. Fauvel , F. G. Rh. ). Sous les 
pierres et les débris végétaux. Très-rare. 

idem. idem. Sous va mousse, 

les feuilles mortes, au pied des arbres. Très-rare. 

idem. idem. Sous les feuilles 

mortes, les écorces, les détritus; parfois avec les 

fourmis. Rare. 



Leptacinus, Erichson. 



parumpunctatus, Gyll. 

batychrus, Gyllenh. . 

linearis, Gravenh. 
formicelorum, Mœrk. . 



Languedoc (M. fauvel", F. G. Rh. ). Sous les 
pierres et les débris végétaux. Très-rare. 

Réziers ! Dans les détritus des inondations de l'Orb. 
Pas commun. Cette (M. Mayel); dans les salins. 

Languedoc (M. Fauvel, F. G. Rh.). Dans les bois, 
avec des fourmis. Rare. 

Leptolinus, Kraatz. 



nothus , Erichs. 



Toulouse ! Béziers ! et le reste du Languedoc. Assez 
commun sous les débris végétaux , au bord des 
cours d'eau. 



Xantholinus, Serville. 

fulgklus, Fabricius. . . . Languedoc ! Sous les pierres , les feuilles mortes, 

les détritus. Commun. 

idem. Habitat de ce dernier et aussi commun. 
. Béziers! Toulouse! Pas rare. 
. Languedoc ! Assez commun au pied des plantes , 

sous les pierres et les détritus des inondations. 
. Béziers ! Se trouve avec le Punctulatus et est aussi 

commun. 



punctulatus, Payk. . 
glabralus, Gravenh. 
tricolor, Fabricius. . 

linearis, Fabr. . . . 



Soc.lnst.nat. de Toulouse 

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Poissons ter 



1874. PL. I 



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Imp.Becq-aet,Taris. p.v. 



res d'Auvergne 



- 171 — 

Sur une observation de M. !e colonel Bellevilie, la Société 
décide que le nom de M. le Ministre de la marine sera ajouté à 
ceux auxquels la pétition concernant la carte de France doit être 
adressée. 

M. Ë. Cartailhag analyse l'ouvrage de M. Delesse, sur h litho- 
logie du fond des mers, que la Société a reçu en don du ministère 
de l'instruction publique. 

II insiste principalement sur la partie de ce remarquable travail 
intitulée : France aux différentes époques géologiques ; et il démon- 
tre combien M. Delesse a raison de parler des difficultés que ren- 
contre la restauration des mers anciennes. 



Séance du 18 février 1874. 

Présidence de M. Cartailhac. 

La Société a reçu : 

Une lettre de M. Rey-Lescure demandant à être inscrit comme 
délégué a la réunion des Sociétés savantes à la Sorbonne. H est 
fait droit à cette demande. 

MM. Lacroix, D r Garrigou etChamayou sont également inscrits 
comme délégués. 

M. Monclar, présenté par MM. G. de Malafosse et Trutat, est 
admis comme membre titulaire. 

M. H E. Sauvage adresse à la Société le travail suivant ; 

Notice sur les Poissons tertiaires de. l'Auvergne. 

Les poissons tertiaires de l'Auvergne ont été signalés 
pour la première fois par Agassiz, dans son travail clas- 
sique sur les Poissons fossiles. Le savant éminent dont 
la science déplore la perte récente, décrit dans les lignites 
de Menât, les Aspius Brongniartij Perça angusta et Cyclu- 
rus Valenciennesi. En 1843, Yiquesnel notait à la Société 
de géologie, que dans les bancs de marne grise feuille- 
tée, légèrement verdâtre du pont de Mesdames, près de 



— 172 — 

Gusset, dans l'Allier, se trouve un poisson que Valen- 
ciennes et Laurillard classent dans la famille des Percoi- 
des et rapprochent du genre Myriprislis (1); celte espèce 
n'a pas été retrouvée à notre connaissance. M. Gervais 
indique à Menât, outre les trois espèces étudiées par Agas- 
siz, un Smerdis, très voisin du Suerdis minutus, Ag.; 
dans le terrain tertiaire du Puy-de-Dôme, les Lebias per- 
pusillus et Lebias cephalotes ; à Chadrat, une espèce nou- 
velle, Acanthopsis acuius ; à Vichy, d'après Viquesnel, 
ou à Gergoria, d'après M. Pomel, la Perça lepidota, ou 
une espèce nouvelle appartenant au même genre ('£). 
Outre ces différentes espèces, M. Pomel cite en Auvergne 
deux genres nouveaux, appartenant à la famille des Cypri- 
noïdes, les genres PœciJops et Cobitopsis, ce dernier, iden- 
tique au genre Acanthopsis de M. Gervais (3). D'autre part, 
M. Aymard mentionne sous Se nom de Pachystctus gregatus 
les poissons des marnes de Ronzon (4), poissons que l'on 
doit rapporter.au genre Lebias, et que nous avons en 1869 
désignés sous le nom de Lebias Ay mardi. 

Malgré les travaux auxquels a donné lieu la faune 
ichthyologique de l'Auvergne, nous avons pensé qu'il pou- 
vait être utile de la soumettre à un nouvel examen ; cette 
étude nous a été possible, grâce à l'extrême obligeance de 
notre ami M. E. Oustalet. Plusieurs de ces espèces ter- 
tiaires ont été confondues ; c'est ainsi que le Lebias du 
calcaire marneux de Ronzon, quoique voisin du Lebias 
des marnes d'Aix en Provence, s'en distingue cependant 
facilement; il en • est de même de l'espèce du Puy-de- 
Corent, que tous les paléontologistes ont rapportée au 

(1) Note sur les environs de Vichy, département de l'Allier (Bull, 
soc. géol. de Fr. -I^sér., t. XIV, 1843, p. 145. 

(2) Zool. et paléont. fr. 1 rc éd. exp)., p. 9. — 2^ éd., p. 513. 

(3) Catal. descriptif, des vertébrés fossiles du bassin supérieur de la 
Loire. 

(4) Note sur les poissons du calcaire de Ronzon, près le Puy en Velay 
{Bull. soc. géol. de Fr., 2csér., t. XXVI). 



— 173 - 

Lebias cephalotes, mais qui doit constituer un type nou- 
veau, que nous proposerons de nommer Lebias stenoura. 

Ces trois Lebias, L. cephahtes, L. Aymardi (L. gregatus), 
L. stenoura, se rattachent intimement l'un à l'autre; 
Aix«, Ronzon et Corent paraissent, du reste, former les 
termes successifs d'une même série géologique. Quant à 
Menât, il serait supérieur aux trois formations que nous 
venons de mentionner et appartiendrait, d'après M. 0. 
Heer (1)à l'étage Aquitanien, se plaçant au même niveau 
que le calcaire à Hélix de Hocheim, et que les forma- 
tions des lignites inférieures de Hode Rhonen et de Monod 
Pandex, en Suisse. 

En ne tenant compte que de la faune ichthyologique, il 
est assez difficile de se faire une idée exacte des condi- 
tions dans lesquelles se sont déposés les calcaires mar- 
neux de Ronzon et de Corent ; il est à présumer toutefois 
qu'ils se sont formés dans des eaux peu profondes, ainsi 
que le pense M. E. Oustalet, d'après l'étude de la faune 
entomologique des mêmes gisements. Cet auteur suppose 
« que la formation du Puy-de- Corent est moins une forma- 
tion lacustre qu'une formation palustre, à laquelle ont 
contribué pour une large part les sources calcarifères et 
bitumineuses (â). » On peut remarquer que les Lebias ne 
se trouvent que dans les assises calcaires, tandis que le 
Cobitopsis semble particulier au dusodyle, du même âge, 
d'ailleurs, que le calcaire. Or, les Lebias ne vivent que 
dans les eaux limpides, tandis que les Loches, dont se 
rapprochent les Cobitopsis, préfèrent les eaux bourbeuses 
et s'enterrent fréquemment dans la vase. On doit dès 
lors penser que les Lebias habitaient les petits ruisseaux 
qui se déversaient dans le marais de Corent, ou vivaient 
dans les petits étangs, mais alors tout près de la surface. 



(1) Climat et végétation du pays tertiaire. 

(2) Mémoire sur les insectes fossiles des terrains tertiaires de la 
France (Ann. se. géol., t. II, 1871). 



— 174 - 

Les Gobitopsis se tenaient dans les parties plus fangeu- 
ses; les petits cours d'eau grossis par les pluies d'orages 
ou les bords du lac, balayés- par les eaux pluviales, lors 
de fortes averses, pouvaient, du reste, amener dans le 
fond du lac des débris de végétaux, qui se décomposant 
et se mélangeant au limon, ont dû, par la pression, se 
transformer en cette matière noirâtre et bitumineuse , 
que l'on nomme le dusodyle. L'habitat différent des Lebias 
et des Gobitopsis rend parfaitement compte des conditions 
dans lesquelles à Corentse trouvent les deux genres. 

a Quant aux ligniles de Menât , leur structure seule 
dénote leur origine. Leur mode de formation devait être 
à peu près le même que celui de la tourbe, tel qu'on peut 
l'observer de nos jours, soit dans la vallée d'Urbés, près 
de Saint-Amarin (Haut- Rhin), soit au Narbief, sur le 
plateau du Bussey (Jura). Supposons que les eaux de la 
vallée de Menât, au lieu de s'écouler librement..., aient 
rencontré dans leurs cours, à l'issue même de la vallée, 
un obstacle, une digue naturelle ; elles se sont accumu- 
lées dans la dépression creusée au milieu des micaschis- 
tes, et n'ont pas tardé à former un petit étang, autour 
duquel s'est développée une végétation luxuriante. Peu à 
peu l'argile arrachée aux roches environnantes par les 
pluies torrentielles, et les débris provenant des plantes 
qui croissaient sur les bords, ont exhaussé le fond du 
bassin, et, grâce à ces matériaux étrangers et à Pévapo- 
ration qui s'est activée pendant la saison chaude, ce der- 
nier s'est trouvé un jour complètement à sec. C'est alors 
que les feuilles et les insectes tombés des arbres voisins, 
ainsi que les poissons qui vivaient dans l'étang, ont pu 
laisser leur empreinte sur la vase encore molle. Mais, 
avec une autre saison, les pluies ont rendu au bassin son 
ancien aspect et ont permis à Ja même série de phéno- 
mènes de se reproduire, jusqu'à ce qu'enfin l'obstacle qui 
fermait la vallée ayant disparu, ou la pente de celle-ci 
s'étaut accrue par suite d'une éruption volcanique, il s'est 



- 175 - 

produit un drainage naturel qui a fait disparaître à tout 
jamais l'étang de Menât (1). » 

Les insectes très peu nombreux à Menât (deux coléop- 
tères, d'après M. O. Heer, et un orthoptère, suivant M. 
E. Oustalet) ne peuvent nous donner aucun renseigne- 
ment sur les conditions dans lesquelles s'est formé ce 
dépôt. L'étude des poissons nous éclaire, au contraire, à 
ce sujet. La Perça Beaumontii devait, comme les Percoïdes 
de nos jours, rechercher les eaux claires, limpides et vivre 
à Menât, alors que le bassin était un petit lac et non un 
étang ; la plupart des Cyprins fréquentent aussi bien les 
eaux courantes que les eaux stagnantes ; il en est de même 
des Brochets. Quant au genre Cyclurus, sa présence à 
Menât est très significative. Nous verrons plus bas que 
les Cyclurus sont très voisins des Amia, si même ils ne 
doivent pas leur être réunis. Or, les Amia sont munis 
d'une vessie natatoire celluleuse dans sa partie anté- 
rieure \ lisse, au contraire, vers l'extrémité postérieure ; 
on a supposé que cette vessie pouvant jouer, comme chez 
les Lépidosirens, le rôle d'un organe de respiration, était 
en relation avec le genre de vie de l'animal ; on sait, en 
effet, que pendant les sécheresses de l'été, les Lépido- 
sirens, comme les Amia, s'enterrent dans la vase des- 
séchée et y restent jusqu'à ce que la saison des pluies 
revienne. Il est très probable, pour ne pas dire certain, 
que les Cyclurus, qui sont si voisins- des Amia, devaient 
avoir les mêmes habitudes. Ce fait vient complètement con- 
firmer l'opinion déjà citée de M. Oustalet, qui de l'étude 
des insectes fossiles d'Auvergne en a conclu que les 
petits lacs tertiaires de la Limagne ont subi autrefois, 
comme les lacs des pays tropicaux et intertropicaux, des 
alternatives de sécheresse et d'humidité (2). Dans la sai- 

(4 ) E. Oustalet, Mémoire sur les insectes fossiles des terrains tertiaires 
de la France; Insectes fossiles de l'Auvergne (Ann. se. géol, t. II, 4 874, 

p. 165). 

(2) Loc. cit. 



- 176 — 

son des grandes pluies, la rivière qui traversait l'étang 
de Menât, avant de se rendre à la mer, devait se gonfler; 
alors remontaient sans doule les Smerdis; les espèces de 
ce genre, voi>ines de nos Lates actuels, avaient sans doute 
des habitudes analogues; la Variole des Indes (Lates 
nobilis, C. V, ) remonte le Gange aussi haut que le flux, 
et entre avec lui dans les étangs et les marais ; la Variole 
du Nil (Lates niloticus , G. V.) se retrouve jusque dans 
la Ilaute-Égypte. 

Certaines des conclusions que M. Oustalet a tirées de ses 
intéressantes recherches, concordent parfaitement aussi 
avec ce que Ton sait de l'habitat des Amia actuelles. « Si 
de toutes les espèces que j'ai décrites, nous apprend cet 
auteur, la plupart peuvent être rapportées à des genres 
Européens, il en est d'autres, comme les trois Plécies du 
Puy-de-Corent (Plecia major, PL nigrescens, PL pallida) : 
qui appartiennent à des genres complètemeut étrangers à 
l'Europe actuelle, et qui n'ont d'analogues que dans la 
faune du Brésil. Quelques-unes, enfin (Penthetria Vail- 
lanti, Bibio robustus) , ont des affinités avec certaines 
espèces de l'Amérique du Nord (4). » 

De même, les Amia « ne se rencontrent que dans les 
eaux douces de l'Amérique septentrionale, qui parcourent 
la grande vallée limitée à l'Est par les monts Alleghany, 
et à l'Ouest par les montagnes Rocheuses. Elles vivent 
dans le Mississipi et dans les lacs septentrionaux, ainsi 
que dans les régions méridionales des États-Unis (2), » 
préférant les eaux bourbeuses aux eaux courantes. 

Ce fait que l'on peut tirer de la distribution géogra- 
phique actuelle des Amia , concorde parfaitement avec 
les conclusions fournies par l'étude des Perches tertiaires 
(Perça Beaumonti d'Aix, Perça angusta de Menât, Perça 
lepidota d'OEningen) ; comme M. Agassiz l'a fait remar- 



(\) Loc. cit., p. 173. 

(2) Voy. Duméril, Ilist. nat. des poissons, t. II, p. 442. 



— Ail - 

quer, ces espèces se « rapprochent du genre Lates, mais 
sans en avoir ni les rayons aussi épais, ni les épines sail- 
lantes à l'angle du préopercule, ni la caudale arrondie... 
Elles doivent former une petite sous-division du genre. » 

Si l'on étudie les Perches actuelles, on voit que l'on 
peut les grouper sous deux sous-genres. Les Perches 
proprement dites ont de 13 à 14 rayons à la dorsale et 
deux épines à l'anale; des trois espèces du genre, l'une, 
Perça fiuviatilis, est répandue dans toute l'Europe et la 
Sibérie ; la Perça flavescens habite l'Amérique du Nord ; 
la dernière enfin, Perça grandis, est cantonnée au Canada. 

Des espèces dont la tête est complètement couverte 
d'écaillés, dont l'anale commence par trois épines, et qui 
ont de 9 à 11 rayons à la dorsale dure, l'on peut avec 
Girard (1) former le genre Percichthys. Des trois espèces 
de ce genre, le P. lœvis, habite Vera-Cruz, la Patagonie; 
le P. fruc/ia, le Chili et la Patagonie ; le Chili est aussi 
la patrie du P. melanops. Or, les Perches tertiaires se 
rapprochent bien plus des Percichthys que des Perches 
proprement dites. 

L'étude de la faune ichthyologique de l'époque tertiaire 
permet de penser que la Méditerranée communiquait alors 
avec la mer des Indes (2), tandis que, suivant l'opinion de 
M. O. Heer (3), l'Europe était largement réunie à l'Amé- 
rique. Les poissons des eaux douces tertiaires ont plutôt 
leurs analogues dans le Nouveau-Monde. Nous venons de 
parler des Cyclurus et des Perça; nous pourrions noter 
la présence à Œningen d'une Pœciliœ, Pœcilia Œnin- 
gensis Wklr, voisine de YHydrargyra swampina de Lacé- 
pède (Fundulus swampinus) ; il est curieux de constater 



(i) Proc. ac. nat. se. Phiiad. 4 854, p. <97. — U. s. nat. astron. 
eœped., t. II, p. 230. 

(2) Yoy. H. E. Sauvage, Mémoire sur les poissons de la période ter- 
tiaire. (Ann. Se. géol.,\, IV). 

(3) Recherches sur le climat et la végétation de la période tertiaire. 

13 



- 178 - 

que cette dernière espèce quitte parfois les marais qu'elle 
habite, quand sa nourriture commence à manquer, et se 
met en quête d'une station plus riche en nourriture, en 
sautant à travers des herbes des prairies qui séparent les 
lagunes si peu profondes de la Caroline. La présence du 
genre Pcecilie à OEningen est encore une preuve à l'appui 
de l'analogie qui existait entre l'Europe tertiaire et TAmé- 
rique tempérée de l'époque actuelle. 

FAMILLE DES AMIADOE . 

Genre Gyclurus (Agassiz). 

Le type du genre Gyclurus, Cyclurus Valenciennesi, 
est de Menât; le Cyclurus minor vient d'OEningen (1); 
M. Reuss a décrit une troisième espèce sous le nom de 
Cyclurus rnacrocephalus (2) ; elle provient des schistes à 
Tripoli de Kutschlin, en Bohême; enfin M. P. Gervais 
nomme Cyclurus Valenciennesi une espèce trouvée à Armissan 
et la croit identique à celle de Menât (3). 

Ce genre Cyclurus, établi par Agassiz, a été rapproché 
par lui des Cyprins, et en particulier des Tanches ; suivant 
cet auteur, le genre est caractérisé par sa dorsale très 
longue atteignant la caudale, et surtout par la disposition 
toute spéciale de cette dernière nageoire, arrondie et, en 
apparence, parfaitement homocerque, tout-à-fait hétérocer- 
queen réalité, la colonne vertébrale se relevant très forte- 
ment dans le segment supérieur de la caudale. 

Cette dernière particularité anatomique doit de suite 
écarter les Cyclurus des Cyprins chez lesquels, quel que soit 
le genre examiné, la terminaison de la colonne épinière 
est disposée suivant un tout autre type; aussi Heckel a-t-il 
démontré que dans le genre Cyclurus, ainsi que dans le 

(1) Poiss. foss. t. V, 2, p. 44, pi. LV. 

(2) Geogn. skizzen aus Buhmen, t. IV, p. 267. — H. de Meyer, 
Palœntographica, t. II, p. 61, pi. VIII, IX. 

(3) Zool. et paleont. générales, p. 198, pi. XLI, fig. 2, 3. 



— 179 — 

genre voisin Notœus (1), la colonne vertébrale était cons- 
truite comme chez les Ganoïdes vivants et qu'il fallait dès 
lors retirer ces poissons de Tordre des Téléostéens pour 
les placer dans celui des Ganoïdes, dans la famille des 
Amiadœ (2). M. Gervais est arrivé aux mêmes conclu- 
sions (3). 

Les Cyclurus et les Notœus, venons-nous de dire, sont 
très voisins; il est même probable que quand ils seront plus 
parfaitement connus, les deux genres devront être réunis. 
Or, Cuvier et de Blainville (4) avaient senti l'analogie 
entre les Amiadœ et le poisson du gypse de Montmartre 
qu'ils avaient désignés sous le nom de Amiaignota. 

L'assimilation à la famille des Amiadœ des deux genres 
Notœus et Cyclurus est exacte, tant pour les caractères 
extérieurs que pour ceux tirés du squelette. La famille des 
Amiadœ est, en effet, caractérisée par un corps allongé, 
un peu comprimé, couvert d'écaillés imbriquées assez 
grandes, à bord postérieur arrondi et portant de nombreu- 
ses stries radiées; les os derrière l'orbite couvrent en 
grande partie les joues; la dorsale est unique et très longue, 
atteignant presque la caudale, qui est arrondie ; l'anale est 
placée à peu près au milieu de l'intervalle compris entre 
cette nageoire et les ventrales ; les mâchoires sont armées de 
dents pointues, de médiocre longueur (5). Nous pourrions 
appliquer mot pour mot ce que nous venons de dire au genre 
Cyclurus. 

Il en est de même pour la terminaison de la colonne 
vertébrale. On n'a qu'à jeter les yeux sirr la planche donnée 
par M. Kolliker et représentant cette terminaison chez 

(1) Beitr. zurpetref., t. VII, pi. III, fig. 3. 

(2) Sitzings ber Wiez. ak. 1850, p. 148. 

(3) Zool. et paléont. générales, p. 198, pi. XLI. 

(4) Voy. Nouv. dict. d'histoire naturelle, 1818, t. XXVII, art. Poiss. 
foss. 

(5) A. Duméril, ïchthyologie générale, t. II, p. 399. 



- 180 — 

Y Ami a calva (1) et à la comparer avec l'extrémité posté- 
rieure du corps d'un Cyclurus pour être frappé de l'analogie 
entre les deux genres. C'est ce que démontre aussi la plan- 
che déjà citée de l'ouvrage de M. Gervais, planche sur 
laquelle sont figurés un Cyclurus d'Armissan et le squelette 
de Y Amia calva du Brésil (2). 

M. Franque (3) a démontré que chez les Amia, entre la 
22 e et la 6 e vertèbre caudale sont des vertèbres interca- 
laires dépourvues d'apophyses inférieures et supérieures. 
Ces observations ont été depuis confirmées par les recher- 
ches de Stannius (4), d'Hyrtl (5) et de Kolliker (6). 

Sur la pièce figurée parce dernier auteur, on voit très- 
bien, à la suite des vertèbres normales et des vertèbres 
intercalaires dont la série commence déjà à se relever, une 
suite de six très petites vertèbres diminuant régulièrement 
de grandeur ; l'ensemble se dirige fortement en haut, à la 
base du premier grand rayon supérieur de la caudale. Ces 
vertèbres sont très réduites et n'ont pas d'arc supérieur ; 
des arcs inférieurs partent de longs rayons qui soutiennent, 
en se disposant en éventail, grâce à la courbure de l'extré- 
mité de la colonne vertébrale, qui soutiennent tous les 
rayons de la nageoire. Le rachis se continue par une tige 
cartilagineuse qui, se dirigeant encore très obliquement en 
haut, se place entre le dernier des petits rayons et le pre- 
mier des grands rayons, ayant ainsi au-dessus d'elle les 5 
rayons simples, et au-dessous les 20 rayons normaux. 

Dans les Cyclurus il en est de même. On voit, à la 



(1) ULer das ende der Wirbelsaule der Ganoiden und einiger Teleos- 
tier, p. 6, pi. II. 
{%) Op. cit. pi. XLI. 

(3) Anat. Amiœ calvœ, p. 6, fig. 2. — Afferuntur nonnulla ad Amiam 
calvam accuralius cognoscendam (Un. Berlin, thèses 1847). 

(4) Handbuchzool. I e édit. fische, p. 21, § 9, noie h. 

(5) Uber Wirbelsynostosen und ivirbelsuturen bei fischen (Deuks. 
ak. Wis., t. XX, 1862). 

(6) Op. cit. 






— 181 — 

région caudale, des vertèbres intercalaires ; le rachis se 
relève fortement, laissant tous les grands rayons au-dessous 
de lui ; il est bien probable quil existait aussi une tige 
cartilagineuse allant à la base de Puroptère. Il en résulte 
que les Cyclurus, au moins le Cyclurus Valenciennesi, sont 
plus voisins, au point de vue de la composition de la colonne 
épinière, des Amia, que les espèces de ce genre le sont 
entre elles ; il ressort, en effet, des travaux de M. Hyrtl, 
que la synostose vertébrale manque chez Y Amia ocelli- 
cauda (1). 

Nous avons vu plus haut que chez les Cyclurus, comme 
chez les Amia, les écailles ressemblent bien plus aux écailles 
des Téléostéens qu'à celles des Ganoïdes. Ce fait n'est pas 
isolé parmi les Ganoïdes ; chez les cyclifères, il en est de 
même; nous pouvons citer, par exemple, les genres Leptolepis 
et Megalurus que J. Mûller regardait comme établissant des 
analogies entre les Ganoïdes vrais et les Amiadœ (2). 

Cyclurus Vai enciennesi (Agass.) (3). 

Poisson allongé, à région abdominale peu renflée, de 
250 mm de long. La tête est comprise quatre fois dans 
la longueur totale ; elle est un peu plus longue que la dis- 
tance qui sépare l'origine des pectorales de la base des 
ventrales. La hauteur maximum, reportée plus près des 
pectorales que des ventrales, est contenue près de cinq fois 
et deux tiers dans la longueur totale du corps. 

La hauteur de la tête est comprise une fois et demie 
dans sa longueur. La ligne supérieure, d'abord un peu 
bombée au-dessus de la ligne générale du corps, s'incline 
ensuite légèrement jusque près du museau, où cette ligne 
se renfle, de sorte que le museau est obtus ; la bouche est 
largement fendue et armée de dents pointues, longues, 

(1) Loc. cit. pi. II, fig. 3. 

(2) Ber. ait. Berlin, 1846, p. 79. 

(3) Agassiz. Poiss. foss. V, 2, p. 44, pi. LUI, fig. 2 et 3. — Giebel, 
Fauna des Vorwelt, I, 3, p. 113. 



— 482 — 

disposées sur une seule rangée ; ces den ts sont à la mâchoire 
supérieure au nombre de 4 4 environ de chaque côté. 
L'œil est petit et placé un peu plus en avant du milieu de 
la longueur de la tête. Les os qui, avec les frontaux, com- 
plètent le cercle orbitaire, paraissent avoir été, comme chez 
les Amia, très développés. On voit un grand postorbitaire. 
L'opercule, relativement assez petit, est couvert de nom- 
breuses stries rayonnantes. Le sous-opercule et l'interoper- 
cule sont grands, comme chez les Amia ; le préopercule, 
assez grand, s'étend jusqu'aux pièces postoculaires. 

La colonne vertébrale se termine dans la nageoire cau- 
dale, comme nous l'avons indiqué plus haut. Elle se com- 
pose d'environ 68 vertèbres, dont 36 caudales; M. Agassiz 
indique au moins 50 caudales ; il doit évidemment y avoir 
erreur dans le texte des Poissons fossiles. Les vertèbres sont 
très courtes, surtout les dernières caudales ; on aperçoit 
parfaitement la trace des vertèbres intercalaires, sans 
qu'on puisse déterminer sûrement leur nombre et leur 
disposition par rapport aux vertèbres normales. Dans les 
Amia, « les apophyses supérieures de la région dorsale 
sont articulées, non pas directement avec le corps de la 
vertèbre, mais avec du tissu cartilagineux contenu de cha- 
que côté dans une petite fossette et sur lequel reposent les 
branches de la bifurcation des apophyses (4). » 11 est pro- 
bable qu'il en était de même chez les Gyclurus; du moins 
observons-nous que, dans ce dernier genre, la base des 
apophyses épineuses n'arrive jamais dans la région abdo- 
minale, jusqu'au niveau du centrum, comme si un corps 
disparu par la fossilisation avait été interposé entre ces 
apophyses et la vertèbre. Les hœmapophyses de la région 
caudale, ainsi que les neurapophyses correspondantes, 
s'insèrent, au contraire^ sur le corps de la vertèbre normale. 
Toutes ces apophyses sont longues et grêles. Les côtes 
paraissent avoir été longues. 

(4) Duméril, Loc. cit., p. 400. — Franque, Loc. cit., p. 6., fig. 4f» 



— 183 — 

La dorsale est très longue et arrive près de la base de la 
caudale; le nombre des rayons n'a pu être compté; ces 
rayons sont soutenus par des osselets courts et assez faibles ; 
ceux qui se trouvent dans la partie antérieure du corps sont 
beaucoup plus longs. 

La nageoire anale est située un peu en avant du milieu 
de l'intervalle compris entre l'origine de la caudale et les 
ventrales. Les rayons en sont gros et plus divisés que ceux 
de la dorsale ; ils ont sensiblement même longueur. Les 
osselets qui les supportent sont courts ; quelques traces de 
ces osselets font penser que le nombre des rayons est de 4 2 
environ. 

La caudale est arrondie ; comme Agassiz, nous y comp- 
tons 20 rayons; « chaque rayon se divise en deux faisceaux 
presque dès son origine et ceux-ci se subdivisent de nou- 
veau avant d'avoir atteint la moitié de leur longueur, de 
sorte que l'on peut dire que tous les grands rayons se com- 
posent de quatre faisceaux distincts, dont les articulations 
sont ordinairement alternantes ; il en est de même à la 
dorsale, quoique les faisceaux soient un peu moins distincts 
et les rayons plus grêles. » 

Les rayons des Pectorales sont plus nombreux et assez 
courts. Les Ventrales s'insèrent un peu plus près de l'anale 
que des pectorales. 

Lignites de Menât. 

FAMILLE DES PERCIDOE. 

Perça Angusta (Agass.) (1). 

Cette Perche a, suivant Agassiz, la forme de PAspron 
Zingle; elle est assez allongée, la hauteur maximum étant 
comprise quatre fois et demie chez les adultes et près de 
cinq fois chez les jeunes individus. La ligne supérieure du 
corps est peu et régulièrement bombée, et sous ce rapport 

(4) Poiss. foss. t. IV, p. 79, pi. XI. 



- 184 - 

l'espèce de .Menât ressemble à la Perche des schistes d'Aix 
(Perça Beaumontii Agass.); le corps est régulièrement 
ovalaire. 

La tête est plus grosse que dans la Perche de nos eaux 
douces t elle n'est comprise que trois fois et demie dans la 
longueur totale du corps; sa hauteur égale les deux tiers 
de la longueur. 

La ligne du front, plus déclive encore dans la Perche 
d'Aix que dans notre Perche commune, est, au contraire, 
légèrement bombée dans l'espèce de Menât. Ni dans l'es- 
pèce d'Aix, ni dans celle de Menât, on ne remarque ce 
léger ressaut que présente chez notre Perche la ligne du 
dos à son union avec la tête; la courbe est régulière. La 
crête occipitale est moins élevée, la tête est un peu moins 
large que chez les Perches proprement dites. La bouche, 
largement fendue jusqu'au niveau du tiers antérieur de 
l'œil, est armée de dents en velours. L'œil, grand, arrondi, 
est sensiblement situé au milieu de la longueur de la têle ; 
il est placé moins haut que dans la Perça fluviatilis ; son 
diamètre est compris près de quatre fois dans la longueur 
de la tête. L'opercule est arrondi et son bord n'a pas la 
partie saillante que l'on remarque dans la Perche com- 
mune. 

La colonne vertébrale, relativement assez forte, se com- 
pose de 30 vertèbres, dont 18 caudales. Les côtes, au 
nombre de 9 paires, sont épaisses, mais courtes; les apo- 
physes épineuses sont peu longues, mais assez fortes; les 
neurapophyses, presque droites sous les nageoires vertica- 
les, s'infléchissent dans la partie postérieure du corps. Nous 
n'avons pu voir les traces des arêtes musculaires qui, 
comme chez les Perches vivantes, devaient exister dans la 
partie antérieure de la colonne vertébrale. 

Les pectorales sont arrondies, faibles, composées de 17 
rayons articulés et branchus, à l'exception des deux pre- 
miers. 

Les ventrales, insérées un peu en arrière des nageoires 



- 185 - 

précédentes et fixées à un ospelvique vigoureux, sont plus 
longues et plus larges que les pectorales; elles ont un 
rayon épineux long et fort, aigu, légèrement arqué, 
suivi de cinq rayons mous, très ramifiés, d'un tiers envi- 
ron plus longs que le rayon dur; la nageoire est arrondie 
dans son ensemble. 

La première dorsale est composée de neuf rayons assez 
gros ; le premier est court, sa longueur égalant à peine le 
tiers de la longueur du quatrième rayon ; le second rayon 
a la moitié de la longueur du quatrième; les derniers 
rayons sont aussi plus courts, de sorte que la nageoire a une 
forme arrondie. Ces rayons sont supportés par autant d'os- 
selets assez forts, un peu inclinés en avant. La seconde 
dorsale est aussi haute que la première; sa longueur est 
environ la moitié de celle-ci; son premier rayon, qui est 
épineux, est un peu plus long que le dernier de la dorsale 
dure; ce rayon est suivi de 9 rayons mous, divisés seule- 
ment en haut. 

Placée en dessous de la seconde dorsale et un peu en 
arrière de celle-ci, se trouve l'anale composée de 8 rayons 
mous très rameux, supportés par de longs et forts intéra- 
pophysaires. Les rayons épineux sont au nombre de trois 
comme dans toutes les Perches tertiaires ; de ces trois 
rayons, le second est fort, presque aussi long que les rayons 
mous; le troisième, beaucoup plus grêle, n'est qu'un peu 
plus court que le second. Le premier et le second épineux 
sont soutenus par un fort et long osselet intérapophy- 
saire. 

La caudale, relativement peu échancrée, est contenue 
près de cinq fois dans la longueur totale du corps; elle est 
composée de rayons assez gros, dont la formule est 8. I- 
8. - 7. I. 9. 

La terminaison delà colonne vertébrale est semblable à 
ce qui existe chez la Perça fluviatilis. Dans cette espèce, 
les apophyses des dernières vertèbres sont longues et incli- 
nées. Le segment supérieur de la troisième avant-dernière 



— 186 — 

vertèbre porte une longue apophyse qui arrive à la base 
des petits rayons de la nageoire; quant à la seconde 
vertèbre, elle porte à chaque segment une apophyse qui 
fait partie de la plaque caudale. La dernière vertèbre se 
compose de deux parties qu'à l'aide de la macération on 
peut facilement séparer. L'une supérieure, est formée d'un 
demi centrum normal, se relevant fortement en un corps 
A: (1 ) protégeant l'extrémité de la corde dorsale, et surmonté 
d'un petit os en toit. Sur le bord inférieur de ces os vien- 
nent s'appuyer trois plaques dont celle du milieu est la plus 
large; elles soutiennent les rayons du lobe supérieur de la 
nageoire. Le corps de l'os est, en bas, taillé obliquement 
pour s'articuler avec la portion qui supporte les plaques 
inférieures; cette partie possède un faible crochet, repré- 
sentant du petit tubercule que l'on voit chez la Carpe. Trois 
plaques s'appuyent sur ce segment et soutiennent les rayons 
du lobe inférieur de la caudale (2). 
Lignites de Menât; commune. 

Perça lepidota ? (Agass). 

M. Viquesnel a indiqué à Vichy et M. Pomel à Gergovia 
une perche très-voisine de la Perça lepidota d'OEningen. 
Cette espèce, qui par la forme de la tête se rapproche de 
la perche du Danube, se distingue à ses écailles grandes et 
aux rayons épineux de la dorsale gros et éloignés. Elle n'a 
pas été retrouvée en Auvergne, à notre connaissance. 

Smerdis, Sp. 

Nous ne connaissons le Smerdis trouvé à Menât que 
par deux dessins faits d'après des exemplaires de la col- 
lection de M. Lecoq. L'espèce de Menât paraît très- 
distincte de celle des schistes d'Aix. Celle-ci est carac- 
térisée par un corps trapu, trois fois et demi plus long que 

(i) Voy. Kôlliker, U. d. ende der wirbelsaille der Ganoïden und 
einiger Teleoslier, pi. IV. 
(2) Cette description est faite d'après la Perça fluviatilis. 



— 187 - 

haut, une tête dont la longueur est égale à la hauteur du 
corps, un pédicule caudal gros et court, 24 vertèbres, 
7 rayons à la dorsale épineuse, le second rayon étant bien 
plus long que le premier. Le Smerdis de Menât a le corps 
plus grêle et plus allongé, la hauteur étant contenue au 
moins de quatre lois dans la longueur totale ; la tête est plus 
longue et plus pointue ; le pédicule caudal est bien plus 
allongé, moins élevé ; sous ce rapport l'espèce rappelle un 
peu le S. pymœus de Monte-Bolca ; le nombre de vertèbres 
serait de 25 ou 26 ; enfin la dorsale épineuse n'aurait pas 
le second rayon plus long que les autres, ou du moins il ne 
serait qu'un peu plus long. Ces différences indiquent sûre- 
ment une espèce nouvelle. 

FAMILLE DES ESOSIDES. 

M. Pomel signale à Menât une espèce incertaine à'Esox^, 
connue par une seule mandibule. 

FAMILLE DES CYPRINODONTIDOE. 

Genre Prolebias (Sauvage.). 

M. Agassiz a décrit sous le nom de Lebias les petits 
cyprinodontes que Ton rencontre en abondance dans les 
couches d'eaux douces, légèrement saumâtres, de l'époque 
tertiaire. Ces cyprinodontes sont, d'après M. Pictet (1), 
caractérisés par un corps peu allongé, les mâchoires apla- 
ties horizontalement et formées d'os étroitement unis, de 
petites dents échancrées, une anale et une dorsale de même 
développement, la dorsale étant exactement opposée à 
l'anale. 

Par cet ensemble de caractères ils feraient partie du 
groupe des cyprinodontes carnivores, section des Cypri- 
nodontidœ de M. Gunther (2); il est bien peu probable, 

(<) Traité de paléontologie, t. II, p. <06. 

(2) Catal. of thefishes in the British muséum, t. VI, p. 299. 



- 188 - 

en effet, qu'on puisse les rapprocher des Jenynsia. Ces 
derniers, limités au Rio Plata, ont l'aspect extérieur des 
Lebias, avec lesquels ils ont été confondus jusqu'aux 
recherches de Jenyns (I) ; ils se séparent des Lebias en ce 
que les sexes sont dissemblables, l'anale, chez le mâle, se 
modifiant en un véritable organe copulateur. 

Trois genres composent la première section du groupe 
des cyprinodon tidae; ce sont les genres Lebias (Cyprinodon) , 
Fitzroia et Cha7*acodon. La seule espèce de ce dernier 
genre (C. lateralis Giinth.) a les dents tricuspides, les dents 
étant suivies d'une bande étroite de dents villiformes, 
tandis que chez les Fitzroia (F. mullidentata) les dents 
sont tricuspides et disposées sur plusieurs rangées; les 
cyprinodon ont les dents échancrées et sur une seule 
série. 

Nous avons pu étudier des exemplaires parfaitement con- 
servés de l'espèce que l'on doit considérer comme le type 
du genre Lebias pour M. Agassiz, le Lebias cephalotes 
d'Aix, et nous assurer, que loin d'être échancrées, les 
dents, chez cette espèce, sont coniques et pointues. La dis- 
position de l'anale , directement opposée à la dorsale 
dans tous les Lebias tertiaires, éloigne ces espèces des 
Lebias (Cyprinodon) vivant, chez lesquels l'origine de 
l'anale est derrière celle de la dorsale dans les deux sexes. 
La disposition des dents que nous venons d'indiquer sur le 
Lebias d'Aix, se retrouve identique sur l'espèce du Puy-en- 
Velay (Lebias gregatus), sur celle du Puy-de-Gorent (Lebias 
steroura) et sur une espèce nouvelle découverte par M. E. 
Oustalet dans les lignites de Menât. L'on doit, dès lors, 
ramener ces espèces dans la seconde section des Cyprino- 
dontes carnivores de M. A. Gunther, dans la section des 
Fundulina et dans le premier groupe de cette section ; les 
espèces ne peuvent être rangées, ni parmi les Limnurgus du 
lac de Mexico, ni parmi les Lucania du Texas ; elles ne peu- 

(0 Voy. Beagle,fishes, p. 116, pi. XXII. 



- 189 - 

vent davantage être classées avec les Flophochilus qui 
vivent dans les eaux de Test de l'Inde, des parties tropi- 
cales de l'Amérique, des portions tempérées et tropicales 
de l'Afrique. Les Rivulus de l'Amérique tropicale ont la 
dorsale placée derrière l'anale. Les Fundulus rappellent 
davantage nos espèces fossiles, mais ont les dents sur 
plusieurs séries, tandis que les Lebias tertiaires ne sont 
pourvus que d'une seule rangée de dents. D'un autre côté, 
M. Pomel a décrit sous le nom de Pœcilops brevicœps, une 
espèce de Menât, qui aurait avec les nôtres la plus grande 
analogie, si la dorsale n'était opposée à la ventrale ; les 
poissons tertiaires rangés sous le nom de Lebias consti- 
tuent, dès lors, un genre nouveau que nous pouvons dési- 
gner sous le nom de Prolebias et dont voici la diagnose : 

Prolebias. — Poissons à os de la mâchoire solidement 
unis, sexes semblables; ventrales présentes et grandes; dents 
sur une seule rangée, étroites et aiguës, nullement échancrées ; 
dorsale opposée à V anale (1) et située très en arrière] écailles 
grandes. 

Il est très probable, pour ne pas dire certain, que les Pro- 
lebias, qui ressemblent tant aux Cyprinodontes carnivores 
actuels de la première et de la seconde section de M. Gûn- 
ther devaient avoir mêmes mœurs, mêmes habitudes, et 
être comme eux insectivores. Il nous semble intéressant de 
signaler la présence de ce type à des niveaux où précisé- 
ment abondent les insectes; nous n'avons qu'à citer Aix, 
Ronzon, le Puy-de-Gorent. 

Si maintenant nous notons la distribution géographique 
des genres actuels, nous verrons, qu'à part quelques 
espèces qui paraissent vivre en Europe depuis les temps 
tertiaires, toutes les autres sont cantonnées dans les petits 
cours d'eaux de l'Amérique centrale ; ce fait vient encore, 
ce semble, à l'appui de cette opinion qu'à l'époque tertiaire 
l'Europe et l'Amérique étaient largement réunies ; nous 



4) Type de l'espèce. Prolebias stenoura, Sauvg. 



— 490 — 

avons déjà dit ailleurs les nombreuses analogies que 
présentent, au point de vue de la faune entomologique 
et de la flore, notre France tertiaire et les parties tempé- 
rées de l'Amérique actuelle. 

Il est probable que les autres Lebias tertiaires font 
partie du môme genre. Leur distribution géologique serait 
alors la suivante : 

4. Prolebias cephalotes, Agass. Aix-en -Provence. 

2. P. gregàtus, Aym. (P. Aymardi, Sauvg., Ronzon). 

3. P. stcnoura, Sauvg. Le Puy-de-Corent. 

4. P. gobio. Munster. Lignites de Senssen (Fïchtelge- 
leirge. 

5. P. Meyeri, Agass. Argile plastique de Francfort. 

6. P. Oustaleti, Sauvg. Lignites de Menât. 

7. P. perpusillus, Agass. OEningen. 

8. P. crassus, Wklr. OEningen. 

9. P. minimus, Wklr. OEningen. 

10. P. furcatus, Wklr. OEningen. 

44. P. crassicaudus, Agass. Gesso près de Sinigaglia, 
Artésan, marnes à soufre de Récalmuto en Sicile. 

4 2. P. Gaudryi, Sauvg., marnes à soufre de Récalmuto 
en Sicile. 

Cette liste est évidemment très provisoire ; plusieurs des 
espèces citées ont, en effet, un port si différent de l'espèce 
typique, qu'il est permis de croire qu'il faudra les rattacher 
à d'autres genres, quand leur dentition sera connue. 

Prolebias gregàtus (Aymard) (4). 

L'espèce de Ronzon, que nous avons déjà étudiée en 
4 8G9, n'a de rapports qu'avec les Lebias cephalotes d'Aix 
et Lebias Meyeri de Francfort; elle se dislingue de ces deux 
espèces par la longueur de la tête, comprise quatre fois 



(1) Pachystetus gregàtus, Aymard. Lebias Aymardi, Sauvage, Note 
sur les poissons du calcaire de Ronzon, près lePuy-en-Velay. {Bull. soc. 
géol. de Fr. y 2« sér. 8, XXVI, p. 1069). 



— 191 — 

dans la longueur totale du corps, la formule de la colonne 
vertébrale (20 c. -|- 2. 12 A), la formule de l'anale, A. 12, 
située sous sept vertèbres, placée à une longueur de tête 
des pectorales et ayant une forme arrondie. La dorsale, 
située en arrière du milieu de la longueur du corps, est 
placée au-dessus de cinq vertèbres. La caudale, légèrement 
arrondie, a pour formule 6. I. 8. — 8. I. 6. On compte 14 
rayons aux pectorales, les rayons inférieurs étant les plus 
longs. L'anale est très grande. 

Prolebias stenoura, n. Sp. 

Poisson d'assez grande taille, pouvant atteindre 58 mm . 
Corps épais, renflé régulièrement, diminuant de hauteur à 
partir du niveau de l'origine des nageoires verticales, de 
sorte que le corps, dans sa partie postérieure, est en forme 
d'ovale régulièrement allongé; cette partie rappelle la 
forme du corps chez certains Gastérostées et peut servir à 
faire reconnaître l'espèce. La hauteur maximum est conte- 
nue quatre fois et demie dans la longueur totale ; elle se 
trouve reportée au niveau des ventrales. 

La tête, un peu plus longue que haute, grosse, est com- 
prise un peu plus de trois fois et demie dans la longueur 
totale du corps ; la bouche est assez largement fendue., les 
deux mâchoires étant égales. Œil grand, arrondi, situé en 
avant. Pièces operculaires grandes et lisses. Rayons bran- 
chiostèges robustes. 

La colonne vertébrale est forte, assez relevée dans la 
région abdominale ; on y compte 34 vertèbres assez lon- 
gues; sur ce nombre, 2. 12 sont abdominales, et 20, 
caudales. Les côtes fortes, faiblement arquées en avant, 
sont au nombre de 10 paires; elles arrivent jusqu'au 
bord de la cavité thoracique. Les neurapophyses corres- 
pondantes, presque droites, sont fortes et longues. Les 
apophyses de la région caudale, très longues aussi, ne 
commencent à s'incliner que dans la partie postérieure 
du corps. 



- 192 - 

Gomme chez la carpe, l'arc supérieur de la troisième 
avant-dernière vertèbre porte deux épines. Dès la qua- 
trième avant-dernière vertèbre, tant en haut qu'en bas, les 
apophyses s'allongent et viennent se mettre en rapport 
avec la base des premiers petits rayons. La terminaison de 
la colonne vertébrale est la même que chez la Carpe, à quel- 
ques faibles différences de détail près. 

La dorsale est reculée, étant située en arrière de la moitié 
de la longueur totale du corps ; elle est exactement opposée à 
l'anale. Le nombre des rayons est de 15 ; ils sont soutenus 
par des osselets grêles et inclinés ; au niveau de la nageoire 
les neurapophyses sont presque verticales. 

L'anale est semblable à la dorsale et se compose d'un 
même nombre de rayons. 

La caudale est peu longue, étant comprise près de six 
fois dans la longueur totale du corps ; la formule de la 
nageoire est 5. I. 10. — 9. I. 5. 

Les pectorales sont petites, arrondies, composées de 17 
rayons. Les ventrales sont situées un peu plus près de 
l'anale que des pectorales; on y compte 7 rayons. 

Les écailles, dont il ne reste que quelques traces, sont 
assez grandes, ovalaires et non coupées carrément à l'un 
de leurs bords, comme on l'observe chez la plupart des 
cyprins vivants ; ces écailles sont ornées de nombreux 
cercles concentriques. 

Calcaires de Chadrat, d'Authezat, de Pontary. 

Prolebias Cephalotes (Agass.). 

Cette espèce, si commune à Aix, a été signalée à Corent, 
par MM. Pomel et Gervais, qui l'ont, sans doute, con- 
fondue avec l'espèce que nous venons d'indiquer comme 
nouvelle. Le Lebias cephalotes se caractérise par la tête 
contenue un peu moins de quatre fois dans la longueur du 
corps, 22 vertèbres caudales et 2-10 abdominales, 14 
rayons à l'anale, qui est courte et coupée assez carrément, 



— 193 — 

la dorsale située un peu en avant du milieu de la longueur 
du corps, la caudale légèrement échancrée. 

Prolebias Oustaleti (Sauvg.). 

M. Oustalet nous a communiqué une espèce de grande 
taille provenant des lignites de Menât, espèce que nous 
considérons comme nouvelle. 

Le corps est assez allongé, un peu renflé à la région 
abdominale ; la région caudale ne présente pas ce rétré- 
cissement subit, que nous avons vu caractériser l'espèce 
du Puy-de-Corent. La hauteur du corps, qui égale la 
longueur de la tête, est contenue près de cinq fois dans 
la longueur totale. 

Le dessus de la tête est assez bombé, la bouche est 
largement fendue, les doux mâchoires étant égales ; les 
dents sont assez longues, pointues, coniques. L'œil grand, 
arrondi, est situé en avant du milieu de la longueur de 
!a tète. Les pièces operculaires, par leur ensemble, occu- 
pent environ la moitié de la longueur de la tête. 

La colonne vertébrale est peu forte, composée de ver- 
tèbres à peine plus longues que hautes ; on compte 19 
caudales et 2-13 abdominales, soit 36 vertèbres. Les côtes 
sont fortes, peu arquées, et vont jusqu'au bord de la 
cavité abdominale; on en compte 14 paires. Les neura- 
pophyses correspondantes sont fortes et longues, assez 
inclinées en arrière, à part les trois ou quatre premières; 
à la région caudale, elles sont assez fortes, longues et 
droites, mais s'incurvent vers la partie postérieure du 
corps. 

La dorsale commence un peu en avant de l'anale et se 
termine un peu avant la lin de celle-ci ; elle se trouve en 
arrière du milieu de la longueur du corps; l'espace 
qu'elle occupe sur la ligne du dos fait environ le 
cinquième de cet espace. Les rayons en sont grêles, 
au nombre de 13; la nageoire paraît être assez for- 
tement tronquée. Les osselets intérapophysaires sont 

U 



— 494 - 

grêles et appliqués contre les neurapophyses correspon- 
dantes, qui se redressent un peu à leur niveau. 

La nageoire anale est très fortement tronquée, un peu 
plus longue que haute, située à une distance de l'origine 
des ventrales un peu plus grande que sa longueur. On y 
compte 4 5 rayons, le premier très petit ; ces rayons sont 
peu branchus à leur extrémité. 

D'après un dessin pris par M. Oustalet, sur un exem- 
plaire faisant partie de la collection de M. Lecoq, la cau- 
dale serait forte, profondément bifurquée, et aurait envi- 
ron le cinquième de la longueur du corps. Son pédicule 
est robuste ; le corps se rétrécit assez fortement à ce 
niveau. 

Les ventrales s'insèrent plus près de Fanale que des 
pectorales, et sont composées de 9 rayons. Les pectorales 
sont petites, un peu tronquées, et ont moins de la moitié 
de la longueur de la tête; nous y voyons 4 5 rayons. 

Longueur totale du corps, 48 mm ; hauteur maximum, 
H ; longueur de la tête, 4 2 ; longueur de l'anale, 9; hau- 
teur de Fanale, 7. 

Cette espèce, qui provient des lignites de Menât, nous 
est connue par un exemplaire appartenant à M. E. Ous- 
talet et par un dessin pris d'après un échantillon de la 
collection de feu M. Lecoq. 

Prolebus Perpusillus (Agass.) 

Le Lebias perpusillus a été signalé par M. Pomel dans 
le tertiaire de Laps (Puy-de-Dôme). Cette espèce, dont 
le type vient des schistes d'OEniugen, est caractérisée 
par son dos relevé et arrondi; on compte 4 2 osselets 
intérapophysaires à l'anale -, la caudale est arrondie, les 
pectorales se font remarquer par leur extrême ténuité. A 
la colonne vertébrale, on compte 4 5 vertèbres abdomi- 
nales, avec 42 paires de côtes et 15 vertèbres candales(l). 

(1) Voy. Agassiz. Poiss. fous. t. V, 2, p. 49, pi. XLI, fit<. :J, 4, 5, 



1% 



Genre Poecilops (Pomel) (1). 

Nous ne connaissons ce genre que par la description 
qu'en adonnée M. Pomel. Selon lui, il est caractérisé de 
la manière suivante : « Corps assez allongé, médiocrement 
large; tête courte, bouche petite, mâchoire supérieure 
formée par les intermaxillaires, bordée d'une rangée de 
dents aiguës assez petites, ainsi que la mandibule \ pec- 
torales petites, courtes, situées très bas ; ventrales égale- 
ment petites, peu distantes, situées à peu près au milieu 
de la longueur ; anale de 1 I rayons à égale distance des 
ventrales et de la caudale ; dorsale opposée à la ventrale, 
un peu plus antérieure cependant, de 13 rayons; queue 
fourchue, de 27 rayons. Pas de barbillon. » 

La seule espèce du genre, Pœcilops breviceps^ est de 
Menât; sa longueur est de 0,08, la tête à 0,020, la hau- 
teur du corps est de 0,018 ; les écailles paraissent avoir 
été assez grandes. 

Cette espèce formerait un type bien spécial parmi les 
cyprinodontes par la position si avancée de la dorsale, 
opposée aux ventrales. 

FAMILLE DES CYPRINIDOE. 

Aspius Brongniarti (Agass.) (2). 

Cette espèce que M. Agassiz compare à V Aspius achrodon 
d'Autriche plutôt qu'à ï 'Aspius alburnus du nord et de 
l'ouest de l'Europe, est des ligniles de Menât. Elle se carac- 
térise par une orbite très grande, une colonne vertébrale 
droite composée de 17 vertèbres anales et 19 caudales. Les 
côtes sont au nombre de 1 7 paires, les apophyses épineu- 
ses étant assez vigoureuses. La dorsale a pour formule 2. 

(1) Catalogue méthodique et descriptif des vertèbres fossiles décou- 
verts dans le bassin hydrographique supérieur de la Loire, et surtout 
dans la vallée de son affluent principal, l'Allier, p. 195. 

(2) Poiss. foss. t. V, p. 78, pi. LV, fig, 4. 



— 196 — 

I. V. et ses rayons sont très longs et étroitement articulés; 
elle est située très en arrière. L'anale, plus grande que la 
dorsale, se compose de 14 rayons. La caudale est très four- 
chue ; sa formule est 4. I. 7 — 6. I. 5; on compte 14 
osselets à l'anale et au moins 1 à la dorsale. 
Lignitesde Menât. 

Cobitopsis Acutus (P. Gerv.). 

Sous le nom ô' Acanthopsis , Agassiz a séparé des Loches 
proprement dites, des espèces caractérisées par des poin- 
tes acérées au premier sous-orbilaire, qui est mobile; 
c'est à ce dernier genre que, sous le nom de Acanthopsis 
acutus y M. P. Gervais a rapporté une espèce des calcai- 
res de Chadrat, espèce à corps grêle, à tête longue et 
très effilée. Plus tard, en 1854, M. Pomel a décrit la même 
espèce sous le nom de Cobitopsis exilis. 

Le poisson de Chadrat ne peut être maintenu parmi 
les Acanthopsis, et doit former le type d'un genre nou- 
veau, le genre Cobitopsis. En voici !a diagnose d'après 
M. Pomel : 

« Tête conique, très allongée, sans barbillon -, corps 
grêle, étroit; pectorales à 10 ou 11 rayons médiocres; 
ventrales petites, reculées ; dorsale et anale très longues, 
opposées, égales, s'étendant jusqu'à la caudale, rétrécies 
insensiblement en arrière, ayant la supérieure 16 et l'in- 
férieure 17 rayons, la caudale un peu fourchue, formée 
de 18 rayons. Pas de dents aux mâchoires. » Pour toute 
diagnose de l'espèce, C. exilis, l'auteur indique qu'elle est 
longue de 0,074, la tête ayant 018, la hauteur éiant 
de 0,009. 

L'espèce qui, suivant les règles de la nomenclature, 
doit prendre le nom de Cobitopsis exilis, P. Gerv. .7)., a 
en moyenne 90 mill. de long. Le corps est grêle, très 
allongé, tout d'une venue, se rétrécissant à peine vers la 
région caudale; la hauteur est contenue un peu plus de 
huit fois dans la longueur totale. La tête, pointue et effilée, 



— 497 — 

est comprise quatre fois dans la même dimension; la 
ligne du front paraît peu bombée ; les deux mâchoires 
semblent avoir même longueur. L'œil, oblong, est situé 
un peu en avant du milieu de la longueur de la tête. La 
colonne vertébrale est relativement assez forte; les vertè- 
bres sont assez allongées; leur nombre paraît être de 24 
abdominales et 21 caudales, soit de 4 7 en tout. Les côtes 
sont grêles, très probablement au nombre de 16. Les apo- 
physes épineuses de la région abdominale sont presque 
droites ; les apophyses de la région caudale sont longues 
et inclinées. L'anale commence à peine en avant de la 
dorsale ; ces deux nageoires vont jusqu'à la caudale ; elles 
ont même hauteur et les rayons, d'abord assez longs, 
diminuent insensiblement. M. Pomel indique 16 rayons à 
la dorsale et 17 rayons à l'anale. La caudale, formée de 
18 rayons, est un peu échancrée; elle se trouve comprise 
près de six fois dans la longueur du corps. Les pectorales 
sont faibles; le premier rayon semble avoir été le plus 
long, comme dans le Cobitis centrochir, Agass. Les ven- 
trales sont situées au milieu de la longueur totale du corps; 
elles sont petites. 

Les Cobilis et les genres voisins de l'époque actuelle, 
habitent les eaux peu profondes et bourbeuses, s'y nour- 
rissant de débris de végétaux en décomposition. La pré- 
sence du Cobitopsis acutus dans le dusodyle indique 
mêmes habitudes chez les Loches de l'époque tertiaire. 

Cyprins? 

M. Pomel a signalé des dents pharyngiennes de Cyprins 
dans les couches à Anthracotherium magnum, Hyœnodon 
leplorryncha, Rhinocéros tapmnus< etc., de la Tour-de-Bou- 
lade et du Puy-de-Teiller (1); il a aussi indiqué dans le 
tertiaire de l'Allier de nombreux pharyngiens, les pièces 

(1) Description géologique et paléontologique des collines de la Tour- 
de-Boulade et du Puy-de-Teiller, Puy-de-Dôme. (Bull, soc, géol. Fr, 
2e sér. t. I, 1844. p. 579). 



- 198 — 

détachées de la tête et des vertèbres, débris qu'il a rap- 
portés à des Cyprins (l). 

Explication de la Planche (2), 

Fig. -1. — Cyclurus Vakncknnesii, Agass., d'après un 
exemplaire de la collection Lecocq. 

Fig. 2 et 3. — Smerdis de Menât, d'après deux exem- 
plaires de la collection Lecocq. 

Fi g. 4 et 5. — Lebias stenoura, Sauvg. 

Fi g. 6. — Lebias Oustaleti, Sauvg, d'après un exem- 
plaire communiqué par M. E. Oustalet. 
^Fig. 7. — Même espèce, d'après un exemplaire de la 
collection Lecocq. 



Séance du 25 février 1874. 

Présidence de M. le colonel Belleville. 

La Société a reçu : 

Une lettre deM. le D r Bernard, vice-président de la Société des 
naturalistes de Moscou, témoignant le désir d'échanger divers 
objets d'histoire naturelle ; 

Une lettre de M. le Maire de Toulouse contenant des remercie- 
ments au sujet du don fait par M™ e Prince. 

M. Penfold (William), présenté par MM Garrigou et Regnault, 
est nommé membre correspondant. 

Sont nommés membres de la commission des grandes courses: 
MM. Gourdon, Regnault, Garthailhac, Trutatet Lafï'ont. 

La commission des petites courses est formée par MM. Charna- 
you, Marqués et Fouque. 

(1) Mémoire pour servir à la géologie paléonto logique des terrains 
tertiaires du département de l'Allier (Bull. soc. géol. de Fr. 2 e sër. t. II, 
1846, p. 353). 

(2) Toutes les espèces sont figurées de grandeur naturelle. 



- 199 — 

M. Rey Lesoure, membre de la Société géologique de France, 
dépose sur le bureau la carte agro-géologique et hyclrologique du 
département de Tarn-et-Garonne avec une feuille de coupes à 
l'appui, à l'échelle de 1/80, 000, et donne à la Société un exposé 
de ses observations. Il annonce en même temps l'envoi prochain 
d'un mémoire détaillé sur le même sujet. 



Séance du 4 mars 1874, 

Présidence de M. le colonel Belleville. 

Sont admis comme membres correspondants, surla préseutation 
de MM. G. de Malafosse et Rey-Lescure, MM. Henri de Larem- 
rergue, botaniste à Anglès-du-Tarn, et Eugène Sert, ingénieur 
civil à Saint-Germain (Tarn). 

M. Félix Regnault rend compte à la Société d'une excursion 
géologique aux mines de Banca (Basses-Pyrénées), faile avec 
M. Jereau, ingénieur des mines à Pau et membre de la Société 
d'histoire naturelle. 

L'auteur entre dans quelques détails géologiques sur le pays 
qui s'étend entre Saint-Jean-Pied-de-Poit et la Fonderie, hameau 
bâti à la base occidentale du mont Adarca (1 ,252 m.). C'est dans 
les environs que se trouve la mine dite de Banca ou de la Fon- 
derie; on entre dans la montagne par une galerie de 200 mètres, 
à travers des bancs horizontaux, au niveau de la vallée. Cette 
galerie va recouper un filon très considérable dit de Berg-op-Zoom. 
L'exploitation actuelle est concentrée sur ce riche filon à gangue 
de quartz, et qui présente du cuivre pyriteux, du cuivre gris, peu 
de cuivre panaché, du cuivre gris argentifère et du fer carbonate 
spathique blond 

Le filon est exploité à la dynamite par le moyen des galeries 
borizontales tracées dans son plan vertical à différents niveaux, et 
communiquant entre elles par des cheminées verticales ou obliques, 
qui permettent de reconnaître les parties riches que l'on exploite 
ensuite par dépilage. Vers le sud, les chantiers actuels de l'exploi- 
tation communiquant avec les anciennes galeries de Beygarrï, 



- 200 - 

exploitées au siècle dernier. Vers le nord, les galeries du filon de 
Berg-op-Zoom marchent à la rencontre d'autres filons que les tra- 
vaux d'avancement pourront un jour recouper. L'exploitation 
marche avec lenteur à cause de l'extrême dureté de la gangue de 
quartz, et l'avancement de ces galeries n'est guère que de trois à 
quatre mètres par mois, même en ayant recours à la dynamite. 
M. Regnault donne quelques détails sur l'ensemble des opérations 
ayant pour but de donner aux matières extraites de la mine, les 
qualités nécessaires pour qu'elles puissent être livrées au com- 
merce. Ces opérations mécaniques sont le cassage, le triage et le 
classement du minerai. 

M. Regnault fait remarquer que rarement les substances miné- 
rales se présentent dans la nature à un état tel qu'on puisse 
immédiatement les livrer au commerce, ou les soumettre au trai- 
tement métallurgique j les minerais sont toujours accompagnés de 
gangues qui rendent coûteuse et difficile l'extraction du métal. 

A l'intérieur delà mine, près des galeries, un vaste atelier est 
élabii pour les opérations mécaniques. M. Regnault expose un 
plan de la mine et une coupe sur les filons exploités ; il offre à In 
Société quelques échantillons de cuivre gris argentifèi es avec cris- 
taux tétraèdriques se présentant dans des géodes quartzeuses, 
renfermant aussi du fer carbonate. 



Séance du 11 mars 18*74; 

Présidence de M. le colonel Belleville. 

La Société a reçu : 

Un tableau méthodique des mammifères de la Haute-Garonne 
(an VII), donné par M. Cartailhac. 

Une lettre de M. le Maire de Toulouse envoyant la liste de 
divers ouvrages accordés à la Société par décision ministérielle 
du 2 mars. 

M. Paul Lacaze, ingénieur civil, est admis comme membre 
titulaire sur la proposition de MM. Huttier et Chamayou. 

La Société a reçu une lettre de M. Rey-Lescurc, qui envoie la 
réduction de la carte -minute présentée par lui dans la séance du 
•Ï-S février. 



— 201 — 

M. Rey-Lescure adresse en même temps à la Société le Mémoire 
suivant : 

CARTE 

AGRO-GÉOLOGIQUE, HYDROLOGIQUE, 

STATISTIQUE ET ITINÉRAIRE 

DU DÉPARTEMENT DE TARN-ET-GÀROiNNE- 



PRELIMINAIRES. 

Carte au -^éw- ~" ^^ eu l'honneur de présenter à la 
Société , le 2o février dernier, la minute d'une carte agro- 
géologique et hydrologique du département de Tarn-et-Garonne, 
ainsi qu'une feuille de coupes à l'appui. Cette carte et ces 
coupes ont été dressées à l'échelle de ^^ , sur un exem- 
plaire de la grande carte départementale sur laquelle on 
a compris simplement la partie afférente au département 
des quatre feuilles de la carte du dépôt de la guerre. 

Coupes au ^^. — Je lui adresse aujourd'hui : 1° La 
feuille de coupes à l'appui, à l'échelle de jôoôô P our l es 
longueurs et de tôoôô P our ^ es hauteurs. 

Esquisse. — 2° Une note explicative de la carte et des 
coupes, esquisse et description des terrains du département. 

Disposition des coupes. — J'ai disposé les coupes de ma- 
nière à pouvoir les séparer, si on le désire , et les placer 
deux à deux, bout à bout, pour bien montrer dans une 
vue d'ensemble la succession et le développement des ter- 
rains sur une longueur d'environ 80 kilomètres. — En 
outre, chacune de ces coupes peut être détachée (suivant 
le filet de coupe au-dessous de la ligne indiquant le niveau 
de la mer) afin qu'on puisse la repérer et la coller dans 
les marges de la carte générale ou dans celles des feuilles 

15 



— 202 — 

spéciales de la carte de Pétat-major, au plus près des ter- 
rains qu'elles représentent (1). 

Carte réduite au ~ôôô* — 3 ° Une petite carte, exem- 
plaire réduit à l'échelle de jyoôôô- Eu " e résume sous un 
format plus usuel les données de la grande carte. 

Orientation et mesure des distances et des surfaces. — Cette 
petite carte présente un premier réseau de lignes perpen- 
diculaires dirigées Nord-Sud et Est Ouest, de 5 en 5 kilo- 
mètres, et un second réseau de lignes obliques aux précé- 
dentes et dirigées N. E.-S.O. et N. O.-S.E., de 7 en 7 
kilomètres. Ce double réseau, rapporté au chef-lieu du 
département, permet d'orienter instantanément et de me- 
surer en kilomètres et en heures de marche, dans toutes les 
directions, la longueur et les inflexions des routes et des 
cours d'eau. Il permet aussi de mesurer à l'œil, sans échelle, 
ni compas, au vu des triangles de 1 250 hectares, des carrés 
de 2,500 hectares, de ceux de 5,000 hectares et des grands 
carrés de 10,000 hectares, l'étendue : 1° des bassins 
hydrographiques; 2° des massifs orographiques; 3° des 
vallées; 4° des terrains géologiques ou agronomiques. Il 
facilite, en outre, la reproduction de cette carte à diverses 
échelles, soit au point de vue de l'enseignement, soit au 
point de vue de l'utilité pratique. 

Orientation stratigraphique. — L'orientation centrale 
permettra, en outre, de rapprocher instantanément des 
directions connues, et au moyen de simples parallèles, 
tous les accidents stratigraphiques de quelque importance. 

(1) La facilité de pouvoir rapprocher les coupes des cartes de l'état- 
major a paru présenter un très-grand avantage. On sait, en effet, que 
des exemplaires de la carte départementale, d'après l'élat-major, ont été 
placés dans toutes les mairies de chef-lieu de canton, et que toutes les 
communes en seront bientôt pourvues. D'ailleurs, avant peu, ces cartes 
seront mises à la portée de tout le monde au moyen d'un report sur 
pierre à \ fr, la feuille. 



— 203 - 

Échelles. — L'échelle de 1 millimètre pour 10 mètres, 
adoptée pour les hauteurs, a été prise oetuple de celle des 
longueurs, 1 millimètre pour 80 mètres, parce qu'elle per- 
met une représentation géologique et lithologique suffi- 
samment nette des couches et des terrains. 

Lignes d'altitude. — Indépendamment des teintes gra- 
duées indiquant à la fois la diversité des terrains géologi- 
ques et agricoles et les différences générales d'altitude 
des étages, les coupes présentent des lignes horizontales 
(espacées les lignes fortes de 100 en 100 mètres et les 
lignes faibles de 20 en 20 mètres) de manière à pouvoir 
niveler, repérer et reporter exactement Faltitude, la puis- 
sance, l'inclinaison et la nature lithologique des couches 
intéressantes. 

Sur les cartes et dans les coupes, les chiffres romains et 
les initiales minuscules usuelles font connaître la région 
agronomique et la nature des sols et des sous-sols dominant 
dans la région géologique indiquée par les teintes et les 
initiales majuscules. 

Généralités. — Le travail que nous vous présentons est 
avant tout une œuvre pratique. Il a pour point de départ 
cette idée que la géologie recrutera d'autant plus d'obser- 
vateurs et rendra d'autant plus de services, qu'elle sera 
plus accessible à tous. 

La première pensée de cette esquisse remonte à plus 
de vingt ans. Elle date de l'époque où, par goût et comme 
distraction à d'autres occupations, nous observions avec 
curiosité les terrains avoisinant nos diverses résidences 
dans PAgenais, le Lot, le Tarn et le Tarn-et-Garonne. 
Nous en avions rapporté cette conviction que la forma- 
tion des terrains de notre département a toujours été 
en connexion intime : 1° avec les relèvements des monta- 
gnes voisines et les affaissements qui en ont été la cause ou 
la conséquence ; 2° avec les grandes dénudations du plateau 
central, de la Montagne-Noire et des Pyrénées, et cette 



— 204 — 

autre conviction à savoir que nos terrains agricoles ayant, à 
leur tour, une intime connexion avec l'origine et le mode 
des dépôts géologiques, les agriculteurs doivent demander 
à la géologie pratique des renseignements généraux, mais 
positifs, sur la nature des sols et des sous-sols 9 leur per- 
méabilité, leur puissance productive et aquifère. Cette con- 
naissance raisonnée de leurs aptitudes spéciales leur est 
indispensable pour obtenir la plus grande somme de pro- 
duits, avec le moins de frais possible, dans une situation 
climatérique déterminée. Aussi la carte qu'il doit incontes- 
tablement paraître le plus utile de répandre est celle qui 
montre les liens étroits qui rattachent l'agronomie à la 
géologie et à la topographie. 

Utilité des indications agro-géologiques et hydrologiques. — 
A la fin de 1869, d'après les conseils du regretté Magnan, 
nous réunîmes quelques notes et nous rédigeâmes un mé- 
moire sur la question de géologie agricole, mise au concours 
par la Société des sciences, arts et belles-lettres de Tarn- 
et-Garonne. Ce travail, couronné en 1870 par cette Société, 
en même temps que celui de M. Georges Rous, enlevé si 
jeune à sa famille et à la science, ce travail, disons-nous, 
nous avait fait prendre rengagement envers nous-même 
de lui donner la forme et les proportions qu'il a aujour- 
d'hui. Aussi, depuis la fin de 1869, sans nous laisser 
arrêter par les circonstances, nous n'avons jamais cessé, 
autant que nos occupations nous le permettaient, de multi- 
plier nos explorations. Puissions-nous avoir approché du 
but pratique que nous nous sommes proposé. 

Intérêt géologique du département de Tarn-et- Garonne. — 
Le département de Tarn-et-Garonne (le cinquième dans 
l'ordre d'exiguité, 372,000 hectares, 229,000 habitants) 
n'en présente pas moins un intérêt géologique considérable 
au point de vue, soit de la formation de ses terrains marins, 
fluvio-lacustres et fluviatiles pendant les époques secon- 
daire, tertiaire, quaternaire et moderne, soit des recher- 



— 205 — 

ches relatives aux mouvements et aux dénudations du sol 
qui en ont été la cause première, bien que les traces en 
soient souvent difficiles à retrouver. 

Bruniquel, Puech- Mignon. — Quant aux applications de 
la géologie, si cette science n'avait à se préoccuper que 
des métaux ou des combustibles, on n'y constaterait avec 
regret que le souvenir des fers doux de Bruniquel et celui 
des sondages entrepris vers Puech-Mignon. 

Mais, comme dans notre belle et malheureuse France, 
chaque pays a son faciès spécial et sa richesse propre qu'il 
importe de bien connaître et d'accroître pour réparer nos 
pertes, ce serait restreindre bien mal à propos le champ 
des utiles investigations de la science que de ne pas lui 
demander des notions précises sur l'origine, la nature et 
les aptitudes spéciales des sols. Cette richesse n'est-elle pas, 
en effet, la première, la plus considérable et la plus pré- 
cieuse de toutes, puisque, risquant toujours de s'épuiser, 
elle a reçu de Dieu, dans son admirable prévoyance, la 
faculté de se renouveler et de s'améliorer sans cesse, afin 
de pourvoir d'une manière de plus en plus abondante, 
générale et progressive à l'alimentation et au bien-être de 
l'homme. 

Richesse agricole. — La production de notre pays, son 
commerce, son industrie, ses carrières de phosphates, sa 
population, tout, jusqu'à ses impôts si élevés et si dispro- 
portionnellement répartis, comparativement aux départe- 
ments voisins, tous ses éléments de richesse sont essentiel- 
lement agricoles. Dès lors, au point de vue de la géologie 
pratique, la source de la richesse dans notre département 
a une origine et une importance que cette science non 
seulement ne peut méconnaître ou passer sous silence, 
mais qu'elle doit, au contraire, s'attacher à étudier avec 
beaucoup d'attention pour l'accroître et la féconder par ses 
enseignements. 



- 20G — 

Géologie agronomique. — Ainsi se trouve justifié ce titre 
d'esquisse et de carte agro-géologique que nous donnons 
à notre travail. 

Hydrologie. — Celui d'esquisse hydrologique ne l'est pas 
moins, ce nous semble , puisqu'en montrant l'admirable 
développement de notre réseau hydrologique, il fait voir 
combien peu il est utilisé, à tort ou à raison, et combien 
peu encore les études positives et les investigations se sont 
portées sur cette importante question : la recherche, la cap- 
tation, l'emmagasinement et l'utilisation des eaux. 

Position centrale du Tarn-et- Garonne dans la région du 
Sud-Ouest. — Cet intérêt à la fois théorique et pratique, 
notre département le doit à sa situation à peu près centrale 
dans la région du Sud-Ouest et à sa distance, 150 à 200 
kilomètres environ : 4° des granités, des schistes et des 
calcaires des Pyrénées centrales; 2° des terrains primitifs et 
volcaniques du Plateau central et du Cantal en particulier; 
3° des granités et des schistes de la Montagne-Noire, des 
Cûvennes et des montagnes de l'Aveyron ; 4° des rivages 
anciens et des rivages actuels de l'Océan et de la Méditer - 
rannée. 

Dépressions. — On peut, en effet, considérer son centre 
géographique (approximativement 4 e, 10' longitude Ouest 
et 48s, 90'lfrtitudeNord) comme le centre hydrographique, 
soit d'une vaste dépression, soit de plusieurs séries de 
dépressions, vers lequel se sont effectués successivement le 
transport par des eaux confluentes sur la plus vaste échelle 
et le dépôt des matériaux provenant de la dénudation 
de ce demi-cercle de montagnes qui le circonscrivent du 
Sud-Ouest au Nord-Ouest. 

Le Tarn-et -Garonne est l'analogue de Vaucluse. — Rap- 
prochements. — Cet intérêt augmente encore, si l'on remar- 
que que notre pays est sinon l'équivalent, du moins le 



- 207 - 

pendant ou l'analogue, à bien des points de vue, entre le 
Plateau central et les Pyrénées, dans le bassin de la 
Garonne, du département de Vaucluse, entre les Alpes et 
ce même Plateau central, dans le bassin du Rhône. Cette 
circonstance nous fournira matière à plus d'un rapproche- 
ment instructif. 

Développement industriel facile autour de Montauban. — 
Cet intérêt s'accroît toujours, surtout au point de vue 
pratique, si Ton observe que, placé au centre de la partie 
moyenne du bassin de la Garonne, entre Toulouse et Agen, 
à proximité de Garmaux et de Decazeville, des Pyrénées et 
de la mer, notre département, avec ses chutes d'eau, ses 
railways, ses canaux, ses fabriques, son exportation consi- 
dérable de denrées alimentaires, pourrait procurer, par un 
accroissement de population, d'activité et de production, 
uue atténuation momentanée à l'immense et douloureuse 
perte du département du Rhin, dont M. Daubrée nous 
avait si bien fait connaître les éléments fondamentaux 
d'une prospérité sans égale. 

Phosphates de chaux. — La découverte des phosphate* 
de chaux, dans les cantons de Gaylus et de S l Antouin, a 
d'ailleurs valu à notre département l'étude magistrale qu'en 
a fait l'éminent professeur du Muséum d'histoire naturelle 
et par suite l'attention de tous les géologues. 

Travaux géologiques dans la région. — Après l'étude 
générale de notre région, par les illustres auteurs de la 
Carte géologique de France, ont paru successivement : 
la carte géologique et la description du Tarn , par 
M. de Boucheporn; celle de l'Aveyron, par M. Roisse ; 
du Gers , par M. Jacquot ; du Lot-et-Garonne , par 
M. Lacroix, ainsi que les remarquables travaux et les mémoi- 
res de MM. Lartet, d'Archiac, Raulin, Leymerie, Noulet, 
Tournouer, Magnan, Garrigou, Trutat, Bleicher , Reynès, 
Combes , et les autres géologues qui nous ont fait en 



— 208 — 

grande partie connaître la région par leurs descriptions 
géologiques, sources précienses auxquelles les géologues qui 
s'occupent de ce pays puisent leurs indications générales. 

Utilité d'une étude synthétique dans le Sud-Ouest. — 
Il serait à désirer maintenant qu'il fût fait une étude 
synthétique et poursuivie pas à pas des lois dynamiques 
qui ont occasionné ou accidenté : 

1° Le recouvrement du plateau central et de ses bords 
par les eaux tria-jurassiques; 

i° L'affaissement ou la disparition des sédiments créta- 
cés dans notre pays ; 

3° La dénudation des terrains antérieurs ayant servi 
à la génération des sédiments d'eau douce de l'époque 
tertiaire ; 

4° Le moment précis de l'apparition et de la fin des 
oscillations des Pyrénées, de leurs contre-coups directs ou 
indirects, lointains ou rapprochés, ainsi que des volcans 
d'Auvergne et de l'exhaussement du massif des Alpes ; 

5° Le comblement général des bassins du Sud-Ouest 
par les eaux tertiaires ; 

G L'éloignement et l'oscillation des rivages anciens de 
l'Océan ; 

7° La puissance et l'origine des phénomènes diluviens. 

Un jour viendra peut-être, et nous l'appelons ardem- 
ment, où les géologues du Nord de la France et les savants 
professeurs de la capitale, réunis à ceux du Midi, vien- 
dront appliquer à l'étude d'ensemble de la région du Sud- 
Ouest, cette science d'analyse et de comparaison qui nous 
ont valu la description du département du Bas-Rhin, ou 
le mémoire ayant pour titre les Mers anciennes et leurs 
rivages dans le bassin de Paris. — Ce vœu, que la science 



- 209 — 

doit désirer de voir se réaliser, les maîtres de la science, 
MM. Daubrée et Hébert, voudront bien nous excuser de 
l'avoir formulé d'une voix aussi faiblement autorisée que 
la nôtre. 

Notre travail suppose acquises des notions préliminai- 
res. Il ne saurait entrer dans le cadre de cette esquisse 
de les reproduire ; mais pour ceux qui désireraient les 
retrouver, nous croyons devoir signaler les traités élémen- 
taires de géologie et de minéralogie de MM. Raulin, 
Leymerie, abbé Lambert, Stanislas Meunier, Coquand, 
Beuclant et le prodrome de géologie de M. Vézian. 



ESQUISSE 

agro-géologique, hydrologique et statistique du département 
de Tarn-et-Garonne. 



PLAN ET DIVISION. 

La géologie signifiant, dans le sens large et pratique du 
mot, r étude, aussi bien à la surface que dans la profondeur, 
des masses et des couches constituant les terrains et les roches, 
de leurs mouvements et de leurs transformations, et celle des 
minéraux, des matériaux et des substances utiles qu'elles ren- 
ferment, cette esquisse du département de Tarn-et-Garonne 
doit comprendre, comme tous les travaux de ce genre : 

I. La topographie sommaire ou géographie physique 
(situation, étendue des diverses parties, relief, hydro- 
graphie, climat). 



— 210 — 

II. La description géologique : 1° d'une manière générale ; 
2° d'après les coupes; 3° par voie d'application à V agro- 
nomie et à Yhydrologie locales. 

III. Un résumé statistique montrant les résultats ou con- 
séquences économiques des conditions géologiques et cli- 
matériques. 



PREMIÈRE PARTIE, 



TOPOGRAPHIE. 

Situations, limites, étendue, forme. — Situé presque au cen- 
tre de la région du Sud-Ouest, ayant lui-même son centre 
à peu près sur le 1 G ,10' longitude Ouest, 48 G ,90' latitude 
Nord (ou 1° 0. — 44° N), formé seulement en 1808, aux 
dépens de l'Aveyron, du Lot, du Lot-et-Garonne, du Gers, 
de la Haute-Garonne et du Tarn, notre département doit à 
cette circonstance son exiguïté, 372,000 hectares, les ano- 
malies purement administratives de ses limites et de sa con- 
figuration bizarre, qui tient à la fois du quadrilatère et du 
triangle, et qui en réalité ressemble plus à l'Angleterre qu'à 
toute autre figure, et a, comme elle, les lobes et les den- 
telures d'une immense feuille de mûrier sauvage. Il a 90 à 
95 kilom. de longueur moyenne ou maxima de l'Est à 
l'Ouest, et pour largeur 20 kilom. à l'Est, 16 entre Lapen- 
clie et Casais, 35 entre Molières et Gampsas au méridien 
de Montauban , 65 kilom. à l'Ouest. Montauban est à 
70 kilom. d'Agen, 80 d'Auch, 51 de Toulouse, 80 de Cas- 
tres, 65 d'Albi , 60 de Cahors, 190 de Bordeaux, 637 
de Paris 

Climat. — D'après les moyennes annuelles déduites des 
observations de M. Bouchard, à l'École normale, la tempe- 



- 211 — 

rature moyenne annuelle serait de 42°, la pression baro- 
métrique de 753 mm , la quantité d'eau tombée 600 m,n par 
mètre carré ou 600 lit. par an, ou 50 lit. par mois. La 
prédominance du vent du sud-est ou d'autan est de 9 fois 
sur 100, celle du vent d'ouest 17 fois sur 100, et du nord- 
ouest ou de la pluie 13 fois sur 100. 

Pluie, neige ou gelées moyennes en décembre, vent d'au- 
tan (ou de la sève) à l'équinoxe de mars, pluie ou beau 
temps en avril, pluies ordinairement abondantes et quel- 
quefois gelées tardives ou grêles en mai, extrême sécheresse 
en juin, juillet et août (à moins d'orages), pluies modérées 
et beau temps en septembre, octobre et novembre, tel est le 
climat de Montauban , qui ne dépasse guère — 8° en 
hiver, 36° en été , et présente comme moyenne 6° en 
hiver, 12° au printemps, 21° en été, 13° à 14° en automne. 
Ces moyennes, d'ailleurs, ne sont inférieures que de 1° à 
2° environ à celles du département de Vaucluse, tandis 
qu'elles sont supérieures d'environ 2° à celles de Paris et 
à celles de Rodez. 

ORO-HYDROGRAPHIE. 

Le département de Tarn-et --Garonne tfa pas, à propre- 
ment parler, d'orographie spéciale caractérisée par des 
montagnes le traversant et y donnant naissance à des cours 
d'eau considérables. Il est simplement placé au bas du 
revers de trois montagnes dont il est ainsi devenu le récep- 
tacle sédimen taire ou centre hydrographique. — Aussi 
réunirons-nous l'orographie et l'hydrographie. 

Garonne, Tarn, Aveyron, 15 Cours d'eau secondaires. — 
Trois grands cours d'eau, la Garonne, le Tarn et l'Aveyron 
y forment un développement linéaire de 250 kilom. Quinze 
cours d'eau secondaires portant moulins avec barrages, ont 
une longueur moyenne de 20 kilom. ou ensemble de 300 
kilomètres. 



— 242 - 

Navigation, Canal, Voies ferrées. — La navigation impos- 
sible sur l'Aveyron, abandonnée sur le Tarn, impraticable 
sur la Garonne, la navigation, disons-nous, aurait con- 
servé, allongé ou élargi peut-être les 100 kilom. de la voie 
centrale du canal latéral à la Garonne, si le monopole des 
chemins de fer qui desservent les même vallées n'était 
venu lui substituer une force et une vitesse nouvelles, savoir : 
le Midi sur une longueur de 80 kilomètres et l'Orléans sur 
75 kilomètres. 

La topographie, exactement représentée sur la carte au 
âôsôô, l' estavec pl us de netleté sur la carie au . oi0 l 00Q . 

Elle s'accuse à grands traits de la manière suivante : 

Ligne de plus grande pente, Vallée de VAveijron. — 1° De 
l'Est à l'Ouest, de Laguépie à la Magistère, la vallée de 
l'Aveyron prolongée par le Tarn et du Tarn prolongée par la 
Garonne, présente une ligne synclinale de 97 kilom. ou 
de 150 kilom. suivant qu'on la prend droite ou sinueuse. 

Cette ligne, à peu près médiane, partage le département 
en deux parties, l'une au Nord d'environ 182,000 hectares, 
l'autre au Sud de 189,000 hectares. 

150 m d'altitude à Laguépie, 100 à Montricoux (à 50 kil. 
plus bas) 50 m à Lamagistère (à 100 kil. plus bas encore) 
accusent sur ce grand collecteur général, sur cette direc- 
trice hydrologique, une pente en long d'abord de 1 m par 
kilomètre, puis de 50 centimètres en ligne droite pour le 
thalweg, car en suivant les sinuosités qui allongent environ 
la longueur de moitié en sus, elle se répartirait sur 100 à 
150 kilomètres. 

Vallées du Tarn et de la Garonne. — 2° Du S. 30° E. au 
N. 30° 0,1e Tarn aux limons rouges, la Garonne aux limons 
jaunes, coulent aujourd'hui parallèlement ou à peu près, à 
16 kil. environ l'un de l'autre, vers deux points peu distants 
du milieu de cette ligne de plus grande pente et par con- 
séquent du centre du bassin entre Montauban, Moissac et 
Lafrancaise. 



- 213 — 

Ces deux dernières lignes hydrographiques coupent la 
première sous deux angles de 60° et subdivisent la partie 
méridionale du département en 3 parties: 1° le Bas-Quercy 
au S. E. , entre l'Aveyron et le Tarn .; 2° l'Entre Tarn-et- 
Garonne \ 3° La Gascogne et la Lomagne au S, O. 

ï. — Région septentrionale. 

Agenais, — Haut-Quercy, — Rouergue. 

Altitude des plateaux et des collines au Nord. — Au 
Nord, et formant une zone à peu près parallèle au revers 
méridional de la vallée du Lot, la région des plateaux étages 
et des collines du Rouergue, du Haut-Quercy, de F Agenais 
4 82,000 hectares (85 kil. X 21 kilom. 500 m ), s'arrasent en 
moyenne de l'Est à l'Ouest aux altitudes successives sui- 
vantes : 

Non loin de Loudes et Gastanet, à près de 500 ; vers Pari- 
zot, entre 350 et 400 m ; 

Au dessus de Gaylus, dans le plateau contenant les phos- 
phates, entre 350 et 300 m ; 

A Puylaroque, Montpezat et Montalzat, vers 300 m . 

Ces trois plateaux composent ensemble les plateaux élevés 
de l'Est ou 79,500 hectares environ. 

A Mirabel, Molières et Lafrançaise, vers 200 m , 29,000 
hectares; 

Au Nord-Ouest, vers Gazes-Mondenard, Lauzerte., Mon- 
taigut et Bourg de Visa, à 230 m ; 

A Moissac et Goudourville au dessus deValence, vers 1 50 m , 
ensemble 73,500 hectares. — Total, 182,000 hectares. 

Direction\et bassins des cours d'eau secondaires. — Ces pla- 
teaux se trouvent symétriquement découpés, de 16 en 16 
kil., par 5 cours d'eau secondaires qui se dirigent vers le 
grand collecteur E.-O., du N. N. E. au S. S. 0., comme la 
Bonnette, ou du N. E. au S. 0, comme la Lère, PEmboulas, 



- 214 - 

la Barguelonne et la Séoune. Ils forment ainsi des massifs 
trapézoïdaux , ou mieux des bassins hydrographiques 
d'environ 35,000 hectares (22 k X 16 k ). 

Ligne de plus grande pente sur les hauteurs. — De l'un des 
points les plus élevés du département (492 ra ), pris au S. de 
Castanet et dominant, à l'Est, l'Aveyron vers Najac, au 
plateau de Perville(191 ra ), dominant la vallée de la Garonne, 
à l'Ouest, vers Valence d' A gen. on pourrait tracer une ligne 
conventionnelle pseudo-orographique et de plus grande 
pente, correspondant, sur les hauteurs, à la ligne synclinale 
médiane. Au premier abord sa pente paraît être de 300 m 
pour 90 kil. , soit 3 m ,30 par kil. , mais l'on s'aperçoit bientôt 
que si l'on décompose cette pente en deux parties, celle de 
Castanet à Montpezat (A. 300 m ) donnera, pour 40 kil., une 
pente Est-Ouest de 5 m par kilomètre, tandis que celle qui 
commence cent mètres plus bas vers Molières et finit à 
Perville, est insignifiante et peut être considérée comme une 
ligne de niveau. 

Pente transversale. — Mais si l'on observe, au contraire, 
les altitudes décroissantes du N. au S., surtout vers le 
N. 0. de cette région, on constate des ressauts successifs 
légèrement accusés de 30 en 30 m , ou mieux, chaque 60 m , 
lesquels donnent pour 20 kil. une pente transversale de 3 
à 4 m par kilomètre. Or les cours d'eaux secondaires 
semblent avoir creusé leur lit suivant une ligne oblique 
par rapport à ces deux pentes, ce qui réduit la leur à \ m , 
1 m ,50 2 m ,50 par kil. suivant le point où on la considère. 
Cette pente serait à peu près suffisante pour l'écoulement 
rapide des eaux d'orage amenées du sommet des coteaux 
par des ruisseaux ou fossés transversaux (longs de 4 à 5 
kilom., avec une pente torrentielle ou ravinante de 60, 40, 
30, 20 ou 10 % daus les parties supérieures, en moyenne 
de 3 à 6 % dans les parties inférieures), si Pexiguité et 
les sinuosités des lits de ces cours d'eau , leurs ensable- 
ments fréquents et par suite leur exhaussement, les endi- 



— 215 — 

guements et les barrages trop rapprochés n'occasionnaient 
dans les prairies latérales des débordements avantageux ou 
nuisibles suivant l'époque de Tannée et la nature limoneuse 
ou graveleuse des dépôts. 

Plateaux perméables à VEst. — En examinant le figuré du 
terrain des plateaux et des vallées, des bois et des eaux, on 
remarque : 1° qu'à l'Est entre la Bonnette et la Lère les petits 
ruisseaux paraissent rares, et Ton comprend d'avance que 
ces 30,000 hectares doivent présenter sur les plateaux bon 
nombre de parties sèches et arides } par suite d'un excès de 
perméabilité résultant de la nature pierreuse du terrain, de 
la multiplicité des dépressions et des crevasses qui le sillon- 
nent et qui donnent lieu à ces écoulements souterrains ali- 
mentant les sources de Saint-Cirq, Puylaroque, Livron, le 
Martinet, sources assez abondantes pour faire marcher des 
moulins. 

Terrains imperméables. — Au contraire, entre la Lère et 
la Barguelonne, les ruisseaux paraissent très multipliés et 
leurs vallons, profondément et largement creusés, ce qui 
donne immédiatement l'idée d'un écoulement superficiel 
dans des terrains imperméables très érosibles. 

Plateau perméable au N. 0. — Au N. 0., du côté du 
Bourg de Visa et de Montaigut, le figuré du terrain indi- 
que un nouveau plateau très perméable. 

A l'exception des vallées de la Bonnette à l'Est et de la 
Séoune de Brassac à l'Ouest, qui sont relativement étroi- 
tes, on peut évaluer la largeur moyenne des vallées 
secondaires de 600 à 800 m à la base, de 1 ,000 à 1 ,200 m sur 
les flancs dans les parties saillantes, de 1,200 à 1,500 m , 
2,000, 2,500, 3,000 m et quelquefois plus dans les vallons 
ou parties rentrantes jusqu'à la partie supérieure, suivant 
la nature plus ou moins résistante des terrains qui consti- 
tuent les plateaux ou les lignes de faîte. 

Entre cette ligne de faîte et la ligne du thalweg, la 



- 210 - 

différence de hauteur ou la profondeur de la vallée est 
ordinairement de 100 à 1 30 mètres. L'altitude moyenne des 
cours d'eau oscille entre 80, 100 et 120 mètres. 

II. — Région méridionale. 

Après avoir parcouru la région septentrionale qui s'ap- 
puie sur les bords du plateau central de l'Auvergne et du 
Rouergue, du Cantal et de l'Aveyron, examinons dans la 
partie méridionale de notre département, celle qui se rat- 
tache à l'immense plateau s'étendant au pied des Pyré- 
nées, de Tarbes à Toulouse et Agen. 

Gascogne. 

Gascogne, 80,000 hectares. — Les plateaux élevés et les 
terrasses moyennes de la rive gauche de la Garonne for- 
ment un trapèze très irrégulier de près de 80,000 hectares, 
qui aurait pour base, le long de la Garonne, environ 
57 kilom. (si cette ligne n'était brisée en son milieu, vers 
Cordes-Tolosane, sous un angle de 1 50°) et \ 4 kilomètres 
de largeur moyenne. 

Vallée de la Gimonne. — Cette région est coupée en 
deux, à peu près en son milieu, sur une longueur d'envi- 
ron 30 kilomètres, par la vallée de la Gimonne, se diri- 
geant du Sud-Ouest au Nord-Est. 

Nous avons déjà vu que la vallée de la Lère se dirigeait en 
sens contraire du Nord-Est au Sud-Ouest, rapprochement 
utile à constater au point de vue pratique, puisque tôt ou 
tard un chemin de fer commercial et stratégique est des- 
tiné à sillonner ces deux vallées d'Auch à Cahors. 

Gimonne. — La Gimonne descend de l'altitude de 450 m 
vers Castelnau-Magnoac (à 20 kilom. au N. N. E. du 
plateau de Lannemezan), passe à Simorre, marche côte à 
côte dans le Gers avec l'Arrax, s'en rapproche beaucoup 



- 217 - 

vers Mauvezin, puis s'en écarte sous un angle de 60° et 
sépare du département du Gers, d'Engalaubet à Avensac, 
la pointe avancée du tarn-et-Garonne, vers le S.-O. Elle 
a, sur une longueur de 60 kilom., une pente décroissante 
de 5 m , 3 m et 2 m par kilomètre, d'après les cotes de 1 1 6 m 
à Engalaubet, 106 à Avensac, 102 à Beaumont, 82 à 
Labourgade et 73 à son embouchure, soit une pente droite 
de m ,71 ou sinueuse de m ,60 pour 10 à 12 kilomètres de 
plus. 

Son bassin hydrographique est d'environ 18,000 hect. 
(26 k X 7 1 ')- 

Sère.— A sa gauche et parallèlement, la Sère, qui prend 
sa source dans le département, entre Glatens (250 m ) et 
Gasteron (266 m ) et qui passe entre Esparsac et Maumus- 
son (250 m ), entre Couture (270) et Lavit (21 7 m ), présente 
un bassin de 1 5,000 hectares. 

Autres cours d'eau. — Au Nord-Ouest de Lavit, l'Au- 
roux, qui passe entre les deux châteaux de Montbrison, le 
Gamésou sous Bardigues et l'Arrax en aval d'Auvillar 
forment trois bassins d'environ 7,000 hectares chacun et, 
se dirigeant tous trois vers le N.-N.-E., se jettent dans la 
Garonne (23,000 h ). 

Au Sud-Est de la Gimonne, le Marguestaud, leLambon, 
le ruisseau de Nadesse, la Tessonne descendant du massif 
élevé de Cox et de ses ramifications, ont chacun un bassin 
de 5 à 6,000 hectares, pour une longueur d'environ 
15 kilomètres (24,000 h ). 

Au point de vue topographique, la région de la Gasco- 
gne présente comme particularités saillantes : 

Plateaux élevés. — 1° VersGariès,S. S. 0. de Beaumont, 
les ramifications élevées (230 à 280 m ) du massif de Cox 
(300 m ) auxquelles, il faut rattacher les hauteurs (200 à 260 m ) 
de Coutures, Esparsac et Glatens au N. N. 0.,bien qu'elles 
soient séparées les unes des autres par la vallée de la 
Gimonne. 



- 218 - 

Terrasses. — 2° Autour de ces plateaux ou de ces tron- 
çons de plateaux à deux étages, d'une étendue totale 
approximative de 20,000 hectares, règne environ 30 mètres 
plus bas, en forme de croissant, une longue terrasse de 42 
kilom. de longueur sur 6 k ,500 de largeur, d'une superficie 
de 27,200 hectares, à l'altitude de 160 à 180 m . 

3° Une seconde terrasse, entre la précédente et la Garonne, 
forme une zone de 50 k sur 6\ soit 30,000 hect., à l'alti- 
tude de 140 à 160 m . 

4° Au Sud, entre Grenade et Bourret, Verdun etAucam- 
ville, une autre terrasse, connue sous le nom de plaine ou 
ancienne forêt de Verdun , à l'altitude de 1 1 m à 120 m 
(2,800 1 '). 

Une ligne de faîte , tracée des hauteurs d'Esparsac 
(250 m ), entre la Gimonne et la Sère, aux bords de la 
Garonne (I36 m ), montre les ressauts successifs de ces pla- 
teaux et de ces terrasses, rachetant une différence de 
hauteur de 1 \ 4 m , soit plus de 6 m par kilomètre. 

Bas-Quercy. 

Au Sud-Est du département, entre le Tarn et PAveyron , 
aux environs de Bruniquel et de Monclar, comme aux por- 
tes de Montauban, on retrouve une disposition analogue à 
celle que nous venons d'examiner. 

Plateau S. E. du Bas-Quercy. — 303 ra d'altitude à 
Brian du Gausse, sur le revers oriental de la vallée de la 
Vère (affluent de gauche de TAveyron à Bruniquel), 260 m 
vers PAyrole et Nouais, 21 m à Puygaillard, 230 m plus au 
Sud-Ouest, 203 m à Monclar, 214 m à Génébrières, 212 m à 
Bellegarde, 201 m à Varennes, 208 m à l'église du Fau, 
nous montrent encore ce plateau du Bas-Quercy se ratta- 
chant aux plateaux de l'Albigeois, par Cordes, Castelnau- 
de-Montmirail, Salvagnac, Monclar et la partie de l'arron- 
dissement de Gaillac que contourne le Tarn. On sait, en 



- 219 - 

effet, que le Tarn, à partir de Gaillac, se dirige au S. 42° 0. 
jusqu'à Saint-Sulpice où il rencontre l'Agoût , dont il 
emprunte la direction pour se replier ainsi sur lui-même 
presqu'à angle droit (1). 

Tescou. — Le seul affluent du Tarn qui mérite d'être cité, 
le Tescou, est plus connu à Montauban par l'heureuse situa- 
tion des habitations et des vergers qui bordent ses rives 
ou qui étagent leurs belles perpectives sur les coteaux 
voisins que par l'abondance de ses eaux. 

Prenant naissance près de Montels, entre Gaillac et Cas- 
telnau, mais n'ayant dans son parcours de 50 kilom. (dont 
22! dans le département) qu'une largeur de 5 à 6 kilomè- 
tres pour son bassin hydrographique spécial, et ne recevant 
guère d'autre affluent que le Tescounet de Monclar , le 
Tescou n'apporte pour ainsi dire à Montauban que des eaux 
d'orage dont les limons fins flottent longtemps, comme de 
légers nuages, le long de la rive droite du Tarn , sans 
confondre leur coloration jaune avec les eaux claires ou 
limoneuses mais rouges du Tarn. 

Direction S.E.-N.O. des ruisseaux. — Par une cir- 
constance digne de remarque, les ruisseaux provenant des 
eaux pluviales reçues par les plateaux qui dominent Mon- 
tauban au Sud-Est (à l'exception du ruisseau Lagarrigue), 
s'écoulent tous rapidement vers l'Aveyron, en suivant une 
direction S.E.-N.O. La ligne transversale de plus grande 
pente est donc actuellement parallèle au Tarn et non pas 
confluente. 

Terrasses. — Ici, comme sur les bords de la Garonne, 

(1) Un embranchement de Saint-Sulpice à Castres par Lavaur sera 
probablement bientôt établi par la Compagnie du Midi dans cette vallée 
de l'Agoût. M. Abrial, ingénieur à Albi, a été chargé d'en étudier un 
autre par la vallée de la Vère. — Le chemin direct de Paris pourrait 
ainsi venir par Gramat, Labastide Laurès, Saint-Gery, Cahors, Lalben- 
que, Caussade, Montricoux, Bruniquel, Castelnau, Gaillac. 



— 220 — 

mais avec moins de netteté, se trouvent indiqués les restes 
des plateaux érodés, transformés en collines, et au-dessous 
les terrasses marginales, dont la plus élevée nous paraît 
pouvoir être fixée à l'altitude moyenne de nO" 1 et la 
seconde à celle de 140 ou loO" 1 . 

Plaines de la Garonne, — du Tarn, — de l'Aveyron. 

Plaine centrale. — Entre ces trois massifs , du Bas- 
Quercy au S.-E., de la Gascogne au S.-O. et les plateaux 
du Haut-Quercy vers le Nord, se trouvent comprises les 
vallées convergentes de l'Aveyron, du Tarn et de la Garonne. 
Pour un observateur attentif, elles semblent embrasser, 
non seulement la vallée proprement dite, celle qui borde 
le cours d'eau et le domine de 4, 6 ou 8 mètres sur une 
largeur moyenne de 2 à 3 kilomètres, mais bien encore les 
plaines surélevées de 8, 40, 15 et même 20 met., larges de 
4 à 6 kilom. et quelquefois plus, qui s'allongent au pied 
des terrasses en formant quelques légers ressauts ou qui 
les prolongent en manière de promontoire plus ou moins 
rétréci et abaissé. C'est ce que l'on voit très bien du haut 
du coteau qui domine Ardus, aux arbres de Lamothe. Au 
printemps, les détails s'effacent, on ne voit alors qu'une 
mer ou plutôt un lac de verdure. 

Nous citerons, à titre d'exemple : 

Plaine de Montauban. — 4° La plaine de Montricoux à 
Montauban, à l'altitude moyenne de I 00 à I05 m (8,000 hec- 
tares 20 k X 4 k ). Elle se continue à l'altitude moyenne de 
95 m environ de Montauban à Villemade, sur une étendue 
de 2,000 hectares, traversés par le ruisseau Mortarieu. 

Plaine de Lacourt-Saint-Pierre. — 2° Celle qui, commen- 
çant entre Nohic et Orgueil, contourne Campsas, longe le 
terroir de Montbartier et se prolonge vers Lacourt-Saint- 
Pierre et Lavilledieu, parallèlement au Tarn et à la limite 
orientale des forêts de Montech et de Saint-Porquier. Elle 



— 221 - 

a (sur une longueur de 22 k X 3 k ), 7,040 hectares d'étendue, 
auxquels on peut ajouter les 2 ou 3,000 hectares de 
Lavilledieu à Labastide-du-Temple, à l'altitude moyenne 
de 85™. 

Plaine de Montech, — 3° Celle de 15,000 hectares qui, 
commençant par un ruban, entre Grisolles et Dieupentale, 
le long du coteau et parallèlement à la Garonne, se profile 
et s'élargit peu à peu de Dieupentale à Gastelsarrasin et 
jusqu'aux bords du Tarn, entre Montbartier, Lacourt-St- 
Pierre et Labastide-du-Temple, sur une longueur de 34 
kilom. De telle sorte que ce promontoire se trouve formé par 
la réunion de deux plaines formant ensemble 26,000 hec- 
tares que dominent encore, avec une altitude décroissante, 
les 4,500 hectares des coteaux de Pompignan et le plateau- 
terrasse de Canals, Campsas, Montbartier, que nous ratta- 
chons à la plaine du Tarn et qui va s'abaissant de plus en 
plus en une sorte de ligne de faîte , passant près de 
Lacourt-St-Pierre et de Lavilledieu. 

Plaine de Saint-Nicolas. — 4° Une plaine analogue à 
citer est celle qui domine la Garonne, entre St-Nicolas , 
Castelmayran, Caumont, le Pin et Merles, sorte de triangle 
d'environ 2,000 hectares. 

Quant aux vallées proprement dites, nous nous bornerons 
actuellement à calculer leur étendue. 

La vallée de la Garonne a une longueur approximative 
de 60 kilomètres, une largeur de 3 k ,560 m et une super- 
ficie de 21.360 hect. 

Celle du Tarn, une longueur de 46 k ,400 m 
X2 k ,976*. . 43,808 

Celle de l'Aveyron , une longueur de 
32,000 k X 2 k ,440 m . 7,808 

Total. . . . 42,976 hect. 



222 — 



Rapprochant ces chiffres nous avons : 

Vallée proprement dite. Plaine. Totaux. 

36.560 



Garonne. . . 


21.360 


Tarn. . . . 


13.308 


Aveyron. . . 


7.808 


Totaux. . 


42.976 



15.200 
14.000 
10.000 



27.808 



17.808 



3.9200 



82.176 

Le massif du Bas-Quercy au S.-E. . 27.500 hect. 
La Gascogne 80.000 

Total de la région méridionale. 



189.676 



Région septentrionale , que nous 
diviserons aussi en trois régions : 
Occidentale. Centrale. Orientale. 

73.500 29.000 79.500. 182.000 



Etendue totale du département. . . 371.676 



ESQUISSE 

agro-géologique et hydrologique du département 
de Tarn-et-Garonne. 



DEUXIEME PARTIE. 



Six régions naturelles. — Si, au point de vue de l'aspect 
général ou de la topographie, la division du département 
en six régions naturelles paraît suffire, il n'en est pas de 
même dès qu'on examine les différences de nature, de posi- 
tion, d'origine et de composition qui distinguent les ter- 



— 223 — 

rains les uns des autres, distinction qui est surtout l'objet 
de ce travail , dans un but aussi bien agronomique que 
géologique. 

Classification des terrains. — Or, à ce dernier titre, le 
Tarn-et-Garonne présente sinon toutes, du moins une 
grande partie des formations généralement admises par 
les géologues. Il y a donc lieu de suivre la classification 
la plus usitée, celle des illustres auteurs de la carte géo- 
logique de France. Seulement le temps et l'expérience y 
ont introduit, surtout au point de vue paléontologique , 
certaines modifications dont il faut tenir compte. D'un 
autre côté, cette dernière science , en multipliant quel- 
quefois trop les étages, dans ces derniers temps surtout, 
a produit elle-même des complications inutiles. Ces diffi- 
cultés ont prouvé bientôt que, sauf quelques déplacements 
de limites et l'admission de quelques couches transition - 
uelles ou de passage, de quelques réunions ou changements 
de nom, c'est en définitive celle des maîtres de la science 
dans notre pays, celle de MM. Elie de Beaumont et Dufrénoy, 
celle de d'Orbigny et celle de M. Hébert, combinées, qu'il 
est bon de suivre, comme le meilleur instrument à la fois 
d'analyse et de synthèse que les géologues puissent adop- 
ter. Nous remarquerons notamment qu'après avoir incliné 
au début vers les classifications anglaises, la tendance 
actuelle est plutôt vers celles qui sont admises sur le con- 
tinent et notamment en Suisse et en Allemagne. 

Cette classification reproduisant la succession, la division, 
la superficie et la composition de nos terrains géologiques 
et agronomiques, ainsi que l'indication des matériaux et des 
substances utiles qu'ils renferment, nous avons cru devoir 
en rapprocher le tableau, des feuilles de coupes et de la 
carte, ainsi qu'on l'a vu à la page . Il serait donc inu- 
tile de le reproduire ici. 

C'est d'ailleurs cette même classification que nous avons 
suivie sur la carte et sur les coupes agro-géologiques. 



— 224 — 

La première de ces coupes ou coupe (septentrionale E-O), 
traverse la région septentrionale du Rouergue, du Haut- 
Quercy et de l'Agenais, de l'Est à l'Ouest, suivant sa plus 
grande longueur (80 kil. environ). 

Elle part de Loudes, près Castanet, passe à Parizot, 
Gaylus, Lavaurette, Septfonds, Montalzat, Molières, Cazes- 
Mondenard, Lauzerte et Bourg-de-Visa. 

La deuxième (occidentale) est transversale à la Garonne 
par "lontaigu, le Bourg, Castelsagrat, Valence, Auvillars, 
Mansonville, Lavit et Maumusson. 

La troisième coupe (méridionale 0. -E.) passe à travers 
les plateaux de la Gascogne et les terrasses à gauche de la 
Garonne, du Tarn et de PAveyron par Esparsac, Beaumont, 
Sérignac, La Bourgade , Montech , Montauban, Léojac, 
L'Ayrole et Bruniquel. 

La quatrième ou orientale va de Casais à Montpezat, par 
Saint- Cirq et Caussade. 

Terrain primitif (Y). 

Etude des terrains. Point de départ : Laguépie. — Le géo- 
logue qui désire connaître la succession des terrains du 
département de Tarn-et-Garonne doit prendre le chemin 
de fer d'Orléans et arriver par la pittoresque vallée de 
PAveyron jusqu'à Laguépie, petit village placé à l'extrême 
limite des trois départements du Tarn, de PAveyron et du 
Tarn-et-Garonne, au confluent de PAveyron et du Viaur. 

Aspect. — L'étroite vallée commandée par les ruines 
d'un vieux château, fièrement bâti au-dessus de la rivière, 
sur les feuillets redressés de la roche grise, s'allonge du 
S.-E. au N.-O., à l'altitude de 150 mètres, entre le versant 
N.-E., raide et boisé du plateau du Ségalar à gauche, et 
les pentes mieux étagées et couvertes de vignes, de prai- 
ries, de châtaigniers et de chênes du versant S.-E. d'un 
autre plateau, que traverse à droite l'ancienne route 



- 225 - 

de Laguépie à Lauzerte et ie chemin de Villevayre. 
Vues d'en bas, les arêtes culminantes se profilent de 
part et d'autre environ 150 mètres au-dessus du lit de la 
rivière, à l'altitude de 300 mètres. 

Produits. — Ce petit coin de terre, où l'on ne récoltait 
autrefois que la châtaigne, le sarrasin, le seigle et la 
pomme de terre, doit à la plantation de la vigne, dans les 
bonnes expositions, ainsi qu'à l'emploi de la chaux sur ses 
terres trop siliceuses, une transformation complète et très- 
lucrative de son agriculture : le blé et le trèfle s'y propa- 
gent de toutes parts. 

Plateau granito-gneissique central de rAveyron. — La 
région à laquelle il appartient n'est autre chose que la 
pointe terminale au S.-O. de cet immense plateau central 
granito-gneissique de l'Aveyron, plateau de 300,000 hecta- 
res, d'une altitude moyenne de 750 mètres, qui se rattache 
par Asprières, Conques, Entraygues , Mur-de -Barrez, 
Maurs et Aurillac au grand Plateau Central de la France, 
(750 mètres), à la granitique et volcanique Auvergne que 
domine encore, de son cône surélevé de 1100 mètres, le 
volcan éteint du. Cantal (1850 m ) dont M. Rames, dans sa 
monographie nous a fait connaître les phases alternatives 
d'activité et de repos, les déjections basaltiques et trachyti- 
ques, la flore remarquable et les anciens glaciers (1). 

Pour bien comprendre la génération des terrains de 
notre département, nous sommes obligés, quoique cela 
puisse paraître, au premier abord, un hors-d'œuvre inutile, 
de jeter un coup d'œil rapide : 1° Sur la constitution géo- 
logique des départements voisins, et 2° sur la composition 

(4) Les géologues ne peuvent qu'exprimer le regret que la carte géo- 
logique du Cantal n'ait pu encore être publiée. Il serait à désirer surtout 
qu'on pût en avoir un extrait analogue à celui de M. Henry Lecoq , 
publié pour le Puy-de-Dôme par M. Delagrave, à l'aide du coloriage au 
patron, procédé rapide et peu dispendieux. 



— 226 — 

chimique des premiers matériaux consolidés, matériaux 
dont les décompositions successives, jointes à l'émission de 
matières nouvelles, ont servi à produire les dépôts ultérieurs 
de sables, d'argiles, de grès, de calcaires, de dolomies, de 
marnes, d'oxydes de fer, de cailloux roulés, de phospha- 
tes, etc., dont nous aurons plus spécialement à nous 
occuper. 

Coup cVœil sur les terrains de VAveyron. — Le plateau 
central Aveyronnais est découpé de l'Est à l'Ouest, ainsi 
que le montre très-bien la carte géologique de TAveyron, 
dressée par M. Boisse, au Sud par les nombreux et torren- 
tiels affluents du Viaur, au Nord par ceux plus rares de 
l'Aveyron. Ces cours d'eau, de 130 à ^O 1 * de longueur, 
traversant le département avec des pentes de 3, 4, et 
même 5 mètres par kilomètre, amènent, lors de la fonte 
des neiges et des grandes pluies d'orage, des quantités 
d'eau douées d'une force et d'une rapidité bien faites pour 
donner une idée des prodigieux phénomènes de continuelle 
et profonde dénudation qui ont dû s'opérer sur les terrains 
de transition et secondaires. Leur étendue était autrefois, 
sans nul doute, beaucoup plus considérable qu'aujourd'hui 
et devait très-probablement recouvrir une partie du centre 
du département, comme le fait encore la ceinture de 
schistes, de grès de marnes et de calcaires marins, étalés 
par immenses lambeaux du côté de Saint-AfFrique , de 
Milhau, d'Espalion et de Villefranche. 

Dénudations immenses. — De ces dénudations du plateau 
central on retrouve sur place quelques témoins épargnés 
par l'érosion, mais la preuve, les grandes preuves, c'est 
autour et à quelque distance même du plateau central qu'il 
faut les chercher. 

Origine, matériaux de comblement du bassin sous-pyrénéen. 
— D'où seraient venus, en effet, les sables, les marnes, les 
argiles et les calcaires d'eau douce (d'une épaisseur proba- 



— 227 — 

blement de 5 à 600 mètres) qui ont comblé le bassin sous- 
pyrénéen, sur une étendue de plus de 5 à 6 millions d'hec- 
tares, et qui constituent aujourd'hui la grande plaine de 
l'Aquitaine? D'où seraient venus ceux de la Neustrie, delà 
Limagne, de la Bresse et du Languedoc, enclavés ou grou- 
pés comme les précédents autour du plateau central? On 
ne saurait supposer que la majeure partie de ces terrains 
soit venue par la voie geysérienne. Dès lors, dans cette 
disposition centrale et surélevée de l'Auvergne, dans la 
divergence actuelle des fleuves, des rivières et des cours 
d'eau auxquels elle donne naissance, dans la nature terreuse, 
le volume et la disposition presqu'horizontale des sables et 
des limons par eux transportés et déposés pendant des 
milliers de siècles, il faut reconnaître la cause et l'effet 
d'une dénudation lente, mais générale et nécessaire dont 
nous pouvons à peine concevoir l'immensité. 

Plateau central, centre de dénudation. — Aussitôt que le 
.plateau central a eu ses formations marines élevées au- 
dessus de la mer secondaire, aussitôt que la Montagne- 
Noire, les Cévennes et les Pyrénées se sont trouvées domi- 
ner l'Océan, la dénudation a commencé sur les hauteurs 
et le comblement dans les dépressions. Pour ce travail 
immense, le grand Ingénieur hydrographe de l'Univers, 
qui, sans doute, avait d'avance calculé le volume et la dis- 
tance de ses déblais et de ses remblais, n'a employé que 
la machine la plus simple, le plan incliné, avec Veau comme 
force motrice à la descente et les nuages, portés par les vents 
d'ouest, la ramenant à son point de départ. 

N'est-ce pas le cas de dire avec Strabon : « Qu'une si 
» heureuse disposition des lieux et des choses, par cela 
» même qu'elle semble être l'ouvrage d'un être intelligent, 
» plutôt que l'effet du hasard, suffirait pour prouver la 
» Providence. » N'est-ce pas le cas d'emprunter à la pré- 
face du beau livre de M. Heer, sur le monde primitif de la 
Suisse, cette exclamation de Schiller : « Bien au-dessus du 



— 228 — 

» temps et de l'espace s'exerce vivante la pensée suprême 
» et quand tout circule dans un éternel changement, dans 
<> ce changement persiste un esprit immuable. » 

Pente générale du plateau central E.-O. — Nous avons 
remarqué que la pente générale du plateau central est de 
l'Est à l'Ouest, inclinant au Sud, et c'est une chose non 
moins digne de remarque de voir que les terrains graniti- 
ques se trouvent mis à nu dans la direction d'Alby, de Cas- 
tres et de Saissac, c'est-à-dire jusqu'à la Montagne-Noire, 
suivant une direction Nord- Sud que semblent couper 
aujourd'hui presque perpendiculairement le Viaur, le Tarn, 
le Dadou et l'Agoût. 

Affaissement des terrains crétacés. — D'un autre côté, 
l'absence de terrain crétacé dans le département de Tarn- 
et-Garonne, son existence à la pointe Sud-Ouest de la 
Montagne-Noire, dans les Gorbières, l'Aude, l'Ariége, la 
Haute-Garonne et tout le long des Pyrénées, son appari- 
tion au milieu des départements du Gers et des Landes, 
son étendue dans le Périgord et l'Angoûmois, tout semble 
permettre de supposer un immense affaissement survenu 
probablement à l'époque des derniers mouvements qui 
ont donné aux Pyrénées leur relief actuel, ou peut-être à 
l'époque où le plateau central a éprouvé lui-même des 
fractures, précurseurs ou contre-coups des forces volcani- 
ques. 11 paraît, en effet, difficile d'affirmer que ni la mer 
crétacée, ni les terrains secondaires n'ont point existé 
dans l'Albigeois, à moins qu'on ne suppose que pendant 
l'époque des dépôts crétacés dans une dépression marine, 
il s'effectuait des dépôts d'eau douce dans les dépressions 
lacustres, ce qui donnerait raison aux partisans de l'idée 
que la période actuelle n'est que la continuation dans la 
mer et dans les lacs, surtout dans le nouveau continent, 
des formations crétacées et tertiaires avec des changements 
dans la faune et dans la flore. 



— 229 — 

Le Tarn et-Garonne a été un centre d'affaissement et de 
comblement. — Nous avons dit en commençant que le Tarn- 
et-Garonne a été un centre de comblement ou de sédimen- 
tation, nous croyons maintenant pouvoir ajouter qu'il a été, 
ainsi que le Tarn, un vaste centre d'affaissement. Plusieurs 
axes de fractures synclinales et anticlinales ont dû se pro- 
duire parallèlement ou normalement à la direction des 
Pyrénées. D'autres, de moindre importance et d'orienta- 
tions diverses, ont dû en être la conséquence ; les cassures, 
les brisures, les relèvements, les compressions ont dû 
s'opérer presque partout, des émissions d'eaux thermales 
pétrogéniques ou minéralisantes ont entraîné, corrodé ou 
rendu plastiques des couches qui se sont inclinées, cour- 
bées ou relevées. De là est résulté ce bouleversement géné- 
ral dont les terrains secondaires ont conservé les traces, 
grâce à la plasticité de certaines couches et à la résistance 
du plus grand nombre. 

Traces des dislocations. — Dans les terrains tertiaires, 
au contraire, ces traces sont bien moins visibles. 11 y a eu 
recouvrement à peu près partout des premières couches 
fracturées et ce recouvrement s'est opéré à l'aide de maté- 
riaux meubles très-épais, sableux, argileux, beaucoup plus 
rarement calcaires (ceux-ci très peu puissants) et, par con- 
séquent, très peu résistants et très facilement érosibles, de 
telle sorte que les cassures, les brisures ultérieures, et nous 
croyons qu'il y en a eu, ont dû se produire avec facilité et 
se dissimuler de même avec leurs éboulis sableux et argi- 
leux. 

Granité. — Gneiss. — Schistes (Y. Y t . Y u .) 

La roche la plus dure et cependant celle qui se désa- 
grège le plus facilement est le granité. Ses décompositions 
successives à toutes les époques ont fourni la majeure partie 
des sables, des grès et des argiles. Il est donc indispensable 
d'étudier sa composition. 



— 230 - 

Le granité de l'Aveyron est une roche massive, tendre 
et facile à tailler en marches, linteaux, rouleaux et même à 
creuser en auges, aussitôt après sou extraction, mais il 
devient très dur, quand il a perdu son eau de carrière, 
environ -^-^ de son poids. Il pèse alors environ 2,700 kil. 
le mètre cube et coûte brut sur place environ 20 à 25 fr. 

Exposé à l'air, il absorbe de nouvelles quantités d'eau 
2, 4, 6, 8, et jusqu'à 10 % de son poids, il se désagrège 
alors soit sur les arêtes, soit sur les couches c ncentriques 
les plus rapprochées du sol, en une sorte d'arène plus ou 
moins grossière. Elle contient des grains de quartz, des 
lamelles de mica et des parcelles de feldspath. L'analyse 
démontre que ce granité est un agrégat formé par la réu- 
nion de 3, 4, ou 5 éléments : le quartz 40 à 60 °/ , Vorthose 
30 à 40, Voligoclase 8 à 4 0, le mica brun et le mica blanc, 
2, 5, 10, 15 et quelquefois 20 %. 

Composition. — On sait par les travaux récents des miné- 
ralogistes, parmi lesquels nous citerons MM. Elie de Beau - 
mont, Daubrée, Delesse, Deville, BischofF, Ross, etc. : 

Quartz. — 1° Que le quartz ou silice est une combinaison 
de 48 °/o de silicium avec 52 d'oxygène, que cette silice 
cristallise facilement en présence de l'eau, même au sein des 
terrains stratifiés et que, tenue en dissolution par la sève des 
végétaux, elle pénètre dans Técorce, le ligneux des plantes, 
la paille des céréales etc., où l'incinération permet de les 
retrouver. 

Feldspaths. — 2° Que les feldspaths sont des silicates dou- 
bles et que le plus répandu l'orthose est un silicate d'alumine 
et de potasse contenant environ 65 de silice, 18 d'alumine, 
17 de potasse, tandis que YOligoclase contient au contraire 
environ 15 °/o de soude calcique et VAnorthite 20 % de 
chaux magnésienne. — Ces feldspaths ont dû se former 
dans le granité, par la voie humide. 



— 231 — 

Micas. — 3° Que les micas bruns, verts ou noirs ferro- 
magnésiens contiennent environ 45 % de silice, 4 8 d'alu- 
mine, 8 de potasse, 20 de magnésie, 5 à 10 de fer, tandis 
que les micas blancs ou jaunes contiennent, pour à peu près 
la même quantité de silice : 36 d'alumine, 8 de potasse, 2 à 
3 de fer et seulement des traces de chaux et de magnésie. 
Les micas paraissent avoir une origine aqueuse. 

Talc. — Dans les granités, le mica est remplacé quelque- 
fois par le talc, silicate doux au toucher, non élastique, con- 
tenant environ 33 de magnésie pour 62 de silice, 5 d'oxyde 
de fer et d'eau. 

Amphibole. — Dans F amphibole noire on trouve 50 de 
silice, 12 de magnésie, 4 8 de fer, 5 d'alumine et 7 de 
chaux. 

Chlorite. — Dans la chlorite pour 27 de silice, il entre 20 
d'alumine, 4 de chaux, 25 de magnésie et 4 4 de fer. 

Serpentine. — Dans la serpentine 40 de silice, 36 de magné- 
sie, 7 de fer. 

Kaolin. — Les granités à gros grains laissent souvent 
leur feldspath se décomposer et se transformer en kaolin, 
terre éminemment propre à la fabrication de la porcelaine. 
Dans cette transformation l'eau entraîne la potasse, la 
soude, la chaux et la magnésie et il ne reste que la silice 
et l'alumine. Nous verrons, en parlant des cailloux graniti- 
ques des terrains alluviens, qu'une semblable décomposition 
s'y opère journellement, en formant simplement des terres 
sablo-argileuses. 

Décomposition des granités et de leurs éléments. — Les micas 
la chlorite et surtout le talc, se décomposent aussi en s'hy- 
dratant, se décolorent et alors ils forment un sable ou 
plutôt une poussière alumineusepour les micas et magné- 
sienne pour les talcs. 



— i32 - 

Le granité, désigné par les anciens auteurs comme terrain 
primitif, paraît être, en effet, la roche la plus ancienne ; 
maisil n'est pas strictement ou peut-être du tout exact que 
ce soit une roche ignée, c'est-à-dire formée par l'interven- 
tion du feu. 

« Grâce à l'eau, dit M. Daubrée, les éléments du granité 
» ont donné lieu non à des masses uniformes, comme la 
» fusion en produit, mais à des mélanges de substances 
» cristallisées différentes anhydres ou hydratées dont le 
» mode d'enchevêtrement est tout-à-fait indépendant de 
» leur degré de fusibilité. » 

Cette théorie a le grand avantage de faciliter l'explication 
du passage du granité grenu au gneiss, au granité schisteux, 
auxs chistes micacés, talqueux, amphiboliques et quartzeux, 
aux roches euritiques et porphyriques que l'on retrouve 
dans la vallée de l'Aveyron non loin de Laguépie. 

Gneiss de Laguépie. — Azoïque ou Eozoïque, le Gneiss de 
Laguépie (nous n'y avons pas retrouvé de traces réelles de 
rudiments végétaux ou animaux) est composé, comme le 
granité, de quartz, d'orthose et de mica. Il doit sa structure 
schisteuse ou feuilletée aux forces cristallines, l'eau, la 
chaleur et la pression qui ont déterminé le groupement 
laminaire du quartz et de l'orthose en plaquettes juxtapo- 
sées ou en feuillets plus ou moins fissiles planes ou ondu- 
lés sur les faces de délitement desquels les paillettes fines 
et élastiques de mica sont appliquées comme un enduit, 
cause de l'inadhérence entre elles des plaquettes et de leur 
reflet brillant. 

En descendant la vallée de l'Aveyron on voit le gneiss 
plus ou moins résistant et en feuillets, tables ou dalles plus 
ou moins étendues et tégulaires passer aux schistes amphi- 
boliques, micacés, talqueux et argileux. Ils se pénètrent 
ou alternent entre eux se contournant, se plissant, et s'en- 
chevêtrant de mille manières. 

Le quartz blanc ou ferrugineux en filons, en veines, en 



— 333 — 

amas, se trouve englobé ou intercalé dans ces roches et 
s'en détache par le délitement des matières plus tendres 
pour former des blocs anguleux ou des fragments arrondis 
plus tard parles influences atmosphériques, le roulement, 
le frottement et l'entraînement sur les pentes ou sur le lit 
des rivières. 

Terrains de transition. 

On ne retrouve pas ici d'une manière notable et bien 
caractéristique les terrains silurien et dévonien. Le terrain 
houiller ou carbonifère n'y existe pas non plus, les con- 
ditions du dépôt n'ayant pas dû être favorables, tandis que 
dans le département de l'Aveyron, ces terrains sont très 
développés, les schistes, du côté du Tarn et de l'Hérault, le 
terrain houiller du côté d'Aubin. 

Grès divers. — Permien. — Vosgien (G). 

En suivant la vallée de l'Aveyron, on remarque des grès 
se rapportant aux étages des grès Permiens et Vosgiens, 
mais comme ils n'offrent à l'agriculture qu'un sol siliceux, 
maigre et léger, fortement coloré en rouge par l'oxyde de 
fer et qui demande l'emploi de la chaux, nous ne nous en 
occuperons pas davantage, renvoyant les détails qui les 
concernent à l'étage suivant, étage du Trias qui débute com- 
me on sait par des grès bigarrés. 

Vallée de l'Aveyron. 

Pour suivre la série des terrains nous n'aurions qu'à exa- 
miner les terrains qui bordent la route et dans lesquels 
nous reconnaîtrions comme faits intéressants à signaler 
après M. Magnan qui les avait déjà étudiés : 

Filon de cuivre. — 1° A droite dans une vigne au dessous 
d'un bois et près de Puech-Mignon un filon oblique tapissé 
de cristaux de quartz et contenant des carbonates de cuivre 

47 



- 234 — 

d'une belle couleur bleue mais sans importance an point 
de vue métallurgique. 

Plantes fossiles de Puech-Mignon. — Au bord de la 
route, à Puech-Mignon, quelques grès fins blancs ou gris; 
d'autres argileux et bitumineux, noirs ou bleuâtres, se 
débitant facilement et dans lesquels nous avons pu recon- 
naître l'empreinte d'une fougère, Pecopteris sultzianna, 
Brogniart, des nœuds ou articles d'une petite prêle 
Equisetum arenaceum, ou d'une calamité de petite taille 
Calamités arenaceus, et d'une Scier ophyllina aux feuilles 
longues et étroites, repliées l'une sur l'autre au moment de 
la fossilisation. 

Qu'il y ait là des traces de matières charbonneuses de 
bonne qualité, c'est ce que disent les forgerons de l'endroit 
qui en ont fait l'essai, mais il est certain qu'il n'y a jamais 
eu d'exploitation régulière et suivie. Du reste, il est facile 
de voir qu'on est là dans un dépôt adventif éloigné du 
terrain houiller avec lequel il ne faut donc pas le confondre 
pas plus au point de vue théorique qu'au point de vue pra- 
tique. 

Vallée de V A veyron.— -Pour continuer la description géo- 
logique des terrains secondaires de l'Est du département , 
nous pourrions suivre la vallée même de l'Aveyron , de 
Laguépie à Montricoux, et nous porter, en suivant des 
sentiers ou la ligne du chemin de fer, tantôt à gauche, 
tantôt à droite de son cours sinueux, que son encaissement 
à 200 mètres de profondeur, entre des parois abruptes ou 
surplombantes, ruiniformes ou caverneuses, grises, jaunes, 
rouges ou noirâtres, rendent si pittoresque. Nous pour- 
rions voir ainsi la disposition et la stratification des cou- 
ches marneuses, dolomitiques et calcaires, et retrouver, 
dans les accidents nombreux qui l'ont dérangée, la multi- 
plicité des circonstances ou des milieux au sein desquels 
ces couches se sont produites et les mouvements ultérieurs, 
généraux ou locaux, auxquels elles doivent leur position 



- 235 — 

actuelle. Mais cette étude a été déjà faite en grande 
partie de Laguépie à Bruniquel, par le regretté Magnan, 
aussi renverrons- nous le lecteur à son Mémoire ayant , 
comme on sait, pour titre : Etude sur les formations secon- 
daires des bords Sud-Ouest du plateau central. 

Failles. — D'un autre côté, cette partie de la région est 
accidentée par de très nombreuses failles, dont la constata- 
tion, déjà faite par M. Magnan, compliquerait inutilement, 
pour le but que nous nous proposons, et surchargerait 
notre coupe de détails intéressants mais inopportuns , 
sous lesquels disparaîtrait l'ordonnance générale de nos 
terrains. 

Effondrements locaux. — Nous nous bornerons à signa- 
ler dans cette vallée, soit à la rencontre des failles ou frac- 
tures générales alignées, soit aux points où se sont produits 
des effondrements souterrains locaux, l'existence de plu- 
sieurs bassins, sortes de cirques ou d'hémicycles, qui 
paraissent avoir été formés et remplis à l'époque tertiaire de 
sédiments d'eau douce, dépôts que le ravinement a depuis 
enlevés en grande partie ou que les eaux diluviennes ont 
remaniés ou défigurés. On a souvent de la peine à les 
reconnaître, les fossiles y étant très rares et les argiles 
bariolées caractéristiques de l'éocène supérieur y étant 
très diluées ou amoindries à leur surface. 

Bassins. — Varen, Lexos, Fenayrols, St-Antonin, Casais 
et St.-Martin-de-Vère paraissent être d'anciens bassins créés 
par des fractures générales ou locales, que des fractures 
postérieures ont détruits. Il nous paraît impossible, en 
effet, qu'à l'époque où se déposaient sur les plateaux cal- 
caires, à 300 ou 350 mètres d'altitude, des sédiments 
locaux ou d'eau douce, qui montrent encore très claire- 
ment la preuve de leur immense étendue et de leur immense 
dénudation, il ne se soit pas produit dans les parties les 
plus déprimées des dépôts fluvio-lacustres, dont le temps 



- 236 - 

et les eaux ont fait disparaître en grande partie les vestiges 
sur les pentes trop abruptes. La vallée de l'Aveyron et de 
la Vère montrent les traces d'anciens barrages qui se sont 
écroulés et d'anciens conduits souterrains et sinueux par 
lesquels ces bassins communiquaient entre eux. Le nier 
ce serait vouloir reporter à l'époque quaternaire tous les 
accidents qui ont bouleversé la contrée. 

Bassin tertiaire de Varen. Plâtrier es. — Varen et ses 
plâtrières, que la plupart des géologues rapportaient à 
l'époque Ttiasique^ à cause d'une certaine ressemblance de 
ses argiles bariolées avec les marnes irrisées du trias, 
qui n'est pas loin de là, est pour nous le résultat d'un 
effondrement qui s'est produit vers la fin de l'époque 
éocène ou la conséquence des événements géologiques qui 
ont permis la formation et l'émission des matières gypseu- 
ses. Cette formation ou cette émission sont dues à l'altéra- 
tion des carbonates de chaux sous l'influence probablement 
de la décomposition des pyrites de fer, des sulfates et des 
carbonates de chaux et de magnésie du trias dolomitique 
sous-jacent à une profondeur plus ou moins grande, ou 
peut-être sous l'influence de la décomposition des assises 
calcaires et dolomitiquesdu lias et du terrain jurassique. 

Formation des boues gypseuses. — Il y eut très proba- 
blement dégagement de l'acide carbonique, mise en liberté 
de l'acide sulfurique, entraînement de la magnésie sableuse 
et des oxydes de fer, formation de sulfates de chaux, d'hy- 
drate de fer, d'alumine, dilution des marnes basiques, 
mélange des boues marneuses et des nuages séléniteux, 
qui bientôt, en se déposant, constituèrent des amas plutôt 
terreux que cristallins et qui ont eu jusqu'ici plus d'inté- 
rêt théorique que d'utilité réelle. 

Telle est la première idée, et croyons-nous l'idée exacte 
que nous nous sommes fait personnellement de ces plâ- 
trières, lorsque nous les avons visitées au mois de septem- 
bre 1872, en compagnie de M. Raulin, et de M. Sers au 



- 237 - 

mois de janvier 1873. Notre impression est toujours restée 
la même, le gisement étant bien différent des gisements 
gypseux triasiques, si communs en d'autres pays (1). 

Nous serions même tenté, quoique avec beaucoup plus 
<fe circonspection, de rapporter l'âge des plâtrières des 
environs de Saint- Martin -de-Vère à la même époque, bien 
que l'amas paraisse enclavé dans les argiles rouges et 
brunes du trias. 

Après avoir fait connaître le terrain primitif des envi- 
rons de Laguépie, et les faits les plus intéressants de la 
vallée de l'Aveyron, nous irons chercher sur une ligne 
moins tourmentée l'établissement de la coupe générale 
destinée à nous faire connaître la succession des terrains 
secondaires et tertiaires de la partie septentrionale du dépar- 
tement. 

Faille de l'Aveyron de Laguépie à Najac. — De Laguépie 
nous remonterons à Najac en suivant cette faille N. N. E., 
dont Magnan rapprochait la direction de celle du système 
du Mont-Seny. Il nous paraît qu'elle a été agrandie par 
contre-coup du soulèvement Pyrénéen et qu'elle est per- 
pendiculaire à ce dernier système dirigé, comme on sait, 
E. 18° S. —-0. 18° N. 

M. Boisse, dans son Esquisse géologique de l'Aveyron, la 
rapporte au système du Rhin N. 24° E. et y voit les traces 
d'une ancienne fracture qui se serait produite entre le 
grès Vosgien et le trias, fracture que le soulèvement des 
Alpes occidentales N. 26° E. aurait renouvelée et agrandie 
dn côté d'Asprières vers la fin de l'époque miocène. 

S'il en est ainsi, il est aussi permis d'y voir certaines 
relations avec les accidents qui ont dû précéder ou suivre 
une période de grande activité du volcan du Cantal. 



(4) On a retrouvé, d'après M. Trutat, quelques hélix dans ce terrain 
que l'on fouillait pour y rechercher des phosphates ; ces recherches 
n'ont pas eu de résultat. 



— 238 — 

Najac. — L'Aveyron se trouve là à 1 90 m d'altitude, 
encaissé à gauche entre l'escarpe gneissique taillée à pic 
qui supporte le château de Najac (338 m ) et la contrescarpe 
gréseuse à droite ; sorte d'hémycicle de terrains rouges 
(rougiers) à diverses pentes, dont la base est couverte de 
vignes et la partie supérieure plus raide de prairies et de 
châtaigniers. La plate-forme de cette contrescarpe se pro- 
file à l'altitude de 500 m , en s'abaissant, toutefois, vers 
Laguépie. 

On gravit aisément ces 300 m par la route de Mazérolles 
et Castanet, au N. N. 0., et du bout de la côte, on jouit 
d'une de ces vues qui satisfont le touriste le plus difficile 
et le voyageur le plus fatigué. Un coup-d'œil montre à la 
fois les lèvres béantes de la faille profonde et la succession 
des plans incurvés que l'érosion a produits sur les pentes 
de ces plateaux d'une facile désagrégation. 

Permien, Vosgien et Trias (G). — En montant, on a tra- 
versé d'abord des schistes argileux et micacés , puis des 
argiles et des grès sableux rouges, des schistes quartzeux, 
parfois des grès dolomitiques en plaquettes que l'on peut 
rapporter au permien et vosgien à la base et un peu plus 
haut au grès bigarré qui forme la partie supérieure ou le 
couronnement de la paroi, ainsi qu'on le voit très bien, au 
bout de la côte. 

1" COUPE SEPTENTRIONALE E. N. E.-O. S. O. 

Section de Loudes près Castanet à Montalzat, Parizot, Caylus, 
les Phosphates, Sept fonds. 

Trias (T,. a .j). 

Sa nature siliceuse et dolomitique. — Le trias est repré- 
senté dans notre coupe septentrionale, dirigée de l'Est à 
l'Ouest , de Loudes à Bourg-de-Visa, et dans la partie 
orientale du département, par un grand développement du 



— 239 — 

grès bigarré et des dolomies (carbonate de chaux et de 
magnésie), passant insensiblement de l'un à l'autre ou 
alternant entre eux. Ils ne contiennent que très peu de fos- 
siles animaux , quelques rares fossiles végétaux, parmi 
lesquels le Calamités arenaceus. 

Son étendue. — Ce terrain, qui occupe environ 3,200 
hectares, se trouve compris entre la rive droite de FAvey-* 
ron, la limite du département du même nom , la partie 
septentrionale du côté de Castanet et le cours de la Baye. 

Le grès est une sorte d'arène ou de sable consolidé, 
tantôt grossier et poudingiforme, avec petits fragments 
angulaires ou arrondis de quartz blanc. 

Matériaux de construction. — Lorsque les grains sont 
fins, bien cimentés, les couches homogènes, épaisses, 
d'une couleur uniforme, ils deviennent susceptibles de 
recevoir une taille ornementée. La pierre, tendre en car- 
rière, durcit à l'air, ne se désagrège pas, ne gèle pas et ne 
noircit pas comme le calcaire. On l'emploie pour l'église 
de Laguépie. 

Presque uniquement employé dans tout le Wurtemberg, 
notamment à Stuttgard, le grés blanc du trias a servi à la 
construction de la magnifique cathédrale de Cologne et à 
beaucoup d'autres églises du Moyen -Age. 

Emplois divers. — Entre Castanet, Saint-Agne, Ville- 
veyre, La Salvetat, on creuse des auges, on taille des 
rouleaux à dépiquer, des pierres meulières dans les blocs 
homogènes à grain grossier ; on découpe des meules et des 
pierres à aiguiser, des auges filtrantes, des dalles minces 
pour revêtements et toitures dans les couches à grain fin et 
uniforme. Nous avons vu même un tombeau à parois très 
minces creusé dans un bloc. 

Réactions chimiques. — Des précipités d'oxyde de fer et 
de manganèse, des carbonates, des phosphates et des 



— 240 — 

arséniates de plomb se combinant au moment de la conso- 
lidation des couches ou les ayant injectées depuis sous 
forme de filons ou d'amas bruns, rouges, jaunes, verts, 
violets, indiquent que des émissions métallifères, argi- 
leuses et mganésiennes se sont produites dès ce moment 
sur une vaste échelle. 

Prédominance des grès et des dolomies. — Composé ordi- 
nairement de trois étages : 1° le grès bigarré (T 1 ); 2° le 
calcaire coquillier (T 2 ); 3° les argiles irrisées (T 3 J, et présen- 
tant surtout dans ce dernier terrain des amas plus ou moins 
considérables de dolomies, de gypse, et de sel gemme, le 
trias montre, dans notre région, une très grande puis- 
sance de grès quartzeux et feldspathiques et de dolomies, 
ce qui dénote déjà une grande dénudation des roches 
préexistantes, en même temps qu'une très forte précipita- 
tion chimique due à des émissions et des réactions peut- 
être geysériennes ou hydro-thermales. Ces circonstances 
ont nui au développement de la vie, et nous expliquent la 
rareté des fossiles. 

Les grès se désagrègent facilement à la surface en sables 
entraînés par les eaux superficielles, une imperméabilité 
générale s'opposantà leur introduction quelque peu consi- 
dérable dans les roches et par conséquent à la formation 
de sources importantes. 

Infériorité agricole- — Ici, comme dans les sols primitifs, 
avec lesquels il a beaucoup de ressemblance par sa teneur 
en silice (avec une moindre teneur en alcalis), les céréales 
et les fourrages souffrent de l'excès de porosité et d'aci- 
dité, du peu de profondeur, du manque d'argile et de 
calcaire ; aussi le seigle, le blé noir, la pomme de terre, 
obtenus au milieu des châtaigniers et des bruyères sur les 
sommets et sur les plateaux élevés, des prairies dans les 
éboulisou les accumulations de débris dans les bas-fonds, 
constituaient ils les seuls produits jusqu'au moment où 



- n\ — 

l'emploi de la chaux, empruntée aux assises supérieures 
et à la base du lias, est venu ici, comme à Laguépie, per- 
mettre la culture du blé et du trèfle. 

Terrain jurassique J 1 . 2 . 3 . — Lias I. J H . J t . J. 

Infralias. (I) — La^transition entre les terrains siliceux et 
magnésiens du trias et les terrains calcaires dolomitiques 
et marneux du terrain jurassique s'effectue insensiblement 
par le passage des grès fins blancs' aux dolomies de l'in- 
fralias qui se présentent en couches minces et en plaquettes 
avec injection ou intercalation d'argiles vertes, violettes ou 
brunes. La nature de ce dépôt prouve encore des réactions 
chimiques, incompatibles avec le développement de la vie, 
aussi n'y rencontre-t-on point ou du moins n'y avons-nous 
pas rencontré de fossiles déterminables et encore moins ces 
fossiles caractéristiques ailleurs de deux couches calcaro- 
marneuses la zone à Avicula contorta et la zone à Ammonites 
angularis. 

A ces grès quartzeux ou dolomitiques succèdent des cal- 
caires tantôt grisâtres, jaunâtres ou bleuâtres compactes, 
et contenant une forte proportion de carbonates de chaux, 
ce qui a permis l'établissement de fours à chaux pour le 
chaulage des terrains siliceux du trias tantôt dolomitiques 
et tantôt gréseux. On trouve des couches de marnes calcai- 
res lumachelliques c'est-à-dire résistantes comme un marbre 
et pétries d'une multitudes de petites coquilles dont les têts 
noirs s'accusent sur les cassures fraiches comme on peut le 
le voir entre Loudes et la Rabarié non loin de Neuvialle 
le long des tranchées récentes de la route de Parisot à 
Najac. 

Etage sinémurien. (J M ) — Le plongement des couches 
s'effectue vers l'ouest ou plutôt le sud-ouest, partout où les 
failles et les accidents locaux ne les ont pas dérangées de 

ur position normale ; mais il a dû arriver souvent des acci- 



dents de cette nature, soit comme se rattachant aux frac- 
tures générales, soit comme produites par le creusement, les 
cassures et les eftromlements des calcaires dolomitiques 
sous-jacents. 

Il est probable qu'un semblable accident s'est produit 
dans le sous- sol du petit bassin de Neuvialle, la Rabarié, la 
Gaux et Pech Bernon, à l'altitude de 350 m , sur une étendue 
de 3 à 400 hectares, bassin vers lequel ont dû converger 
les sédiments et les éboulis, ce qui lui a donné une fertilité 
exceptionnelle. 

En l'absence d'écoulement superficiel visible de ses eaux 
pluviales, on doit supposer que la perméabilité du calcaire 
sous-jacent fournit aujourd'hui un écoulement souterrain à 
la place de celui qui a dû se creuser antérieurement à ciel 
ouvert et par voie d'érosion au S. O. entre les deux buttes 
qui dominent la route de Parizot, à l'altitude de 400 m vers la 
Rabarie et la Baralié. 

Les ruisseaux coulent au dessous du château de la Bro et 
au dessous du village de Parizot (altitude 305), à 70 m plus 
bas, dans deux brisures des calcaires et des marnes iiasiques, 
brisures dirigées d'abord N.E., avec une première inflexion 
et direction nouvelle du N. O. au S. E. de la Seye qui les 
réunit à Gornusson, à partir de Larche jusqu'à Beaulieu, 
Ginals et Verfeil et avec une nouvelle direction N. N. E .-S. S. O. 
de Verfeil à l'Aveyron, à 1 kil. en avant de la station de 
Lexos. Ces inflexions nous montrent les brisures avec ou 
sans rejet du terrain liasique inférieur ou sinémurien. 

Autour de Parizot on peut voir les plongements en divers 
sens des calcaires et des marnes qui les dominent, tantôt 
endurcies et lamelleuses , tantôt homogènes et puissantes. 
Des hauteurs du village l'œil suit les incurvations et les 
vives érosions qui les ont creusées sur une profondeur de 
80-1 00-1 50 m et en certains endroits même de 200 m . 

Etage Cymbim(] x ).— Parizot se trouve bâti sur les couches 
marneuses de l'étage Cymbien, ainsi que le montrent les 



— 243 — 

bancs calcaires jaunâtres, compactes ou terreux, mais con- 
tenant beaucoup de Pecten œquivalvis et oVostrea Cymbium 
intercalés dans ces marnes plus ou moins fossiles, jaunâtres 
ou noirâtres, bitumineuses, calcaires ou sableuses. 

Plateau de Puylagarde — De Parizot à Gaylus, en descen- 
dant la route et la différence d'altitude de 70 m environ ( sur 
une longueur de 7 à 8 kilom.), entre les deux extrémités de 
ce plateau marneux avec quelques bancs intercalaires de 
calcaires terreux , gréseux ou dolomitiques, on voit très 
bien à droite au nord le plateau de marnes cymbiennes de 
Puylagarde (41 1 m ). 

Bonnette. — Rive droite. — En face, à l'Ouest, la zone 
calcaire étroite, longue et uniforme qui de St-Projet à Pech 
d'Ax, au dessus de St-Antonin, se profile régulièrement en 
terrasse élevée sur la rive droite de la Bonnette qu'elle 
domine de 100 m environ et qui se trouve elle-même domi- 
née, à 2 ou 3 kil. en arrière -plan, par un ressaut calcaire 
surélevé de 30 à 50 mètres. 

Rive gauche de la Bonnette. — A gauche, au S.S.O, un 
peu au dessous de nous, une ligne de hauteurs qui, du 
moulin de Félines aux bords de l'Aveyron (au dessus de 
St-Antonin), maintiennent aussi entre 350 et 300 m d'altitude 
leurs couches marneuses à la base ; elles sont protégées 
sur les flancs à diverses hauteurs par des affleurements 
calcaires du Liasien et du Toarcien (J) et à la partie supé- 
rieure par des lambeaux de calcaire Bajocien. 

Au S.S.E, s'étend le bassin allongé et profondément 
érodé de la Seye. 

Cette région est essentiellement marneuse. Ace titre elle 
est incontestablement la meilleure delà région et cela géné- 
ralement sur une étendue de près de 12,000 hectares, 
répartis dans les cantons de St-Antonin au sud et de Caylus 
au Nord. 



— 2U - 

Supériorité agricole. — La nature argilo -calcaire des 
sols, leur couleur modérément absorbante de la chaleur, 
la bonne composition des terres le plus profondément éro- 
dées ou érosibles, l'écoulement facile des eaux surabondan- 
tes, l'approfondissement et le renouvellement continuel par 
les labours et les érosions d'un sol à peu près partout doué 
d'une fertilité naturelle, l'aptitude à produire abondamment 
les céréales et les légumineuses, les blés, le maïs, les fèves, 
Tesparcette, la grande luzerne et le trèfle, la bonté des prai- 
ries dans les plis des terrains et dans les bas-fonds formés 
des éboulis des terrains supérieurs, la possibilité d'y entre- 
tenir et d'y engraisser les excellents bœufs rouges de la 
race Salers d'Auvergne, toutes ces circonstances donnent 
un intérêt particulier aux yeux de l'agronome à cette 
région liasique. 

Vallée de la Vère. — Si nous nous transportions d'ici dans 
la vallée de la Vère près de Bruniquel, nous verrions de 
même en venant du côté de St-MartindeVère et de Lar- 
roque , les calcaires sinémuriens, les marnes cymbiennes 
et le Toarcien à la base de ces grandes masses qui par 
leur pendage, le plongement de leur couches et les nom- 
breuses fractures qui ont contourné et cassé des calcaires 
du côté de Brian de Vère accusent une faille grandiose et 
des failles secondaires dans la vallée de la Vère et de 
l'Aveyron. 

Nous y verrions intercalés entre les minces couches 
marneuses, grises ou noires , ces petits lits de cubes de 
quelques décimètres de calcaire, tantôt dur, tantôt argi- 
leux très hydraulique, renfermant des fossiles et des rognons 
calcaréo-marneux, à couches concentriques (septaria). 

Nous y verrions encore dans l'étage sinémurien ces bancs 
de calcaires lithographiques que l'on a tenté d'exploiter à 
Bruniquel. 

Nous ne quitterons pas cette vallée sans indiquer les 
carrières deMalsefique, en face de Puycelcy, et les fours à 



- 245 — 

chaux blanche du voisinage. La pierre d'appareil et de 
taille y est de première qualité, comme finesse et solidité. 
Nous mentionnerons aussi les anciennes carrières de mar- 
bre des environs de Montricoux, les carrières de pierre de 
Bruniquel, souvent gélive, les cavernes et grottes-abris de 
Bruniquel, si heureusement fouillées par M. Brun, et qui 
donnent, comme on sait, un intérêt préhistorique très grand 
à son musée, déjà si riche et si admiré des naturalistes. 

Au point de vue géologique, et pour n'avoir pas à y 
revenir plus tard, nous marquerons comme succession de 
terrains se trouvant sur la limite du Tarn et du Tarn-et- 
Garonne : 

1° Le massif permien argi'o -gréseux rouge-brun de la 
Grésigne, qui serait beaucoup plus raviné qu'il ne l'est s'il 
n'était protégé par sa magnifique forêt domaniale de chênes 
exploités par les scieurs de long et les charbonniers ; ce 
terrain, qui se délite et s'écaille, est ce que les Allemands 
appellent la rouge morte couche, sol ingrat tant que le chau- 
lage ne le modifie pas comme aux environs de St.-Affrique 
(Tarn) ; 

2° Les grès bigarrés du Trias ; 

3° Les dolomies rouges et grises scintillantes ou cariées 
et cloisonnées , cargneules , roches magnésiennes qui pas- 
sent aux couches calcaires infraliasiques et sinémuriennes. 
Ces dolomies et ces calcaires sont rarement fossilifères. 
Ils sont durs et servent d'empierrement, tandis que les 
grès rouges et blancs s'écrasent ou se désagrègent à la 
surface en sols sableux amendés par le chaulage, ou s'ex- 
ploitent, comme à Vaour, en pierre d'appareil. 

Oolithe (Ji. 2 . 3 ). 

Les auteurs de la carte de France ont appliqué d'une 
manière générale le nom tfoolithique (calcaires finement 
granulés comme des œufs de poisson) à l'ensemble des 
formations d'origine marine dans lesquelles prédomine le 



— 246 — 

carbonate de chaux ou calcaire. Mais dans notre région, il 
est rarement oolithique. Il est presque toujours compacte, 
esquilleux, parfois gréseux (surtout à la base des étages 
inférieurs), souvent lithographique ou sublithographique 
dans les parties supérieures, plus souvent encore dolomiti- 
que ou magnésien au voisinage des cavernes, des excava- 
tions, des crevasses et des fentes. La coloration grisâtre 
due à la proportion de silice ou d'argile, rougeâtre due à 
des oxydes de fer , jaune à la décomposition des pyrites 
ou sulfures de fer pisiformes qu'ils contiennent , bleue à 
l'invasion de matières bitumineuses ou charbonneuses lors 
du dépôt et de la consolidation des vases , blanche à la 
forte proportion de carbonate de chaux, l'éclat cristallin 
et nacré dû à la proportion de magnésie, sont plutôt des 
indices que des preuves des qualités diverses de ces calcai- 
res. Néanmoins, dans la pratique, on arrive par ce moyen 
à reconnaître d'un coup d'œil des analogies que l'expé- 
rience confirme généralement et qui ont trait surtout à la 
acilité et à la finesse de la taille, à la dureté, la résistance 
et la gélivité, à la richesse en chaux ou en ciments ou à la 
teneur en argile qui permet de transformer les calcaires 
en chaux hydraulique. 

La région essentiellement calcaire, celle dont la char- 
pente ou plutôt la surface se présente sous forme de pla- 
teaux plus ou moins pierreux et recouverts d'argile rouge , 
la plupart du temps adventice ou transportée, la région que 
l'on appelle communément Les Causses, embrasse en bloc 
environ 32,000 hectares, dont 4,000 hectares ou à peu 
près sur la rive gauche de PAveyron ( plateau d'Anglars 
près Saint-Antonin, Gausse de Bruniquel) entre la Vère et 
la Grésigne et 28,000 hectares sur la rive droite. 

Si les carrières de pierre de taille de Bruniquel et les 
découvertes de M. Brun donnent un intérêt à la fois prati- 
que et préhistorique à cette localité, il n'en est pas moins 
vrai que la découverte récente des phosphates de chaux, 
l'ancienne extraction des minerais pisolithiques de fer don- 



- 247 — 

nent aux terrains de la rive droite un intérêt plus considé- 
rable qui s'ajoute à l'importance des carrières du Martinet 
utilisées avantageusement à Saint- Antonin par M. Olivier, 
pour la construction de l'église, de celles de Tubas et de Ga- 
labert auprès de Caylus, qui ont fourni les pierres pour les 
écluses du Canal latéral, celles de Lavaurette aujourd'hui 
abandonnées, celles de Septfonds ou plutôt de Dardenne et 
de Prunes, près de Gaussade, qui fournissent à Montauban, 
la première, la pierre pour les constructions, la seconde, la 
pierre à chaux pour l'épuration du gaz. 

Notre coupe est destinée à faire connaître la parlie la 
plus intéressante de cette région. 

Oolithe inférieure (J 1 ) 

Si nous la reprenons au bas de la côte de Parizot, \ kilo- 
mètre ou 2 au nord de Caylus, entre La Capelle et Saint- 
Pierre-Livron, nous voyons la source de Livron émergeant 
des calcaires caverneux à droite, à \ kilomètre et 40 mètres 
plus haut que le lit de la rivière. Dans sa chute rapide elle 
fait aller plusieurs moulins superposés et l'oxygénation qui 
résulte de ce mouvement lui fait perdre son acide carboni- 
que et précipiter ou déposer le carbonate de chaux qu'elle 
tenait en suspension sous forme d'incrustations tubulaires ; 
elle incruste sur son passage les pailles, les mousses, les 
fougères et les branches d'arbre. Il en résulte un tuf léger 
et pourtant solide, puisque l'église et le village sont bâtis 
dessus. Mais ce n'est là qu'un dépôt adventice, local et 
moderne ou contemporain. 

L'intérêt géologique se trouve surtout dans les couches 
de marnes grises, jaunes, bleues, noirâtres, avec bancs cal- 
caires intercalés plus ou moins épais et réguliers sur les- 
quels se dresse au centre de son hémicycle le village et le 
château de Caylus. A la partie supérieure des pentes mar- 
neuses infra-oolithiques sans cesse ravinées, règne comme 
un cordon régulier de soubassement, une assise grisâtre à 



- 348 - 

la surface, blanchâtre et légèrement creusée en larmier en 
dessous. Elle laisse se détacher aisément une multitude de 
coquilles fossiles dont le têt, surtout dans les huîtres, est 
parfaitement conservé. Parmi les espèces qu'on y recueille, 
les plus importantes sont Vostrea sublobata, Desh., quelques 
ostrea obliqua, Desh., pholudomya obtusa, Sow., panopœa, 
indét. , Lima salcata et proboscidea , Sow. , Rynchonella 
Cynocephala, plicatillis, d'Orbigny, Ammonites murchisonœ , 
Sow. 

Les Ammonites plus fragiles ont le plus souvent cédé à 
la pression et se trouvent cassées. On n'en retrouve que des 
fragments dans lesquels néanmoins on peut reconnaître 
Y Ammonites Murchisonœ , Humphricsianus Sow , ou des 
espèces très voisines. 

Grande oolithe ou Bathonien. — Calcaires et dolomies. 
— Au-dessus de cette assise, qui a 15 à 20 mètres 
d'épaisseur, on trouve la grande oolithe ou les calcaires 
Bathoniens. Elle commence par un calcaire bleu exploité, 
des calcaires blancs quelquefois jaunâtres, fins, compactes, 
esquilleux, d'autres fois gréseux et surtout dolomitiques 
à la base , de telle sorte qu'ils s'excavent facilement en 
dessous. Ailleurs, on trouve des amas, des couches peu 
épaisses de sable quartzeux. Cette facilité des dolomies 
à se dissoudre, à fondre en sable sous l'influence des infil- 
trations, à se laisser déplacer par les eaux, tandis que la 
partie la plus siliceuse et la plus grossière des couches 
intercalaires reste en place ou s'accumule dans les cavités 
qu'elle a laissées, se voit très-bien au-dessous et un peu 
à l'E. des carrières de Tubas , d'où l'on extrait, avec la 
plus grande facilité, le sable à bâtir dans une grotte de 8 
à 10 mètres de dimension en tous sens. 

Carrière de Tubas. — Au-dessus, la principale carrière 
de Tubas présente dans le pourtour d'une dépression natu- 
relle, une succession régulière de bancs et d'assises de 
dimensions diverses d'un calcaire finement gréseux, ce qui 



— 249 — 

lui donne beaucoup de dureté, de la finesse à la taille et le 
rend ingélif. Les parties abandonnées de la carrière sem- 
blent mettre en évidence un fait, c'est que les roches les plus 
homogènes calcaires ou calcaro-sableuses ont souvent des 
joints, non seulement argilo-marneux, mais encore dolomi- 
liques. La concentration de la magnésie s'est opérée tantôt 
en lignes transversales, tantôt en rognons sableux, amas 
cargneuliformes, lentilles et couches plus ou moins considé- 
rables. Le plus souvent cette concentration coïncide avec des 
fissures par retrait des calcaires et avec des zones de moindre 
résistance, où les fractures et les corrosions se sont produites 
plus facilement, de telle sorte qu'en examinant une crevasse, 
une dépression, une grotte, on peut présumer avec beau- 
coup de probabilité qu'il y a eu sur ces points, d'abord 
concentration ou injection de magnésie, puis dissolution, 
ablation et entraînement. Un des phénomènes consécutifs 
de cette ablation, c'est la formation ou l'agrandissement 
des dépressions naturelles des entonnoirs, boitout, puits 
absorbants, crevasses, etc., que l'on retrouve si générale- 
ment à la surface des plateaux calcaires. 

On s'accorde à rapporter la production des dolomies à 
des sources geysériennes ou à des émissions d'eaux ren- 
fermant des silicates, des carbonates et des sulfates de 
magnésie , venant au jour de profondeurs plus ou moins 
grandes et se répandant, soit dans les mers, soit dans les 
lacs — Les sources magnésiennes sont encore nombreu- 
ses. (Fenayroles, environs de Puylagarde.) 

Direction et plongement. — Si l'on observe que le plonge- 
mentdes couches jurassiques à lieu de l'Est à l'Ouest, la 
direction étant voisine du Nord au Sud ou du N. N. E. au 
S. S. 0., on retrouve dans la direction des fissures des 
calcaires ce parallélisme, cette symétrie qui peut paraître 
imaginaire au premier abord, mais qui n'est, en réalité, 
(lue la résultante ou le résultat d'abord des actions sédimen- 
taires créatrices, et plus tard des forces destructives. 

18 



— 250 — 

La zone fossilifère bajocienne et les assises calcaro-gré- 
seuses, do'omitiques et calcaires (renfermant très peu de 
fossiles et presque toujours indéterminables) qui la surmon- 
tent maintiennent leur direction régulièrement tout le long 
de la vallée de la Bonnette, avec une pente modérée de \ °/ n 
environ, mais comme le plongement a lieu dans l'intérieur 
du plateau, vers le S.-O. , sous diverses pentes, c'est dans 
les vallons transversaux, à la Bonnette, qu'on peutle mieux 
les observer, quand des circonstances toutes locales, des 
effondrements particuliers, n'ont pas augmenté l'angle de 
plongement. Il en est ainsi dans le vallon de St. -Etienne 
de Livron, dans celui du Martinet, prèsSt.-Antonin, où l'on 
voit les pentes plus rapides du plongement s'accuser sous 
divers angles sur la faible inclinaison et la presque hori- 
zontalité de la direction. 

Plongement des couches. — Une autre observation impor- 
tante à faire, c'est que le plongement des couches fracturées 
qui ont donné passage à la Bonnette et les zones diverses 
présentent sur les flancs des deux versants , une régu- 
larité et une symétrie sensibles , interrompues seulement 
par les érosions plus nombreuses et plus profondes sur 
la rive gauche, à raison de la plus grande altitude des 
assises marneuses et de leur exposition plus érosible vers 
l'Ouest. La pente des assises plongeantes sur une distance 
d'une rive à l'autre d'environ 1 k., suffit pour produire une 
différence de niveau de 50 à 60 mètres , de telle sorte 
que la faille pourrait bien n'avoir produit qu'un faible 
rejet ou s'être accusée surtout en directrice d'érosion. 

Terrain jurassique moyen et supérieur (J 2 . 3 .) 

Il est très-difficile, en l'absence de fossiles au milieu de 
ces roches calcaires, homogènes de composition et d'aspect 
en général uniforme, de retrouver la limite précise qui 
sépare les étages. 



— 251 — 

Zone-terrasse de Lacapelle-Livron. — Toutefois la limite 
supérieure de la grande oolithe nous paraît devoir être 
placée, ainsi que Font fait les auteurs de la grande Carte 
géologique, à la surface de cette zone-terrasse de 2 à 3 kil. 
de largeur, que nous avons déjà signalée de Loze à Saint- 
Projet, Lacapelle-Livron, Caylus, Galabert, etc. , à l'alti- 
tude moyenne de 300 mètres et qui se poursuit vers Saint- 
Antonin. 

Pierre lithographique du Martinet. — Cette zone a dû 
être recouverte antérieurement de couches plus tendres, 
plus érosibles, d'une faible épaisseur, qui ont disparu sur 
les bords et qui constituaient la première assise Oxfordienne 
le Kellovien. Ce qui nous le fait présumer, c'est qu'à la 
carrière lithographique supérieure du Martinet, on voit des 
couches nombreuses minces et fissiles d'argiles ferrugineu- 
ses, rougeâtres et jaunâtres enclavant un lit très mince de 
lignite tourbeux et reposant avec de légères ondulations sur 
la face érodée du calcaire lithographique sous-jacent. Ces 
couches emballent en haut et en bas des blocs de calcaire 
plus ou moins argileux, qui paraît différer du calcaire 
inférieur. Elles paraissent plonger régulièrement entre les 
assises inférieures de la grande oolithe et celles qui les sur- 
montent. 

Oolithe moyenne (J 2 .) 

Plateau Oxfordien des phosphates . — Nous pensons donc 
que ce calcaire Oxfordien commence parallèlement à la 
Bonnette, à l'altitude moyenne de 300 mètres vers Laca- 
pelle-Livron, à 2 kil. en arrière, par cette rampe de 30 à 
50 mètres qui n'est sur ce point que le front des couches 
plongeant toujours vers l'Ouest. A partir de cette ligne 
de faîte, il étale ses assises à la surface du plateau situé à 
l'Ouest de Caylus jusqu'à l'Aveyron, à peu près à cette 
même altitude de 300 mètres vers Casais, le Brettou et La 
Garrigue. 



ZOZ 



Terrains tertiaires superposés. — Ce plateau Oxfordien, 
légèrement mouvementé , est recouvert presque partout 
d'une sorte de limon rougeâtre argilo-ferrugineux et très 
peu calcaire , qui s'est accumulé dans les dépressions 
ou qui s'est conservé sur certains points sous la pro- 
tection d'argiles calcaro-sableuses blanchâtres, qui for- 
ment de loin en loin les hautes buttes sur lesquelles sont 
bâtis les villages de La Salle, Lavaurette, La Mandine, 
Monpalach, Servanac, Vézy, etc. Ce plateau doit aujourd'hui 
son importance à la découverte des phosphates de chaux 
par M. Poumarède, de Gaylus. 

Ces terrains rougeâtreset blanchâtres sont des terrains 
d'eau douce recouvrant les calcaires marins, ainsi que le 
prouvent les Hélix et les Planorbes que l'on trouve sur 
certains points, notamment près de Pech-Poujol, au bord 
de la route de Caylus à Puylaroque, vers le 52 e kil. près 
de l'embranchement de Boussac, et près de Lavaurette et de 
La Mandine. 

Continuation de la série jurassique. — Pour ne pas inter- 
rompre la description de la série jurassique, nous ferons 
connaître les terrains coralliens et nous reviendrons ensuite 
aux terrains tertiaires reposant sur les plateaux jurassi- 
ques. 

Calcaires coralliens (J 2 . 3 .) 

Calcaire blanc de Servanac. — Carrières de Septfonds ou 
de Dardenne. — Quand de Servanac on se dirige vers 
Lavaurette, on voit le long de la route un calcaire blanc 
servant à l'empierrement et qui sert aussi de pierre à chaux 
au briquetier de Lavaurette. Il est très cristallin, sub- 
crayeux, percé de très nombreuses tubulures dues proba- 
blement à la disparition des Chondrites, des Algues et des 
Nérinées, peut-être de la tige des Apiocrines. On y trouve 
aussi une petite Astarte, Astarte minima, Goldf., quelques 
lilupichonelles et quelques Carjdium de l'étage corallien. Si 
l'on descend vers Septfonds, ces couches prennent uncer- 



- 253 - 

tain développement, se transforment, deviennent plus sili- 
ceuses, plus conchoïdes, plus résistantes et plus difficiles à 
la taille. Les fossiles y sont rares et difficiles à extraire. Nous 
y avons toutefois trouvé un peu au dessus de Septfonds une 
térébratule qui nous a paru être la terebratula subsella, 
Leymerie, et dans les carrières même de Dardenne et des 
Hauts-Roys une de ces Pinnigenna saussurii. Desh., dont on 
voit les contournements bizarres accuser les fibres noires et 
brillantes perpendiculaires à des valves de grande dimen- 
sion. Il y a en effet dans certaines de ces carrières une cou- 
che que l'on pourrait appeler couche à Pinnigenna. 

Pierre à chaux de Prunes. — Sur le revers occidental du 
plateau de Septfonds, une vingtaine de mètres plus bas, à 
Prunes, on trouve un calcaire très blanc, sans fossiles, 
contenant beaucoup de carbonate de chaux et qui sert à la 
fabrication de la chaux blanche pour la construction, et 
pour l'épuration du gaz à Montauban. 

Ce sont là, croyons-nous, les trois assises coralliennes : 
entre Lavaurette et Servanac, Septfonds, et Prunes. On 
retrouve l'assise supérieure sur le versant Nord-ouest 
jusque vers lesbordsde laLère, et le plus souvent recouverte 
parle terrain tertiaire. 

Là paraissent s'arrêter les assises jurassiques supérieu- 
res, à moins qu'on ne veuille voir aux environs de Puyla- 
roque, ou par derrière Montpezat en remontant la vallée 
de l'Emboulas, quelque représentant (mais avec un faciès 
différent) des roches qui constituent l'étage oolithique 
supérieur des auteurs de la carte de France; mais, comme 
il nous paraît avoir beaucoup plus de rapport avec le coral- 
lien, nous lui donnerons provisoirement le nom de Supra- 
corallien, jusqu'à ce que de nouvelles investigations dans 
cette partie écartée et restreinte de la région nous aient 
démontré définitivement l'absence ou la présence du 
Kimméridien et du Portlandien, si bien accusés dans le 
département du Lot. 



— 254 — 
Terrains tertiaires reposant sur les plateaux jurassiques. 

Relations avec les phosphorites. — La grande carte géolo- 
gique ne mentionne pas ici ces terrains d'eau douce. Leur 
existence nous était depuis longtemps connue. Leurs rela- 
tions caractéristiques avec les gisements de phosphates nous 
frappèrent vivement, lorsque nous visitâmes pour la pre- 
mière lois, en \ 871 , les carrières de phosphates des environs 
de Lassalle, Pendaré, Malpérié, etc. Aussi, dès le mois de 
juin 1872, dans un Aperçu des questions d'agronomie, d'hy- 
drologie et des questions économiques qui se rattachent à l'étude 
géologifjue du département nous écrivions ces quelques lignes 
qu'on nous permettra de reproduire : 

« Eocène supérieur. — Notre pays réclame, quand on 
» l'étudié en détail, surtout dans la partie orientale, une 
» subdivision ou la répartition de ses divers terrains non 
» seulement dans les divers étages miocènes, mais encore 
» même dans la partie supérieure de Hocène. Par une cir- 
» constance remarquable, le grand intérêt scientifique du 
>> département, au point de vue tout récent de la recherche 
» des substances minérales et de la découverte des phos- 
» phorites de Caylus, comme au point de vue de la paléon- 
» tologie, se trouve, en quelque sorte, localisé dans cette 
» même partie orientale au contact de l'éocène d'eau douce, 
» c'est-à-dire de la ligne périmétrique de l'ancien lac 
» tertiaire reposant sur le calcaire jurassique d'origine 
» marine. » Tout ce que nous avons vu depuis, tout ce que 
nous avons lu, concorde avec cette manière de voir, basée 
pour nous, dès cette époque, sur ce que nous avions vu 
antérieurement autour de Gastelnaudary , de Castres, de 
Lautrec, de Cordes, de Puylaroque, de Montpezat et de 
Libos-Fumel , localités dans les environs desquelles nous 
avions réside à diverses époques. 

Gisement des phosphorites. — La coupe laisse à droite au 



Ci " «• 

N. 0. de Caylus, les phosphatières nombreuses des Espié- 
monts ou de Mége, de Permette et surtout de Mouillac, 
plus loin celles de Pendaré, de Malpérié, de la Mandine 
entre Lassalle et Lavaurette. 

A gauche de la route, celles de Cos et celle de Servanac 
ou de Raynal, (altitude 302 m ). Cette dernière est aujour- 
d'hui Tune des plus profondes et des plus vastes, environ 
33 m de plus grande profondeur, 8 à 10 m de largeur, 80 m de 
longueur à ciel ouvert, 40 à 50 m en galeries : elle est orien- 
tée à peu près N. 0. -S. E. Vers le milieu de sa longueur 
elle fait avec la première direction un coude d'environ 1 10° 
S. S. O. 

Altitude tertiaire maxima. — Si Ton rapporte à un plan 
de niveau les témoins ou lambeaux restant en place des 
terrains tertiaires dénudés, en prenant pour point de départ 
Monpalach, petit village à 2 ou 3 kil. de Raynal (341 m d'al- 
titude), Lasalle (346), Lac d'Albrespy (340), la Mandine 
(325), on trouve que presque toutes les phosphatières sont 
situées au dessous de ce plan vers l'altitude moyenne de 
300 mètres. 

Niveau moyen du Bassin tertiaire. — Si l'on fait passer 
un second plan de niveau moyen d'après les cartes de l'état 
major, à cette altitude aproximative, on voit la courbe de 
niveau toucher successivement Lavaurette (311), Montalzat, 
et Montpezat (300), Brian du Causse près Bruniquel (303), 
L'hospitalet du coté de Cahors et de Cieurac (302), Bach 
(319), Cordes (Tarn) (307), Lautrec (302), les environs 
d'Issel et de Castelnaudary (300), Pujaudran près Toulouse 
(302), Cox près Beaumont (298), Castelnau de Montratier 
(285) et l'on reconstitue ainsi un ou plusieurs plateaux 
élevés dont ces points sont les témoins généraux, soit comme 
restes d'érosions, soit comme plans étages des diverses 
zones sédimentairesdans les eaux du bassin ou des bassins 
tertiaires. On peut ainsi reconnaître les analogies de compo- 



— 2o(> — 

sition et le synchronisme de lambeaux de terrains très dis- 
tants les uns des autres, on peut s'expliquer la présence de 
dépôts superficiels fluvio-lacustres sur bien des points où 
leur présence aurait lieu d'étonner. On retrouve même des 
points plus élevés qui présentent ces mêmes analogies, 
savoir : Augmontel près Castres 362 ra , Puylaurens 350 m , 
Aurillac 405 m . 

Rivages du lac tertiaire. — Nous pensons que le relevé 
exact des cotes maxirna d'altitude des terrains tertiaires 
dans les départements de la Haute-Garonne, de PAriége, 
de l'Aude, du Tarn, de PAveyron, du Cantal, du Lot, etc., 
donnera la clef de bien des difficultés. — Pour n'en citer 
qu'un exemple nous dirons que s'il était permis, par des 
observations rigoureuses, de reporter jusqu'à 400 m (altitude 
du bassin tertiaire d'Aurillac), l'altitude maxima du grand 
niveau tertiaire tout autour du plateau central, on verrait 
disparaître bien des problèmes. Nous connaissons déjà des 
altitudes de 360 m peut-être de 375; il n'y a plus que 25 m à 
gravir et nous aurons retrouvé les bords de l'ancien lac ter- 
tiaire que nous arrêterons jusqu'à d'autres preuves à près de 
360 m non loin deBoussac et du château de Génébrières, au 
point le plus élevé où nous avons retrouvé dans un calcaire 
d'eau douce des hélix, après avoir déjà, non loin de là, 
reconnu des conglomérats à gros éléments anguleux ou 
arrondis. 

Phosphoiites. 

Faune des gisements de phosphorile. — Un des premiers, 
M. Trutat, notre collègue, a trouvé dans les poches à 
phosphates des restes et des dents de Palœotherium , qui 
ont ainsi, dès le début, fait remonter la date des dépôts 
profonds à l'époque éocène, tandis que les dépôts superfi- 
ciels, plus ou moins remaniés, présentent des ossements de 
VAntracotherium et de divers animaux réputés miocènes, 
fl a reconnu depuis, ainsi que le célèbre paléontologiste 



— 257 — 

M. Paul Gervais, des restes iïEntélodon, de Rhinocéros, de 
Cainothérium, de carnassiers, mélange d'animaux éocènes 
et miocènes dont on peut voir les spécimens dentaires au 
Musée de Toulouse ou chez M. Audibertières, àCaylus: On 
retrouve même, à la surface du sol, des restes d'animaux 
plus récents et notamment des os de chauve-souris. 

Origine. — Au point de vue géologique, l'origine de ces 
phosphates ne laisserait pas que d'être une énigme, si 
l'étude de ces gisements n'avait amené les géologues et les 
chimistes à les comparer à d'autres gisements déjà connus, 
et n'avait provoqué les investigations de MM. Daubrée, Ley- 
merie, Trutat, Raulin, Delfortrie, Malinowski. L. Combes, 
Péron et Paul Gervais (1). 

Origine minérale. — L'opinion à laquelle se sont arrêtés la 
plupart des savants qui les ont visités, c'est que des eaux mi- 
néralisantes et probablement chaudes, s'épanchant du dedans au 
dehors, à la manière geysérienne, ont dû amener, des profon- 



(1) Nous devons à l'obligeante et récente communication de M. Taylor, 
employé de la maison Schomberg, l'extrait ci- joint de deux analyses 
effectuées par M. Walcker, célèbre chimiste anglais : 

30 août 1871 I9septembre1872 



Humidité 

Eau combinée 

Acide phosphorique. 

Chaux 

Oxyde de fer. 

d'alumine. 

de magnésie. 
Acide carbonique. 
Autres constituants. , 
Silice insoluble 



4 10 
33 05 
48 46 

12 40 



72 15 



7 85 

» » 

39 11 

41 77 

14 42 
5 80 



65 73 



Proportion de phosphate tribasique.. io ou . o 

Dans d'autres analyses où les oxydes figuraient pour une proportion 
moindre, la quantité de phosphate de chaux était de 75 à 80 p. 10 0. 



— 258 - 

(leurs à la surface, des phosphates de chaux en même temps 
que des oxydes de fer, des composés magnésiens, des sables et 
de l'argile. Nos gisements se rattacheraient aux mouvements 
du sol à l'époque tertiaire, et les émissions de matières 
phosphatées se seraient fait jour à travers les fentes, les 
fissures, les crevasses des couches calcaires qu'elles auraient 
agrandies par corrosion. La chute de nombreux animaux 
de l'époque tertiaire, dans certains de ces gouffres béants, 
l'entraînement ultérieur dans d'autres crevasses par des 
courants diluviens, à la surface de ces plateaux, des osse- 
ments de ceux qui y mouraient expliqueraient la présence 
des restes fossilisés, abondants dans certains gîtes et très 
rares dans d'autres. 

D'autres géologues attribuent leur formation à des com- 
binaisons produites par des vapeurs phosphoriques. 

Origine animale. — Quelques-uns, témoins de la multi- 
tude d'ossements trouvés dans certaines phosphatières , 
surtout dans le Lot, croient que des investigations plus 
complètes permettront d'attribuer à ces phosphates une 
origine purement organique, résultant d'une décomposition 
des ossements des animaux ou d'une calcarisation de leurs 
déjections phosphatées. 

L'abondance des fossiles dans certains terrains et des 
ossements dans les brèches osseuses rouges superficielles 
permet assurément de supposer d'abord le développement 
de nombreux vertébrés dans les pâturages basiques, jurassi- 
ques ou tertiaires. Plus tard, l'extension des glaciers du 
Cantal, leur fusion, l'apparition des vapeurs sulfureuses 
ou phosphoriques et les dislocations purent avoir isolé et 
refoulé ces animaux sur la zone étroite comprise dans le 
bassin jurassique du Lot et de l'Aveyron. 

Là n'est pas la difficulté. 

Conditions de gisement. — Les phosphates de chaux sont 
englobés, empâtés ou emmêlés dans des matières terreuses, 



— 259 — 

ferrugineuses, siliceuses et magnésiennes, qui représentent 
en moyenne 15 à 25 °/ de la masse, tandis que la propor- 
tion des phosphates riches est de 70 à 80 %. Dans chaque 
carrière, il semble s'être fait tantôt un mélange et tantôt 
un départ des divers éléments. D'où la nécessité d'un triage 
par ordre de richesse en phosphate. Toutefois, on observe 
assez souvent l'ordre de superposition suivant : 

1° A la surface, des ossements, bien conservés, empâtés 
dans une argile ferrugineuse rougeâtreet datant très pro- 
bablement de l'époque miocène et quaternaire. Les phos- 
phates y sont généralement bons. 

2° Au milieu, des argiles jaunâtres ou rougeâtres, sili- 
ceuses ou magnésiennes, moins riches en phosphates. 

3° A la base., dans les parties profondes, des phospha- 
tes riches, avec ossements éocènes plus rares et plus forte- 
ment engagés dans des oxydes d'alumine rougeâtre et de 
fer pisolithique. La structure est souvent rognonneuse, 
cloisonnée, cargneuliforme ou mamelonnée le long des 
parois. La phosphorite se présente quelquefois en parties 
concrétionnées, stalactitiques, zonaires ou rubanées très 
minces, et de colorations diverses, ce qui permet souvent 
de compter un très grand nombre de ces petits zones sur 
la cassure fraîche. 

Carrières. — Nous visitâmes ces carrières en 1871, et la 
première chose qui nous frappa ce fut leurs relations avec 
les terrains tertiaires dominants de La Salle et de La Man- 
diue. Nous en fîmes part à l'exploitant d'une carrière au 
N. E. de Pendaré. On trouvait de bons phosphates, mais 
très peu d'ossements. 

Nous avons visité de nouveau les carrières à phosphates, 
en septembre 1872, en compagnie de M. Raulin, profes- 
seur de géologie à la Faculté de Bordeaux. Nous avons 
examiné attentivement la carrière deServanacoùPon avait 
trouvé au début de nombreux fossiles. Rien n'a infirmé 



— 260 - 

pour nous les conclusions de M. Daubrée, en ce qui con- 
cerne l'origine de ces phosphates. 

Exploitation des phosphorites. — Nous avons visité les 
environs de Malpérié en 1873, et, d'après les explications 
qui nous ont été données, nous avons continué à penser qu'il 
y a lieu de distinguer le dépôt superficiel, ou de remanie- 
ment et de remplissage, du dépôt profond ou de première 
apparition. 

Aucune carrière n'a été encore abandonnée dans le 
Tarn et-Garonne, comme fermée en manière de poche, sans 
issue et sans phosphate. Il se produit tantôt des déviations 
latérales, des boyaux qu'on exploite à ciel ouvert ou en 
galerie, tantôt des étranglements, des élargissements, des 
contournements. Des invasions d'eaux circulant dans les 
fissures, des accumulations d'eaux stagnantes sur les boues 
jaunâtres, des difficultés d'extraction ou des circonstances 
économiques motivent tour-à-tour l'activité, le ralentisse- 
ment, la suspension ou la reprise des exploitations. 

Nous avons visité tout récemment les carrières de Mouil- 
lac, lac d'Albrespy, Mège, Servanac ; rien de ce que nous 
avons vu, rien de ce qui nous a été dit par les chefs de 
l'exploitation, avec la plus grande obligeance et la plus 
grande sincérité, ne modifie, pour eux et pour nous, cette 
manière de voir: 1° que les premiers phosphates ont dû 
venir de l'intérieur ou se former par voie chimique, ou 
émission d'eaux d'une température plus ou moins élevée, 
plus ou moins chargée d'acide carbonique et peut-être 
d'acide sulfurique et d'acide phosphorique se rattachant 
peut-être aussi à des dégagements d'hydrogène sulfuré et 
phosphore. 

2° Que les phosphates superficiels proviennent de rema- 
niements et contiennent souvent des brèches osseuses. 

Le phosphore existe dans la plupart des roches. — On sait 
que si la plante et l'animal peuvent absorber et fixer du 
phosphate de chaux, le phosphore, de même que le soufre, 



- 261 — 

le carbone, le chlore, l'oxygène, l'azote, l'hydrogène et le 
calcium, est un corps simple, qui a dû exister d'abord 
dans le règne minéral. 

En effet, les découvertes les plus récentes démontrent 
que les roches, soit éruptives, soit stratifiées, contiennent 
de l'acide phosphorique. MM. Charles Sainte-Claire Deville, 
Petersen et Sandberger l'ont démontré pour des porphyres, 
des basaltes, des granités, des serpentines. 

Phosphates divers. — 11 est reconnu, en outre, par les 
géologues et les chimistes, que des phosphates de fer, de 
soude, de magnésie, d'alumine et de chaux existent et peu- 
vent se former journellement aussi bien dans les eaux 
salées que dans les eaux douces, dans les eaux simplement 
minérales et à basse température que dans les eaux ther- 
males et boueuses. 

On sait, par des analyses chimiques précises, que les 
eaux froides de Soultz, dans le Bas-Rhin, et celles d'Aix 
en Savoie, contiennent (à 8°, 10° ou 14°) des quantités très 
notables d'acide phosphorique. 

On le rencontre dans les minerais de fer oolithiques et 
pisolithiques, tantôt à l'état de phosphate de fer, tantôt 
comme phosphate d'alumine ou de chaux ; on le rencontre 
encore à l'état de plomb phosphaté ou de plomb vert 
dans les fentes des grès des Vosges, accompagné de fer 
hydroxydé. 

On a constaté la présence du phosphate de chaux en 
nodules dans le terrain crétacé de la Sarthe, dans l'étage 
bajocien à Saint-Maurs, près d'Angers. 

Dans les analyses des phosphorites du Quercy, on a 
reconnu la présence du fluor, du chlore et même d'une 
certaine proportion d'iode. 

Phosphates magnésiens. — Peut-être des expériences 
nouvelles démontreront-elles que les terrains jurassiques, 
formés de sédiments marins, par voie de précipitation chi- 



— 262 - 

mique, contiennent, comme les eaux marines et les eaux 
thermales, des chlorures de sodium, de potassium, de 
magnésium, de calcium, des sulfates et des bi-carbonates 
de magnésie et de chaux, des phosphates de soude , de 
magnésie et de fer, corps simples ou composés, suscepti- 
bles de réagir tour-à-tour les uns sur les autres et de se 
substituer les uns aux autres. Peut-être que les eaux 
douces, marines, superficielles ou geysériennes qui engen- 
draient des carbonates de chaux et de magnésie sur cer- 
tains points, fournissaient sur d'autres des sulfures de fer, 
des sulfates et des phosphates de magnésie qui, réagissant 
l'un sur l'autre, se transformaient en sulfates de magnésie 
et en phosphates de chaux, ou attaquaient les parois des 
calcaires voisins. 

Dans ses laboratoires profonds et mystérieux, la nature , 
avec l'eau, la chaleur et la pression, peut produire des 
résultats aussi merveilleux que le lait, développant chez le 
jeune animal la formation des muscles et des os, ou que 
l'humidité extrayant du sol la silice, la chaux, la magné- 
sie et l'acide phosphorique pour en faire la tige, la fleur et 
le grain de blé. 

On ne saurait trop étudier les gisements de phosphates 
et les combinaisons de l'acide phosphorique et du phos- 
phore, cette flamme-poison, comme on Ta appelé, avec les 
autres corps simples ou composés avec lesquels il a la plus 
vive affinité. La décomposition des phosphates de chaux, 
minéraux ou organiques, l'emploi des phosphates de soude, 
de magnésie, des phosphates de fer, des phosphates ammo- 
niaeo-magnésiens sont des questions trop intéressantes, 
au point de vue de l'agriculture et de la salubrité publique, 
au point de vue de l'épuisement du sol et de la fixation de 
l'hydrogène sulfuré, phosphore ou azoté, pour qu'on ne 
s'attache pas à poursuivre des investigations qui peuvent 
conduire a des résultats d'une importance aussi capitale. 

Ce serait sortir de notre cadre que d'aborder la ques- 
tion de la composition chimique des phosphates , de la 



— 263 — 

superphosphatisation. de leur emploi industriel, de leur 
traitement. Nous exprimerons toutefois le regret que leur 
difficile décomposition el par suite leur prix élevé aient 
jusqu'ici empêché la généralisation de cet amendement 
agricole dans notre pays. 

TERRAINS TERTIAIRES. 

Éocène supérieur (E. P.). 

Eocène supérieur. — Emissions diverses. — Les considé- 
rations stratigraphiques et paléontologiques ci-dessus font 
remonter à l'éocène supérieur la première apparition de 
nos phosphates de Caylus. Or, les géologues savent que 
l'éocène supérieur est précisément l'époque d'apparition 
des gypses, des eaux thermales, du Travertin de Cham- 
pigny, dans le bassin de Paris, de la formation d'Auver- 
gne, de la formation d'Aix en Provence. En Suisse, on a 
reconnu aussi que le dépôt des hydroxydes de fer pisolithi- 
ques, le Bohnerz qui remplit les crevasses et cavités du 
Jura blanc, du côté de Berne, s'est produit vers la fin de 
l'époque éocène. 

Dépôts sidérolithiques. — Généralement on trouve, repo- 
sant sur le calcaire jurassique ou au fond des crevasses, le 
le minerai avec sable quartzeux, au-dessus l'argile dure 
ou grasse, rouge ou jaune ; plus haut, des sables tendres, 
des argiles blanches, jaunes ou vertes. On a appelé l'en- 
semble de ce terrain terrain sidérolithique, et, si la date de 
sa transformation, époque sidérolilhique, est un terme qui 
manquerait peut-être de précision, puisque le sidérolithisme 
s'est produit encore à des époques postérieures, il est néan- 
moins très vrai qu'il y a eu, vers la fin de l'époque éocène, 
une production abondante de matières diverses. Ce sont 
tantôt le fer hydroxydé, exploité comme dans le Bas-Rhin, 
le Jura bernois, le département de Vaucluse, ou sur les 
bords de la Lémance, à Libos-Fumel, dans le Lot, tantôt 



— 261 — 

le gypse, comme à Paris, aux environs de Castelnaudary 
et à Varen et probablement dans d'autres localités réputées 
éocènes ou miocènes, tantôt les phosphates de chaux, comme 
aux environs de Gaylus. 

Dépôts gypseux et phosphatés. — C'est vers la même 
époque que finit l'éruption des roches porphyriques , et 
([n'apparaissent avec un grand développement les roches 
dioritiques , ophiolitiques et les serpentines , c'est alors 
que commencent ou que vont commencer les éruptions 
trachytiques ou basaltiques. Il n'est donc pas étonnant 
qu'au voisinage des Pyrénées et du Plateau- Central, des 
porphyres et des serpentines de l'Aveyron, des trachytes 
et des basaltes de l'Auvergne, il se soit produit des érup- 
tions hydro-thermales amenant des matières diverses. Les 
sources thermo minérales si abondantes dans les Pyré- 
nées et autour du Plateau Central en sont des indices pro- 
bants. 

Développement des vertébrés. — Ce qu'il y a de particu- 
lièrement intéressant, au point de vue paléoniologique, 
c'est que de l'époque tertiaire date le développement con- 
sidérable des mammifères, et que ce développement, mieux 
que celui des mollusques , a fourni jusqu'ici des caracté- 
ristiques qui ont permis de maintenir la classification 
paléontologique en trois membres : éocène, miocène et 
pliocène , proposée par M, Lyell , et depuis suivie en 
France. 

Terrains et fossiles des divers étages éocènes. — On peut, en 
effet, caractériser: 1° Véocène inférieur, par le Coryphodon, 
que M. Hébert a découvert dans le conglomérat de Meu- 
don, non loin du Gastornis 

2° Véocène moyen, embrassant dans le bassin de Paris 
les calcaires grossiers, les sables de Beauchamp, le ter- 
rain numulitique supérieur , le calcaire de Saint-Ouen, 
par le Lophiodon. 



— 365 ~ 

3° l'éocène supérieur, embrassant le travertin de Cham- 
pigny et les gypses par le Palœotherium. 

Groupes paléontologiques de MM. Paul Gervais et Noulet, 
— Ces groupes correspondent jusqu'ici aux groupes orthro- 
cène, éocène et proïcène de M. Paul Gervais, ainsi qu'aux 
horizons inférieurs de Castelnaudary et de Castres, aux 
horizons moyens du pays Castrais, aux horizons supérieurs 
de VAlbineois, établis par M. Noulet, dans son remarquable 
Mémoire sur les coquilles des terrains d'eau douce du Sud- 
Ouest de la France. 

Couches de passage entre l'éocène supérieur et le miocène 
inférieur. — Il est beaucoup plus difficile de fixer le com- 
mencement précis sur les plateaux élevés du miocène 
inférieur, généralement reconnu comme caractérisé par le 
Dinotherium, le Mastodonte } V Antracotherium, et dans lequel 
de nouvelles découvertes constatent tous les jours des 
mélanges de faunes vraiment embarrassantes pour une 
détermination exacte. Aussi beaucoup de géologues admet- 
tent-ils des couches intermédiaires ou de passage de Y éocène 
supérieur au miocène inférieur, dans lesquelles les uns 
classent le calcaire de Brie, d'autres même les sables de 
Fontainebleau, pour en former un groupe auquel quel- 
ques géologues , surtout en Allemagne, donnent le nom 
d'Oligocène. 

Eo-miocène. — Nous lui préférons, quant à nous, celui 
d'Eo-miocène, EM, qui indique mieux celui d'une époque 
de transition. 

Equivalents du calcaire de Brie. — Sans chercher à des 
distances aussi considérables des rapprochements peut- 
être téméraires et peu précis, nous dirons cependant qu'à 
nos yeux le calcaire de Brie pourrait bien avoir pour 
équivalent dans le département le calcaire de Montalzat et 
de Montpezat, peut être celui du Lot, de Cordes et de nos 

49 



- 2GG - 

plateaux élevés, calcaire bitumineux , tubulaire, parfois 
cristallin , d'autrefois concrétionné contenant de rares 
coquilles fluviatiles. Ces calcaires superposés à des argiles 
et des marnes verdâtres, jaunâtres, blanchâtres qui pour- 
raient bien être aussi l'équivalent des marnes à Limnées 
des environs de Paris, présentent à leur partie supérieure, 
tantôt des argiles rougeâtres, brunes, jaunes, blanchâtres, 
tantôt des parties sableuses, riches en calcaire et en humus. 
Peut-être encore pourrait-on voir dans ce dépôt superfi- 
ciel, comme dans celui qui paraît avoir fourni le sol argilo- 
siliceux-ferrugineux et pierreux-calcaire des causses ter- 
tiaires , un équivalent restreint et éloigné des argiles 
supérieures aux calcaires de Brie et des premières assises 
des sables de Fontainebleau. 

Eocène des phosphates, des plâtrières et des pisolithes. — 
Dans nos coupes et dans la légende nous désignons par 
les lettres E P FEocène des phosphates, des plâtrières, des 
pisolithes de fer et par les lettres E M les couches de 
VEo-miocène de Monpalach, de La Mandine Haute, de Las- 
salle, de Boussac, de Lavaurette, de Montalzat, de Mont- 
pezat, du Montât, etc., superposées aux argiles rouges. 

Nous considérons comme formées à peu près vers la 
même époque, mais à des niveaux différents, c'est-à-dire 
à de plus grandes profondeurs dans le lac tertiaire, des 
couches qui nous représentent sur le fond invisible du 
bassin, un éo-miocène (E M), formé d'un mélange ou d'une 
superposition d'Eocène inférieur, d'Eocène moyen, peut- 
être d'origine marine, avec l'Eocène supérieur d'origine 
geysérienne et fluvio-lacustre, ainsi qu'avec les dépôts 
fluvio-lacustres E M, provenant de l'érosion de l'Eo mio- 
cène de l'altitude de 3iO m et de la nouvelle formation à 
l'altitude de 30(K 

Coupe sous Montalzat. — Ainsi, dans la coupe, nous 
retrouvons sous Montalzat l'Eocène glissant sur les cal- 
caires jurassiques et se déposant au bord du lac; au-dessus. 



— 267 - 

le mélange d'éocène et de miocène E M s'effectuant sur le 
fond, plus haut l'équivalent profond de l'éo-miocène 
ripuaire de Monpalach, plus haut encore Péo-miocène 
supérieur E 2 M 2 formé par l'érosion de ce dernier et par 
la stratification des dépôts, à une profondeur de 40 à 
60 mètres, sur les plateaux les plus élevés du Haut- 
Quercy. 

Limites du miocène. — Nous sommes par conséquent 
disposé maintenant à rapporter au miocène et à ses divers 
étages, ainsi que le font la plupart des géologues, les sédi- 
ments fluvio -lacustres notablement inférieurs à P altitude de 
300 m et qui, par conséquent, supposent une érosion considérable 
et générale de l'éocène supérieur et de V éo-miocène élevé et repo- 
sent sur des couches la plupart du temps invisibles de Yéo- 
miocène profond. 

Classifications dans les terrains tertiaires. — Cette classi- 
fication est basée sur des considérations dynamiques plutôt 
que paléontologiques et cela se conçoit puisque les décou- 
vertes les plus récentes sur le mélange des faunes, la con- 
temporanéité des espèces ou plutôt des races, tendent tous 
les jours à déplacer les limites des étages, à montrer tantôt 
juxtaposé, tantôt superposé l'éocène et le miocène et à 
faire descendre le miocène inférieur dans les rangs de 
l'éocène supérieur. D'un autre côté et nous le verrons plus 
loin, dans notre bassin du sud-ouest et en particulier dans 
notre département, il doit y avoir rapprochement, comme 
on le fait généralement en Allemagne, du pliocène inférieur 
et du miocène supérieur, terrains néogènes ; rapprochement du 
pliocène supérieur avec le diluvium des plateaux. De telle sorte 
qu'en élargissant l'éocène par l'adjonction de Péo-miocène, 
en augmentant le miocène du pliocène inférieur, nous 
arrivons avec MM. Dufrénoy et de Boucheporn à entrevoir 
la trace des accidents et des contre coups rapprochés des 
mouvements successifs des Pyrénées d'une part, des mou- 
vements basaltiques et volcaniques moins considérables et 



- i6S - 

plus récents du plateau central d'autre part , mouvements 
qui ne sont peut-être eu\-mêmes que le contre-coup éloi- 
gné des mouvements grandioses et successifs du grand 
massif central des Alpes. Ces derniers accidents ont dû 
affecter plus spécialement, cela se conçoit, la vallée du 
Rhône et le pourtour de la Méditerranée , tandis que du 
côté de l'ouest le relèvement des Andes et l'abaissement 
central de l'Océan ont pu amener des déplacements d'eaux 
douces et salées, des émergences et des érosions et par 
suite le changement de nos anciennes flores et faunes sub- 
tropicales , 18° à 22° c, ( qui se retrouvent encore dans 
l'Amérique du sud) en flores et faunes tempérées, 10° à 
18° c, qui ont pu résister en s'amoindrissant aux inter- 
versions de température des époques glaciaires. Le bel 
ouvrage de M. Heer sur le Monde primitif de la Suisse 
donne à cet égard des détails très-intéressants. 

Plongement général des terrains jurassiques au S. 0. — 
Système de la Côte-d'Or. — Nous avons vu qu'un mou- 
vement d'oscillation affectant nos terrains jurassiques vers 
la fin de la période secondaire produisait leur relèvement 
graduel au nord-est et leur plongement au sud-ouest, ce 
qui dut empêcher ou dissimuler dans la profondeur le dépôt 
des couches les plus récentes de cette formation. D'ailleurs 
les accidents nombreux auxquels on a donné le nom de 
système de la Côte-d'Or et des Cévennes N.-E. S.-O. ou 
E. 40° N. — 0. 40° S. ont dû laisser des traces dans la 
contrée et donner naissance par voie de contre-coups à des 
fractures multipliées, dirigées dans le même sens ou à peu 
près normalement à cette direction ; fractures ébauchées 
(jue les grands événements Pyrénéens et post-Pyrénéens 
viendront agrandir et compliquer. 

Vallées de la 1ère et du Candé. — Nous croyons en effet 
qu'on peut rapporter au système de la Côte-d'Or la frac- 
ture N.-E. S.-O. dans laquelle coulent le Candé et la Lère 
au bord N.-O. du plateau calcaire et les fractures secon- 



— 269 — 

daires à peu près perpendiculaires à celle-ci qui se voient 
près de Septfonds et de Puylaroque, etc. 

Plateau de Sept fonds. Carrières de Dardenne. — Le plateau 
de Septfonds se irouve placé cent mètres plus bas que celui 
de la Mandine ou de Lavaurette et son ruisseau coule du 
S. E. au N. 0., évidemment dans une faille synclinale qui 
s'est produite dans le plateau de manière à faire plonger 
les couches vers le nord- est, ainsi qu'on peut le constater 
dans les carrières de Dardenne, situées au sommet, tandis 
que le pendage général des couches des terrains secondai- 
res est vers le sud-ouest. Les cassures sont tellement multi- 
pliées dans ces carrières, l'intrusion verticale et horizontale 
dans les interstices d'un silicate d'alumine rouge endurcie 
est si adhérente à la pierre, le remplissage des joints par 
une argile jaunâtre imperméable et probablement magné- 
sienne est si exact, il y a si peu de traces d'érosions super- 
ficielles, que, de l'aveu de tous les carriers, il n'y a d'autre 
explication possible qu'une émission de bas en haut. 
Les cassures durent se multiplier au lieu de produire des 
voussures considérables. 

Hydroxydes de fer de St-Cirq. Forges de Bruniquel. •— En 
se dirigeant vers le sud- est, vers St-Cirq, les émissions fer- 
rugineuses ou sidérolithiques se produisirent avec une inten- 
sité croissante, l'hydroxydede fer d'abord pisolithique vint 
à la surface en rognons tuberculeux plus gros et plus riches 
qui ont alimenté longtemps les forges de Bruniquel. Plus 
loin, des eaux chargées de limonite et de Bauxite ou 
hydrate d'alumine, couvrirent le fond du bassin de leurs 
sédiments rougeâtres ou bariolés, tandis que sur d'autres 
points des eaux probablement magnésiennes agrégeaient, 
en forme de brèche, des fragments anguleux de calcaire, 
au dessous de la forêt du Brettou. 

Chose singulière, on a trouvé des phosphates dans certai- 
nes parties de la forêt de la Garrigue et du Brettou, vers 
l'altitude de 300 m et l'on n'en trouve pas au-dessous, comme 



- 270 - 

si, d'une part, la force ascensionnelle des éléments des 
lourdes limonites s'était produite plus bas et plus près du 
point d'émission jusqu'à 200 m environ, celle des pisolithes 
et des phosphates plus haut jusqu'à 300 m , sans pouvoir la 
dépasser. 

On a recherché plus bas les phosphontes, mais sans 
succès; nous présumons que des courants plus énergiques 
les ont disséminés plus au loin vers le centre du bassin. On 
en a vainement recherché dans le plateau d'Anglars. A cela 
que répondre, sinon qu'il s'est trouvé en dehors du rayon 
d'émission ou de la limite de la force ascensionnelle. 

Origine des dépôts lacustres. — Nous avons vu les roches 
les plus dures, le granit, les schistes, les grès, les dolomies, 
les calcaires, les marnes, se désagréger et donner un résidu 
principalement sableux , argileux, calcaire ou marneux. 
C'est le produit de toutes ces décompositions qui constitue 
généralement les dépôts tertiaires lacustres et fluvio-lacus- 
tres de notre région. 

La cassure et la désagrégation des roches forment, on 
le comprend, des matériaux de toutes dimensions depuis 
les blocs les plus considérables jusqu'aux particules les 
plus ténues. 

Poudingues et brèches ripuaires. Rivages du lac tertiaire. 
— Tantôt les blocs tombent sur les fortes pentes, s'arrê- 
tent sur les saillies, et s'y désagrègent encore, tantôt ils 
sont entraînés ou roulés plus bas et plus loin. Les matières 
qui les accompagnent ou qui proviennent de leur décom- 
position se tassent autour d'eux; des infiltrations d'eaux 
chargées de silice, de carbonate de chaux ou de magnésie 
les consolident, les empâtent, les cimentent et en font des 
conglomérats ou des poudingues à éléments arrondis et des 
brèches à éléments anguleux. On les retrouve généralement 
sur les bords des lacs, comme sur le revers occidental cal- 
caire de la vallée de la Vère, de Bruniquel à Brian du 
Causse, l'Ayrole, Nouais, etc., comme sur d'autres points 



— 271 — 

du plateau jurassique lui-même où l'on peut reconnaître 
ainsi les bords de l'ancien lac, non loin des phosphates. 

Lorsque les éléments sont très-gros, ils s'arrêtent sur le 
bord ou à une certaine profondeur; lorsque leur volume, 
leur poids et leur forme plus ou moins aplatie leur per- 
met de se soutenir quelque temps dans des eaux rapides, 
ils sont entraînés plus ou moins loin par les courants, de 
là les poudingues lacustres ou fluvio-lacustres. 

Plus les éléments sableux, argileux et calcaires seront 
fins, plus ils seront entraînés au loin et au large, soit par 
les courants qui suivent souvent le bord des lacs, soit par 
le mouvement des eaux sur le rivage, circonstances qui 
toutes engendrent des époques ou des lieux de grande 
agitation où peuvent seuls se déposer les gros sables, et des 
lieux de moindre agitation ou de calme, où se déposent les 
sédiments fins. De là l'infinie diversité de dépôts très- 
rapprochés souvent les uns des autres. 

Sables. — Molasses. — Grès. — Les sables sont généra- 
lement des grains de quartz ou de silice qui, tantôt restent 
meubles, tantôt se consolident plus ou moins en grès, sous 
l'influence d'un suc ou liquide calcaire ou siliceux, 
quelquefois ferrugineux, et parfois magnésien. Dans leurs 
interstices, on retrouve parfois des parcelles de carbonate 
de chaux, de magnésie, de phosphate ou de mica, quel- 
quefois même du feldspath décomposé. Ces sables sont les 
sables mollassiques , arènes ou sables de mine formés de 
grès tendres et mollasses et plus rarement des sables en- 
durcis qui sont des grès tantôt calcaires, tantôt siliceux. 

Argiles. — Les argiles sont composées de silice, d'alumine 
et d'eau. Elles sont plus ou moins grossières, suivant la 
proportion et la grosseur des sables. Elles contiennent le 
plus souvent, mais en moindres proportions, des matières 
qui font varier leurs propriétés, et qui sont ordinairement 
la chaux, les oxydes de fer, de magnésie, etc.. 

Les argiles étant formées d'éléments d'une grande ténuité 



212 - 

peuvent être tenues en suspension longtemps et sur des 
points où le ralentissement de vitesse a déjà laissé déposer 
les cailloux et les sables. De là le départ de matières et le 
passage, quelquefois insensible, qui s'effectue des uns aux 
autres, de telle sorte qu'on remarque dans les couches des 
terrains tertiaires, les lits d'argile, tantôt superposés aux 
sables, tantôt juxtaposés sur leurs bords. Souvent les oxy- 
des ferrugineux ou les éléments calcaires s'accumulent sur 
certains points , sur les faces des lits et des joints, or. 
leur donnent ces colorations variées et ces propriétés 
diverses qui les signalent à l'œil du vulgaire ou à l'atten- 
tion de l'industriel, du briquetier, du potier et de l'agri- 
culteur. 

Argiles plastiques, briques. — Tout le monde sait que 
les argiles absorbent et retiennent certaines quantités 
d'eaux et se réduisent en pâte plus ou moins fine et liante, 
susceptible de moulage et de compression, ce qui permet 
d'en faire des briques dont la ténacité est telle qu'on peut 
les employer dans les constructions rurales, après une 
simple dessication au soleil. Le plus souvent on les soumet 
à l'action de la chaleur dans des fours chauffés ordinaire - 
ment à un feu de flamme de fagots de chêne, d'autres fois 
à un feu plus intense à la houille dont la conduite demande 
plus d'expérience et d'attention et qui ne s'emploie guère 
que dans les usines perfectionnées, comme en voit à Dieu- 
pentale et Lauzerte. 

Parmi les argiles, il en est qui sont employées pour la 
fabrication des poteries, argiles plastiques, d'autres pour 
dégraisser les draps, terres à foulon ou argiles smectiques. 

Argiles plastiques ou à poteries. — Les premières, d'après 
MM. Brogniart (Bayle, Cours de minéralogie et de géologie, 
à l'école des Ponts et Chaussées), ne contiennent que 
4 à 12 0/0 d'eau, plutôt hygrométrique que combinée, et 
sont peu ou point attaquables par les acides. 

Ardus.; Aumllar, Cox, Montauban. — On en trouve à 



- 273 - 

Ardus, dans le côleau sous les ormeaux de Lamolhe, à 
Auvillar, à Cox à la limite Sud-Ouest du département, 
dans la Haute-Garonne et à Montaubau même. Les plus 
fines sont celles d'Ardus qui ont permis de faire des pièces 
susceptibles de prendre les formes et les moulures les plus 
délicates. Un feu modéré leur maintient une couleur rouge 
pâle très- agréable à l'œil. Un feu plus vif et le recuit leur 
permettent de recevoir une couverte, vernis ou enduit le 
plus souvent au minium. 

Faïences d'Ardus. — Très-recherchées autrefois sous le 
nom de faïence d'Ardus et aujourd'hui même par les collec- 
tionneurs, ces poteries ont été un peu abandonnées, depuis 
que le public a demandé la blancheur et la légèreté ce qui 
fait préférer la porcelaine et la demi-porcelaine obtenues, 
comme on sait, avec le kaolin de Limoges et des terres 
spéciales des environs de Paris et de la Lorraine. 

Les argiles plastiques présentent assez ordinairement la 
composition suivante : 

Matière non attaquable par les acides environ 70 à 
75 pour 0/0 et 20 à 25 pour 0/0 d'alumine, et quelques 
centièmes de chaux. D'après M. Brogniart, les meilleures 
contiennent environ 60 pour 0/0 de silice sur 40 d'alumine. 



Argiles. 


Silice. 


Alumine,, 


Oxyde de fer 


Chaux. 


Magnésie 


Eau. 
H 


Devonshire. 


50 


17 


» 


» 


» 


Montereau.. 


64 


24 


3 


2 


1 


12 


Nevers 


m 


23 


» 


2 


» 


13 



La plus belle faïence 
anglaise. 



Terres à foulon. — Les terres à foulon onctueuses, savon- 
neuses, à cassure presque esquilleuse, le plus souvent d'un 
gris verdâtre sont beaucoup plus alumineuses que les pré- 
cédentes, contiennent une proportion double d'eau et en 
outre de la chaux, de la magnésie et de l'oxyde de fer en 



- 274 - 

proportions sensibles, ce qui constitue précisément leur 
propriété d'absorber les matières huileuses et grasses des 
draps. On en trouve près de Galabert entre Caylus et 
Saint-Antonin. 

Argiles calcaires. — Lorsque les argiles contiennent des 
proportions considérables de chaux, elles deviennent cal- 
caires. Le mélange des argiles calcaires avec les argiles à 
poteries évite la fente au feu, facilite l'absorption de la 
couverte et de l'émail, en l'empêchant de s'écailler. 

Marnes. — Les argiles contenant des quantités plus 
considérables de calcaires, sont appelées argiles marneuses 
et marnes qui produisent par décomposition des sols favo- 
rables à la production des fourrages et des céréales. 

Marnage. — Lorsque les marnes sont très-calcaires et 
contiennent 70 à 80 pour 0/0 de chaux, elles fournissent 
par leur apport et leur mélange avec les terres siliceuses, 
un amendement bon et durable, mais que les soins et les 
frais de transport, de chargement et d'épandage rendent 
toujours lent et quelquefois coûteux à employer, \ franc le 
mètre cube, 200 à 300 fr. l'hectare. Par ces motifs, on 
donne aujourd'hui plus souvent la préférence à la chaux, 
I fr. 50 les 100 kilos, 100 fr. l'hectare. 

Horizons calcaires. — Au point de vue géologique, les 
calcaires constituent des horizons précieux comme points 
de repère dans le temps et dans l'espace. En effet, comme 
ils indiquent généralement une sédimentation chimique 
tranquille, dans des bassins peu profonds, on est porté, 
chaque fois que ce mode de sédimentation cesse, à voir des 
causes de perturbation telles que la création de courants 
fluvio-lacustres ou fluviatiles. Ces perturbations sont occa- 
sionnées tantôt par des élévations ou des abaissements 
de niveau, tantôt par des déplacements de limites ou de 
barrages des bassins par suite d'érosions aqueuses ou 
atmosphériques ou d'autres causes plus énergiques. 



- 276 - 

Ces diverses circonstances ont déterminé les géologues 
à faire des horizons ou couches calcaires des limites d'étages 
auxquelles ils ont -donné des noms divers et dans lesquels 
ils ont reconnu des fossiles de familles, de genres, d'espè- 
ces ou de races diverses, et auxquels ils ont assigné des 
dates relatives de formation. 

MIOCÈNE DE I/AGENAIS. 

1° Calcaire blanc hydraulique; 2° calcaire gris moellon 
de ÏAgenais. — Dans la région qui nous occupe e'est-à-dire 
au Nord et à droite de la Garonne, dans les cantons de 
Moissac, Valence-d'Agen, Lauzerte, Bourg- de- Visa et Mon- 
taigu, au Sud et à gauche dans les cantons d'Auvillar et 
de Saint-Nicolas-de-la Grave on a donné les noms d'étages 
du calcaire blanc et du calcaire gris de VAgenais à des 
formations de calcaires d'eau douce tout-à-fait analogues 
à celles qu'on voit plus bas et aux environs d'Agen. 

Ces deux étages composés chacun de sables molassiques, 
d'argiles, de marnes et d'une couche calcaire superposés, 
forment chacun un groupe d'environ 50 à 60 mètres 
d'épaisseur ou de puissance. 

Troisième calcaire supérieur. — Quelquefois dans les 
parties les plus élevées du département, vers le Nord- 
Ouest, un troisième groupe moins puissant que les deux 
premiers, s'y trouve dominer les plateaux calcaires sous- 
jacents, sur de petites étendues et comme autant d'îlots, 
restes d'érosions. 

Couches-repères. - Là où le calcaire manque et où par con- 
séquent il est très- difficile de distinguer des argiles et des 
sables d'autres argiles et d'autres sables de même apparence 
et de même composition, on ne peut d'une manière précise 
fixer la séparation des étages. On est donc forcé en laissant 
toutefois la part la moins large à l'arbitraire, de supposer 
des couches-repères continues sur le même horizon, à peu 



— 276 — ' 

près aux mêmes altitudes, avec les mêmes inclinaisons. 
Ces horizons prolongés prennent d'ailleurs une certaine 
réalité, lorsque les sables acquièrent une consistance qui 
les transforme en grès plus ou moins calcaires ou argileux, 
ou lorsque les argiles et les marnes s'impreignent d'une 
grande quantité de carbonate de chaux, ainsi que cela se 
voit dans certaines parties des cantons de Montpezat, de 
Caussode, de Molières, de Lafrançaise, de Moissac, d'Au- 
villar, de Lavit, de Beaumont, de Verdun, de Grisolles, 
de Villebrumier, de Montclar, de Nègrepelisse et de Mon- 
tauban. 

Il serait trop long et sans intérêt sérieux de faire con- 
naître tous ces affleurements de calcaires, de marnes ou de 
sables gréseux qui peuvent se présenter dans nos divers 
cantons. Tous les habitants les connaissent, chacun dans 
sa localité et nous ne leur apprendrions rien de nouveau. 
Ils auraient lieu même de s'étonner d'un désir de précision 
qui ne laisserait pas que d'être monotone et deviendrait la 
source de plus d'une erreur. Il suffira de déterminer les 
horizons et groupes auxquels on doit rapporter les cou- 
ches. 

C'est ce que nous avons fait dans nos coupes et en parti- 
culier dans celle de la région septentrionale de Castanet 
à Bourg-de-Visa. Nous allons la reprendre aux environs de 
Montalzat où nous l'avons laissée. La seule inspection de 
ia carte et des coupes repérées en dira plus que toutes les 
explications. 

Assises calcaires. ■— Les sables, les argiles, les marnes 
constituent la majeure partie de nos terrains tertiaires, 
formés comme on voit surtout par voie de précipitation 
mécanique. 

Dans l'épaisseur des formations on trouve cependant, et 
le plus souvent au-dessus des argiles ou des marnes, des 
roches calcaires qui sont loin d'être uniformément répan- 
dues dans toute la région. Là où elles existent elles se 



- 277 - 

présentent à des niveaux déterminés, tantôt en cordons 
linéaires, saillies ou protubérances prolongées sur les 
flancs des vallées, tantôt en corniches verticales ou sur- 
plombantes, à Parète supérieure de ces mêmes vallées, 
tantôt enfin en plateaux superficiels à divers étages, dans 
les masses compris entre les vallées. 

Calcaires lacustres des plateaux. — Comme plateaux, ils 
ont une étendue assez grande dans les parties Nord-Est 
et Nord-Ouest du département et se rattachent ainsi à la 
décomposition des terrains calcaires du revers jurassique 
méridional de la vallée du Lot, ou à la diffusion des élé- 
ments calcaires des plateaux de Caylus, entraînés au loin 
vers le Nord-Ouest par les courants littoraux de l'an- 
cien lac. 

Us sont visibles surtout dans une partie des cantons de 
Montpezat, et dans les cantons de Lauzerte, de Bourg-de- 
Visa et de Valence. Les couches de calcaires intercalées 
d'une manière régulière au milieu des argiles et des sables 
molassiques se montrent surtout dans les trois derniers 
cantons et dans certaines parties des cantons d'Auvillar 
et de Saint-Nicolas de la Grave. Dans le reste du départe- 
ment, les sables et les argiles prédominent, aussi les cal- 
caires n'y offrent ni la même régularité, ni la même consis- 
tance, ni la même composition et leur emploi comme 
matériaux de construction se trouve très-restreint. 

Bancs calcaires. — Calcaires hydrauliques. — Malause, 
Auvillar, Larrazet. — Là où elles existent, les roches ou 
couches calcaires ont une épaisseur moyenne de 40 à 
12 mètres, plus généralement de 15 à 4 8 mètres et plus 
rarement de 20 à 25 mètres d'épaisseur. Ces roches se 
divisent en plusieurs bancs dont la composition et la con- 
texture diffèrent. Dans la partie supérieure des bancs 
exposée aux influences atmosphériques, on remarque qu'ils 
s'enlèvent par écailles et se désagrègent. Au-dessous ils 
fornissent des moellons dune qualité meilleure, mais sou- 



- 278 — 

vent dépréciés par des cavités, des tubulures et des parties 
excavées en surfaces courbes. Plus bas, quand les tubulu- 
res ne les traversent pas de part en part, les bancs pren- 
nent de la consistance, de l'homogénéité, de la régularité, 
ce qui permet de les débiter en pierres d'appareil et en 
linteaux de portes et de fenêtres, en appuis décroisée, 
quelquefois en marches d'escalier, en rouleaux à dépiquer. 
On remarque d'ailleurs des différences de coloration dues 
le plus souvent à l'influence, lors du dépôt, d'eaux impré- 
gnées d'oxydes de fer. Plus à la base et tantôt se reliant 
avec les argiles sous-jacentes par des transitions insensi- 
bles, tantôt s'en détachant nettement, ces calcaires présen- 
tent souvent une composition plus argileuse qui les fait 
rechercher comme pierre à chaux hydraulique. Tel est le 
cas pour certains calcaires argileux de Malause, Pommevic, 
Goudourville, Auvillar, Caumont, Larrazet, etc. 

Etagrs dans la région médiane. — Nous ayons été, nous 
l'avouons, très-embarrassé pour déterminer les points et 
les altitudes où Fou peut supposer, en l'absence de preuves 
certaines, que finissent ces couches intermédiaires ou de 
passage que nous avons rapportées à l'éo-miocène. Nous 
aurions pu, avec quelques géologues, les conduire jusqu'aux 
portes de Moissac et les ranger, celles de la base, dans 
Véocène, celles qui les surmontent, dans le miocène inférieur; 
nous aurions pu établir ces limites sur les bords de l'Em- 
boulas ou de la Lutte, ou bien ranger tous ces terrains dans 
le miocène inférieur et supérieur à partir de Caussade, 
d'Auty et de Molières comme le font d'autres géologues. 

Rien de rigoureux ne nous étant imposé à cet égard 
parce que nous connaissons de ces terrains, nous avons 
préféré les arrêter à une ligne en apparence peu importante, 
mais qui se rapprochant beaucoup des horizons nettement 
indiqués par les calcaires de PAgenais, se trouve en même 
temps être la limite de l'arrondissement de Moissac de ce 
côté et la limite rapprochée de la région agronomique plus 



~ 279 - 

franchement argilo- calcaire du Nord-Ouest du dépar- 
tement. 

Nous savons bien que, pour quelques géologues, cette 
région médiane du Quercy que nous plaçons entre la Lère, 
l'Aveyron, le Tarn et le Lembous est une région de rema- 
niements fluvio-lacustres, éocènes, miocènes, et pour 
quelques-uns même pliocènes, raison de plus pour la 
maintenir dans la catégorie des couchés de passage, dont 
il est difficile de déterminer l'âge précis. 

Région Sud-Est. — La même observation s'applique à la 
région du Sud-Est comprise entre l'Aveyron et le Tarn. On 
peut à volonté, et par des raisons d'hydro-dynamique, 
y voir des couches en grande partie éo-miocènes ou bien 
appartenant au miocène inférieur et au miocène supérieur, 
mais la divergence des opinions à cet égard prouve l'incer- 
titude des horizons. 

Dans nos terrains tertiaires la superposition des assises 
n'est pas la seule raison qui doive servir à déterminer les 
étages ; il y a, comme nous l'avons dit, des traces de cassu- 
res et d'érosions consécutives qui ont modifié les directions, 
les niveaux et la nature des dépôts. Il s'est effectué sur 
divers points des dépôts inférieurs mais plus récents que 
ceux qui les dominent. 

Limites de Véo-miocène. — Dans cette situation nous avons 
cru devoir considérer comme éo-miocènes les couches 
inférieures jusqu'au bord du Lembous dans la région sep- 
trionale. A partir de là, nousindiquons dans la coupe les 
couches comme plus nettement miocènes et nous les répar-- 
tissons aux environs de Cazes-Mondenard : 1° en étage du 
calcaire blanc hydraulique et de taille de FAgenais (M ] A^) à 
la base, commençant vers l'altitude 1 40 m et finissant vers 
celle de 160™, sauf une élévation de \ à 2 0/0, en remon- 
tant vers le Nord ; 2° en étage du calcaire gris moellon de 
l'Agenais dans la partie supérieure, M 2 A 2 jusqu'à 200 ,n 
d'altitude comme limite supérieure; 3° en étage du calcaire 



- 280 - 

gris supérieur sur les points les plus élevés du côlé de 
Montaigu M 3 A 3 . 

Boudou. — Parmi ces horizons calcaires, celui de Bou- 
dou, près de Moissac, est particulièrement célèbre par la 
découverte d'une tête àWntracothcrium magnum qui se 
trouve dans la collection de M. Lagrèze-Fossat, à Moissac. 

L'Antracotherium a été jusqu'ici considéré comme carac- 
téristique du miocène inférieur. Nous avons nous-même 
recueilli une dent de cet animal, mais en décomposition, 
aux environs de la briqueterie de Moissac dans un sable 
molassique On a trouvé aussi dans nos terrains des dents 
de Rhinocéros, 

Quant aux mollusques, on peut donner comme caracté- 
ristiques, d'après M Noulet, qui a fait une étude très com- 
plète de nos terrains lacustres, V Hélix Ramondi y Brogniart, 
V Hélix Aginensis , Noulet , Tournali , Planorbis cornu , 
Brogniart, Linmea dilata ta, Noulet, Cyclostoma elegans 
antiqaum, Brogniart. 

MIOCÈNE DE LA GASCOGNE. 



Calcaire blanc agenais. Rive gauche de la Garonne. — 
Le calcaire blanc- hydraulique de ÏAgenais que l'on peut 
suivre sur la rive droite de la Garonne par Boudou, Malause, 
Goudourville, Castels etc., vers l'altitude de U0 m à 4 50 m 
jusqu'à Agen, existe à peu près au même niveau sur la 
rive gauche, où. il se montre en remontant le fleuve à 
Auviilar, St-Michel, Pauly, St-Roch, Caumont, Labourgade 
et Larrazet, sur la Gimonne. 

A Labourgade, où sont établis des fours a chaux hydrau- 
lique, à Larrazet, où le village est bâti sur le calcaire, le 
niveau général de la roche s'est abaissé normalement de 
2 m environ par kilomètre, aussi affleure -t-il ici vers l'alti- 
tude de 120 à \\0 m pour finir en s'amincissant vers le Sud 
et le Sud -Ouest. Il passe ainsi probablement sous l'étage 



— 281 — 

miocène de la Gascogne; mais nous serions portés à croire 
que non loin de ce point il y a plutôt passage latéral et 
synchronisme que superposition, car dans la profondeur 
du lac tertiaire les eaux pyrénéennes ont pour le moins, à 
notre avis, fourni autant de sédiments que le Quercy ou le 
Plateau central , sédiments plutôt mécaniques (sables et 
argiles) que chimiques (calcaires), ainsi qu'il apparaît du 
côté du massif de Cox ou bien lorsqu'on remonte la 
rive gauche de la Garonne dans la région de la Gascogne 
qui l'avoisine, de Verdun à St-Marlory. 

Dépressions anciennes de la Gascogne. — En effet, sans 
vouloir sortir de notre cadre par un hors d'œuvre de géo- 
génie, il nous est bien permis de dire qu'il est plus que 
vraisemblable ou qu'il est à peu près admis qu'à presque 
toutes les époques géologiques une diagonale S.-E. N.-O., 
de l'Auvergne à la Bretagne, a marqué, d'une manière 
plus ou moins continue, le rivage septentrional, et que les 
Pyrénées ont marqué le rivage méridional d'une vaste 
dépression. Elle était alternativement fermée ou rétrécie, 
vers le sud- est, entre Foix et Castelnaudary, par les Cor- 
bières, la Montagne-Noire et les Cévennes, normalement 
interposées, en quelque sorte, entre les Pyrénées et le 
Plateau central, pour diriger ou fixer dans le chenal ou 
dans le fond du golfe les courants tour-à-tour sédimentai- 
res ou érosifs, les sables de l'Océan agité d'un côté et les 
vases de la tranquille Méditerranée de l'autre. 

Courants littoraux sédimentaires ou érosifs. — - Peut-être 
un courant d'eau chaude détaché du Gulf stream et analo- 
gue au courant de Rennel, à ce fleuve marin de 35 k. de 
largeur qui remonte actuellement à raison de 2 k res à 
l'heure, le long de l'Espagne et du golfe de Gascogne, un 
courant, dison.-;-nous, se rapprochait davantage des côtes 
des Pyrénées et de TAveyron et y engendrait une tempéra- 
ture probablement subtropicale de 18° à 20° ou 22° et par 
suite un régime météorologique ou une condensation de 

20 



- 282 — 

vapeurs en neiges et en pluies plus fréquentes et plus abon- 
dantes qu'aujourd'hui (1 à 2 m ou 3 m de hauteur d'eau). 

Un contre-courant littoral, N. O.S.E., dont les effets se 
combinaient avec ceux des vents dominants du N. 0. ou 
du S. E., des marées, des raz de marées, des courants 
fluvio-marins, et des courants fluviaux existaient aussi le 
long des côtes. Sous ces diverses influences, il y eut une 
accumulation générale de sédiments d'abord mar.'ns ou 
saumâtres, sableux, vaseux ou calcaires. Bien que cette 
accumulation fût souvent compliquée ou diversifiée par des 
érosions et des ablations partielles, il y eut une extension 
et une puissance de plus en plus grande de ces sédiments 
et par suite une surcharge à un moment et sur un point 
donnés. 

Dislocations. Bassins de comblement. — Les dislocations 
concomitantes ou consécutives de ces accumulations ame- 
nèrent des affaissements et des relèvements combinés, des 
émergements et des immersions qui obstruèrent, créèrent 
ou rétablirent des communications ou des séparations et 
diversifièrent, en les circonscrivant, les dépressions et les 
centres de comblement. Elles engendrèrent de nouveaux 
bassins marins, lacustres ou fluvio-lacustres. L'exhausse- 
ment, en augmentant la pente et l'étendue des terres 
émergées, accéléra l'érosion générale et les comblements 
locaux. Aux dépôts secondaires généralement marins et 
vers la fin quelquefois saumâtres ou lacustres, succédèrent 
peu à peu des dépôts plus généralement et plus franche- 
ment d'eau douce, sablo-graveleux sur le passage des 
courants argileux , marneux dans les parties tranquilles 
et presque toujours calcaires au voisinage des roches qui 
contenaient du carbonate de chaux. 

Exhaussement des Pyrénées. — Vers la fin de l'époque 
éocène, par suite de mouvements grandioses, surtout dans 
la partie centrale et orientale et par suite de dislocations 
diverses postérieures affectant d'une manière moins sensi- 



- 283 - 

ble mais pourtant réelle le miocène inférieur, surtout dans 
la partie occidentale, d'après quelques géologues, les Pyré- 
nées atteignirent les grandes altitudes, la disposition et le 
relief linéaires qui les caractérisent aujourd'hui. Elles rele- 
vèrent avec les couches jurassiques et crétacées une partie 
des sédiments tertiaires qui les recouvraient déjà, tandis 
qu'à leur base le terrain crétacé lui-même s'effondrait 
parallèlement et synclinalement d'une part, pour se relever 
un peu plus loin à son tour, mais faiblement, suivant la 
ligne anticlinale que MM. Raulin et Jacquot indiquent 
comme traversant la Gascogne de PO. N. O. à l'E. S.E. 

Effets consécutifs. — De nouvelles fractures, transver- 
sales aux précédentes et probablement anticlinales, se pro- 
duisirent sans doute en même temps de Tarbes, Bigorre ou 
Lannemezan vers Fumel et le Périgord, de la Neste à la 
Lémance, déterminant ainsi à l'Est la formation d'abord et 
puis le comblement de la grande dépression lacustre. A 
l'Ouest de cette nouvelle ligne côtière, à peu près parallèle 
à la côte Landaise actuelle, reculèrent graduellement les 
formations marines et saumâtres du golfe de Gascogne avec 
des alternatives d'immersion et d'exhaussement. 

Eo -miocène de la Gascogne. — Que le lac ou bassin 
oriental se soit comblé peu à peu vers le Sud-Ouest de 
sables et d'argiles par les confluents d'eaux venues des 
environs de Montréjeau, deSt-Girons, de Foix, de la Mon- 
tagne-Noire et des Cévennes, c'est ce qui paraît hors de 
doute. 11 nous sera dès lors permis de supposer que dans 
cette direction, sans la désespérante discontinuité des 
innombrables assises argileuses et sableuses des Molasses 
du Sud-Est de la Gascogne, on retrouverait peut-être plus 
près du Tarn-et-Garonne qu'on ne serait tenté de le 
supposer, ces couches éo- miocènes qui ménagent la transi- 
tion toujours indécise entre l'éocène supérieur et le mio- 
cène inférieur ou Voligocène de quelques géologues. 

On nous pardonnera cette digression et cette hypothèse 



— 284 — 

à raison de l'intérêt qu'il nous parait y avoir à rattacher 
de plus en plus le tertiaire moyen au tertiaire inférieur. 

Il nous parait d'ailleurs régner encore une certaine 
incertitude sur l'âge exact de ces terrains, et nous incli- 
nons à les vieillir pour la majeure partie ou à les faire 
descendre sur l'échelle géologique. Aussi, sans attacher 
plus d'importance qu'il ne convient à une disposition 
hydrographique amenée plutôt par Pancieune direction des 
courants sédimentaires ou érosifs, marins ou lacustres 
(parallèles à des fractures plus anciennes encore) et par 
la résistance ou la nature des roches sédimentaires, que 
par les mouvements de l'écorce terrestre , nous ferons 
cependant quelques remarques. 

Soulèvement des Pyrénées et des Alpes. — Après les sou- 
lèvements successifs des Pyrénées 0. 18° N., après les 
exhaussements et les affaissemenls 0. N. O.-E. S. E. de 
la région sous-pyrénéenne affectant la craie, î'éocène infé- 
rieur, moyen et supérieur et même le miocène inférieur sur 
divers points (restes bien insuffisants et bien obscurs de 
faits pourtant très probables), il s'est produit à peu près 
parallèlement ou perpendiculairement à cette direction 
avant, pendant ou après le dépôt des terrains miocènes, 
des accidents géologiques et des courants résultant des 
fractures synclinales ou anticlinales prolongées par des 
érosions. 

Courants fluvio-lacustres anciens. — Ils se sont dirigés 
d'abord à peu près N. S. et E. 0., puis N.-N.-E.-S.-S.-O., 
comme des mouvements parallèles, quoique postérieurs, aux 
anciens systèmes du nord de l'Angleterre d'une part, du 
mont Seny et du Thuringerwald d'autre part, mais con- 
temporains sans doute de ceux qui ont produit les systèmes 
synclinaux de la vallée du Rhône et de la vallée du Pô, 
les lignes anticlinales des volcans d'Auvergne, le relief de 
la Corse et plus tard celui des Alpes occidentales. 

C'est ainsi pour nous que ces mouvements suivis d'éro- 



- 285 — 

sions ont préparé la voie, c'est-à-dire les lignes brisées de 
plus grande pente et de moindre résistance pour les eaux de 
la Garonne depuis sa source jusqu'à Toulouse, pour celles 
de l'Aveyron, de Laguépie à Moissac d'une part, et d'autre 
part, ont jalonné en même temps le fossé tertiaire et dilu- 
vien qui régnera plus tard au pied du versant nord de la 
Montagne-Noire, près des rivages éocènes, 

Séparation de l'Océan et de la Méditerranée. — Il n'en 
faudra pas davantage pour que ces courants fluvio-lacus- 
tres, érodant à droite et déposant à gauche leurs sédiments, 
forment les terrains sablo- argileux de la Gascogne et du 
Quercy, ceux de l'Aude et du Lauraguais et obstruent ainsi 
d'abord la communication entre la Méditerranée et l'Océan 
vers Castelnaudary, puis la communication de leur propre 
bassin ou lac Tarno-Garonnais avec l'Océan lui-même près 
d'Agen. 

Formation et comblement du lac. — En effet, vers le Sud- 
Est-Agenaisetle Nord-Ouest-Armagnac, ces courants fluvio- 
lacustres refoulés et ralentis par l'Océan déposent leurs 
troubles sablo-argileux en manière de barrage ou de Barre, 
puis les consolident de temps à autre en y intercalant des 
assises calcaires d'une faible épaisseur. Mais peu à peu ce 
grand bassin d'épuration et de colmatage se remplit, sa 
capacité diminue, les eaux s'échappent tantôt par dessus 
bords, vers l'altitude de 300 à350 m , tantôt par affouillements 
souterrains caverneux ou tabulaires ; la crête de la digue 
est entamée sur les points faibles, le niveau s'abaisse, tes 
bords du lac sont en partie découverts, aussitôt les eaux 
sauvages les ravinent, la pente augmente, des cours d'eau 
superficiels s'établissent convergeant vers son centre et 
venant du S.-O. ou des Pyrénées, du S.-E. ou de la Mon- 
tagne-Noire, du N.-E. ou du Plateau central, laissant entre 
eux aux grandes altitudes ces traînées de cailloux et de 
sables presque partout quartzeux, disposés en promontoires 
allongés, en ilôts orientés, comme le montre la grande 



— 286 — 

carte géologique et couronnant ainsi de leurs déjections, 
ici les plateaux jurassiques, là les portions émergées éocè- 
nes et éo-miocènes du lac se transformant peu à peu en 
plateau. 

Erosions. — Les grandes érosions longitudinales et les 
ravinements transversaux sont en train d'affouiller et 
d'amoindrir le lac et le plateau, de déplacer, d'entraîner 
et de rouler à des niveaux plus bas les cailloux, les sables 
et les limons des anciens dépôts, lorsque l'exhaussement 
général du sol vers le Plateau central de la France et de 
l'Europe centrale vient aboutir au soulèvement d'abord des 
Alpes maritimes, puis des Alpes occidentales, plus tard 
des Alpes principales, aux éruptions des volcans d'Auver- 
gne, aux tremblements de terre des Pyrénées centrales et 
à l'affaissement de la partie occidentale de la Gascogne et 
de l'Aquitaine ainsi qu'aux grands événements méditerra- 
néens. 

Derniers mouvements tertiaires. — Sous ces influences 
combinées d'exhaussement vers l'Est, d'affaissement vers 
1 ouest, le barrage se creuse de plus en plus, partout les 
calcaires se cassent, des failles sans rejet s'ent' rouvrent et 
s'élargissent par érosion, un courant s'établit dans la direc- 
tion à peu près S.-E.-N.-O. de Mazamet à Castelsarrasin 
vers lequel viendront converger sous un angle d'environ 
(30° les courants transversaux du rivage de droite, tandis 
que ceux du rivage de gauche aboutissent à un autre cou- 
rant qui va de Foix à Castelsarrasin. De là ces deux cou- 
rants réunis se dirigent vers Agen et le Port-Ste-Marie par 
la faille entr'ouverte. Plus tard encore l'exhaussement et 
l'affaissement continuent, la mer s'éloigne, et par suite de 
retrait ou de mouvements suivis do nouvelles failles la falaise 
se déclare d'Aiguillon à Bordeaux et de Bordeaux à la mer, 
dans une direction S.S.E.-N.N.O. correspondant à celle 
du Ténare et des Andes et à peu près perpendiculaire à celle 
des Alpes principales et des volcans méditerranéens, qui 



— 287 — 

vient d'ouvrir à l'Ouest les vallées du Tarn, de PAveyron, 
du Lot et de la Dordogne. L'apparition des volcans, des 
grands cercles de feu a bouleversé le monde, et ces forces 
nouvelles, jointes à des événements d'une autre nature et 
probablement cosmiques vont imprimer à son relief définitif, 
à sa flore et à sa faune, le cachet actuel qui ne diffère peut- 
être du système tertiaire, après ces perturbations graves, 
que par une plus grande extension du système continental 
et du régime fluvial substitué au système insulaire dominé 
par le régime lacustre et fluvio-lacustre. Ces faits semblent 
attestés par l'émigration des espèces tertiaires ou leur con- 
servation sur le continent de l'Amérique du Nord. 

Il est très vraisemblable, d'ailleurs, que les découvertes 
paléontologiques justifieront peu à peu ces rapprochements 
d'étages, que nous sommes assez portés à considérer, en 
effet, dans une certaine mesure, comme des moments ou 
des points de sédimentations diverses, autant que comme 
des époques et des formations distinctes. 

Cette infinie multiplicité d'assises enchevêtrées, conti- 
nues ou discontinues, de lentilles ou d'ellipsoïdes fluvio- 
lacustres et fluviatiles, de sables, d'argiles, de marnes, de 
calcaires, de sables graveleux, et de graviers d'une part, 
et, d'un autre côté, parfois la co-présence de quelques 
individus dont la paléontologie n'admet pas l'absolue 
contemporanêité, doivent permettre de grouper les assises 
et les fossiles dans un cadre suffisamment extensif pour 
les mettre en harmonie avec la réalité des faits, que traduit, 
dans leur généralité, avec une exactitude plus approxima- 
tive qu'on ne serait porté à le croire au premier abord, la 
magistrale simplicité de la grande carte géologique de 
France en ce qui concerne notre bassin teniaire. 

Il est toujours difficile à notre esprit de se représenter 
les vraies conditions de la vie à des époques si éloignées 
de nous. 

Les changements apportés par la culture aux conditions 
naturelles de la flore et de la faune sont si profonds dans nos 



— 288 — 

pays civilisés, qu'on ne parvient à se les bien représenter 
que lorsqu'on peut jeter les yeux sur un de ces charmants 
paysages rétrospectifs de Riou et de Buri et Juker, dans la 
Terre avant le Déluge, de M. Louis Figuier, ou dans le 
Monde primitif de la Suisse, de M. Heer. (Voir Lausanne à 
l'époque miocène) (I). 

Etages de la Gascogne. - Limites. — Quoi qu'il en soit, 
et en nous rapprochant delà classification la plus générale- 
ment adoptée, nous avons admis sur la carte et dans les 
coupes : 

1° A la base Véo -miocène de la Gascogne (E M G) ; 

<) Note ajoutée pendant l'impression. — Nous ne connaissions point 
la note de M. Tournouer sur l'Age géologique des molasses de PAgenais 
[Bulletin de la Société géologique de France, t. XXVJ, 1869, p. 293;, 
lorsque nous avons présenté nos cartes et coupes lilhographiées à la 
Société d'histoire naturelle de Toulouse, et quelques jours plus tard à la 
Sorbonne; mais nous éprouvons aujourd'hui une certaine satisfaction 
en constatant que l'observation des conditions dynamiques des forma- 
tions du Sud-Ouest rapproche assez nos impressions des conclusions du 
savant géologue, pour que nous croyons devoir reproduire ici ces quel- 
ques lignes d'une brillante exactitude : 

« Pendant toute cette période, en effet, les conditions continentales 
» n'ont guère varié : elles sont restées, sensiblement les mêmes que pén- 
is dant la période précédente, comme l'atteste la similitude minéralogi- 
» que, si embarrassante, de tous ces dépôts, molasses ou calcaires, 
» miocènes ou éocènes, qui se sont entassés dans le bassin de la Garonne 
» depuis le commencement de l'époque paléothérienne jusqu'à l'époque 
» des Dinotheriurns et des Mastodontes. Pendant toute cette période, 
» c'est toujours la même immense plaine, chaude, basse, humide, 
» marécageuse, moins couverte de forêts que de grandes herbes propres 
» au développement d'une très grande population de mammifères her- 
» bivores et de reptiles, inondée par des eaux, qui s'écoulent lentement 
» d'un continent peu élevé, surtout du côté du plateau central, vers une 
» plage marine lointaine et sans falaise; dont la limite avance ou recule 
» plusieurs fois, refoulant les eaux douces qui s'arrêtent devant leurs 
» propres barres et s'extravasent (ce sont les calcaires qui se déposent), 
» ou les laissant reprendre une pente et un écoulement plus rapide 
» (ce sont les molasses), et cela pendant un lemps ; sans doute, 
» immense. » 



-- 289 - 

2° Au-dessus, le miocène inférieur de la Gascogne , super • 
posé ou juxtaposé au miocène inférieur de VAgenais 
(M' G'); 

3° Miocène moyen. — Plus haut, à partir de l'altitude 
approximative de 100 à 120 mètres, le miocène moyen de 
la Gascogne M 2 G 2 , qui, dans la partie du département 
dont nous nous occupons, est essentiellement molassique , 
c'est-à-dire composé d'une multitude de couches de sables 
d'argiles et de marnes, passant insensiblement ou brus- 
quement des unes aux autres. Les grès s'endurcissent 
bien quelquefois, pénétrés d'un suc ou ciment calcaire et 
magnésien, les marnes et les argiles passent bien quelque- 
fois à des marnolites et à des calcaires argileux, mais ils 
ne présentent pas d'assises bien suivies et bien réglées, 
comme dans PAgenais ou dans l'arrondissement de Lec- 
toure. Aussi l'emploi de la brique cuite ou crue est-il 
beaucoup plus général dans les cantons de Lavit, de 
Beaumont et de Verdun, que dans ceux de Lauzerte, de 
Montaigu, Bourg-de- Visa, Valence, Auvillar et St-Nicolas, 
où il existe des carrières de pierre de taille, de pierre à 
chaux hydraulique et de moellon dans les divers étages. 

Barété des calcaires. — A Beaumont, par exemple, on ne 
trouve à employer comme bons matériaux de construction 
que le calcaire gris-jaunâtre, peu fossilifère, que l'on trouve 
au bord de la route, près du village de Pessoulens et de 
Marignac dans le Gers. 

A Lavit, c'est surtout le calcaire blanc hydraulique de 
PAgenais que l'on emploie et qu'on extrait des carrières de 
Pauly et de Saint-Michel, non loin des châteaux de Mont- 
brison, à 4 kilomètres du village, sur la rive gauche de 
l'Ayroux. Du côté de Grammont, de Marsac, d'Auvillar, 
on exploite encore des assises calcaires sur les flancs de la 
vallée de PArrax, mais l'emploi de ce calcaire est très 
localisé. 

4° Miocène supérieur. — Au-dessus de cet étage moyen, 



— 890 - 

vient enfin, mais à l'état de lambeaux isolés et comme îlots, 
le miocène supérieur de la Gascogne M 3 G 3 . 

Bien que les assises de calcaires propres aux construc- 
tions manquent à Lavit et à Beaumont, et qu'en l'absence 
de ces horizons calcaires nettement déterminés, il soit 
difficile de fixer la limite des étages au milieu des terrains 
meubles superposés, on peut, sans grande chance d'erreur, 
conjecturer que la limite supérieure de l'étage moyen de 
la Gascogne doit être placé entre 200 à 220 mètres. A 
Lavit, en effet, à la briqueterie située à l'Est de la ville, 
au bord de la route de Gastelsarrasiu, on voit une assise 
de calcaire trop argileux pour fournir de la bonne pierre à 
bâtir, mais qui, à la cuisson, donne une chaux hydraulique. 
Rien ne nous empêche de prendre ce niveau comme repère, 
de considérer les villages de Cumont et de Lamothe- 
Cumont, au-dessus de Beaumont, comme assis sur un 
équivalent molassique de cette assise, tandis que les villa- 
ges d'Esparsac, de Coutures, Escazaux, le Causé, etc., 
qui se trouvent à des altitudes de 220 à 250 et 270 mètres 
appartiennent à l'étage supérieur. 

A Coutures, la petite source située au-dessous du village 
coule à peu près au niveau indiqué. Le puits de 25 à 
30 mètres creusé à Esparsac et la petite source voisine ont 
leur niveau hydrologique dans des sables graveleux , 
quarlzeux, que surmontent des sortes de marnolites ou 
d'argiles calcareuses dures. Dans le village même, pour le 
mur de clôture du cimetière, on a employé une espèce de 
calcaire compacte très argileux, à pâte fine, blanc-verdâtre 
qui, très probablement, ne résistera pas longtemps aux 
influences atmosphériques. Il a été trouvé récemment, 
nous a-t-on dit, au Nord et un peu au-dessous des mou- 
lins d'Esparsac, mais le banc paraît sans importance. 

Un peu plus loin, du côté de Sérignac, on a trouvé 
aussi un banc mince de calcaire très argileux , auprès 
d'une métairie appartenant à M. Laborde. 



- 291 - 

Faciès argile- marneux et sableux de la Gascogne. — En 
résumé, ce qui domine dans les étages géologiques de la 
Gascogne, comme couches tertiaires, ce sont : 1° des argi- 
les jaunâtres, fines, des argiles ou marnolites plus ou 
moins calcaires et endurcies \ de là la pauvreté relative de 
ces terrains en niveaux aquifères, quelque peu abondants; 
2° des sables quartzeux, veinules de carbonate de chaux et 
de magnésie en décomposition, tantôt sableux, tantôt com- 
pactes. 

Faunes de Sansan et Simorre — La division stratigra- 
phique que nous avons adoptée en miocène inférieur, moyen 
et supérieur de la Gascogne, se rapproche assez des subdi- 
visions paléontologiques, connues sous le nom de faunes 
de Sansan et de Simorre, dont la découverte et la recons- 
titution ont immortalisé le nom de Lartet, de plus en plus 
cher à la science dans le monde et dans notre pays, pour 
que Ton puisse rapporter les fossiles à ces mêmes niveaux. 

La liste de ces fossiles se trouvant dans tous les ouvrages, 
nous ne mentionnerons que le Rhinocéros sansaniensis, le 
Chœrotherium, le Macrotherium, VAmphycion. la Mustela, le 
Pliopithecus, des reptiles, des chéloniens, et parmi les 
gastéropodes V Hélix Lartetii, de Boissy , le Planorbis 
sansaniensis , Noulet ; le Cyclostoma elegans antiquum, 
Brogniart, etc. 

Plâtrier es de Mansonville. — Vers l'altitude de i80 m , on 
trouve, à Mansonville, entre Auvillar et Lavit, d'anciennes 
exploitations de gypses marneux qui n'ont plus qu'une 
importance locale depuis l'importation des plâtres à mar- 
ner de Gastelnaudary et de Tarascon. 

Terrains tertiaires supérieurs. — Une question délicate 
et difficile à préciser est celle de savoir à quel étage il faut 
rapporter ces dépôts de cailloux, ordinairement de quartz 
hyalin et de hydienne, que nous avons mentionnés plus 
haut et qui sont empâtés dans des sables jaunâtres ou rou- 



— 292 — 

geâtres, parfois endurcis par l'hydroxyde de fer, que l'on 
retrouve sur les plateaux les plus élevés, et notamment à 
Esparsac, à Couture, etc. Beaucoup de géologues les pla- 
cent, avec un point de doute, dans l'étage tertiaire le plus 
récent, le pliocène, d'autres parmi les premiers terrains de 
transport déposés avant le creusement des vallées ou 
Diluvien primitif (D. P.). 

Les auteurs de la Carte géologique de France ne les ont 
point figurés ici, comme sur les limites du Tarn et de la 
Haute-Garonne ou dans le Gers, où ils les ont considérés 
comme pliocènes. Nous ne les passerons point sous silence, 
mais nous ferons remarquer que, dans tous nos terrains 
d'origine fluvio-lacustre, on retrouve de ces lits de petits 
cailloux (quelquefois calcaires, presque toujours siliceux), 
non-seulement à la surface, mais intercalés même dans les 
sables molassiques. (Voir aux environs de Lautrec, de 
Castres et sur les îlots éocènes de Puylaurens, à 370 m ). 
Rien n'empêcherait donc de les considérer comme tertiai- 
res. D'un autre côté, la distinction entre le pliocène et le 
miocène est très difficile à bien déterminer stratigraphi- 
quement dans nos terrains d'eau douce, ce qui a déter- 
miné beaucoup de géologues, surtout en Allemagne, à 
confondre ces deux étages sous le nom de néogène, auquel 
nous préférerions celui de néocène. Le pliocène manque 
dans le bassin de Paris, il manque en Suisse; nous voyons, 
dès-lors, des inconvénients à l'introduire, sans nécessité 
absolue, comme étage d'eau douce spécial dans notre 
déparlement, et nous aimons mieux rapporter ces bancs 
caillouteux au miocène supérieur, équivalent fluviatile pro- 
bable des faluns marins, ou du diluvium tertiaire rouge des 
plateaux calcaires. Il nous paraît évident, en effet, qu'au 
moment où le bassin sous pyrénéen ou sous-central s'est 
trouvé comblé et le plateau émergé, des courants de plus 
en plus érosifs et partant rapides ont commencé à le sillon- 
ner dans tous les sens, déposant d'abord des cailloux, ici 
calcaires, là siliceux, suivant la provenance, ailleurs des 



- 293 - 

sables et des limons plus ou moins mélangés ou impré- 
gnés d'oxyde de fer. Sur certains points, des pisolithes 
ierro-silieeuses ou ferro-alumineuses et des rognons ferru- 
gineux compactes ou agglomérés, comme on en voit à 
Gox et sur la route de Casteron à Esparsac. 

Ces dépôts constituaient ainsi à l'origine les grands cônes 
de déjection des torrents de nos montagnes, dont les élé- 
ments, constamment roulés, entraînés, affouillés et culbutés, 
avançaient peu à peu au milieu des divagations incessantes 
des cours d'eau. Ces bancs caillouteux, de 3 à 4 mètres 
d'épaisseur et plus, consolidés et agglutinés à la base, 
présentent, au contraire, à la partie supérieure des bancs 
distincts franchement sableux et argileux, ou bien caillou- 
teux, mais d'un faciès différent. Y a-t-il là remaniement 
des dépôts sous-jacents, commencement des dépôts qua- 
ternaires ou transition des uns aux autres? La démarcation 
est délicate, mais l'usage prévaut, ce semble, de les con- 
sidérer comme diluvium des plateaux élevés (D. P.) 

Ces phénomènes nous semblent indiquer qu'au régime 
hydrographique lacustre et fluvio-lacustre tertiaire succède 
peu à peu le régime fluviatile qui va maintenant nous 
occuper. 

TERRAINS DE TRANSPORT. 

QUATERNAIRES. — MODERNES. 

Alluvions anciennes. — Alluvions récentes. — Éboulis. 

Sols silicéo-a?'gileux. Boutbène. — Les terrains de trans- 
port anciens ou dépôts diluviens sont représentés par la 
formation superficielle à laquelle les agriculteurs de notre 
région donnant le nom de Boulbène, Rouget et Graves, sols 
généralement siliceux ou silicéo- argileux qui recouvrent les 
autres terrains dansla majeure partie du département d'une 
sorte de manteau ou de revêtement de 6 à 8 mètres d'épais- 
seur moyenne. Cette formation diffère sous plusieurs 
rapports des formations précédentes. Elle s'en distingue 



— 294 - 

principalement : 1° par l'abondance des cailloux roulés et 
des sables qu'elle présente presque toujours à la base; 
2° par la nature des limons qui surmontent ces mêmes cail- 
loux; 3° par l'incohérence ou l'absence de stratification 
régulière de ces divers dépôts. 

Fossiles. — Les fossiles consistent surtout en ossements 
d'Elephas primigenius. Hippopotame, de Rhinocéros tichor- 
rinus, ftEquus, Ros, Cervus, Dans les cavernes et abris de 
Bruniquel, M. Brun a trouvé des dents tfUrsus spelœus, 
des bois de Renne, des silex taillés, des haches. On sait 
d'ailleurs que les découvertes de M. Boucher de Perthes et 
toutes celles qui ont eu lieu depuis permettent aujourd'hui 
d'affirmer que l'homme a existé avant et pendant le dilu- 
vium. 

L'apparition générale de dépôts de cailloux de dimen- 
sions diverses sur des terrains qui n'en renfermaient point 
ou qui ne les montraient que comme bordure, enclave ou 
dépôts restreints et exceptionnels, est un fait considérable et 
qui implique nécessairement des mouvements d'eaux fortes 
et rapides, presque torrentielles. 

Nos cours d'eaux coulent actuellement dans de profondes 
vallées qui, resserrées à leur naissance dans les montagnes 
et les coteaux, s'élargissent peu à peu dans les plaines 
basses vers leur embouchure. Leurs lits contiennent des 
cailloux et des sables, leurs berges et les plaines qu'ils 
traversent sont généralement formées , en allant de 
bas en haut, de graviers , de sables et de limons. Leurs 
inondations entraînent et déplacent des cailloux de grande 
dimension, suivant des lignes de plus grande pente et 
par conséquent de plus grande vitesse et de plus grande 
force de translation, et les laissent retomber ensuite sur des 
lignes ou des points de moindre vitesse ( notamment du 
côté concave de leurs tournants sur la berge convexe), et 
vers la fin des crues les recouvrent peu à peu de graviers 
plus fins, de sables et de limons. En effet, nous avons pu 



— 295 — 

constater dans nos cours d'eau et surtout au bord de la 
Garonne, qu'une vitesse de m ? 33 par seconde déplace les 
sables, celle de m ,66 les graviers et petits cailloux, celle 
de 'ï m. des cailloux moyens, celle de 1 m ,30, 1 ffi ,50, 
2 et 3 m. des cailloux de la grosseur du poing et de la 
tête. Ces résultats diffèrent peu des chiffres obtenus par 
M. Belgrand, en observant les crues de la Seine. (V. La 
Seine anté - historique) . 

Pentes et vitesses des cours d'eaux. — L'on a reconnu d'un 
autre côté que la pente moyenne de PAriége commençant 
à 1,900 m. d'altitude est pour 160 kil. de parcours de 
1 2 m ,70 par kilomètre, celle du Tarn commençant à 1 ,271 m. 
pour 370 kil., de 3 m ,40 par kilomètre (comme celle de la 
Durance), celle de la Garonne de 1 m ,27, un peu moins que 
celle de la Loire et du Rhin, moitié moindre que celle du 
Lot, de la Dordogne et du Rhône, mais double de celle de 
la Seine. Cette pente, répartie il est vrai sur les cours supé- 
rieur, moyen et inférieur sur des parties hautes et des parties 
profondes, sur des rapides et des ralentis, suffit pour rendre 
compte du transport et du roulement petit à petit de la 
montagne à la plaine des fragments plus ou moins gros que 
nous retrouvons loin du lieu de leur origine, puisqu'il a 
même été constaté sur la Loire que les sables progressent 
par jour de 2 mètres en été et de 9 mètres en hiver, soit 
de 2 kilomètres par an. (Delesse, Lithologie du fond des 
mers). 

Nous avons constaté souvent que la vitesse moyenne de 
la Garonne est de m ,90 environ par seconde pour une 
pente de ra ,70 à m ,80 par kilomètre; celle du Tarn, de 
() m ,20à m ,30, pourunepentede0 m ,30à0 m ,40 centimètres 
par kilomètre, tandis que ces vitesses arrivent à près de 
2 mètres pour la Garonne pendant les inondations. La 
force d'entraînement à 1 m ,30 et 1 m ,50 pour le Tarn, est 
suffisante pour déplacer et culbuter des cailloux de 8 à 
10 et 15 centimètres. 



~ 296 - 

Nous avons retrouvé dans la gravière près de l'Orphelinat 
de Montbeton, un bloc parallélipipédique anguleux ou mal 
arrondi de quartz, du volume de 4 à 5 décimètres cubes, 
pesant de 4 2 à 13 kilog. On en retrouve et de plus gros 
dans le lit du Tarn et de la Garonne, même à Agen, qui 
pèseraient 160 kilog. environ, s'ils n'en perdaient environ 
un tiers par suite de leur immersion.- A Toulouse, au con- 
fluent de l'Ariége et de la Garonne, en en voit de 50 à 60 
décimètres cubes, mais l'Ariége a, comme on sait, un cours 
presque torrentiel. Il n'est donc pas peut-être absolument 
nécessaire de faire intervenir d'une manière générale l'action 
des glaciers poussant devant eux leurs moraines ou des 
glaces flottantes englobant des blocs, puis les laissant 
retomber lors des chocs ou de la fusion. Si ces faits gla- 
ciaires se sont produits dans les départements voisins, au 
près des montagnes, ils n'ont pas laissé à notre connais- 
sance de traces bien caractérisées dans le nôtre. 

Si tels sont les phénomènes qui se passent sous nos yeux, 
on peut ce semble en induire en toute certitude qu'il a dû 
en être de même antérieurement, là où nous retrouvons 
des dépôts analogues, quoique à des altitudes supérieures. 
Et comme tout semble indiquer des abaissements successifs 
de niveau dans le cours de nos rivières, il est permis de 
considérer comme dépôts anciens, dilumum ou allumons 
anciennes les dépôts fluviatiles placés aujourd'hui notable- 
ment au-dessus des plus hautes eaux d'inondaiion, lesquelles 
ne s'élèvent plus guère qu'à 10 ou 12 mètres au maximum, 
i à 6 mètres pour la Garonne, dans le département, 6 à 
H mètres pour le Tarn et PAveyron. 

Une autre remarque à faire, c'est que les cailloux déposés 
par la Garonne, le Tarn et de PAveyron ne sont pas de la 
même nature, et que la différence est plus sensible encore 
dans les cailloux des dépôts diluviens; cela se comprend 
aisément, puisque ces cours d'eau ou leurs affluents ont 
traversé, chacun un bassin hydrographique spécial, des 
roches et des terrains de composition variée. 



— 297 - 

Il faut observer encore, que plus les cours d'eau sont 
rapides, plus ils ont une tendance à corroder leurs berges, 
à déplacer leurs cailloux et leurs sables, à se creuser, 
comme la Garonne dans notre département, des lits chan- 
geants, des lits de divagation qui font suite aux lits de déjec- 
tion et oV érosion ou qui alternent avec les points sur lesquels 
le fleuve a un régime et un lit à peu près permanents. 

Inondations. — Epoques des crues. — Il ne faut pas oublier 
non plus, et l'observation de nos inondations le démontre 
d'une manière péremptoire, que l'époque, la hauteur et le 
moment précis des plus grandes crues ne sont pas toujours 
les mêmes pour tous nos cours d'eau. 

En effet, la région du Sud-Ouest étant soumise au vent 
desséchant d'abord du Sud- Est qui facilite et commence 
l'évaporation, puis au vent du N.-O. qui amène les nuages 
de l'Océan aux montagnes, la condensation s'effectue rapi- 
dement sur les hauteurs, et des pluies qui donnent comme 
moyenne annuelle 1 mètre d'eau par mètre carré sur le 
Plateau central et dans les Pyrénées, viennent parfois au 
mois d'avril, en même temps que la fonte des neiges, occa- 
sionner de graves inondations dans le bassin du Tarn et de 
l'Aveyron. Celles de la Garonne et de l'Ariége coïncident 
parfois aussi avec la fonte de leurs neiges basses ou avan- 
cées. Mais l'époque des inondations désastreuses, surtout 
pour la Garonne, est celle de la fonte des hautes neiges qui 
coïncident avec des pluies très-abondantes dans l'Aveyron, 
les Gévennes et la Montagne-Noire, vers la fin de mai ou le 
commencement de juin, tandis que les deux époques d'étiage 
de la Garonne et de l'Ariége coïncident, au contraire, avec 
le maximum et le minimum de neiges dans la monta- 
gne. Quelquefois des pluies torrentielles ou des trombes 
occasionnent dans la vallée de la Garonne et de l'Ariége 
des crues subites et désastreuses de 4 à 5 mètres. Mais le 
fleuve, ne recevant guère jusqu'à son entrée dans notre 
département que des affluents rapides et considérables des 

21 



— 298 — 

montagnes sur sa rive droite, et que les maigres affluents 
des coteaux et de la plaine sur sa rive gauche, ne se trouve 
ni souvent, ni fortement ni longtemps grossi et sali par ces 
derniers. C'est un énorme avantage qu'il a sur le Tarn 
limoneux, qui n'est clair que deux mois par an. 

Etant admise vers la fin de l'époque tertiaire, l'existence 
entre les Pyrénées et le Plateau central d'une immense plaine 
haute formée de dépôts meubles et partout très érosibles, 
on comprend que les eaux provenant delà fonte de neiges 
très abondantes ou de pluies excessives aient entamé les 
lits d'argile et de sable partout où ces couches n'étaient 
point protégées par les calcaires et promené leur lit de 
déjection et de divagation à leur surface. 

Terrasses^ élargissement et abaissement des cours d'eaux 
anciens. — De ces érosions résultaient un élargissement et 
un abaissement graduel des lits dont les étapes successives 
se sont gravées en traits généraux dans les terrasses à 
niveaux étages, que nous avons reconnues principalement à 
gauche de la Garonne, du Tarn et de PAveyron. C'est un 
fait curieux, mais depuis longtemps observé par les géolo- 
gues en divers pays et signalé dans le nôtre par M. Leymerie , 
que les terrasses diluviennes n'existent point sur la rive 
droite de ces mêmes cours d'eau, d'une manière aussi carac- 
térisée que sur la rive gauche. 

Ce fait est la suite des érosions générales dues à deux 
causes : la première, c'est que les vents pluvieux d'Ouest et 
le dégel exercent une action plus énergique sur les versants 
Sud-Ouest, Ouest et Nord-Ouest des coteaux qui leur font 
face, et par conséquent les érodent, les sapent et les creu- 
sent. Le clapotement des eaux fluviales s'exerce aussi plus 
énergique dans cette direction. 

Nos cours d'eaux se dirigeant du N.-E. au S.-O. ou du 
S. -E. au N.-O. subissent aujourd'hui plus ou moins 
cette influence. La deuxième cause qui se faisait vraisembla- 
blement sentir avec plus d'intensité, autrefois, pendant les 



- 299 - 

crues diluviennes, est celle qui est due à la rotation de la 
terre. Dans notre hémisphère les eaux coulant du Sud au 
Nord ou du Sud-Est au Nord-Ouest devaient, à raison de 
leur mobilité, se trouver en accélération de vitesse, ou en 
avance sur les terrains encaissants et exercer par consé- 
quent vers l'Est, ou sur leur droite, une action érosive, en 
même temps qu'un ralentissement alluvionnant sur leur 
gauche ou à l'Ouest. 

Pour ceux venant du Nord, du pôle vers l'équateur, il y 
avait, au contraire, ralentissement, par conséquent déviation 
et corrosion à l'Ouest ou à droite et alluvionnement à gau- 
che ou à l'Est. 

Dans le régime actuel devenu à peu près permanent pour 
nos cours d'eau, cette influence se fait moins sentir et la 
preuve, c'est que la Garonne, qui de Toulouse à Moissac 
coule du S.-E. au N.-O. (direction prolongée de PAriége) 
après avoir corrodé longtemps sa rive droite, a laissé dans 
la vallée de basses terrasses du côté de Dieupentale, Mon- 
tech, Saint-Porquier, Gastelsarrasin, tandis qu'elle sape à 
gauche les assises tertiaires sur lesquelles elle avait anté- 
rieurement déposé, à des niveaux plus élevés, le diluviumde 
ses terrasses étagées. 

Il en est de même pour le Tarn et l'Aveyron. 

Nature des cailloux roulés. — Les cailloux roulés du 
diluvium, surtout dans les terrasses du Tarn, étaient essen- 
tiellement quartzeux, ceux de l'Aveyron quartzo-gneissiques 
et schisteux, ceux de la Garonne plutôt granitiques, gré- 
seux, amphiboliques et quartziteux. 

Sur les plateaux élevés, c'est-à-dire au commencement 
de l'époque diluvienne, le quartz domine d'une manière 
générale. Cette prédominance est pour nous une question 
d'époque plutôt que de lieux. A ce moment l'érosion du 
Plateau central, de la Montagne-Noire, des Pyrénées s'exer- 
çait sur les schistes quartzeux ; plus tard, dans les bassins 
du Tarn et de l'Aveyron, elle a continué sur les talcschistes, 



— 300 — 

les micaschistes, les porphyres, etc., tandis que dans les 
Pyrénées elle s'est exercée plus particulièrement sur les 
terrains granitiques et de transition, et sur les quartzites 
gris, verdâtres, sur les amphiboles, les ophites, les grès 
rouges pyrénéens, les eurites, le phtanite ou lydienne, etc., 
que Ton retrouve de plus en plus abondants à partir de 
l'altitude de 160 mètres jusqu'au niveau du lit actuel. 

Cette différence entre les cailloux quartzeux du Tarn et 
les cailloux granitiques de la Garonne est bien caracté- 
risée au parallèle de Montauban. Mais ce que l'on n'avait 
pas observé, c'est qu'il y a eu autre chose: 1° qu'un pre- 
mier mélange des cailloux granitiques, amphiboliques et 
ophitiques delà Garonne, et des cailloux quartzo -schisteux 
du Tarn au confluent de cette rivière, 2° ou qu'un mélange 
de cailloux quartzeux, gneissiques et porphyriques (et plus 
rarement calcaires) au confluent du Tarn et de l'Aveyron. 

Plateau deLacourt St-Pierre. — En effet, après de très- 
nombreuses et de très minutieuses investigations : 4 ° sur les 
deux flancs du plateau compris entre le Tarn et la Garonne, 
au point de contact des cailloux diluviens et du terrain ter- 
tiaire; 2° dans le lit de tous les ruisseaux et dans les gra- 
vières ; 3° après avoir comparé les dépôts caillouteux d'un 
grand nombre de puits, nous avons reconnu que les cailloux 
de la Garonne dominent à droite du fleuve sur les terrasses 
de Montech jusque vers Lacourt St-Pierre , commencent 
sur la ligne de faîte à Montbartier, à 1 40 m , et se poursuivent 
jusqu'à Lavilledieu et Labastide-du-Temple ; seulement ils 
sont recouverts dans la partie orientale par les cailloux 
quartzeux du Tarn : cela s'explique très-bien, croyons-nous, 
de la manière suivante : 

Superposition des cailloux du Tarn à ceux de la Garonne, 
— Avant d'avoir abaissé leurs lits aux niveaux actuels, la 
Garonne et le Tarn se sont trouvés avoir leur confluent sur 
la pointe de Montbartier, à l'altitude de 4 30 à 1 40 ra . Leur 



— 301 — 

rencontre causant des remous, il se formait entre eux un 
dépôt de cailloux et de sable qui s'allongeait toujours vers 
le N. et s'étendait même un peu vers l'Est, parce que la 
Garonne ayant des eaux plus abondantes et plus rapides 
que le Tarn, repoussait la rivière à droite et laissait déposer 
ses gros cailloux et ses gros sables sur tout le promontoire 
compris entre Montbartier, Lacourt St-Pierre, Montbeton 
et Albefeuille. Mais peu à peu la Garonne, plus érosive , se 
rejeta vers la gauche, et se maintint pendant longtemps sur 
la ligne de faîte de Montbartier à Lavilledieu par Lacourt 
St-Pierre , tandis que le Tarn regagnait peu à peu du 
terrain jusqu'à cette ligne et recouvrait à son tour, de cail- 
loux de quartz et de sables argileux rougeâtres, les dépôts 
primitifs et sous-jacents de granité et de phtanite de la 
Garonne. Sur certains points il y a eu mélange, mais 
presque partout superposition. En creusant les puits on 
retrouve les preuves de cette superposition. En général, on 
trouve la couche aquifère dans le dépôt inférieur de la 
Garonne. 

A la pointe de Montauban, au dessous des coteaux du 
Fau et de St-Martial, il dut se passer un fait analogue. Le 
Tarn dut d'abord refouler son affluent TAveyron vers l'Est 
et déposer des cailloux quartzeux, empâtés dans une argile 
rougeâtre sableuse. Il se forma entre eux un dépôt de con- 
fluence qui s'allongea peu à peu vers Villemade, à mesure 
que les cours d'eau s'encaissaient. 

Composition du diluvium. — Le terrain diluvien présente 
presque partout la disposition suivante, en faisant toutefois 
observer que la puissance ou l'épaisseur des assises varie 
d'un point à un autre, mais dans des limites cependant res- 
treintes : 



— 302 — 

m 30 Sol végétal généralement silkéo- argileux , 
boulbène . 
Glaise ou argile brune colorée par l'oxyde 
de fer (Rouget). — Épaisseur variable. 
1 m » Sables argileux et argilo-graveleux, rougeâ- 
tres, très-souvent surmontés à la base des 
argiles de concrétions silicéo et alumino- 
ferrugineuses (roc ou poudingue). 
1.3.5.6 m » Sables et graviers de plus en plus gros à 

mesure qu'on descend. — Gros cailloux à 

la base. — Nappe aquifère. 
6. 7. 8. 9 m 30 Epaisseur totale ordinaire , 6 m à 9 m 30. — 
Argile ou marne siliceuse endurcie tertiaire 
{tuf). 

Sols silicéo-argileux. — Parfois les graviers, les sables, 
où la glaise affleurent, et ces différences résultant du mode 
de formation ou de l'érosion constituent la diversité des sols 
qui, malgré cela, restent presque toujours pauvres et peu 
granifères, à moins de beaucoup d'engrais, de marnages 
et de chaulages. Peu perméables, ils craignent également 
la sécheresse et l'humidité. Un cultivateur attentif et habile 
peut seul saisir le moment des labours et les opérer rapi- 
dement en temps opportun. 

Extension de la vigne. — Ces terrains étant en outre très 
peu fourrager s, il y a grand avantagea rem placer les céréa- 
les par la vigne. Un bêchage à m ,50 de profondeur, à raison 
de 200 fr. l'hectare, pour les sols qui n'ont pas encore porté 
de vigne, est préférable à un bêchage à m ,70 qui coûte 
d'ailleurs presque le double ou à une venelle de m ,50 en 
tous sens, à raison de fr. 05 le mètre courant. Un labour 
à 2 paires, à m ,40 de profondeur, donnerait aussi de très 
bons résultats et ne coûterait que 100 fr. fait par des atte- 
lages étrangers, 50 fr. par les bœufs de la ferme. — Le 
bêchage à m ,60, m ,70 et m ,80 est nécessaire pour rempla- 



— 303 — 

cer avec succès d'anciennes vignes. 11 peut coûter de 300 à 
500 fr. l'hectare. 

La plantation la plus usitée aujourd'hui est en lignes 
espacées de 2 m avec souches distantes de 1 m . Nous croyons 
qu'on doit lui préférer pour la facilité des labours croisés 
les distances suivantes: Entre lignes 1 m ,75, entre souches 
I m 30. Nous avons aussi essayé la plantation à \ m ,50 en tous 
sens ou en quinconce. Elle permet trois labours croisés très 
rapides, avec un cheval, comme dans le Bas-Languedoc. 

Les cépages qui conviennent le mieux à nos terrains dilu- 
viens sont: 

1° Le Négret ou Morillon, — couleur, finesse. — sur 
les rougets et terrains maigres. 

2° Le Perpignan ou Morrastel, — corps, couleur vive, 
rendement égal sur lesbounes terres. 

3° La Mérilleou Bordelais et le Chalosse noir, — quan- 
tité sur les bonnes terres. 

4° V Œillade ou Milhau, — finesse, quantité, bouquet, 
— sur les bonnes graves. 

L'Auxerrois vient mieux dans les terrains argilo-calcaires, 
ainsi que le Valdéguier et le plant de Mérau. 

Planter à part chaque cépage suivant la nature du sol, 
ne plus mélanger le raisin blanc avec le noir, ne pas égrap- 
per et loger en foudres sont quatre préceptes bons à noter 
en passant. 

Le diluvium recouvre tout Fentre-Tarn et Garonne, pres- 
que toute la Gascogne, et presque tout le Bas-Quercy au 
sud-est de Montauban, mais ici il est plus silicéo-feldspathi- 
que ou potassique, de même que dans la plaine de Verdun, 
au dessus de la Garonne, par suite de la décomposition des 
gneiss, des schistes micacés et des granités. Le diluvium 
du Tarn est, au contraire, plus siliceux et caillouteux à raison 
de la prédominance dj quartz. Est-ce la cause de l'exten- 
sion incessante de la vigne et de la qualité du vin de Camp- 
sas, deLacourt St-Pierre et de Lavilledieu? C'est probable, 
mais le choix du cépage y entre aussi pour une bonne part. 



— 304 - 

Le terrain diluvien occupe dans le département au moins 
170,000 hectares ou près de la moitié de la superficie. On 
l'a cru très bon et on lui a affecté une surélévation de revenu 
imposable très-exagérée. 

Alluvions récentes. 

Terres de rivières. — Les alluvions récentes ou terres de 
rivières sont représentées par ces limons argilo -siliceux 
riches, épais de 6 à 8 et 10 m dans nos grandes vallées, 
que les eaux dans leur régime actuel ont peu à peu déposés 
sur un premier dépôt de cailloux roulés et de sables, de 
m ,80 à 1 m d'épaisseur, lequel repose lui-même sur le tuf 
tertiaire. 

Nous avons reconnu dans les vallées de l'Aveyron, du 
Tarn et de la Garonne trois zones distinctes pour les 
agriculteurs: 

1° La zone ripuaire irrigable, sableuse, sablo-graveleuse 
ou argilo-sableuse, riche, très propre à la culture des légu- 
mes, du maïs et des fourrages, des herbes, des peupliers 
et des saules, beaucoup moins à celle des céréales. Elle est 
ordinairement surélevée d'un mètre sur la suivante. 

2° La zone argileuse ou médiane déprimée d'environ l m . 
Ce sont des terres compactes, tenaces, souvent noirâtres 
et riches, granifères, mais exposées aux brouillards occa- 
sionnés par le voisinage des ruisseaux qui les ont déposées. 
Terres à céréales et surtout à prairies sèches, d'ailleurs peu 
productives. 

3° La zone que nous appelons diluviale ou insubmersible, 
surélevée d'environ 2 m et qui, régnant le long des terrasses 
diluviennes des cours d'eau, participe de la nature silicéo et 
sablo-graveleuse des limons diluviens. 

Le dépôt caillouteux de ces deux zones est, en général, 
aquifère, surtout sur la rive gauche du Tarn. 

Eboulis. — Les éboulis se forment journellement sous 
nos yeux sur les flancs des coteaux et des terrasses. Ils 



— 305 — 

participent de la nature des roches sous-jacentes désagré- 
gées par les agents atmosphériques, et ils se renouvellent 
sans cesse, car, entraînés sur les fortes pentes parles eaux 
pluviales, ils descendent grossir les alluvions des vallées. 

Nous pensons que ces terrains occupent dans le départe- 
ment près de 100,000 hectares. 

Le surplus, soit 100,000 hectares, pourrait paraître formé 
sur les plateaux par l'ameublissement du terrain tertiaire 
sous-jacent, si l'on ne retrouvait sur bien des points les 
preuves et les restes d'un diluvium tertiaire, miocène, argilo- 
ferrugineux et sablo-ferrugineux, feldspathique ou potas- 
sique, beaucoup plutôt que marneux: 

Ce dernier terrain, dans le Haut et le Bas-Quercy, a subi 
une amélioration, on peut dire une transformation complète 
par l'introduction des cultures fourragères, de l'esparcette 
ou sainfoin, du trèfle , de la grande luzerne, et du maïs- 
fourrage dans des sols jusqu'à ces derniers temps beaucoup 
trop livrés au règne delà jachère, par l'inertie des cultiva- 
teurs. 

Conséquences agricoles et économiques. 

Cadastre. — Revenu imposable et péréquation. — Nous 
avons dit, en commençant cette esquisse, que le départe- 
ment de Tarnet-Garonne est beaucoup plus imposé que les 
départements voisins, eu égard à la nature du sol. L'examen 
agro-géologique nous en a révélé les causes et les preuves 
certaines. Nous les avons trouvées surtout dans la nature et 
retendue du diluvium des plateaux , des terrasses et des 
vallées , sol silicéo-argileux pauvre et partout peu granifère, 
à moins de beaucoup d'engrais, mais qui nen produit guère, 
parce quil est très peu fourrager. C'est d'ailleurs un fait 
tellement connu et tellement officiel qu'il suffit de l'énoncer 
pour rappeler en même temps que le Conseil général et 
l'administration supérieure ont bien souvent, mais hélas en 
vain, demandé la réduction de | ou de -* du revenu cadas- 



— 306 — 

tral. Il eût été dès longtemps fait droit à ces justes plaintes, 
si la question d'une péréquation générale, si instamment de- 
mandée et si impatiemment attendue, était moins complexe, 
moins grosse de difficultés. On pourrait cependant commen- 
cer une péréquation partielle pour la région du Sud-Ouest 
et du Sud, et nous ne doutons pas que si les départements 
viticolesde l'Hérault, de l'Aude et des Pyrénées-Orientales 
étaient mis en demeure de consentir à une légère aug- 
mentation du revenu cadastral de leurs vignes, ils n'y 
accédassent, plutôt que de voir la péréquation générale 
commencer par la taxation exacte de leurs vignobles si 
productifs. Ils pourraient bien alléguer qu'il suffit de planter 
de la vigne pourqu'elle donne partout les mêmes résultats, 
mais ce serait une erreur dont la nature du sol, et surtout 
l'absence de cette humidité bienfaisante que le voisinage de 
la Méditerranée donne à l'atmosphère sous ce climat, démon- 
treraient bientôt l'évidence. 

Quoi qu'il en soit, si la péréquation peut nous être avan- 
tageuse, la révision et la conservation du cadastre qui sont 
à l'ordre du jour répondent à un besoin d'ordre dans la 
transmission de la propriété dont le morcellement croissant 
lait sentir l'absolue nécessité. 

Nous ne pouvons, dans cette esquisse, donner à cette 
question le développement qu'elle comporte, mais on nous 
permettra, pour abréger, de formuler en quelques articles 
notre pensée et les moyens d'exécution, suivant nous, les 
plus sûrs et les plus pratiques. 

Art. 1 er . A partir du 1" janvier 1876, il sera perçu, lors 
de l'enregistrement de tout acte ou de toute déclaration 
faisant connaître une mutation d'immeubles à titre onéreux 
ou à titre gratuit, entre vifs ou par décès, un droit de 
cadastre de 2 fr. par parcelle ou fraction de parcelle, d'après 
l'extrait de la matrice cadastrale obligatoirement annexé 
à tout acte ou déclaration, et certifié exact par le notaire. 

Le montant de ce droit sera spécialement affecté à la ré- 
fection et à la conservation des registres et plans du cadastre 



- 307 — 

Art. 2. Le nouveau cadastre sera établi à l'échelle de 
1 millimètre par mètre, par l'intermédiaire et sous la surveil- 
lance des ingénieurs des ponts et chaussées, pour la partie 
graphique, des directeurs des contributions directes pour 
les matrices cadastrales, et d'une commission composée de 
conseillers municipaux et de répartiteurs pour les évalua- 
tions et réclamations. 

Art. 3. Un extrait autographiéde chaque état de parcelles 
et du plan sera remis en trente exemplaires à chaque 
propriétaire, aussitôt après la rénovation du cadastre. 

Art. 4. Toutes les terres déboisées seront taxées à la cote 
la plus élevée des prairies naturelles; toutes les terres défri- 
chées à celle de la classe la moins élevée de chaque nature 
de culture, mais seulement cinq ans après le déboisement 
ou le défrichement, dont la déclaration préalable sera faite 
au bureau du cadastre. 

Art. 5. Dans 15 ans, à partir du 1 €r janvier 1 876, il sera 
procédé à une péréquation générale de l'impôt foncier. 

INDICATIONS HYDRO-GÉOLOGIQUES. 

DISTRIBUTION D'EàU DE MOxMTAUBAN. 

L'examen hydro-géologique du département de Tarn- 
et-Garonne a fait connaître les faits suivants : 

Sources dans les terrains siliceux. — 1° Les granités, les 
gneiss, les micaschistes, les grès rouges et bigarrés sont 
trop massifs, trop compactes, trop peu profondément fis- 
surés pour donner naissance à des sources souterraines 
importantes. Elles sont superficielles et nombreuses ; l'eau 
en est généralement de bonne qualité, mais peu abon- 
dante. 

Sources dans les terrains jurassiques. — 2° Les calcaires 
jurassiques et les dolomies donnent au contraire, grâce à 
leurs nombreuses et larges crevasses et à leurs cavernes, 



- 308 — 

des sources souvent très-abondantes, telles que celles de 
Livron, du Martinet, de St-Cirq et de Puylaroque. Ces 
deux dernières proviennent pour nous des terrains juras- 
siques voisins, quoique leur origine soit masquée par les 
terrains tertiaires superposés. Ces sources proviennent tçès 
probablement de failles correspondant au système Pyré- 
néen, peut-être au système Alpin et au système de la Côte 
d'Or. Avec les sources de Septfonds, elles représentent peut- 
être les eaux clarifiées des anciennes émissions chargées 
d'éléments phosphatés ou d'hydroxyde de fer. 

Dans les terrains secondaires, quand les sources n'appa- 
raissent pas naturellement entre les marnes et les calcaires, 
il est bien difficile de les rencontrer, de les atteindre ou de 
les capter avantageusement, sans des frais énormes, à 
cause de leur rareté, de leur grande profondeur 30 m , 50 m , 
70 m et plus, la concentration des eaux d'infiltration n'ayant 
lieu qu'à la rencontre des couches argileuses (très rares 
dans nos terrains oolithiques), ou au contact des calcaires 
compactes à joints fortement cimentés par l'intrusion des 
argiles. 

Les eaux des terrains jurassiques sont souvent très-for- 
tement calcaires ; quelquefois la proportion de carbonate de 
chaux est telle, qu'elles le déposent sous forme d'incrusta- 
tions ou de travertin, de stalactites ou de stalagmites, 
comme on en voit à Livron prèsCaylus, et dans les grottes 
de la vallée de l'Aveyron. Quelquefois la magnésie prédo- 
mine, comme près de Puylagarde et de Fenayrols. L'excès 
de magnésie dans les eaux provenant des terrains dolo- 
mitiques et chisteux prédispose souvent les populations 
aux goitres. 

A la surface des causses, les eaux pluviales opèrent la 
lixivation et l'entraînement des argiles rouges et des mar- 
nes jaunes, noires et grises qui donnent à l'Aveyron, sur 
presque tout son parcours dans les terrains secondaires, 
des troubles presque aussi constants que ceux du Tarn, 
mais peut-être un peu moins intenses parce qu'ils sont 



— 309 - 

réduits par les eaux du Viaur plus chargées d'éléments 
alcalins empruntés aux terrains granitiques et schisteux. 

Sources dans les terrains tertiaires. — 3° Les terrains ter- 
tiaires molassiques ne présentent en général que des sour- 
ces sans importance et sans continuité, parce que leurs 
sables sont trop fins, trop cimentés par le carbonate de 
chaux, la magnésie et le feldspath, trop peu graveleux, 
trop enclavés en dépôts minces et discontinus entre les 
argiles imperméables, pour absorber et écouler en tout 
temps de grandes quantités d'eau. Aussi faut-il en général 
creuser des citernes ou de grands puits à une profondeur 
de 15 à 20 et 25 m et traverser plusieurs dépôts sableux 
pour recueillir des suintements suffisants: Monclar, Moliè- 
res, Mirabel, Lafrançaise, Lauzerte, Auvillar, Lavit, Beau- 
mont, Esparsac en fournissent la preuve. 

4° Les niveaux d'eaux permanentes ne se trouvent guère 
qu'à la base des calcaires plus ou moins caverneux, tubulés 
ou fendillés, reposant sur les argiles et les marnes et infil- 
trant par suite, plus ou moins aisément, par toutes leurs 
cavités, les eaux atmosphériques qu'elles conduisent facile- 
ment au jour sur les flancs des coteaux ou sur l'escarpe 
des plateaux : Montalzat, Montpezat, Montaigu, Brassac, 
Gasques, Goudourville en sont des exemples. 

L'observation géologique des sources des calcaires ou 
des suintements des molasses sablo-graveleuses montre 
qu'elles apparaissent généralement à la naissance des val- 
lons, près du sommet des angles rentrants et sur les flancs 
des coteaux. C'est là une chose facile à comprendre, puis- 
que ce sont les cavités de leur conduits calcaires ou 
l'humidité des molasses qui ont occasionné ou facilité les 
fractures, les effondrements, les érosions, les glissements 
et les désagrégations, d'où Ton peut induire l'existence 
d'une inclinaison des couches aquifères et d'un thalweg 
vers ce point et suivant la ligne de plus grande pente. Là 
au contraire où se montrent les angles saillants, les con- 



— 310 — 

treforts, les promontoires, il ne faut guère s'attendre à 
trouver des sources ou des suintements, puisqu'une plus 
grande résistance à l'érosion et aux fractures indique ou 
une pente inverse des assises ou bien des roches compactes 
calcaires, gréseuses ou argilo- marneuses mieux cimentées, 
moins filtrantes et par suite moins délayées, moins solubles 
et moins excavées. 

L'œil le plus exercé et l'esprit le plus observateur seront 
toujours les meilleurs hydroscopes, s'il procèdent, non avec 
la fameuse baguette divinatoire, mais en se basant sur les 
données générales, sur la discontinuité, l'inclinaison, la 
puissance, l'étendue, les affleurements et la direction des 
couches aquifères et sur leurs relations avec les couches 
perméables sus-jacentes et avec les couches imperméables 
sous-jacentes. A distance, aussi bien qu'à proximité, un 
bouquet d'arbres, une touffe de roseaux, un peuplier, un 
saule, une végétation plus luxuriante ou des plantes des 
lieux humides, des prèles par exemple, indiquent la pré- 
sence ou le voisinage de l'eau. 

Indices. — L'observation fournit même une donnée pré- 
cieuse, quand on parcourt la crête de nos coteaux ou la 
ligne de faîte des plateaux, à savoir que cette crête et cette 
ligne sont généralement formées d'une suite d'éminences 
et de dépressions, de parties convexes ou points culmi- 
nants rocheux et résistants, se prolongeant à droite et à 
gauche de la ligne principale en manière de contreforts, et 
de parties concaves ou cols creusés par l'érosion aussi à 
droite et à gauche en manière de vallons, entre deux sys- 
tèmes de contreforts. Et si l'on remarque que presque 
toujours les suintements où les sources apparaissent dans 
l'axe du thalwegg ou de la ligne de plus grande pente de 
ces vallons primordiaux ou des vallons de 2 me et de 
3 me ordre, qu'ils sont proportionnels à l'étendue des terrains 
perméables et des bassins ou dépressions alimentaires qui 
les entourent, on arrivera facilement et avec beaucoup de 



— 34 1 — 

chances de succès à pouvoir préjuger l'existence d'une 
source, même sur le revers invisible d'une montagne ou d'un 
coteau. 

Honneur à M. l'abbé Paramelle qui le premier a dissipé 
les manœuvres hydroscopiques des sourciers ou sorciers et 
découvert par la méthode scientifiquement expérimentale 
de Phydrogéologie de très nombreux gisements, aquifères 
jusque là ignorés, de véritables trésors d'eau. L'habitude 
d'observer et de réfléchir avait même gravé dans son esprit 
sur le débit présumé des sources et sur leur profondeur 
une sorte d'échelle hydrométrique dont l'exactitude était 
parfois vraiment étonnante. 

Ligne hydrologique. — Il est difficile dans notre dépar- 
tement, vu la rareté ou le peu d'abondance des sources 
tertiaires, d'y retrouver l'indication générale d'un niveau 
aquifère ou courbe horizontale hydrologique présentant quel- 
ques probabilités d'extension. Nous sommes toutefois porté 
à supposer et par suite à établir un plan d'eau ou, pour 
parler plus justement, quelques gisements d'eaux, vers 
l'altitude moyenne de '!50 m , avec un écart en plus ou en 
moins de 20 m , à raison de l'inclinaison des couches, quand 
on les considère sur des points très distants les uns des 
autres. Ce plan d'eau des sources se trouverait ainsi en rela- 
tion avec la base du calcaire blanc hydraulique de l'Age- 
nais et des sables molassiques plus ou moins sablo-grave- 
leux qui existent ailleurs, vers la même altitude. On le 
reconnaîtra assez souvent, en portant ses regards de la 
plaine ou des vallées sur le flanc des coteaux à mi-hauteur 
ou aux deux tiers de leur hauteur. 

Vers l'altitude de 200 à 220 mètres, on retrouve quelque- 
fois à la base des calcaires gris de PAgenais ou de leurs équi- 
valents sablo-graveleux, quelques gisements aquifères très 
circonscrits qui passeraient inaperçus, s'ils n'aboutissaient 
à des citernes et à des puits, qui ne fournissent en été que 
des quantités d'eau la plupart du temps tout-à-fait insuffi- 



- 312 - 

santés non-seulement pour les agglomérations rurales, mais 
même pour les habitations isolées. Il en est très souvent de 
même pour les puits creusés dans les limons sableux et dans 
les bancs de cailloux quartzeuxles plus élevés des plateaux 
de la Gascogne. L'élevage des bestiaux et le jardinage 
réclament tous les jours des quantités d'eau de plus en plus 
considérables et la plupart du temps elle manque en été. 
Il est vrai que l'inertie des habitants se borne à creuser 
dans l'argile ou la marne des mares d'eaux verdâtres et 
croupissantes qui se dessèchent bien vite. En effet : 1°Péva- 
poration et l'infiltration étant de 10 litres par jour, en 
moyenne, par mètre carré, soit 1,000 litres ou 1 m. cube 
par jour pour une mare de 10 m. de côté qui ne contient 
en moyenne que 50 mètres cubes ou seulement 50 centim. 
de hauteur d'eau au commencement de juin : 2° les 
besoins de l'exploitation exigeant aussi 1 m. cube par 
jour pour arrosage, établissement de l'aire, abreuvement 
des bestiaux (100 litres au moins par tête), la dépense est 
de 2 met. cub. par jour et le dessèchement doit arriver au 
bout d'un mois si la pluie ne vient pas renouveler l'appro- 
visionnement. 

Recherche et amélioration des sources et citernes. — Pour- 
quoi ne pas emmagasiner les 5 à 600 litres d'eau de pluie 
qui tombent annuellement dans la région par mètre carré et 
les conserver à l'abri de la chaleur, de l'évaporation, de la 
végétation et de l'envasement. Il suffirait pour cela pen- 
dant l'hiver de creussr une fosse à 3 met. de profondeur, 
d'y apporter du gravier lavé et du sable sur 1 met., 1 met. 
50 cent. , ou 2 met. d'épaisseur, et d'y conduire au moyen 
de dalles et de tuyaux de drainage, l'eau de toutes les toitu- 
res de l'habitation. En recouvrant ce filtre d'une certaine 
quantité d'argile gazonné pour empêcher l'introduction su- 
perficielle d'eaux troubles ; en établissant, à très peu de frais, 
un puits ou une pompe au milieu de la nappe, on aurait 
rapidement et en quantité suffisante de l'eau fraîche et pure, 



- 313 — 

surtout si l'on plaçait quelques drains convergeant vers le 
centre du puits. On pourrait ainsi assainir et approvisionner 
la ferme, éviter des partes de temps, des mécomptes et des 
accidents : n'est-ce pas un but suffisant pour tenter les 
hommes d'initiative et de progrès? 

Une opération de ce genre faite en hiver avec les bes- 
tiaux de la ferme ou par voie de prestations en nature pour 
des villages privés d'eau ne coûterait probablement pas 
1 franc par mètre carré. Les cailloux siliceux manquent-ils 
dans le département et n'aurait-on pas le temps de les faire 
laver en hiver par les eaux pluviales? 

Quant aux sources des sables molassiques, il serait peut- 
être facile f de s'en procurer ou d'en accroître le débit, en les 
creusant soit en galerie, soit en puits plus profonds, jusqu'à 
la rencontre de sables plus aquifères reposant sur une cou- 
che imperméable, soit en traversant avec une tarière 
spéciale très peu coûteuse ces diverses couches et en y 
introduisant au besoin un tube en fonte percé de rainures 
latérales dont un crochet pointu et en cuiller pourrait pré- 
venir les engorgements. On pourrait aussi percer avec une 
tarière à pointe et à choc ou à cuiller munie d'une simple 
manivelle. ou d'un cabestan. Le forage horizontal à 20 m., 
25 m. dans des sables molassiques, pourrait aussi très bien 
s'exécuter dans les dépressions ou plis des vallons, et l'envoi 
de quelques tuyaux de drains ou de fonte à cette profondeur, 
pourrait, dans beaucoup de cas et sans beaucoup de frais, 
amener de bons résultats. En présence d'un but utile à 
atteindre, il suffit souvent d'observer et d'agir avec persé- 
vérance pour réussir. 

Sources dans les alluvions. — Si l'on veut connaître les 
grands niveaux aquifères du département, c'est vers son 
centre qu'il faut les chercher, savoir : 

4° A l'altitude moyenne du lit de ses trois grands cours 
d'eau et de leurs affluents. 

4 ° Dans la partie sablo-graveleuse des alluvions récentes 

22 



- 314 - 

<ie leurs vallées, au-dessus du tuf sur lequel reposent les 
graviers et au-dessous delà couche argileuse qui les recou- 
vre généralement ; 

3° Dans les interstices des cailloux et dessables inférieurs 
de leurs terrasses et de leurs plaines diluviennes ou quater- 
naires. 

Autour de Montauban, on rencontre ces divers plans 
d'eau vers l'altitude moyenne de 70 à \ 10 mètres avec un 
écart en plus ou en moins de 20 mètres : celui des dépôts 
diluviens du ramier et de Lacourt Saint-Pierre vers 95 m., 
celui des alluvions récentes de Gasseras et de Sapiac vers 
80 met. et celui desétiages du Tarn, de la Garonne et de 
l'Aveyron, vers 74 met. 

Nos cours d'eau principaux et notamment le Tarn et 
l'Aveyron éprouvent en été des diminutions de volume ou 
des abaissements de niveau qui restreignent leur force 
motrice et occasionnent aux moulins établis sur leurs rives 
des chômages partiels ou intermittents, malgré des barrages 
surélevés de 2 à 3 met. 

Dans la plaine des vallées, comme dans la plaine des 
terrasses, tout puits donne de l'eau, disent les puisatiers, 
mais il n'en est pas moins vrai que lorsque le dépôt sablo- 
graveleux a peu de hauteur et les affleurements perméa- 
bles superficiels ou latéraux peu d'étendue, la quantité d'eau 
renfermée dans les intervalles qui séparent les cailloux et 
les grains de sable est peu considérable et très souvent y 
manque de pression. Il résulte de là un ralentissement, 
dans l'écoulement souterrain vers les cours d'eau, voisins 
ou éloignés, et dans le retour de l'eau dans les puits après 
des épuisements journaliers et considérables, comme ceux 
qu'exercent les norias et pompes à grand débit des jardi- 
niers, inconvénients auxquels on ne peut remédier en partie 
qu'en approfondissant et agrandissant les bassins, de 
manière à ce que le remplissage pendant la nuit répare 
l'épuisement diurne. 

Mais il arrive aussi quelquefois que les graviers soni 



- 315 - 

menus, les sables qui les empâtent très argileux et alors le 
dépôt ne contient presque pas d'eau, et tarit en été. Dans 
ces circonstances il n'a pas pu s'opérer cette circulation 
souterraine des filets liquides qui, dans les cas ordinaires, se 
répandent dans divers sens, obéissent à la pente, côtoient 
les éminencesdu tuf imperméable sous-jacent, s'accumulent 
dans les dépressions et s'écoulent dans les thalwegs par 
les vides originels inter-caillouteux ou inter-sableux formés 
lors du dépôt ou dans ceux qu'ils ont creusés lentement et 
de proche en proche par l'entraînement ou la dissolution 
des particules les plus fines ou les plus solubles. 

Il est théoriquement évident et pratiquement prouvé 
que des puits souvent très rapprochés contiennent des 
quantités d'eau très différentes. Il est à peine besoin de 
dire qu'un puits creusé dans les graviers reposant sur une 
éminence du tuf imperméable donnera peu ou point d'eau, 
tandis que celui creusé à côté dans la partie déprimée de 
ce même tuf y rencontrera un thalweg ou une cuvette 
favorable à l'accumulation des eaux. Il est toutefoîs peut- 
être bon de rappeler que la formation de dépôts de graviers, 
de sables et de limon, est la conséquence des différences 
de vitesse et des remous des diverses parties des cours 
d'eau auxquels ils doivent leur transport et leur concen- 
tration sur les divers points de leurs anciens lits, de telle 
sorte qu'il en résulte ces différences considérables de com- 
position et par suite de puissance aquifère, de vitesse et 
de direction dans la circulation des filets liquides. 

Des expériences faites avec soin dans le but d'étudier la 
meilleure composition des mortiers ont accusé les relations 
suivantes entre la dimension des matériaux et la quantité 
d'eau renfermée dans les vides par mètre cube, savoir 
environ : 

550 lit. dans les cailloux, 500 lit. dans les sables et gra- 
viers dont les cailloux ont m ,0125 de diamètre, 410 lit. 
dans les sables grossiers de m ,003 de diamètre, 400 lit. 
dans les sables moyens de m ,001, 333 lit, dans les sables 



— 316 — 

fins de m ,00023 de grosseur, et 290 lit. dans les sablons 
et limons argileux. 

La prise en considération de ces chiffres est très impor- 
tante, mais très délicate, lorsqu'il s'agit d'apprécier approxi- 
mativement une nappe aquifère et l'étendue à donner à un 
filtre artificiel ou de mesurer la vitesse de filtration sous 
diverses charges. 

Distribution d'eau de Montauban. 

L'accroissement du bien-être, le développement de l'in- 
dustrie et l'assainissement de la ville de Montauban l'ont 
amenée à rechercher des quantités d'eau beaucoup plus 
considérables que celles fournies pour des besoins restreints 
par quelques fontaines ou par des puits nombreux mais 
incommodes. 

Le but n'étant pas encore entièrement atteint, par suite de 
circonstances qui demandent une étude attentive et pour 
lesquels l'observation géologique des terrains alluviens et 
diluviens peut fournir des indications précieuses, on nous 
permettra de donner ici quelques développements à la 
question si importante de l'alimentation de la ville de Mon- 
tauban et d'apporter quelques renseignements de nature à 
faciliter peut-être aux hommes compétents la solution si 
vivement désirée et si impatiemment attendue. 

Alimentation actuelle. — La ville de Montauban est 
actuellement alimentée, mais d'une manière très insuf- 
fisante, par la nappe aquifère du Ramier, au moyen d'un 
aqueduc collecteur de 1 400 m de longueur, dont le prix de 
construction ressort à environ 85,000 fr. 

Malgré son développement, il ne fournit guère en été que 
4 à 5 litres par seconde, soit 350 mc par 24 heures, soit 
encore 20 lit. par jour et par habitant pour une population 
agglomérée de 17000 à 18000 âmes. Cette quantité d'eau 
est insuffisante, puisque 300 mc sont absolument indispensa- 



blés chaque jour, savoir 40 mc pour la caserne du cours, 
20 mc pour l'hospice, 1 mc pour l'abattoir, et qu'il ne reste 
guère que 240 mc pour 18000 habitants, soit 43 lit. par 
habitant et rien à peu près en cas d'incendie, rien pour 
le lavage des rues et rien pour l'arrosage des promenades 
publiques. 

Coupe hydrogéologique. — On avait espéré, en 1860, 
pouvoir compter sur au. moins 8 lit. par seconde, ou 700 mc 
environ en 24 h. (40 lit. par habitant) d'après des expé- 
riences préalables faites pendant 5 jours à l'aide de deux 
locomobiles dans un puisard près du boulevard et du chemin 
de la Lande. Du reste, M. Dnpuit avait donné, dans son 
rapport du 5 décembre 18G0, les indications suivantes qui 
montrent la coupe des terrains : 

101. 66 Niveau du sol ou altitude; 
5. 68 Epaisseur de la couche de glaise imperméable ; 

95. 98 Surface supérieure d'une couche de sable ; 
1 . 30 Epaisseur du sable sec ; 



94. 68 Surface supérieure du plan d'eau ; 
1. 40 Hauteur d'eau; 



93. 28 Surface supérieure du tuf imperméable ; 
°. 44 Creusement dans le tuf; 



92. 84 Lanterne des pompes d'essai ; 
2. 84 Pente de l'aqueduc et chute au bassin ; 



90 m Plafond du bassin des deux pompes élévatoires. 

Ces deux machines, de la force de 13 chevaux, qui 
coûtent 65,000 francs d'achat et dont le fonctionnement 
coûte environ 40 fr. par jour ou 15,000 fr. par an, peuvent 
aspirer chacune dans le bassin de la citadelle 600 rac au 
moyen d'un tuyau de m 25 de diamètre, 33 lit. par seconde 
ou environ 120 mc à l'heure ou 620 mc en 4 à 5 heures de 
marche régulière. 

Une seule pompe peut vider actuellement le bassin en 



- 318 — 

4 heures et refouler cette quantité d'eau, soit dans la cana- 
lisation enfontequiaundeveloppement.de 16kilomèt. (1), 
soit dans les deux bassins voûtés de Saint-Michel, établis à 
une altitude supérieure de 17 m et dont les proportions sont 
telles que, pour une capacité chacun de 1250 m % 1 m de hau- 
teur d'eau représente 300 mc . 

D'après ces chiffres, les 3 bassins réunis peuvent conte- 
nir 3,000 mc d'eau qu'une seule pompe peut y refouler en 
24 heures de manière à fournir, comme à Bordeaux, 170 lit. 
d'eau par habitant et par jour. 

On le voit, tout est très bien disposé pour fournir beau- 
coup d'eau aux étages les plus élevés de la ville. Rien 
n'y manque, si ce n'est l'eau, mais nous avons une force 
remarquable d'approvisionnement, d'élévation et de distri- 
bution que l'on ne doit à aucun prix sacrifier, abandonner 
ou altérer. Il s'agit seulement d'en tirer un parti plus 
avantageux. 

L'eau du Ramier est d'excellente qualité, limpide, fraîche, 
sapide. Elle ne contient point de sels incrustants et nuisi- 
bles. Elle se trouve, en outre, à l'abri des infiltrations mal- 
saines et nauséabondes, par suite de la grande épaisseur 
(7 m ) des argiles et sables susjacents. 

On doit donc s'attacher à envoyer aux pompes le plus 
d'eau possible analogue à celle de la Lande. Où peut-on 
espérer de la rencontrer? 

Eau du Tarn et des alluvions de Sapiac et Pechboyer. 

Nous avons essayé de donner à cet égard quelques indi- 
cations dans un Aperçu général des questions d'agronomie 
et d'hydrologie, etc.... se rattachant à V étude géologique du 
département, qui a paru en juillet 1872. On nous permet- 
tra d'en extraire çà et là, en manière de résumé, les données 
essentielles du problème, d'y joindre quelques données nou- 

(1) Cette canalisation a coûté 250,000 francs. 

Les bassins et l'usine 33,ooo francs. 



— 319 -- 

velles plus précises et de réunir ici quelques observations. 

A Montauban, le Tarn est toujours rouge, disent les étran- 
gers. Il faut l'avoir observé presque tous les jours pour 
pouvoir affirmer qu'ils n'ont raison que 5 fois sur 6. La 
moyenne des observations annuelles prouve, en effet, que 
les eaux sont troubles pendant 10 mois de l'année, ce qui 
n'a rien d'élonnant, puisque le Tarn a un cours très lent, un 
bassin très étendu et des affluents nombreux situés dans des 
terrains argileux, gréseux et marneux, rougeâtres, très 
imperméables et qui se laissent très facilement délayer en 
parties très fines. 

Cette raison l'a fait écarter par M. Dupuit et parle conseil 
supérieur des Ponts et Chaussées, vu l'impossibilité de 
créer et d'entretenir des filtres artificiels dans un bon état 
de fonctionnement. 

Le bief de Sapiac à Corbarieu, relevé d'environ 2 à 3 m. 
par le barrage ou chaussée, est presqu'une eau dormante, 
sujette à des remous de fond , condition désastreuse , 
paraît-il, de l'avis des hommes spéciaux, pour une prise 
d'eau à conduire dans des filtres. 

D'un autre côté, la chaussée de Sapiac est loin d'être 
indestructible, les deux moulins riverains très anciennement 
établis se croient maîtres de l'eau. Questions litigieuses à 
résoudre, éventualités à prévoir, indemnités à payer, partie 
des frais de reconstruction et d'entretien du barrage à sup- 
porter, sont des considérations d'une certaine importance. 

En outre, les écarts des grandes et des basses eaux (8 à 
9 m.), les besoins des quatre moulins, le prix élevé (10 à 
1 5,000 francs l'hectare) de l'emplacement et l'établissement 
avec beaucoup de difficultés à de grandes profondeurs 
(au moins 7 à 8 m ), dans ces terrains très coulants des 
canaux de dérivation, des galeries filtrantes, des bassins de 
dépôt, des filtres, le prix des machines élévatoires, la con- 
densation actuelle et progressive de la population, de 
l'industrie maraîchère et urbaine dans le voisinage, la dimi- 
nution et l'infection croissantes de la nappe aquifère, les 



— 320 — 

dépenses très considérables 300,000 fr. au moins qu'im- 
poserait ce mode de captage et de filtra tion qui laissent 
d'ailleurs une part très large à l'imprévu, en ont, jusqu'ici, 
fait repousser l'emploi. 

Les alluvions de la rive droite du Tarn ne nous parais- 
sent renfermer ni en quantité, ni en qualité actuelle ou 
future, des eaux que l'on doive rechercher et mélanger à 
celle du Ramier. 

En effet, ces alluvions présentent à la surface des sols et 
des sous-sols limoneux, argilo -siliceux riches et très meu- 
bles, d'une grande étendue, qui ne doivent avoir en général 
au-dessous d'eux que des dépôts sablo -graveleux dont la 
hauteur d'eau n'est probablement que de 1 m. à \ m. 50 c. 
Pour capter cette eau avantageusement, il faudra creuser 
très probablement dans le tuf gréseux ou marno-lilhique 
très dur. Ces dépôts de graviers sableux ont, en outre, une 
forme lenticulaire qui les rend très discontinus. 

Ils doivent être d'ailleurs mélangés avec une forte pro- 
portion de matières terreuses et organiques ou de sels 
calcaro-magnésiens apportés des coteaux parles eaux sau- 
vages ou par les eaux limoneuses duTescou. Ne connaissant 
que peu d'affleurements, fortement sablo-graveleux à la 
surface des alluvions, à une assez grande distance de Mon- 
tauban, nous n'y supposons pas une infiltration quelque 
peu considérable. Remarquant en outre que les coteaux de 
Vignarnaud et du Fau ne fournissent au Tescou que très 
peu d'eau, nous se supposons pas que le versant du Tarn, 
beaucoup plus restreint et plus rapide, puisse en fournir 
beaucoup aux infiltrations. 

Quant au Tarn, il n'envoie pas d'eau dans cette plaine, 
puisque le tuf imperméable ou la base de la nappe d'eau 
est supérieur de 1 m. 50 à 2 m. et plus au niveau moyen 
de la rivière. On sait d'ailleurs, qu'une rivière, lente comme 
le Tarn, ne doit pas infiltrer latéralement une très grande 
quantité d'eau, même dans ses plus fortes inondations, vu 
leur peu de durée, l'accélération de vitesse des eaux 



- 321 - 

m. 80 c, I m. à 1 m. 30 c. par seconde, pour une hauteur 
de 2 à 3 m. de crue moyenne décomposant la pression et 
opérant, suivant nous, une perte de charge considérable, 
par suite, des frottements, des remous latéraux, deséboulis 
et des obstructions, des affleurements perméables, etc. 

Du reste, en fait, il en doit bien être ainsi, puisque des 
crues de 8 m. ne font varier le niveau des puits riverains 
que de quelques centimètres plutôt par refoulement, c'est- 
à-dire en retenant l'écoulement vers la rivière de l'eau de la 
nappe alluvienne, qu'en leur envoyant directement de l'eau. 

Les puits de Villebourbon en sont la preuve. Les crues 
du Tarn les influencent à peine. Le puits de l'île de Sapiac 
est plus influencé, mais il est compris entre deux courants 
rapprochés, et le canal de fuite plus rapide doit, mieux 
que le Tarn, tenir nette la face d'infiltration. 

Puits à Nivelle.— A Nivelle, un puits situé à 1 1 mètres de 
la rivière était influencé seulement par les grandes inon- 
dations; l'eau restait claire, mais dès que l'inondation dis- 
paraissait, l'afflux d'eau retenue s'échappait avec des sables, 
et des éboulements se produisaient sur la berge : nous 
Pavons fait combler. A Nivelle encore, 3 puits placés à 50 m. 
de la rivière sont à peine influencés, mais en face de chacun 
d'eux, lors du retrait des grandes eaux, il se produit quel- 
ques éboulements. 

Ces trois puits donnent chacun d'ailleurs des quantités et 
des qualités d'eaux très différentes; 10 à 12 comportes 
puisées consécutivement les épuisent ; il faudrait environ 
12 heures d'attente et creuser 1 m. 50 c. dans le tuf ou roc 
argilo-hthique gréseux pour avoir un récipient permettant 
l'établissement d'une Noria. Dans le dernier puits que nous 
avons fait creuser, nous avons trouvé à 7 mètres de profon- 
deur un sable bitumineux noirâtre. La couche de sable et 
les quelques cailloux qui s'y trouvent clair-semés n'ayant 
que m. 80 c. à 1 d'épaisseur, il ne peut y avoir que bien 
peu d'eau (d'ailleurs sans charge), de telle sorte qu'à 30 



— 322 — 

ou 40 mètres du puits, l'écoulement des filets convergents 
ne s'y effectue, comme au Ramier, qu'avec une lenteur de 
1/1 me , 1/'IOO mc et peut-être 1/I000 me de millimètre par 
seconde. La pente et la pression sontpresqu'impuissantes à 
vaincre la cohésion des molécules liquides entre elles et 
l'adhérence aux grains de sable qui retiennent l'eau par 
une sorte de capillarité. 

Ancienne tranchée à Toulouse. — Nous avons examiné 
avec soin à Toulouse, il y a trois ans, la tranchée de 500 m. 
de long, sur 6 m. de large et 6 à 8 m. de profondeur, ouverte 
sur la rive gauche de la rapide Garonne, près du pont du 
chemin de fer, à 3 kilomètres en amont de Toulouse. La 
coupe montrait les bras nombreux du cours d'eau déplacé, 
formés de courants parallèles au fleuve et séparés entre eux 
par des îlots de limon noirâtre, bitumineux, à odeur fétide. 
Les lits intercalaires sablo-caillouteux ne fournissaient 
qu'une insignifiante quantité d'eau, malgré les pluies du 
printemps, et bien qu'il y ait des puits suffisants dans les 
environs : le niveau des puits voisins n'avait pas changé. 
Du reste, l'expérience tend de plus en plus à démontrer 
que deux puits, situés à 50 mètres l'un de l'autre, ont des 
quantités d'eau très différentes, parce que leurs massifs 
alimentaires sont formés alternativement de sables, de 
limons argileux ou de sables graveleux, généralement diri- 
gés sous un angle de 45° ou de 00° avec le cours d'eau 
actuel le plus voisin, soit suivant la résultante des plus 
grandes pentes longitudinale et transversale. Les faits 
agronomiques révèlent bien, d'ailleurs, ces alternances, 
indépendamment des changements de nature si fréquem- 
ment constatés dans les sols et les sous-sols. 

Lorsqu'on observe des champs un peu vastes de grande 
luzerne dans la zone ripuaire, limoneuse ou argilo-sableuse, 
de nos rivières, on reconnaît alternativement des rubans 
ou zones de 20 à 30 mètres de largeur où la végétation au 
mois d'août est alternativement chétive ou luxuriante; ces 



- 323 - 

zones sont généralement dirigées comme nous l'avons indi- 
qué. Elles montrent ainsi l'alternance des affleurements 
sablo-graveleux et des affleurements limoneux ou argi- 
leux. 

Que trouvera-t-on dans la plaine de Sapiac, en allant 
vers Gorbarieu ? — Peut-être une quantité d'eau approchant 
de celle du Ramier. Dans tous les cas, à Peeh Boyer, encore 
plus qu'à Lalande, on ne peut prendre de l'eau sans nuire 
considérablement au droit des propriétaires du dessous et 
du dessus et comme les terrains y ont une grande valeur, 
comme facilité de travail, porosité, richesse naturelle et 
proximité delà ville, on s'exposerait à payer des indemni- 
tés considérables ou à pratiquer une restriction du droit 
d'autrui qui ne nous paraît pas équitable. 

Drainage. — Drainer une nappe est le seul moyen effi- 
cace pour lui faire rendre de leau, mais si l'on voulait 
drainer vers l'aqueduc, on aurait d'extrêmes difficultés, 
puisqu'il faudrait drainer à 6 ou 7 mètres de profondeur 
dans des terrains meubles. Au Ramier la difficulté est à 
peu près la même. On peut, on doit essayer d'avoir de l'eau, 
mais soutirer l'eau aux propriétaires ne nous paraît pas équi- 
table. Si l'on drainait superficiellement l'eau serait malsaine 
et la soustraction rapide et complète des eaux pluviales, en 
desséchant de plus en plus la plaine, la stériliserait et don- 
nerait équitablement lieu, suivant nous, à des indemnités 
considérables, car tout individu qui cause un dommage à 
autrui est tenu de le réparer. 

En résumé, impossibilité d'avoir sans de très grands 
frais (probablement 300,000 francs) de l'eau filtrée du 
Tarn, extrême difficulté d'avoir une quantité d'eau satisfai- 
sante au Ramier et à Pech Boyer, tels sont les motifs qui 
nous paraissent devoir faire rechercher plutôt la rive gauche 
que la rive droite du Tarn. 



— 334 — 

Nappe de Gasseras. 

Dépôts aquifères de Gasseras. — Ces motifs nous font 
penser, comme nous le disions en 1872, que c'est plutôt 
aux alluvions de la rive gauche du Tarn, non loin de 
Gasseras, qu'il faudrait s'adresser. Le grand nombre des 
puits et des sources de Villebourbon, le niveau d'eau des 
puits des jardiniers de Gasseras, environ 2 à3 m au dessous 
du sol (le sol est généralement à la cote 82 m ou 83 m et le 
plan d'eau des puits à 80 ou 81 m , celui du ruisseau de 
Labastiole, constamment rempli d'eau, est à 79 m ,70), 
l'abondance des norias établies près du canal, de la source 
de l'abattoir, et surtout de la fontaine du Verdier qui coule 
sous le pont du chemin de fer à raison de '1 à 2 lit. par 
seconde, à la cote de 72 m ou environ, sont pour nous des 
indices d'une grande valeur. 

Cette grande quantité d'eau dans ces alluvions provient 
de ce qu'une très grande partie de ces 1500 hectares 
d'alluvions est formée, à la surface ou à une très petite 
profondeur, d'affleurements sablo-graveleux très perméa- 
bles, et à la base de très gros cailloux avec de gros sables 
qui emmagasinent probablement par mètre carré presque 
toute l'eau tombée, soit au moins 400 lit. par mètre cube 
ou, pour la hauteur d'eau qui nous paraît être de 4 m en 
moyenne, 1600 litres. Cette eau prend naissance d'ailleurs 
dans l'immense nappe diluvienne qui, de Bressols à Labas- 
tide du Temple, forme le périmètre oriental du vaste plan 
d'eau du promontoire ou plateau-terrasse d'entre Tarn et 
Garonne, dont le versant ouest règne de Finhan jusques 
au delà de Castelsarrasin, avec émission de sources très 
nombreuses sur l'un et l'autre bord. Ces eaux s'infiltrent 
facilement dans les alluvions inférieures, grâce à une 
charge considérable. 

En creusant dans ces terrains un certain nombre de 
puits avec drainage convergent, et en les reliant entre eux 



— 325 - 

à la profondeur d'environ 3 mètres, par des tuyaux collec- 
teurs, on arriverait, croyons-nous, à capter très facilement 
uue assez grande quantité d'eau, qu'il ne s'agirait plus 
que d'élever de la cote moyenne 79 ou 80 à celle de 87 m , 
pour desservir les fontaines de Villebourbon, au moyen 
d'un ou deux kilomètres de tuyaux de m ,20 de diamètre, 
en fonte ou en béton aggloméré, comme on va en exécuter, 
paraît- il, à Tarnes, à raison le premier de 20 francs le 
mètre, le second de 8 à 10 francs, pose comprise dans les 
deux cas. Une machine à vapeur de 6 à 8 chevaux coûtant 
8 à 10,000 francs et consommant 15 à 20 fr. de charbon 
par jour ou 7 à 8,000 francs par an, établie à la caserne 
du faubourg Gasseras ou à celle du faubourg Toulousain, 
aspirerait l'eau et la refoulerait, de manière à desservir tout 
Villebourbon, jusqu'à 12 mètres de hauteur, soit environ 
à la cote 93 de manière à pouvoir au besoin l'envoyer en 
passant sur le pont jusque dans les bassins de la citadelle 
à la cote 90, en lui faisant suivre la voûte du ruisseau 
Lagarrigue. 

Peut-être l'État, pour lequel la ville va s'imposer des 
sommes considérables, pourrait-il fournir gratuitement un 
ancien mécanicien ou chauffeur de la marine pour la con- 
duite de cette machine. Dans tous les cas les bons mécani- 
ciens ne manqueraient pas à Montauban. On ferait passer la 
conduite soit sous les ponts du chemin de fer près de la 
caserne Gasseras, soit près de l'usine à gaz. 

Quelle sera la quantité d'eau que l'on pourra ainsi capter 
et amener au quartier de Gasseras. Il est très difficile de 
rien préjuger, mais nous ne serions pas surpris, si cette 
quantité arrivait à près de 8 lit. , d'une manière permanente. 
Des expériences suffisamment prolongées peuvent seules 
donner à cet égard des indications approximatives. 

Nous ne croyons pourtant pas qu'il fût bon de prendre 
uniquement de l'eau à Gasseras, et cela : 1° parce que la 
quantité serait probablement insuffisante dans l'avenir 
pour une consommation très considérable ; 2° parce que le 



- 32G - 

développement de la culture maraîchère dans ce quartier y 
introduit et y introduira de plus en plus des germes d'in- 
fection nauséabonde qui ne se font déjà que trop sentir; 
3° parce qu'on ne peut, sans injustice, enlever à ces ma- 
raîchers cette portion de leur capital foncier et circulant 
représentée par l'eau emmagasinée par la nature à 2 ou 
3 m au-dessous de leur jardin. 

Mais à ces inconvénients on pourrait trouver un correctif. 

Puisque Garcassonne, Besançon, Glasgow, Narbonne, 
Manchester, Munich, Paris, n'ont pas craint de demander 
tout ou partie de leurs eaux à des canaux, nous ne voyons 
pas pourquoi Montauban hésiterait à en faire autant. 

Pourquoi ne demanderions-nous pas au canal à l'écluse de 
la Bordebasse, c'est-à-dire à 1,500 m. environ de l'embou- 
chure, à l'altitude de 85 m. 03 c, une quantité de 20 à 25 
litres d'eau qui, passant derrière la gare ou près de l'usine 
à gaz, irait couler au niveau du sol dans presque tout le 
quartier Gasseras au moyen de simples bouches d'arro- 
sage, à la cote 83 m. 50 c, ou se déverser dans le bassin 
d'aspiration delà machine à vapeur de Villebourbon dont 
nous avons déjà parlé. De là elle serait refoulée en ville, si 
besoin était, ou à la hauteur de 1 2 m. , au moyen d'une simple 
colonne ou tuyau de fonte. 

Que si pour économiser les 4,500 m. de conduite, de 
la Bordebasse à Montauban., on préférait prendre l'eau au 
bassin du canal à la cote 83 ou 82 (à moitié hauteur d'eau), 
on n'aurait qu'à augmenter la force d'aspiration ou de refou- 
lement, et cela vaudrait mieux, puisque la route nationale 
n° 20 présente dans tout le quartier Villebourbon les cotes 
85 ra à 8G m supérieures au plan d'eau du bief de la Borde- 
Basse 

Faible puissance aquifère du Ramier. 

Causes. — Ce n'est pas d'après les résultats actuels de 
la galerie filtrante du Ramier que l'on doit condamner défi- 
nitivement cette nappe. Quelques expériences peuvent être 



- 327 - 

tentées encore, bien qu'elles ne nous paraissent pas devoir 
fournir les preuves d'une grande puissance aquifère et cela 
par les motifs suivants : La faible hauteur d'eau (1 m , 40 
environ), tantôt dans des sables fins ou gras et tantôt dans 
des cailloux empâtes dans des argiles sableuses grasses, 
la grande profondeur (8 m ,40) et la largeur des fouilles, l'é- 
paisseur des couches argileuses et sableuses non aquifères 
(7 m ), la rareté des affleurements sablo-graveleux, la dispo- 
sition géologique des sols et des terrains qui. l'avoisinent 
ou la dominent, tout cet ensemble de circonstances défa- 
vorables avait frappé quelques personnes dès l'ouverture de 
la tranchée. 

Installation des machines. — D'un autre côté l'emplace- 
ment des pompes, celui des réservoirs de St-Michel, sem- 
blaient très convenablement choisis pour la moinde longueur 
de galerie et de grosse canalisation, pour la moindre force 
d'élévation, pour la plus grande vitesse et la meilleure 
distribution. Nous rendons à ce projet, à sa conception, et 
à sa bonne exécution, grâce aux soins de M. Gardelle, l'Ar- 
chitecte de la ville, les justes éloges qu'il mérite, car, tout 
compte fait, il a distribué en ville, sans un seul jour de 
chômage, depuis plus de 10 ans, les 300 ou 400 mètres 
cubes d'eau claire et saine qui nous sont absolument indis- 
pensables. Il n'en eût peut-être pas été de même, si l'on 
eût demandé au filtrage artificiel des eaux du Tarn de l'eau 
potable. Comme prix, les 1 ,400 mètres de galerie du Ramier 
n'ont d'ailleurs rien d'excessif comparés à beaucoup d'au- 
tres projets réalisés dans d'autres villes. 

Mais les villes doivent à la fois satisfaire à l'extension 
des besoins et échelonner les dépenses. C'est une question 
de mesure et d'à-propos. 

Quantité d'eau nécessaire. — La ville de Montauban n'aura 
jamais besoin des 1,100 lit. de Rome, des 500 ou 600 lit. 
de New-York ou de Marseille. Elle pourra très-bien se con- 
tenter pendant longtemps des 60 ou 100 lit. qui suffisent 



- 328 - 

ou ont si longtemps suffi à Nantes GO lit., Paris 69 lit., 
Genève 74, Toulouse, Bruxelles, Manchester, Narbonne, 
Lyon, 80- Cette, Gênes, Londres, 110 lit. Et si plus tard 
il était nécessaire, pour des besoins industriels ou sanitai- 
res, de demander comme Besançon 240 lit. à un canal, 
comme Glasgow, à la Clydeetà trois canaux, comme Nar- 
bonne, Manchester et Munich, à divers canaux ou comme 
Garcassonne et Castres 400 lit. au canal du Languedoc ou 
à une rivière pourvue d'eaux claires, la chose lui serait 
beaucoup plus facile que Ton ne croit. Mais pour le moment, 
vu la population, la situation industrielle, sanitaire et 
financière de la ville, nous ne craignons pas d'affirmer 
qu'il lui suffirait largement aujourd'hui' d'avoir 75 lit. par 
jour et par habitant, pour une population portée à 20,000 
âmes, soit 1 ,500 mètres cubes par jour ou 1 9 lit. par seconde. 
Or, nous avons déjà 20 lit. par tête, soit 350 mètres cubes 
par jour ou 4 lit. par seconde, il nous suffira donc de trou- 
ver 55 lit. à 60 lit. par tête, soit \ ,200 mètres cubes par 
jour, soit 15 lit. par seconde, sauf à pouvoir, dans un 
avenir sans doute éloigné, augmenter cette quantité si le 
besoin venait à s'en faire sentir. 

Or, dans les conditions actuelles de rendement de l'aque- 
duc filtrant et de la nappe du Ramier, il faudrait tripler 
cette galerie ou la prolonger de 2,800 mètres, ce qui coû- 
terait près de 225,000 francs. Mais l'on serait bientôt arrêté 
par le chemin de fer, par le talus souterrain marno-lithique 
correspondant probablement à la rive droite du ruisseau 
Mortarieu et très probablement aussi par un appauvrisse- 
ment croissant de la nappe d'eau. 

Drainer profondément, on n'y peut guère songer, à 
cette profondeur de 8 mètres; quant à un drainage super- 
ficiel, il ne produirait rien dans ce sol glaiseux. 

Pauvreté de la nappe. — Des considérations hydro- 
géologiques puissantes nous font d'ailleurs présumer 
qu'il y a très peu d'eau dans la plaine du Ramier. En effet, 



- 329 — 

tous les ruisseaux de ce plateau ou basse-terrasse, formée 
par l'ancien lit de l'Aveyron, à son confluent avec le Tarn, 
ont leur origine dans les étroits vallons des coteaux ter- 
tiaires du Sud-Est, qui le dominent de leurs alternances 
argileuses et sableuses très peu aquifères, malgré les îlots 
ou buttes caillouteuses diluviennes qui les surmontent. Les 
grandes pluies du printemps les alimentent seules tempo- 
rairement et en quelque sorte torrentiellement ; ils se 
jettent tous, excepté le ruisseau Lagarrigue, dans l'Avey- 
ron, et malgré la longueur de leur cours, ne lui appor- 
tent que de très faibles quantités d'eau. Cela est vrai, 
notamment du ruisseau Mortarieu, le plus rapproché de la 
ville et de l'aqueduc du Ramier. La grande profondeur 
des puits creusés dans le terrain tertiaire et la rareté de 
l'eau le long de la route de Léojac, sont d'ailleurs des faits 
attestés aussi bien à première vue par l'absence de bascu- 
cules, de norias et de jardins maraîchers que par une 
observation plus attentive des dépôts argilo-graveleux fai- 
blement perméables des couches traversées. 

Causes hydro-géologiques. — Nous avons vu que les axes 
de la Garonne, des ruisseaux du plateau de Lacourt et de 
Lavilledieu, du Tarn, du Tescou et des ruisseaux affluents 
de l'Aveyron, indiquent tous des directions moyennes, 
parallèles et symétriques, ou lignes de plus grande pente 
vers la grande ligne d'eaux médiane de plus grande pro- 
fondeur dirigée Est-Ouest, et commune très probablement 
aux époques tertiaires, diluviennes et alluviennes récentes. 

De là cette conséquence que, dans le fond des vallées 
comme dans les plateaux, il doit y avoir un grand nombre 
de sillons S. SE.-N.N.O à la surface du tuf imperméable, 
caria faible inclinaison des couches tertiaires et leur érosion 
prouvent, par de nombreux exemples autour de Montau- 
ban, qu'il s'est formé sur le fond, des éminences argileuses 
ou gréseuses non aquifères, de 1 à 2 mètres et plus, 
encaissant des dépressions remplies de sables molassiques 

23 



— 330 - 

qui dénotent, comme on sait, le passage dans ces mêmes 
dépressions de courants plus rapides que sur les bords. 
Le cours souterrain des sources et des fontaines n'a guère 
en tous pays (non calcaires) d'autre cause que celle-là, 
jointe à un drainage naturel, résultant de la dissolution et 
de l'ablation des parties les plus solubles ou les plus meubles. 

Dans les sillons tertiaires ou dans les premiers sillons 
diluviens, sur les éminences anciennes ou sur deséminen- 
ces nouvelles, il a dû se déposer dans les courants les 
matériaux les plus grossiers et les plus lourds, les cailloux et 
les sables \ dans les remous et les flaques, les limons les plus 
fins, là où les courants étaient ralentis. Mais notre convic- 
tion est que les courants diluviens n'ont jamais été très 
forts sur ce plateau, et que les sillons aquifères doivent être 
nombreux, peut-être peu profonds, et que s'ils communi- 
quent entre eux, ce n'est que par dessus les éminences qui 
les séparent ou par voie de filtration très lente à travers 
les sables. 

Nous pensons donc, qu'indépendamment de la pente lé- 
gère et transversale E.O. , de m ,008, trouvée par M. Capelle, 
il existe dans les dépôts aquifères une pente générale 
et longitudinale SSK-NNO qui n'est peut être pas moin- 
dre de m ,001'5 à m ,002 ra,n par mètre, laquelle conduit 
superficiellement et souterrainement les eaux du Tigné à 
l'Aveyron. S'il n'en était pas ainsi, pourquoi des briques 
creuses dans la paroi d'aval seulement de la galerie fil- 
trante du Ramier? 

Nous en avons dit assez pour montrer au lecteur, qui 
aura suivi avec indulgence les lignes qui précèdent, qu'en 
étudiant simplement et attentivement nos conditions hydro- 
géologiques, nous l'avons peu à peu amené à constater, 
d'une part, l'impossibilité d'avoir, sans de très grands frais, 
et en quantité suffisante en tout temps : 

1° De l'eau filtrée du Tarn ; 

2° De l'eau de la nappe alluvienne de Sapiac, de Pech- 
Boyer ou Corbarieu ; 



— 331 — 

3 De la nappe diluvienne du Ramier. 
Et, d'autre part, la possibilité d'avoir à un prix, relative- 
ment peu élevé : 

1° L'eau de la nappe diluvienne de Gasseras; 

2° L'eau du canal ou en réalité de la Garonne. 

Eau de la Garonne ou du Canal. 

Qualité de Veau. — C'est à vrai dire le but direct de cette 
étude de faire voir que l'on pourra toujours trouver au canal, 
à un prix raisonnable, ainsi que l'ont fait les villes déjà 
citées, ainsi que pourront le faire plus tard Gastelsarrasin, 
Moissac et tous les villages situés à proximité ou en contre- 
bas du canal, la quantité d'eau de la Garonne que l'on 
jugera nécessaire. 

On n'aura jamais à Montauban d'eau meilleure que 
celle de la Garonne. Elle est bien supérieure en qualité à 
celle du Tarn. En voici la raison : 

Les eaux de la Garonne et de ses affluents torrentueux 
Pyrénéens, la Neste, le Salât, l'Ariége, etc., prennent 
naissance au pied des glaciers, se battent et s'oxygènent 
sur les rochers granitiques de la montagne, auxquels ils 
enlèvent des sables quartzo- micacés et des cailloux gra- 
nitiques, dont la décomposition engendre des éléments 
alcalins ou potassiques que l'eau tient non-seulement en 
suspension, mais encore en dissolution : de là la facilité à 
dissoudre le savon, à cuire les légumes, etc. Arrivé dans la 
plaine, le fleuve ne reçoit, pour ainsi dire, pas d'eaux 
limoneuses sur la rive droite et en reçoit à peine sur la 
rive gauche par trois ou quatre ruisseaux qui traversent 
d'ailleurs une très grande étendue de terrains sablo-cail- 
louteux très perméables. Trois ou quatre fois plus rapides 
que les eaux du Tarn, celles de la Garonne se renouvellent 
et s'épurent en quelques heures. Les 40 mètres de pente 
entre Toulouse (ait. 125 m ) et Montauban (ait. 85 m ), donnent 
ensuite, pour 60 kil., une pente et une vitesse analogues à 



- 332 - 

celles du Tarn, mais le canal est un immense bassin de 
dépôt dans les longs biefs duquel se déposent les troubles 
fins sous forme de vases, tandis que les écluses servent en 
quelque sorte à décanter les eaux clarifiées. 

Concessions. — Irrigations. — Les concessions d'eaux 
motrices ou d'irrigation se multiplient tous les jours le 
long du canal, et se multiplieront de plus en plus par suite 
de l'établissement du siphon de PHers , près Saint-Jory. 
A mesure qu'elles augmenteront, la vitesse, la qualité et 
le renouvellement des eaux s'accroîtront. Au bout de 
soixante-dix ans, le monopole de la Compagnie du Midi 
prendra fin et le canal rentrera dans le domaine public. 
N'oublions pas d'ailleurs que l'embranchement de Montech 
à Montauban consomme journellement 15,000 mètres cubes 
d'eau pour la navigation, les irrigations, Pévaporation, les 
infiltrations, les fuites. N'oublions pas, en outre, que 
pour ne pas nuire aux moulins du Bazacle (pour les- 
quels il a, du reste, été établi un règlement d'eau à l'épo- 
que des bas étiages), le canal pourrait s'alimenter non 
seulement à Toulouse, mais même près de Blagnac, à la 
cote 120 m , d'après un nivellement fait par M. Terme, con- 
ducteur des ponts et chaussées, à l'appui d'un projet 
d'irrigation dressé par MM. les Ingénieurs des ponts et 
chaussées. On a même reconnu la possibilité d'établir un 
canal ou rigole d'amenée, sans écluses, le long du canal 
de navigation, pour arroser la plaine de la Garonne et 
celle du Tarn. 

Étant en effet données les cotes 1 07 m et 1 05 comme niveau 
général du terrain près de Montech et de Lacourt St-Pierre, 
on peut de là conduire l'eau d'irrigation, en remontant très 
loin dans la zone ripuaire, argilo-sableuse, riche et per- 
méable du Tarn sur l'une et l'autre rive. 

On pourrait même aujourd'hui que la construction des 
acqueducs- siphons en maçonnerie, en tuyaux de ciment 
moulés sur place, en tuyaux de fonte à joints élastiques du 



- 333 - 

système Delperdange se propage avec succès, amener Peau 
très haut en remontant la vallée de l'Aveyron, puisque la 
cote surélevée du pont d'Albias est à 93 m , d'après le nivel- 
lement Bourdaloue et qu'on se trouve là à 4 ou 5 mètres 
plus haut que le niveau des alluvions irrigables de la vallée 
de l'Aveyron (86 m ou 88 m près Réalville, ce qui donne 
20 m de pente pour 20 kilom.). 

Nous faisons, en passant, ces rapprochements, parce que 
une fois le réseau des routes et chemins achevé, les ponts 
rachetés, les chemins d'intérêt local terminés, les fonds 
départementaux disponibles devront se tourner vers le 
réseau des canaux d'irrigation, car ce n'est pas tout de 
faciliter l'écoulement des produits, il faut aussi faciliter et 
accroître la production. La rareté de la main d'oeuvre, l'in- 
tensité de la culture, le haut prix de la viande, le besoin 
d'engrais, la nécessité agronomique et militaire d'augmen- 
ter la production chevaline, les demandes croissantes de 
l'industrie urbaine et rurale, l'obligation d'arroser les villes, 
toutes ces circonstances doivent d'hores et déjà éveiller 
notre attention sur le meilleur mode d'utilisation des eaux 
de la Garonne et du Canal. 

Alimentation de la ville de Montauban. 

Machines élévatoires. — Après avoir ainsi indiqué où se 
trouve réellement, suivant nous, la quantité d'eau claire 
pouvant fournir de l'eau non- seulement à Montauban, mais 
à une grande partie de la région circum-montalbanaise, 
nous pourrions arrêter ici ces investigations et laisser nos 
grands réservoirs d'eau, la nappe alluvienne de Gasseras 
ou le canal, sollicités à l'altitude de 85 ou de 80 mètres, 
par tel ou tel moteur, telle ou telle machine que nous n'a- 
vons ni la compétence, ni l'intention d'apprécier dans ses 
éléments spéciaux et pratiques. Il nous suffira seulement 
de faire remarquer que s'il s'agit d'un moteur hydraulique, 
il s'établira, sous tous les rapports, à bien meilleur marché 



— 334 - 

à la chute d'eau du canal dans la rivière, que partout ail- 
leurs et qu'il suffirait d'une concession d'eau moins consi- 
dérable et moins coûteuse que celle de la papeterie et des 
moulins de Montech et de Gaslelsarrasin ou des machines 
élévatoiresd'Agen, puisque la chute est très forte et l'eau 
perdue pour la compagnie du canal au moment où elle 
rentre dans le Tarn. 

Que si, au contraire, on donnait la préférence au moteur 
à vapeur, l'usine à gaz pourrait être un emplacement con- 
venable en utilisant à la fois et au plus près la chaleur, le 
coke et le personnel de l'usine à gaz pour refouler la plus 
grande quantité d'eau d'abord dans les quartiers qui en 
ont le plus de besoin. 

Quel que soit le moteur adopté, il esta peu près certain 
qu'il représentera comme achat, établissement, entretien, 
consommation d'eau ou de charbon, amortissement, envi- 
ron 80 à 100,000 francs. 

Nous avons été, dès lors, amené à rechercher : 

1° Si nous ne pourrions pas nous passer d'un nouveau 
moteur pour élever l'eau de la cote 80 m à la cote 1 00 m , 1 01 m , 
103 m , qui sont les cotes de niveau les plus élevées de la 
majeure partie delà ville, ou à la cote 95 m , qui est le niveau 
supérieur des maisons les plus hautes de Villebourbon, de 
Gasseras et deSapiac. 

2° Si nous ne trouverions pas auprès de Montauban, 
sans prendre de l'eau aux maraîchers de Gasseras, la qua- 
lité d'eau potable et la quantité actuellement demandée de 
19 lit. par seconde. 

3° Si la disposition topographique et géologique des 
terrains perméables et imperméables ne nous aurait pas 
donné à quelques kilomètres de la ville un grand filtre natu- 
rel dans lequel gît une autre nappe analogue à celle du 
Ramier, mais plus riche, moins profonde, et d'où il serait 
plus facile de l'amener aux pompes de Montauban, sans 
nuire aux jardiniers du Ramier ou de Lalande, de Sapiac, 
de Pechboyer ou de Gasseras. 



- 335 — 

4° Si Ton ne pourrait pas. enfin, amener dans ce grand 
filtre d'approvisionnement et en grande quantité l'eau du 
canal ou de la Garonne pour la rafraîchir et lui donner un 
dernier degré de pureté. 

Nos observations à cet égard, consignées déjà en partie 
dans r Aperçu précité et poursuivies depuis cette époque, 
nous ont amené aujourd'hui à des résultats de plus en 
plus favorables, croyons-nous, à la solution des quatre points 
qui viennent d'être indiqués. 

Nous n'avons point l'intention de donner ici un projet ; 
notre but est simplement aujourd'hui de donner des Rensei- 
gnements sur la 'possibilité d'amener à Montauban, sans 
moteur nouveau, une quantité deau suffisante actuellement et 
susceptible d'être augmentée sans un grand accroissement de 
dépense. Nous nous réservons de revenir plus tard sur cette 
question s'il y a lieu. 

Nappe et filtre de Lacourt-Saint-Pierre. 

En face du plateau du Ramier, à 5 kilomètres de Mon- 
tauban, se trouvent les bords du plateau diluvien de 
Lacourt-St-Pierre, situé en moyenne à la cote 100 comme 
l'autre. Il présente un vaste plan d'eau qui alimente de 
Bressols à Albefeuille , les fontaines de Verlhaguet, de 
Montbeton, du Touron et du Tap. 

Lors de l'établissement du canal, on ne put, qu'à grand 
peine et à grands frais, détourner la source alimentaire des 
pièces d'eaux du domaine de la Terrasse appartenant aujour- 
d'hui à M. Solleville. Elle coule toujours avec abondance. 

Le canal lui-même est devenu une source d'infiltra- 
tions telles que, depuis son établissement, le niveau des 
puits s'est considérablement élevé, non-seulement à Verl- 
haguet, mais à Lacourt, à Montech, à Saint-Porquier, etc. ; 
ces infiltrations ajoutent non seulement leur débit naturel, 
mais encore une pression considérable aux dépôts diluviens 
aquifères de Lacourt-St-Pierre. 



- 336 — 

Des considérations théoriques et pratiques semblent 
confirmer ces prévisions. On admet assez généralement 
qu'un bassin hydrographique de 10,000 hectares fournit, 
par voie d'infiltration, en eau de source, 1 mètre cube par 
seconde, soit, par hectare, un dixième de litre par seconde ou 
8 à 9 mètres cubes en 24 heures ; de sorte que 250 hectares 
donneront probablement la quantité d'eau demandée. 

Terrains perméables. — Il existe dans ce plateau, et 
notamment dans la garenne de M. de Pélissens, dans des 
champs et des vignes de M me de Mortarieu et dans des 
vignes nous appartenant, à 6 kilomètres de Montauban, 
50 hectares environ de terrains graveleux, affleurant à la 
surface ou peu profonds, qui, d'après des expériences 
que nous avons faites pendant deux ans, infiltrent , en 
vingt-quatre heures, 1 mètre cube par mètre carré. 

Plan <Peau. — Sur un domaine nous appartenant, trois 
puits et deux viviers, distants de 30 mètres en moyenne 
l'un de l'autre, présentent leur plan d'eau à une profon- 
deur de 2 m — 1.90— 1.70 au-dessous du sol. Le dernier, 
pendant un hiver pluvieux, a eu même son plan d'eau à 
1 m ,50. 

La hauteur d'eau dans ces puits est, en moyenne, de 
2 n, /3() à 2 m ,50. Elle a été très surélevée depuis l'établisse- 
ment du canal. 

L'afflux d'eau est tel qu'en septembre 1871, il n'a pu 
être épuisé qu'avec une pompe de très fort calibre, mue 
par deux hommes, qui ont, pendant une heure, maintenu 
le niveau de l'eau à m ,15 du fond. La quantité d'eau four- 
nie pendant ce régime a été mesurée un grand nombre de 
fois et a donné une moyenne de *08 lit. par minute, soit 
m ,00l8 ou près de 2 lit. par seconde. 

Quel eût été le régime au bout de quinze jours? C'est 
ce que trois pompes (une dans chaque puits), mues par 
des machines à vapeur, pourraient seules nous indiquer 
approximativement, caria quantité d'eau fournie diminuera 



— 337 — 

évidemment avec l'accroissement de longueur du rayon 
d'approvisionnement, par suite de la cohésion et de l'adhé- 
rence aux parois capillaires des sables, des molécules ou 
filets liquides. 

Le périmètre du puits étant de £ mètres environ, la 
hauteur de filtration de 2 m ,50, la surface de 10 mètres, 
chaque mètre carré a fourni Olit.,18 en moyenne. 

Supposons 30 puits répartis sur 30 hectares dans des 
conditions aquifères identiques et reliés entre eux par des 
drains; en supposant que le régime, devenu perma- 
nent, réduise le produit de moitié ou même des trois- 
quarts, on aurait, par seconde, 30 lit. ou 15 dans le second 
cas. 

Les conditions aquifères seront-elles identiques, ou bien 
le point indiqué par nous est-il un thalweg circonscrit, un 
courant souterrain dans un lit caillouteux très favorable, 
ou bien une cuvette renfermant un nid de graviers et un 
amas d'eau, occasionné et dominé par la grande étendue 
de terrains filtrants qui l'entoure, c'est ce qu'il est impos- 
sible de dire à priori; mais ce que nous trouvons de par- 
ticulièrement remarquable, c'est que le plan d'eau soit 
aussi rapproché du sol, sa hauteur et sa vitesse aussi con- 
sidérables, si l'on considère surtout que l'abondance de 
l'eau ayant empêché, lors du creusement, d'arriver au tuf, 
la hauteur actuellement connue du massif perméable 2 m ,50, 
doit permettre de supposer, avec quelque probabilité et 
par voie de comparaison avec l'épaisseur ordinaire des 
alluvions et du diluvium, une épaisseur totale de gravier 
de 4 à 5 mètres au moins. 

Infiltrations par les crevasses des argiles. — Un fait nou- 
veau, constaté par nous, il y a un an, et certainement 
intéressant à signaler, parce qu'il aide à comprendre la 
puissance d'infiltration, même du terrain imperméable, 
c'est que le terrain argileux compacte éprouve , par 
suite des fortes chaleurs, un retrait amenant des fentes 



— 338 — 

ou crevasses profondes de I à 2 mètres et plus qui, dans le 
fond des fossés, par exemple, atteignent le massif per- 
méable très facilement et y infiltrent, par conséquent, beau- 
coup d'eau en peu de temps. Devant nous, un tuyau de 
descente, pendant un orage, a envoyé une grande quan- 
tité d'eau dans une de ces crevasses, sous le sol tassé 
d'une allée de jardin • l'érosion l'a agrandie et la commu- 
nication est aujourd'hui assurée entre l'eau atmosphérique 
et le massif filtrant. C'est l'analogue des crevasses et des 
boitouts dans les calcaires. 

Quoi qu'il en soit, les renseignements qui précèdent font 
supposer une quantité d'eau qui pourrait s'approcher de 
celle de 15 lit. que nous recherchons. 

Expériences à faire. — Des expériences régulières et 
prolongées pour lesquelles la ville de Toulouse mettrait, 
sans aucun doute, très obligeamment à la disposition de 
notre municipalité ses quatre pompes rotatives et les ma- 
chines à vapeur qui les font fonctionner, des expériences 
régulières, disons-nous, pourront seules indiquer le degré 
de permanence et d'exactitude des quantités d'eaux approxi- 
mativement indiquées par nous, et cela sans aucune garan- 
tie de notre part autre que le fait actuellement visible de 
la hauteur d'eau. Nous n'affirmons rien au-delà. Des expé- 
riences faites par des hommes compétents pourront seules 
leur donner le droit d'être plus affirmatifs. 

Interroger une nappe diluvienne analogue au Ramier , 
c'est presque interroger cette dernière , et comme les 
expériences seront plus économiques, plus faciles et plus 
favorables à Lacourt Saint-Pierre qu'au Ramier, nous de- 
manderions d'abord que les expériences soient faites dans 
le plateau de Lacourt Saint- Pierre, dans les trois puits et 
les deux viviers de notre propriété : le succès établirait 
dans une certaine mesure l'accord des considérations qui 
précèdent avec la réalité des faits , tandis que la condam- 
nation expérimentale de Lacourt Saint- Pierre prouverait à 



— 339 — 

fortiori contre le Ramier , dont les conditions aquifères 
sont bien moins favorables. 

En supposant que la quantité d'eau voulue se trouvât 
dans le plateau de Lacourt, par quel moyen et à quelles 
conditions pourrait-on l'envoyer à Montauban? 

Amenée de Veau. — Différence de niveau. — Entre la cote 
95 m ,859, niveau de Peau dans le puits situé devant notre 
chalet, à 2 m ,2! environ au-dessous du trottoir, 4 m .70 au 
dessous du sol, et les trois repères 85 m ,316, — 84 m ,884, 
— 85 m , 387 des maisons Aunac, Négrier, à Saint-Orens, 
et de la Caserne du faubourg Toulousain , fournis par le 
nivellement Bourdaloue, il y a une différence de niveau de 
40 mètres qui permettrait de faire arriver Veau, en vertu de 
la pente, à tous les étages des maisons les plus élevées de 
Villebourbon ; on fournirait ainsi de l'eau, sans frais d'élé- 
vation, à un tiers de la ville, aux casernes et à la Gare, 
et en franchissant la rivière, au faubourg de Sapiac, c'est- 
à-dire aux quartiers qui en ont le plus de besoin à raison 
de leur faible pente et de leur position moins aérée que 
la ville haute. Cette quantité d'eau pourrait- aller de 400 
à îoO litres et peut être 200 litres par habitant de ces 
quartiers. Toute Teau du Ramier pourrait ainsi être réser- 
vée pour la ville haute, et l'on augmenterait par cela 
même de moitié son approvisionnement. 

Mais il y a plus. 

Entre la cote 95 m ,859 sus- rappelée et le zéro du Tarno- 
mètre, à la cote 74 m ,443, il y a 21 m 416 de différence de 
niveau. 

Entre cette même cote 95 m ,8o, rabaissée à 95 m , 20, et 
le plafond du bassin des pompes de la Citadelle qui est 
à la cote 90 met., il doit y avoir environ 5 m 20 qui, pour 
une distance de 6500 met., de Yerlhaguet, ou de notre 
domaine à la Citadelle, en passant par Gasseras, sous le 
pont du chemin de fer, ou près de l'usine à gaz, fournirait 
entre ces deux points une pente de m 80 par kilomètre, 



- 340 - 

qui est à peu près la pente la plus généralement adoptée 
dans les conduites. 

Villebourbon. — En passant à Villebourbon, la conduite 
pourrait y laisser G00 mc d'eau, et amener le reste à la 
Citadelle. Si la pente ne suffisait pas, en approfondissant 
le bassin de 4 mètre ou en annexant une petite pompe à 
celle de la Citadelle, on l'amènerait dans le bassin et on 
mélangerait cette eau sans inconvénient avec sa congénère 
du Ramier. 

Une seule difficulté semble se présenter, mais cette 
difficulté n'en est pas une, de l'avis des hommes spéciaux 
que nous avons consultés. 

Siphon dam le Tarn. — Une ou plusieurs conduites 
en fonte pourraient être, beaucoup plus facilement qu'on 
ne le suppose, placées dans le lit de la rivière où elles for- 
meraient siphon se relevant sur les deux rives, avec un 
regard dans l'île. Parvenue sur la rive droite la conduite 
s'engagerait le long du ruisseau Lagarrigue et se dirigerait 
vers la Citadelle. Dans le cas où une petite quantité d'eau 
viendrait à manquer en été, on la prendrait à la rivière, 
en ne préjudiciant que bien peu à 2 moulins au lieu de 4. 
La pose de ces conduites à l™ de profondeur dans les cail- 
loux n'offrirait que bien peu de difficultés, quand on songe 
que sur 200 mètres de largeur, vis-à-vis de l'île, la rivière 
laisse à découvert, en été, environ 150 mètres de grève 
caillouteuse. Des tuyaux à joints élastiques du système Del- 
perdange, recouverts de 1 m de gravier et protégés par un 
enrochement de fond présenteraient un très grand avantage 
pour la rapidité de la pose et la solidité de l'assiette. 

Conduite en fonte de 25 centimètres. — Coût. — Or, un 
tuyau de 25 centimètres de diamètre fournirait et au delà 
la quantité d'eau demandée, soit environ 20 lit. par seconde 
ou au moins, 1,700 mètres cubes d'eau en 24 heures. 
Le prix d'une conduite en fonte pour fourniture et pose 



~ 34Î - 

serait à peu près de 25 fr. par mètre linéaire ou pour 6 
kilomètres 150,000 francs. Si Ton voulait se contenter 
de fournir à Villebourbon 864 mètres cubes, il suffirait d'une 
conduite de m ,18 coûtant environ 17 francs le mètre, soit 
pour 6 kilomètres 100,000 francs. 

Si au lieu de faire passer la conduite en siphon dans la 
rivière, on préférait la faire passer sur le pont, à cause de 
la facilité de la surveillance, il suffirait, le pont étant à la 
cote 93 m ,67, à l'angle de la mairie, de placer la conduite à 
4 m de profondeur et d'établir une ventouse à la montée 
du pont, pour assurer la régularité du fonctionnement de 
ce siphon qui irait toujours aboutir au bassin de la Cita- 
delle. 

Conduite en ciment moulée sur place. — Economie de moitié. 
— Si, au lieu d'employer les tuyaux en fonte, dont les prix 
sont toujours très élevés, on préférait employer une con- 
duite en ciment, moulée sur place, avec du ciment de la 
Porte de France, par le procédé Galomard de Grenoble, 
conduites qui résistent à deux atmosphères de pression et 
s'établissent très régulièrement et très solidement par tuba- 
ges de 6 à 7 mètres de longueur, au prix moyen de 8 à 
10 fr. le mètre, elle ne coûterait pour 6 kilomètres que 
50,000 fr. environ. 

Prise d'eau au Canal. 

Nous allons, en terminant cette étude, déjà beaucoup 
trop longue , nous placer dans l'hypothèse en apparence 
la plus défavorable, celle de l'insuffisance croissante ou 
fortuite de la nappe aquifère de Lacourt. Il suffit alors de 
prolonger la conduite de 1 kilomètre à 1 ,500 m pour avoir 
de l'eau à profusion. 

Plan d'eau de V écluse Noalhac. ■- En effet, un projet 
d'irrigation dû, croyons-nous , à M. Abrial, et des nivel- 
lements exécutés par les employés du Canal du Midi, et, à 



- 342 - 

notre demande, par M. Ternie , de l'écluse Noalhac à 
Montauban, par Gasseras, indiquent, comme le montrent 
les coupes et plans cotés annexés à cette notice, la possi- 
bilité d'effectuer dans le canal, dans le bief supérieur de 
l'écluse Noalhac, à 8 kilomètres de Montauban, à la cote 
40G ,n ,47 par conséquent à 1 m ou 2 m au moins plus haut que 
la majeure partie des rues de la ville haute , telle prise 
d'eau actuelle ou future que l'on voudra. 

Concessions (Veau. — Les concessions d'eau faites par le 
Canal du Midi aux intéressés, après avis de l'administra- 
tion, portent à 30 fr. le prix pour l'irrigation, et à 60 ou 
70 le prix pour les pertes ou lâchures d'eau de certaines 
usines, prix compté à raison de 1 litre par seconde pour 
l'année entière. 

La quantité d'eau demandée de 20 litres ne coûte- 
rait donc que 1 ,200 francs ou même que 600 francs, si l'on 
voulait la considérer comme une concession d'irrigation 
des jardins suburbains. Peut-être l'arrosage, l'ébouage et 
l'assainissement de la ville pourraient-ils être considérés 
par l'administration supérieure comme une situation digne 
du même prix de faveur que les concessions agricoles. 

Points culminants de Montauban. — Le nivellement 
Bourdaloue donne au repère de l'écluse Noalhac la cote 
107 m ,003, et le nivellement de M. Terme, la cote 106 m ,473 
au plan d'eau du bief supérieur, mesuré sur la banquette 
Or, entre cette dernière cote , et le repère Bourdaloue 
placé devant la Bourse, à Montauban, à l'altitude de 95,61 5, 
ou la cote précitée de 93,67, sur le pont à l'angle de la 
Mairie , ou celle de 92,67, en abaissant la conduite de 
1 mètre au-dessous du sol du pont, il y a une différence 
de niveau de 10 m 88, 12 m 80 ou I3 ra 80, qui donnent la pos- 
sibilité d'envoyer l'eau , sous une très-forte pression , au 
bassin de la Citadelle, à la cote 90 m en donnant de fortes 
chasses en cas d'obstructions ou de simple nettoyage. 
Bien plus, ces différences de niveau permettront d'en- 



- 343 - 

voyer l'eau au bout du faubourg du Moustier, h la cole 
404 m ,139, en face la rue Ingres à 104 ro ,249, au quartier 
de Pomponne , très-favorable pour l'emplacement d'une 
caserne, à la cote 103,15, à l'Hospice général, 101,42, à 
l'angle de la Faculté, 95,70, à la promenade et à la caserne 
du Cours, 98,20, en face la rue du Lycée, 102,28, sur 
le Plateau , 100,62 , en face la grand'rue Saint-Louis, 
401,49, la rue des Carmes, 99,705. 

Bouches d'arrosage. — On voit, d'après ces quelques cotes 
de niveau extraites, soit du nivellement Bourdaloue , soit 
des travaux de MM. les Ingénieurs des ponts et chaussées 
qui nous ont été obligeamment communiqués , que l'eau 
prise au-dessus de l'écluse Noalhac peut servir à arroser 
presque toute la ville au moyen de simples bouches d'arro- 
sage établies aux points culminants. 

Canalisation spéciale. — - Le nivellement complet de la 
ville ferait voir encore comment on devrait ramifier cette 
distribution pour la simplifier le plus possible, en plaçant 
les bouches d'arrosage sur les points les plus élevés. 

Nous émettons cette idée, parce qu'il pourrait y avoir 
peut-être quelque avantage à établir une grosse canalisa- 
tion d'arrosage avec simples bouches, plutôt qu'à emprun- 
ter la canalisation actuelle avec bornes-fontaines. 

Filtres. — Que si, au contraire, on voulait amener l'eau 
du canal à la Citadelle, pour achever de la filtrer artificiel- 
lement, la mélanger avec celle du Ramier et la distribuer 
d'une manière générale, à certains jours, à certaines 
heures et à certaines époques, on le pourrait facilement. 
En effet, grâce à la forte pression de 15 mètres, on pour- 
rait établir à la Citadelle d'excellents filtres artificiels , 
analogues à ceux du système Costes, qui fonctionnent si 
bien à Castres pour le service de la prise d'eau de l'Agout, 
à 10 ou 12 kilomètres de la ville, travail remarquable qui 
fait également honneur à ceux qui l'ont conçu et à ceux 
qui l'ont exécuté. Ces filtres pourraient même être cons- 



— 344 — 

truits dans le jardin contigu à l'usine de la Citadelle. Peut- 
être même pourrait-on en établir déplus simples et de plus 
grands en se bornant à remplir successivement de blocs de 
grès bigarré de la vallée de l'Aveyron, près de Laguépie, 
et de gros cailloux quartzeux du Tarn recouverts de cail- 
loux et de sables de plus en plus fins, tout l'espace occupé 
par ce jardin. On aurait ainsi un réservoir-filtre de 5,000 
mètres d'étendue sur 4 mètres de profondeur, qui contien- 
drait environ 10,000 mètres cubes d'eau. De là, il serait 
très -facile de la reprendre après un filtrage rapide et un 
rafraîchissement de 4 à 5 jours. 

Eau du canal filtrée à Lacourt. — Il ne nous reste plus 
à présent qu'à examiner la dernière face de cette impor- 
tante question , l'arrivée à Montauban de l'eau du canal 
préalablement filtrée et rafraîchie à Lacourt- Saint- Pierre. 

Pour atteindre ce but, il suffirait, dans son parcours de 
l'écluse Noalhac à Montauban , de lui faire traverser les 
3 ou 4 hectares de gravier perméable qui , sur notre do- 
maine ou sur les domaines voisins, se trouvent affleurer 
de PO. S. 0. à l'E. N. E. , suivant une dorsale ou ligne de 
faite régnant à la cote moyenne de 96 m 50. 

Un drainage infiltrant superficiel, établi à la cote 95 m , 
l'y répandrait rapidement ; un drainage absorbant interca- 
laire ou contre-drainage ordinaire posé à 1 mètre ou 1 m 50 de 
profondeur , la capterait de nouveau et permettrait de 
l'envoyer de la cote 95 m à la cote 90 m , à la Citadelle. Le 
parcours aussi direct que possible que nous avons étudié 
par Gasseras ou par le faubourg Toulousain, en faisant 
suivre presque toujours à la conduite les fossés des che- 
mins ou les francs-bords du canal, permettrait : 1° d'éviter 
les difficultés et les lenteurs d'une expropriation , d'une 
ouverture de la tranchée à de trop grandes profondeurs, et 
2° d'établir la conduite sur un terrain solide, incompres- 
sible et d'une surveillance commode au moyen de nom- 
breux regards. 



- 345 - 

Que si on voulait retrouver la pression primordiale cor- 
respondant à la cote 106 m ,47, à l'écluse Noalhac, ou même 
la surélever jusqu'à 11 m , on pourrait établir une pompe 
à vapeur, soit sur un des points que nous avons indiqués 
dans notre propriété, à la cote 100, soit sur tout autre 
point des propriétés voisines, soit à Villebourbon, soit près 
de la Bourse ou de la Mairie, en lui faisant aspirer direc- 
tement dans la conduite et refouler dans une colonne élé- 
vatoire. 

Nous devons , en finissant , répondre à une objection 
qu'on ne manquera pas de nous faire. 

Où prendra-t-on de Peau claire pendant le chômage du 
canal ? 

Nous répondrons d'une manière générale que beaucoup 
de villes prennent de l'eau à des canaux, et spécialement 
que le chômage du Canal Latéral n'empêche pas le moteur 
hydraulique des pompes élévatoires de la distribution 
d'Agen de fonctionner constamment, pas plus qu'il n'em- 
pêche les locomotives nombreuses dans cette gare de s'y 
approvisionner d'eau. 

Depuis que les concessions se multiplient, les travaux 
se régularisent, s'activent et s'échelonnent. Le chômage 
est abrégé de moitié ; l'eau est ramenée fréquemment au 
moyen d'une rigole de réserve ; elle pourrait même être 
facilement maintenue constamment courante en faisant le 
curage en deux fois, par demi-section longitudinale, comme 
cela s'opère pour les ruisseaux. Nous ferons d'ailleurs 
observer que la section du canal étant de 30 mètres cubes 
et la longueur du bief de Montech à l'écluse Noalhac étant 
de plus de * kilomètres, ce bief ou bassin contient 120,000 m 
cubes, soit l'approvisionnement de Montauban pendant 2 
mois, à raison de 2,000 ffiS par jour. Pour utiliser cette 
réserve pendant le chômage, il suffirait d'établir à l'écluse 
Noalhac un déversoir régulateur qui permettrait d'abaisser 
la vanne jusqu'à la cote 105 ,n . 

Nous pensons que le dernier mode indiqué : filtrer Veau du 

24 



— 346 - 

canal à Lacourt-Saint- Pierre au moxjen d'un double drainage 
concordant, et l'amener à la Citadelle, est le mode le plus 
avantageux et par conséquent celui qu'on nous permettra 
de recommander le plus à l'examen et aux recherches des 
hommes compétents. 

En effet, filtrer sur une grande échelle à la cote 95 m 
l'eau du canal sur un filtre graveleux naturel de 4 hecta- 
res, absorber l'eau de la nappe qu'il renferme déjà, faire 
descendre graduellement la conduite dans la vallée du 
Tarn à la cote 80 m près de Gasseras, de manière à pouvoir 
au besoin prendre de l'eau dans cette nouvelle nappe, la 
faire remonter sur le pont à la cote 93 m , ou simplement la 
siphoner dans le Tarn, l'amener, dans les deux cas, au 
bassin de la Citadelle, approfondi de \ mètre au besoin, 
ou l'embrancher au tuyau spécial d'aspiration des pompes 
élévatoires, tel est le problème dans sa plus simple expres- 
sion. On arrive ainsi à pouvoir employer dans la majeure 
partie du parcours la conduite en ciment moulé sur place, 
dont le prix, supposé à 8 fr. le mètre , serait probable- 
ment inférieur pour 8 kilomètres et ferait ressortir l'ensemble 
à 70,000 francs. Si Ton veut tenir compte de tous les élé- 
ments spéciaux prévus et imprévus qu'il est impossible de 
détailler ici, les nouveaux travaux nécessiteraient proba- 
blement un supplément de 25,000 francs environ ; ce qui 
porterait la dépense à 95,000 francs. 

Nous terminerons ici les renseignements annoncés, et 
nous réserverons à des hommes spéciaux le soin de les 
utiliser, s'il y a lieu, et de dresser exactement un devis des 
travaux après des études complètes. 

CONCLUSION. 

Pour résumer toutes ces considérations et tous ces chif- 
fres, nous dirons : 

Après un examen attentif des conditions hydro -géologi- 
ques et des conditions économiques de la distribution d'eau 



— 347 - 

de Montauban, il nous paraît que, pour nous procurer une 
eau excellente en quantité suffisante, les deux moyens les 
plurs sûrs, les plus simples, les plus prompts, les moins 
coûteux et les plus susceptibles d'un développement pro- 
portionnel aux besoins , consistent en ceci : 

PREMIER PROJET. 

1° Prendre, à la cote 96 m ou 95 m , Peau qui s'infiltre et 
s'accumule dans les terrains graveleux très- perméables qui 
composent ou confrontent notre propriété de Lescure ou 
de Temple, située au bord du plateau-terrasse de Lacourt- 
Saint-Pierre, à 6 k 500 à PO. S. 0. de Montauban ; 

2° Conduire cette eau au bassin de la Citadelle, à la cote 
90 m , au moyen d'une conduite en ciment moulée sur place, 
de ra ,25 de diamètre, passant par lesBourdens, Pouty, le 
faubourg Gasseras, puis siphonant dans le Tarn ou sur 
le pont, et remontant par le ruisseau Lagarrigue , 

3° En cas d'insuffisance, en été, emprunter de l'eau à la 
nappe de Gasseras, au moyen d'une pompe à vapeur agis- 
sant sur des puits nombreux établis le long des chemins, à 
plus de 100 mètres des habitations et reliés entre eux par 
un drainage à la cote 80 m . Amener de même cette eau à 
la Citadelle. 

DEUXIÈME PROJET. 

1° Prendre, dès à présent, au Canal, au bief supérieur 
de l'écluse Noalhac, situé à 8 k de Montauban, à la cote 
106 m 47 une concession d'eau de 20 litres par seconde, 
1700 mc en 24 heures, soit 85 lit. par jour et par habitant, 
comme à Lyon, Manchester, Bruxelles et Munich. 

2° Conduire cette eau , soit au moyen d'un tuyau en 
fonte à joints élastiques, de m ,25 de diamètre, avec nom- 
breux regards, en suivant les fossés des chemins des Bour- 
dens et Gasseras , ou les francs-bords du Canal jusqu'à 
l'embouchure , soit au moyen d'une conduite en ciment 
moulée sur place, ce qui serait beaucoup plus économique; 



— 348 - 

3° Distribuer cette eau telle quelle dans la ville au moyen 
de bouches d'arrosage établies aux points culminants, rac- 
cordés sur une canalisation spéciale plus simple et beau- 
coup moins ramifiée que l'autre , passant sur le pont, dans 
la rue de la Mairie, le faubourg du Moustier, le Quai, le 
Cours, le quartier Villenouvelle, etc. ; 

4° Ou bien envoyer filtrer et rafraîchir cette eau dans 
un filtre artificiel de demi-hectare, simplement caillouteux 
quartzeux reposant à 4 m de profondeur sous le jardin de 
l'usine de la citadelle ; 

5° Ou bien encore filtrer et rafraîchir l'eau du canal au 
moyen de deux drainages concordants dans les graviers 
de Lacourt-Saint-Pierre , à la cote 95 m , prendre dans cette 
même nappe l'eau qu'elle contient naturellement, conduire 
l'eau ayant cette double origine par Gasseras, en passant 
sur le pont à Monlauban, au bassin de la Citadelle, à 90 m , 
d'où elle pourra être refoulée aux réservoirs de Saint- 
Michel et dans toute la canalisation. 

Dans ce dernier cas on éviterait ainsi la double canali- 
sation, le chômage , les fortes pressions , les coups de 
bélier, les fuites, les dépenses extraordinaires ou impré- 
vues, la canalisation en fonte que l'on pourrait sans crainte 
remplacer par la conduite en ciment moulé, ce qui rédui- 
rait la dépense de plus de moitié. — Au besoin , en cas 
d'insuffisance de pente, on pourrait faire agir directement 
les pompes de la Citadelle sur cette conduite pour activer 
l'arrivée de l'eau. 

Qu'on nous laisse, en terminant, exprimer l'espoir que 
ce dernier mode sera de la part des Ingénieurs spécialistes 
l'objet d'un examen complet et approfondi, et d'expériences 
prolongées et concluantes. 

Nous n'avons présenté ces Renseignements qu'après les 
avoir communiqués à des hommes compétents que nous 
ne nommons pas encore aujourd'hui dans ce travail, et ils 
en approuvent les motifs, sachant d'ailleurs que nous gar- 
dons précieusement le meilleur souvenir de leur obligeance. 



- 349 - 

Puissent nos concitoyens n'y voir que le désir de servir 
avec attention et persévérance, dans la mesure bien limitée 
de nos forces, les intérêts généraux de notre grande famille 
Montalbanaise. 

Puissent enfin tous ceux qui administrent notre ville et 
notre beau pays y voir la meilleure preuve d'un concours 
dévoué à l'œuvre incessante du progrès régulier et vérita- 
ble et du bien-être général. 

En entreprenant de rapprocher au moyen de cartes et 
de coupes agro-géologiques, les notions topographiques et 
agricoles des données de la géologie appliquée (plus simple 
et plus appropriée à la majorité des lecteurs que les ouvrages 
spéciaux), nous avons voulu être utile aux agriculteurs, et 
surtout à ces jeunes gens, espoir de l'avenir, qui, volon- 
taires d'un an ou simples soldats , officiers ou sous-offi- 
ciers, serviront partout d'autant mieux la France, qu'ils 
auront appris d'avantage à connaître leur pays natal sous 
toutes ses faces. C'est à eux et à leurs mères que nous 
dédions ce travail. 







ERRATA. 




Page 207, 


ligue 17, 


lisez Bas-Rhin, au lieu de 


. . . Rhin. 


» 210, 


9, 


situation, 


situations. 


» 213, 


12, 


s'arrase, 


s'arrasent. 


» 218, 


25, 


occidental, 


oriental. 


» 222, 


14, 


371 ,676 hectares, 


371,676. 


» 223, 


32, 


page I, 


» 


» 224, 


8, 


cinquième, 


deuxième. 


» 224, 


11, 


deuxième, 


troisième. 


» 234, 


6, 


délitant, 


débitant. 


» 236, 


14, 


irisées, 


irrisées. 


» 238, 


% 


schisteuse. 


gneissique. 


» 240, 


5, 


magnésiennes, 


mganésiennes. 


» 240, 


9, 


irisées, 


irrisées 


» 242, 


3, 


effondrements, 


effronderaents. 


» 243, 


3, 


fissiles, 


fossiles. 


» 247, 


31, 


ou, 


et. 


» 255, 


23, 


approximative, 


aproximative. 


» 265, 


15, 


Hippotherium, Rhinocéros, 


Dinotherium, Mas'.odon 


» 285, 


18. 


Nord-Est-Armagnac, 


Nord-Ouest. 


» 298, 


14, 


cours d'eau, 


cours d'eaux. 



- 350 — 

M. Lacroix signale un cas d'albinisme chez un métis de canard 
Pi Ici (anas clipeata) eî canard commun (anas Boschas), métis 
très rare. 

M. G. de Malafossr annonce qu'il se trouve au Jardin des 
Plantes un autre métis provenant d'un coq et d'une pintade, et 
envoyé par M. Delon, de Caraman. 

M. Rousseau présente des échantillons remarquables de gonia- 
tite provenant deCaunes (Aude). 

M. le Président le remercie au nom de la Société ; les échantil- 
lons seront envoyés au Musée. 

M. Rousseau annonce qu'il vient de découvrir dans la monta- 
gne de la Clappe (Aude) une ancienne station humaine des temps 
préhistoriques. 

Il y a trouvé de_> silex taillés, des ossements de rennes, 'de bou- 
quetins, de lapins, etc., des poinçons en os polis; il présente des 
dessins de divers de ces objets. 

M. Gourdon, au nom de la commission des courses, fait la pro- 
position do deux excursions: l'une aux mines de Rancié en mai, 
l'autre dans le Tarn-et-Garonne en juin. 

M. G. de Malafosse demande que les courses soient fractionnées 
par jour. 

Cette observation est prise en considération pour être examinée 
ultérieurement. 



Séance du 18 mars, 

Présidence de M. le colonel Belleville. 

M. Trutat rend compte du bulletin de l'Académie des sciences 
de Relgique (n°1) qui contient deux articles intéressant l'histoire 
naturelle. Le premier est une note de M. Van Beneden au sujet 
île la capture d'un hyperodon rostratum, dans l'Escaut; le second 
est un article de M. Gosselet, auteur d'une Carte géologique du 
pays entre Sambre-ct-Meuse, où se trouvent les marbres noirs du 
calcaire dé'onien. 



— 354 - 

M. Desjardins analyse les Annales de la Société de botanique 
de Lyon, qui contiennent le résumé des expériences de M. Merget 
sur l'absorption des gazs par les feuilles. M. Laffont lit les statuts 
d'une nouvelle association, le Club Alpin-Français, ayant pour but 
l'exploration des montagnes. 

M. Trulat propose que la Société d'Histoire naturelle prenne 
sous son patronage a Toulouse cette nouvelle association. 

Celte proposition est adoptée. 



Séance du £5 mars 1874. 

Présidence de M. le colonel Belleville. 

La Société reçoit : 

Annuaire de la Société des naturalistes de Modène, laquelle 
demande l'échange des Bulletins. 

Petites nouvelles entomologiques , n os 91 à 96. Don de M. le 
colonel Belleville. 

Une lettre de M. le directeur du Musée d'histoire naturelle 
accusant réception des fossiles donnés par M. Rousseau. 

M. le colonel Belleville, président de la Société, donne lec- 
ture de la notice suivante : 

Les Orages^ l'Ozone et le Choléra. 

« L'air qui nous environne et que nous respirons, disait- 
on dernièrement dans un journal de Toulouse, est un 
mélange gazeux dans lequel l'oxygène entre pour vingt 
et un centièmes. Or, cet oxygène, soumis à l'influence des 
décharges électriques répétées, acquiert de singulières 
propriétés \ il se rapproche alors du chlore et devient un 
puissant agent désinfectant. 

» En raison de l'odeur spéciale qu'exale Toxigène élec- 
trisé, on l'a appelé ozone. 

» Les innombrables étincelles électriques qui sillonnent 



- 352 - 

le ciel en temps d'orage, transforment une plus ou moins 
grande quantité d'oxigène atmosphérique en ozone. Celui-ci 
à son tour agit sur les substances miasmatiques en sus- 
pension dans l'air, qu'elles soient d'origine animale ou 
végétale, et les détruit. D'où il résulte, du fait de l'orage, 
un certain degré de purification proportionnée à la quantité 
d'ozone produit. 

» A l'aide d'un, procédé fort simple il a été reconnu 
que l'ozone est plus abondant après les orages et aussi 
qu'il fait défaut dans les milieux où règne le choléra et la 
fièvre intermittente. 

» Il y a moins d'ozone dans les villes que dans les cam- 
pagnes, ce qui explique la salubrité de ces dernières. 

» Une épidémie cholérique naît-elle dans un centre 
d'habitations, l'ozone disparaît ; à mesure que l'épidémie 
décroit, l'ozone reparaît. 

» Il y a peu d'ozone au voisinage des hôpitaux ; il n'y 
en a pas dans les salles des malades. 

» De ces faits bien constatés n'est-il pas naturel de con- 
clure que s'il y avait de l'ozone dans l'air le choléra n'écla- 
terait pas? 

» Malheureusement on n'a pu jusqu'à ce jour avoir la 
preuve directe de ce fait ; car en dépit de toutes les tenta- 
tives, on n'a pu encore produire de l'ozone en grande 
quantité dans les salles qui renferment les cholériques. 

» Néanmoins, étant connues les propriétés désinfectantes 
de ce corps régulier il est facile, de : ; conclure qu'il a une haute 
valeur hygiénique. 

» Et à ce point de vue les orages multipliés se produisant 
en grande quantité, peuvent être considérés comme un 
moyen naturel d'assainissement. » 

Sans vouloir contredire cette dissertation , qu'il nous 
soit permis de présenter des faits qui ne sont pas en par- 
faite concordance avec cette théorie de l'ozone et que nous 
puisons dans les souvenirs d'une campagne féconde en évé- 
nements de tous genre. 



- 353 - 

I. 

En 1854, la l re division (Canrobert) de l'armée d'Orient, 
partait le 21 juillet du camp de Franca sous Varna, se diri- 
geant vers Kustendje, où elle arriva le 28. Jusque là elle 
n'avait eu que peu de malades dont les affections étaient 
dues plutôt aux fatigues d'une marche pénible, précipitée, 
à travers un pays aride, dépeuplé par la guerre et dépourvu 
d'eau potable, qu a l'influence cholérique qui, si elle exis- 
tait, était généralement ignorée dans la colonne; mais le 
28, au moment où la division quittait Acidolouk où elle 
s'était arrêtée pour déjeuner, elle fut surprise par un orage 
des plus violents, accompagné d'un grand vent de N. O. 
qui ne cessa de souffler une grande partie de la journée -, 
de sorte que les hommes n'arrivèrent au bivouac qu'harras- 
sés de fatigue et trempés jusqu'aux os. 

Ce bivouac fut établi au camp de Pallas, à 4 kilomètres 
au- dessus de Kustendje. 

Nous regrettons pour les archéologues de n'avoir pas eu 
le temps de prendre les notes sur les ruines éparses du 
temple qui a donné son nom à notre bivouac ; il y avait là 
certainement matière à une longue description ; mais 
d'autres soins nous appelaient ailleurs et tout ce que nous 
avons pu remarquer, c'est que nos chevaux étaient attachés 
à un fût de colonne et que notre table avait été dressée sur 
un chapiteau splendide. 

Dès lors, les cholériques se multiplièrent et nous eûmes 
un décès dans la soirée à Tétat-major des postes. L'orage, 
au lieu d'avoir dégagé son ozone, semblait l'avoir com- 
plètement absorbé; car s'étant répandu sur toute la pres- 
qu'île Danubiennejusqu'à Varna, ainsi que nous l'apprîmes 
plus tard, il marqua d'une façon énergique le début de 
l'invasion du choléra. 

Le 29, la division, laissant au camp ses malades , ses 
sacs et ses bagages sous la garde d'un bataillon du 7 e de 

25 



- 354 - 

ligne, partit à (rois heures et demie de l'après-midi, se di- 
rigeant vers le Danube à travers la Dobrutcha proprement 
dite, pour appuyer le mouvement des zouaves et des Bachi- 
Bozouk qui nous avaient précédés de vingt-quatre heures. 

Vers neuf heures du soir, un second orage fondit sur la 
colonne pendant sa marche ; il fut de peu de durée et 
moins violent que celui delà veille; mais, comme lui, 
précipita la catastrophe au lieu de se montrer bienfaisant. 

A minuit environ , la division atteignit le camp des 
zouaves, situé un peu en arrière du village de Kargalik , 
et chacun se coucha comme il put, mais sans avoir pu faire 
la soupe. Ce ne fut qu'au jour que nous pûmes nous subs- 
tanter et connaître en même temps toute retendue de notre 
triste situation. Le choléra, qui avait déjà fait des victimes 
depuis la veille chez les zouaves et les Bachi-Bozouk, s'était 
répandu dans nos rangs dès les premiers instants de notre 
arrivée au bivouac, et déjà bien des tombes s'étaient re- 
fermées sur un certain nombre des nôtres. 

Le but de l'expédition ayant été atteint , il fallut se pré- 
parer à un prompt retour (c'était le 30 juillet); malheu- 
reusement, les moyens de transport, fort restreints déjà , 
ne tardèrent pas à manquer ; de sorte qu'il nous fallut 
transporter, à bras , une partie de nos malades , laissant 
l'excédant à Kargalik, sous la garde du 9 e bataillon de 
chasseurs à pied et sous la direction du brave générai 
Vinoy qui, semblable au capitaine d'un navire en péril, 
ne quitta que le dernier ce terrain disputé par la mort. 

Le gros de la division rentra le même jour au camp de 
Pallas, laissant quelques compagnies à Kadara pour sou- 
tenir, au besoin, l'arrière-garde, qui ne rentra que le len- 
demain. 

Le 1 èr août, la division se remit en marche vers Man- 
galia, où elle arriva le 3. Les journées des 30, 31 juillet, 
1 et 2 août, furent meurtrières, mais avec des alternatives 
de calme et de recrudescence ; celles des 3, 4 , 5 et 6 fu- 
rent véritablement terribles; soldats, officiers, médecins, 



— 355 — 

tous les rangs payèrent leur tribut au fléau qui semblait 
faire rage. Mais si. le retour du général Canrobert avait 
déjà remonté le moral de la division, les secours en vivres 
frais, vin, etc., arrivés de Varna dans la journée du 5, 
vinrent à propos ranimer les forces physiques de nos sol- 
dats ; il était temps. 

La journée du 6 parut moins mauvaise que les précé- 
dentes dans les camps disséminés sur le plateau de Man- 
galia : mais elle fut extrêmement fatigante pour tout ce 
qui était valide , parce qu'il fallut transporter plus de deux 
mille hommes malades, sur les navires envoyés de Varna ; 
de sorte que tout le drame de la journée se passa sur cette 
plage où fut pour ainsi dire concentré tout le foyer de 
Pépidémie. 

Ce même jour, un violent orage survint avec des rafales 
tellement brusques que , dans la traversée d'un chaland 
chargé de malades, dix-sept moururent en route. 

Sur la plage, le spectacle était affreux : les hommes re- 
cueillis dans les ambulances et transportés là pour y être 
embarqués, faisaient entendre des plaintes et poussaient 
des cris déchirants; les uns mouraient sur place, d'autres 
réunissaient b peu de forces qui leur restaient pour aller 
se jeter à la mer. 

Cependant, les rapports sanitaires affirmaient que cet 
orage marquait la décroissance de l'épidémie , le général 
la confirmait à son tour dans son ordre du jour du 7. Mais 
il faut tenir compte des circonstances et reconnaître que 
Faction pernicieuse des marais dont nous nous éloignions, 
n'avait pas peu contribué au développement du choléra. 
Or, chose fatale ! « Il y a dans ce pays , disait un capi- 
taine commandant l'escadron des lanciers turcs qui nous 
accompagnait , dix jours mortels par an ; nous sommes 
tombés dans ceux-là. » On avait, en outre, purgé la co- 
lonne de tout ce qui était malade ou seulement malingre , 
et enfin nous étions abondamment pourvus de certains 
vivres qui nous avaient manqué. Toutefois, si cette dé- 



— 350 — 

croissance s'est fait sentir, elle n'a été que partielle : sen- 
sible peut-être dans certains corps , tandis que dans 
d'autres, surtout ceux qui se sont trouvés, comme nous, 
campés sur les bords d'un lac sulfureux et sous le vent de 
la tempête, une sorte de recrudescence bien marquée se 
manifesta. 

Quoique purgée, ainsi que le dit notre ami le docteur 
Quesnoy dans ses Souvenirs historiques et médicaux de Var- 
mée d'Orient, la division continua à perdre du monde jus- 
qu'au 17 août. 

Le '1 er bataillon de chasseurs à pied atteint un des der- 
niers, avait perdu à cette époque 90 sous- officiers et 
soldats et 5 officiers : son digne chef, le commandant 
Tristan Le Gros, un capitaine, deux lieutenants-, le méde- 
cin-major, M. Monnier, mourut le 17, alors qu'il n'y avait 
plus de soins à prodiguer, ainsi qu'il le fit pendant tout le 
temps de l'épidémie, avec une abnégation, un zèle et un 
dévouement si bien compris de tous oue, spontanément , 
les soldats du bataillon couvrirent sa tombe de fleurs. 
Sublime éloge qui vau x , tous les discours du monde. 

Mais ce qu'il y eut de très remarquable au point de vue 
de notre sujet, c'est que le 12, six jours après cet orage 
prétendu bienfaisant, la flotte quittait son mouillage de 
Badschik, pour aller au large, chercher.... l'ozone, qui lui 
manquait au port. 

Un orage avait marqué le commencement de l'épidémie, 
un autre orage préluda à sa décroissance. Nous ne tirons 
de ce fait aucune conséquence , dit le docteur Quesnoy , 
nous le signalons seulement. 

Gomment expliquer cela? Pas mieux que les caprices, 
les tours, les retours, les méandres étranges que le fléau 
suivit, tantôt avec lenteur, tantôt brutalement , violem- 
ment, sans nous laisser le temps de nous reconnaître. 

A Kustendje, le 1 er bataillon de chasseurs à pied n'avait 
encore qu'un seul cholérique, tandis que le 21 e de ligne, 
qui le suivait dans la brigade, était en proie à l'épidémie. 



- 357 - 

Les tentes étaient placées sur deux rangs très espacés : 
ici, le premier rang était décimé , tandis que le deuxième 
était épargné. 

Là , une compagnie était maltraitée ; l'autre restait 
calme. 

Dans une compagnie , c'é.lait une escouade qui était 
frappée et non pas l'autre. 

En arrivant à Mangalia, nous recevions l'ordre d'envoyer 
une section de garde à l'ambulance générale , c'est-à-dire 
au point de concentration des cholériques ; elle nous reve- 
nait saine et sauve au bout de vingt-quatre heures, tandis 
que l'autre, restée au camp, avait des malades et comptait 
déjà des morts. 

Dans les villes, des faits analogues se produisent. Tout 
un côté de rue est décimé , tandis que l'autre reste à peu 
près intact ; sur deux maisons contiguës, placées dans les 
mêmes conditions, Tune est ravagée, i'aùtre est épargnée. 
Il en est de même des étages d'une maison. En 1831, à 
Paris, nous avons vu des quartiers du faubourg Saint- 
Germain relativement plus éprouvés que des quartiers plus 
populeux et moins sains au point de vue hygiénique. 

A Marseille, on a remarqué que les quartiers qui bor- 
nent le vieux port ont toujours été moins maltraités que les 
quartiers plus éloignés. 

Dans les campagnes où, dit-on, l'ozone est plus abon- 
dant que dans les villes , les phénomènes de ce genre sont 
plus saisissants encore : notre excellent confrère , M. de 
Saint-Simon, nous disait qu'on a vu l'épidémie suivre un 
courant très désordonné, frappant tous les villages qu'elle 
rencontrait, laissant de côté ou dédaignant les villages la- 
téraux. 

Mais revenons à notre récit. 

L'influence cholérique se manifestait dans les plus petites 
choses ; il n est pas un homme de la division, officier ou 
soldat, qui n'en ait ressenti plus ou moins les effets : les 
moindres bobos s'aggravaient, comme les égralignures les 



— 358 — 

plus insignifiantes devenaient des plaies superficielles, mais 
longues à guérir. 

Le 7 nous quittâmes Mangalia , où nous laissions tant 
de nos camarades morts douloureusement, tristement, sans 
gloire ! Le 10 mars nous arrivions à Badschik. 

Ce ne fut guère qu'à partir de ce jour que l'épidémie 
cessa ses ravages, quoique jusqu'au 17 nous perdîmes en- 
core du monde. 

Le 21, c'est avec la plus profonde tristesse que nous 
rentrions au camp de Franka. Nous étions partis 40, 500 
hommes ; un mois après, jour pour jour, nous comptions 
4,300, non compris les zouaves rentrés par mer et forte- 
ment éprouvés; le reste était mort ou évacué sur divers 
points. En somme, nous avions perdu réellement plus de 
2,000 hommes, dont 41 officiers. 

Nous avons retracé aussi rapidement que possible les 
faits dont nous avons été le témoin attentif dans cette dé- 
plorable expédition de la Dobrutcha. Nous ne commentons 
ni n'expliquons rien, nous ne faisons que citer. Nous fe- 
rons de même pour la seconde période de la camqagne 
d'O rient qui, elle aussi, offre un grand champ d'observa- 
tion sur le même sujet. 

II. 

Embarquée le 1 er septembre, tant à Badschik qu'à Varna, 
l'armée anglo-fïauçaise resta à bord pendant treize longs 
jours \ malgré le choix qu'on fit pour former les corps 
destinés à l'expédition, maigre le soin qu'on mit à désin- 
fecter les navires, il y en eut encore de ces derniers dont 
le personnel, matelots et soldats, fut gravement atteint. De 
nouveaux cas se manifestèrent à Olforth , point de débar- 
quement en Crimée, surtout dans les rangs de l'armée an- 
glaise, moins bien administrée que la nôtre. Il y en eut 
encore après la bataille de l'Aima , pendant notre mouve- 
ment tournant. 



- 359 - 

Si, comme on l'a cru longtemps, les grands feux allumés 
sur les places et sur les hauteurs, les puissantes décharges 
de l'artillerie comme aussi le dégagement de l'ozone des 
orages étaient de nature à modifier les conditions atmos- 
phériques, nous eussions dû être à l'abri du choléra devant 
Sébastopol , où rien de ce genre ne nous a manqué, et 
dont .les influences barométriques se sont fait sentir bien 
loin, a-t-on dit. 

Malheureusement pour nous , les faits n'ont cessé de 
contredire les théoriciens. Le choléra s'est installé sur le 
plateau Ghersonnèze en même temps que nous, et ne l'a 
guère quitté qu'avec le dernier de nos soldats. Il s'y est 
établi comme la pieuvre sur son rocher, happant de temps 
à autre et par ci par là une victime quelconque, laissant le 
plus souvent au scorbut, aux fièvres paludéennes , au 
typhus , etc. , le soin de compléter son œuvre. Nous ne 
parlons pas du feu, on le craignait moins que le choléra 
qui, parfois, semblait se réveiller pour fondre sur une 
proie plus abondante et plus facile. Ainsi : « chaque fois 
que des divisions constituées ou même des détachements 
arrivaient en Grimée , le choléra apparaissait parmi les 
nouveaux venus, dit le docteur Quesnoy, sans sortir cepen- 
dant des limites de leur campement. » 

La division de réserve , venant du camp de Maslack où 
elle avait largement payé son tribut au choléra , fut de 
nouveau atteinte dès son débarquement en Grimée. Con- 
centré d'abord dans quelques régiments, il s'étendit bien- 
tôt sur tous. 

Les régiments de la garde , fortement éprouvés à leur 
tour, en furent à peu près débarrassés, quand il se mani- 
festa tout à coup dans les divisions du 2 e corps , laissant 
complètement tranquille le 1 er corps, si fatalement éprouvé 
dans la Dobrutcha, mais pour y revenir plus tard. 

Les mêmes phénomènes se produisirent dans l'armée 
anglaise. L'armée turque , la division égyptienne , furent 
atteintes comme les autres, mais avec moins de violence. 



— 360 - 

L'armée sarde arrivant par détachements au commence" 
ment de mai 1855 , placée dans des conditions exception- 
nelles, loin des foyers d'infection , sur un terrain pour 
ainsi dire vierge et par conséquent salubre , agréablement 
situé, à proximité d'un cours d'eau et des bois, eut rèla™ 
tivement plus à souffrir du choléra, qui lui enleva plus de 
3,000 hommes en quelques semaines, et qui ne cessa ses 
ravages qu'après l'arrivée complète des 17,000 hommes 
qui composaient cette armée. 

C'est ainsi qu'il fit sa ronde sur l'étendue du plateau 
comme en dehors, prélevant partout son tribut. Nous ne 
parlons pas de l'armée russe, qui eut aussi beaucoup à 
souffrir dans Sébaslopol. 

A quoi attribuer ces retours subits et inattendus de celte 
épidémie? Que penser, que dire, que conclure, quand les 
praticiens les plus distingués , les plus estimés écrivent 
avec un sentiment de tristesse et d'amertume : « Plus 
nous vivons au milieu du choléra, moins il nous est facile 
de comprendre cette singulière maladie. » 

Comme dans la Dobrutcha, elle suit une marche lente, 
régulière, se repose tout en frappant des coups isolés, 
puis procède Dar bonds, frappant aux extrémités les plus 
éloignées : aujourd'hui à Kamiesch, demain à Inkermann, 
laissant clans une pleine sécurité tons les camps intermé- 
diaires. A Inkermann, elle s'arrête sur le 1 er corps dont la 
1rc division venait de partir pour Kertch, où l'on s'imagi- 
nait qu'elle se trouverait à l'abri, tandis qu'à peine dé- 
barquée, elle fut assaillie avec une violence extrême, 
perdant 500 hommes en quelques jours. Quant au reste 
du 1 er corps, chacune de ses divisions se vit enlever des 
centaines de victimes. 

A l'exemple de notre ami Quesnoy, nous donnons ces 
faits tels qu'ils se sont présentés à l'observation, recon- 
naissant comme lui qu'il est difficile d'en tirer une consé- 
quence sur les causes des apparitions fréquentes du choléra 
en Crimée. 



- 361 - 

A cette époque, l'ozone était peu connu. 

Mais depuis bientôt vingt ans que ces faits ont été re- 
cueillis, nous aimons à penser que la science , toujours 
accessible à ceux qui savent l'interroger, a jeté quelques 
lumières sur cette grave question , et qu'on est plus à 
même aujourd'hui qu'il y a vingt ans de prévenir l'action 
de cette maladie étrange , de la combattre avec plus de 
certitude ou tout au moins d'en atténuer plus sûrement les 
effets. 

Nous ne nions ni n'affirmons l'influence salutaire de 
l'ozone dans les épidémies qu'il semble fuir , s'il faut 
en croire la théorie précitée. 

Si l'ozone, se rapprochant du chlore, devient un puis- 
sant agent de désinfection , ne peut-on pas trouver le 
moyen de le produire et surtout de le retenir? Nous avons 
toujours vu employer le chlore dans les épidémies choléri- 
ques. Ne pourrait-on pas multiplier cet agent et le généra- 
liser? 

Puisqu'il y a peu d'ozone aux environs des hôpitaux et 
qu'il n'y en a même pas dans les salles de malades, ne 
pourrait-on pas le produire au moyen de décharges élec- 
triques ? 

Dans tous les cas , nous savons par expérience que le 
moral est un des plus puissants auxiliaires contre les 
épidémies. On a vu souvent des hommes mourir plutôt 
des suites de craintes exagérées que de la maladie elle- 
même. La peur produit des coliques et même des diar- 
rhées ; il n'est pas étonnant alors que, sous une influence 
morbide, ces diarrhées ne dégénèrent en affections cholé- 
riques, 

Nous avons beaucoup observé les hommes et les choses 
dans cette expédition de la Dobrutcha : nous avons pu 
remarquer que les hommes les moins accessibles aux dé- 
faillances morales étaient, plus que d'autres, à l'abri des 
influences cholériques. 

Quant à lhygiène qui, dans tous les cas, doit jouer un 



- 362 - 

grand rôle, c'est à l'administration, toujours prévoyante et 
vigilante en pareil cas, d'y pourvoir vigoureusement par 
tous les moyens possibles, et aux populations de lui prêter 
un concours qui, malheureusement, lui fait le plus souvent 
défaut. 

M. Bidaud fait remarquer que l'ozone naît sous l'influence 
électrique sans qu'il y ait de décharges visibles : il semble que les 
commotions n'en augmentent pas la production. 



Séance du 8 avril 1874. 

Présidence de M. le colonel Belleville. 

La Société reçoit : 

Dix-sept brochures contenant divers Mémoires d'histoire natu- 
relle; envoi de l'auteur, M. Asturo Issel, membre correspondant. 

Le Président annonce deux présentations. 

Il fait remarquer que le dernier n° du Bulletin de la réunion 
des Officiers mentionne la pétition de la Société au sujet de la 
carte de l'état-major. 

M. Desjardins annonce qu'il a découvert, le 25 mars, une 
seconde station du Diplotaxis vininea (D. T.) sur le premier 
coteau de Pech-David, dans un champ de sainfoin : cette plante 
est là en grande abondance. M. Desjardins l'avait déjà trouvée en 
1870 dans les pépinières situées derrière l'Ecole Vétérinaire. Il a 
aussi remarqué une nouvelle station de VHelleborus fœtidas (L), à 
Asnières, rive gauche de la Garonne, près de l'embouchure du 
canal. 



Séance du 15 avril 18*74. 

Présidence de M. le colonel Belleville. 

MM. F. Scumidt, conducteur principal, et Jougla, conducteur 
dey ponts et chaussées, à Foix, sont nommés membres correspond 
dantssur la présentation de MM. Ghamayou et Hutlin. 



— 363 — 

Séance du 22 avril 1874. 

Présidence de M. le D r Goirdon. 

La Société reçoit : 

Programme du Congrès archéologique qui va tenir ses séan- 
ce? à Toulouse. 

M. Rousseau, membre titulaire, adresse le Mémoire suivant : 

Habitation préhistorique de la Crouzade. 

La grotte de la Crouzade est située dans la montagne de 
la Clape, territoire de Gruissan , arrondissement de Nar- 
bonne (Aude) , à environ trois quarts d'heure de marche 
de Gruissan. 

Elle débouche sur le versant gauche d'un ravin dont le 
thalweg sert de lit à un petit ruisseau dit le Rec, ne cou- 
lant qu'en temps d'orage. 

Plus en amont se trouve une source abondante , captée 

pour les besoins de Gruissan , et dont la conduite suit le 

ravin du Rec, en passant dans une gorge pittoresque, mais 

Uriste et dénudée, avant de descendre dans la vallée, sous 

'ouverture même de la grotte. 

Dans le pays, cette excavation porte le nom de Trou de 
la Crouzade. On n'a pu nous indiquer l'origine de ce sur- 
nom. Les uns l'attribuent à une femme nommée Crouzade, 
dont la légende est perdue , les autres, et je suis de ce 
nombre, la regardent comme s'appliquant à une vaste 
ouverture, ayant la forme d'une fenêtre. Cette ouver- 
ture est à un niveau plus élevé que l'entrée proprement 
dite, et ne peut pas servir elle-même d'entrée, parce 
que son seuil est composé d'un rocher vertical de plus de 
10 mètres de hauteur. C'est une véritable fenêtre ; c'est par 
là que la grotte reçoit le plus de lumière, et c'est aussi de 



- 3G4 - 

cette ouverture, lorsque l'entrée était bien barricadée, que 
les habitants de la grotte pouvaient défier tous leurs enne- 
mis sans craindre un assaut, impossible sans échelles. 

La grotte est percée dans un calcaire compacte à dicé- 
rates et ne supporte au-dessus du plafond qu'une couche 
de calcaire d^environ 2o mètres ; cette couche était 
percée de plusieurs puits communiquant avec la grotte 
et par où a dû passer la terre qui a comblé celle-ci ; ces 
tubes de communication subsistent encore en partie; ils 
sont fermés à la surface de la montagne. 

Tous les environs immédiats sont constitués par du cal- 
caire et des marnes appartenant tous au crétacé inférieur ; 
il faut aller fort loin, soit dans l'Hérault, soit aux environs 
de La Nouvelle, pour rencontrer des couches à silex. 

Le 18 janvier 1874, je visitai la grotte, et des silex taillés 
nie révélèrent une station humaine. Mes premières fouilles 
n'eurent lieu que le 17 février, elles furent faites avec 
l'aide de II. Garein , chef d'institution à Narbonue, que 
j'avais informé la veille de mon projet. 

L'abord de cette grotte est assez facile. Après avoir gravi 
une pente forte, une cinquantaine de mètres de rochers et 
de pierrailles, éboulés des bancs calcaires, on rencontre 
une sorte de perron en pierre sèche, au-dessus duquel se 
trouve l'entrée de la caverne. Ce perron est moderne ; 
c'est l'œuvre de bergers qui enfermaient leurs troupeaux 
de moutons dans la caverne, lorsqu'ils étaient surpris par 
un orage. 

On entre par un couloir étroit en bas et en haut , mais 
large au milieu de sa hauteur, ayant absolument la forme 
d'un losange très allongé. A quelques mètres en dedans, 
les parois de ce couloir montrent de chaque côté et se cor- 
respondant par leurs niveaux , trois trous presque carrés , 
grossièrement taillés, dans lesquels pouvaient s'enchâsser 
des bois pour fermer ou barricader l'entrée. Bien que ces 
trous soient peu profonds (4 à 5 centimètres) , très mal 
taillés, nous les croyons relativement récents. 



— 365 - 

Ce couloir a environ \'ô m de longueur ; lorsqu'on achève 
(Je le suivre, on arrive à un élargissement considérable, au 
niveau du seuil de la fenêtre. Ou a au-dessus de sa tête 
une voûte magnifique de 18 mètres de hauteur. On voit la 
grotte, tapissée de vert , se prolonger en face de soi et 
se terminer par une arcade noire majestueuse. C'est une 
voûte ogivale presque régulière, munie d'une ligne de su- 
ture tout le long du sommet , et qui indique une faille 
première origine du percement. Eu continuant à monter , 
on, arrive au point où j'avais trouvé le premier silex et 
où une fouille assez considérable n'a donné aucun résultat. 
Là, on ne foule plus que la terre, tandis que jusqu'alors 
on marchait sur le calcaire seul. 

La pente s'adoucit de plus en plus, et bientôt elle 
devient nulle. C'était là le lieu de réunion , l'habitation 
même des hommes dont nous avons retrouvé les traces et 
les œuvres. 

Plus loin , la voûte s'abaisse beaucoup , le sol descend 
aussi, et plus loin, la voûte et le sol se réunissent ; on 
est au fond de la grotte actuelle, à 72 mètres de l'entrée. 

La couche inférieure de terre , celle où l'on ne trouve 
point de débris animaux , ni de traces humaines , a une 
épaisseur considérable. C'est un mélange d'argile et de 
calcaire de couleur jaune sale, tirant un peu sur le brun 
fauve, doux au toucher, légèrement humide. 

Au-dessus sont les couches fouillées ; leur épaisseur 
totale varie depuis 15 centimètres jusqu'à I^SO. C'est une 
terre brune, argilo-calcaire, riche en humus, tachant les 
mains, onctueuse, divisée par des lits de cendres et de 
charbons, fraîche sans être humide. 

A rencontre de la plupart des autres cavernes, celle-ci 
est sèche ; on n'y voit que cinq ou six stalactites en acti- 
vité, n'ayant que deux ou trois centimètres de longueur. 
11 fut un temps où c'était différent ; on le reconnaît aisé- 
ment aux couches concrétionnées qui tapissent certaines 
fractions de la voûte et des parois, et aux stalagmites par- 



— 200 — 

tielles sous lesquelles nous avons déblayé beaucoup d'osse- 
ments et de silex. 

A l'entrée d'une sorte de galerie latérale se trouvaient 
de nombreux débris : des poteries noires à pâte quartzeuse, 
micacée, très grossière, des silex, des ossements brisés. 

Mais c'est principalement dans un expace limité 
que les hommes de ces époques reculées ont séjourné le 
plus. A la surface, étaient dans un limon sec, de couleur 
foncée brune et noirâtre , quelques silex, couteaux... peu 
d'ossements ; la couche sous-jacente contenait beaucoup 
de silex et d'os cassés , entr'autres quatre poinçons en 
os et plusieurs coquilles marines. 

En dessous venait une couche de 30 centimètres d'épais- 
seur, composée d'un limon brun, marron, riche en humus, 
sec mais onctueux. Elle nous a fourni beaucoup de silex 
taillés en pointes de flèche, couteaux, grattoirs. Quelques- 
uns étaient recouverts d'une couleur rose leur donnant un 
joli aspect; mais cette couleur a disparu au lavage. Beau- 
coup de pièces m'ont présenté cette couleur superficielle, 
môme les dents et les os. Nous avons rencontré là beaucoup 
de dents de cheval et de bouquetin, quelques-unes de renne 
et de lapin, un grand nombre d'os cassés, quatre poinçons 
en os (fig. 2, 3, i), et plusieurs coquilles marines 
provenant de la Méditerranée et y vivant encore. Une 
seule est d'un animal disparu depuis fort longtemps, 
le Fusus \ntiquus , qui vit actuellement dans les mers du 
nord de l'Europe; ce coquillage appartient à la variété 
sénestre dite Contrarius, et sa présence en ce lieu semble 
nous prouver que les habitants de cette grotte n'étaient pas 
encore bien éloignés de la période glaciaire 

En dessous venait une couche noire et grise dont l'épais- 
seur variait entre un et quatre centimètres, et plus bas 
encore une couche de dix centimètres , constituée à peu 
près de la même façon. C'est là que nous avons tïouvé des 
restes de charbons, des os brûlés entièrement ou partiel- 
lement, des dents présentant elles aussi la trace des at- 



— 307 - 

teintes du feu, et enfin un foyer constitué par trois pierres 
disposées régulièrement ; ces pierres étaient encore complè 
tement noires, comme du reste la masse terreuse environ- 
nante , et entourées, à des distances variables, de toutes 
sortes d'ossements brisés, provenant du Cerf, du Renne, 
du Lapin , du Cheval et du Bouquetin. 

Plus bas, venait une couche jaunâtre, douce au toucher 
et ne renfermant point de débris. 

Enfin, vient la terre vierge, dont l'épaisseur est au moins 
de 4 mètres. 

J'avais donc rencontré l'emplacement de plusieurs foyers 
superposés. Plus tard , on en trouva beaucoup d'autres ; 
mais celui-là seul se présenta avec des pierres simulant 
grossièrement des chenets. , 

Les figures 2 et 3 représentent des poinçons en os; le 
premier est arrondi, le second est plat, le manche est brisé. 

La figure 4 représenterait une pointe de flèche en os ai- 
guisé et creusé à sa partie intérieure, de manière à pou- 
voir être engaînédans la fente d'un léger morceau de bois. 
Je n'ai qu'un seul exemplaire de chacun de ces trois types 

Peu de temps après ces premières fouilles^ je profitai de 
l'offre obligeante de M. Cartailhac pour arriver rapidement 
au classement des ossements recueillis. Je fus ensuite con- 
vaincu que de nouvelles recherches étaient nécessaires. J'y 
procédai seulement plus d'un mois après, les 26 et 27 mars 
1874. Pendant ces deux jours, aidé de huit ouvriers, je fis 
passer au crible une grande partie des terres qui me paru- 
rent les plus susceptibles de renfermer des restes d'osse- 
ments ou d'objets travaillés par l'homme. 

Celte excursion me rapporta une abondante quantité de 
silex, de bois de Renne ouvrés, et aussi de Cerf, de Cheval, 
de Bœuf, de Bouquetin et de Lapin. 

Un fait remarquable, c'est l'immense quantité de demi- 
mâchoires de lapins qu'on trouvait. Il y en avait toujours 
au moins une par litre de terre criblée. 

Quant aux carnassiers, ils ne sont représentés que par 



— 308 — 

doux demi-maxillaires inférieures de renard, une fraction 
de maxillaire de blaireau, un os du bassin et un cubitus 
du même. Quelques os d'o seaux de mer ont aussi été re- 
cueillis; mais ils. sont rares 

Les coquilles marines étaient nombreuses et variées ; 
toutes provenaient de la Méditerranée. Quatre d'entre elles, 
petites et jolies, sont percées d'un trou de suspension et 
ont évidemment servi d'ornements Ce sont : une Natice , 
une Cérithe, uneTurritelle et une Lucine. Un Cardium porte 
la trace profonde d'une ébauche de travail. Entre le crochet 
et la charnière on a. par un frottement en long , creusé 
un sillon profond et déterminé de la sorte un trou en 
forme de boutonnière ; j'ai produit le même effet sur une 
autre coquille en me servant d'un silex en guise de scie ; 
l'usure s'est même faite rapidement. 

Poursuivant mes recherches, j'arrivai à une partie de la 
grotte où les infiltrations calcaires avaient donné naissance 
à un plancher stalagmitique. 

Immédiatement au-dessous et collé à la paroi, se trou- 
vait un banc solide, presque tout démoli aujourd'hui. Il 
était constitué par une brèche difficile à désagréger, ren- 
fermant : des dents de Cheval, de Bœuf, de Cerf, de Renne, 
des mâchoires presqu'entières de ce dernier, des mâchoires 
de Bouquetin, d'autres de Lapin et de nombreux os cassés 
de tous ces animaux, entremêlés avec des pierrailles, des 
silex, des coquilles et des charbons. Le tout était lié par 
une faible quantité de terre considérablement durcie parles 
incrustations calcaires. J'ai retiré de cette brèche des 
ossements de Renne et de Bouquetin aussi blancs que s'ils 
venaient d'animaux fraîchement abattus. Une valve entière 
de Pecten maximus, ayant dû servir de vase, porte aussi 
attachés à sa surface des os et des charbons. En -dessous 
venait une forte couche de terre. 

En ce point les couches étaient analogues à celles ren- 
contrées tout d'abord. 

La première couche est la même. 



S 




Bulletin 1874 




Llth. Cassan .Toulom 







i 






- 369 - 

La seconde, épaisse d'environ 15 centimètres, est compo- 
sée de lits de cendres et de charbons, alternant avec des 
bandes de terre. Ce sont des foyers superposés. Il s'y est 
trouvé quelques silex et peu d'os. 

La troisième a 80 centimètres de profondeur et nous 
ramène sous la brèche dont il a été question plus haut. 
C'est un limon onctueux, fin, d'une couleur marron tirant 
vers le brun, mêlé de pierrailles tombées de la voûte. Passée 
au crible elle nous a fourni des silex, des pierres de fronde, 
des marteaux en pierres, des bois de renne ouvrés, un 
poinçon en os (fig. 3), des dents diverses variées, des os 
brisés, des cornes de cerf et de renne, des pieds de renne, 
cerf, bœuf et cheval et des coquilles marines, entre autres 
les quatre pendeloques citées plus haut. 

Sous cette couche, en vient une autre qui tient toute la 
largeur de la grotte, sur une épaisseur moyenne d'un déci- 
mètre. Elle est constituée par un limon noir, humide, rem- 
pli d'un véritable charnier. Les os cassés ou entiers, les 
dents de tous les animaux cités abondent. De là, nous avons 
retiré des cornes de cerf et de renne, et des bois de renne 
ouvrés, fig. 5, 6, 7, 8, 9, 10 et 11, ainsi qu'un grand 
nombre d'autres ustensiles brisés. La plupart des flèches 
en silex viennent aussi de là, ainsi que trois nuclei. 

Le tout était mélangé avec des charbons, des pierres et 
des coquilles. En dessous vient la terre vierge dont la pro- 
fondeur est inconnue. 

En résumé, nous avons extrait de toutes ces fouilles : 

1° Des débris de poteries, mais dans les couches supé- 
rieures seulement; 

2° Plus de 300 silex, dont les types principaux sont 
reproduits sur la planche qui accompagne cette note. 

En outre, des silex dessinés, il s'en est trouvé des quan- 
tités considérables n'ayant pas de formes bien déterminées 
et que nous n'avons pas emportés. 

Il y a des silex de toutes les couleurs, blancs, gris, fauves, 
roses, bruns et noirs. Presque tous, une fois lavés, sont 

26 



— 370 - 

d'une netteté remarquable, et c'est seulement dans la der- 
nière couche que nous en avons recueilli dont, la surface 
était altérée et recouverte de cacholong. 

D'où proviennent ces silex? Il n'en existe point dans la 
(.lape. Je n'ai pas encore pu résoudre cette question, d'au- 
tant plus difficile qu'à l'époque quaternaire la Clape était 
une île. et que pour aller aux gisements les plus rappro- 
chés il fallait absolument se servir d'embarcations ; 

3° Des os aiguisés de trois types (fig. 2, 3, 4), le dessin 
montre suffisamment leur destination. 

Les fig. 12 a et I2 b représentent un os taillé en forme de 
coin; le haut manque, mais je suppose que cette partie se 
terminait en pointe et servait de flèche. 

Quanta l'instrument représenté parla fig. 13 (toutes ces 
figures sont de grandeur naturelle), il est difficile de savoir 
quel pouvait être son usage. C'est un os aiguisé sur le 
flanc gauche, marqué de quatre raies sur le dos. La base 
de ce que l'on peut regarder comme une poignée est for- 
mée par l'apophyse naturelle. Réduite à celte dimension, 
cette pièce était, sans doute, un ornement; 

4° Des os gravés : je n'ai rien trouvé qui mérite d'être 
dessiné. Un os plat ayant servi de manche à un objet 
inconnu, présente des gravures îr régulières, où l'on ne 
distingue pas l'idée du dessinateur, même à la loupe. 

D'autres os présentent simplement des raies parallèles 
produites par les silex en en détachant les chairs. 

Enfin, un os creux, cassé dans le sens de sa longueur, 
et celui de sa largeur est usé et poli en biseau comme le bec 
d'un sifflet ; mais ce n'en est pas un. Cet os est très dur, il 
a été calciné ; 

5° Des instruments en bois de Renne assez peu nombreux, 
et presque tous cassés. Ils étaient, du reste, tellement fra- 
giles, que les ouvriers les brisaient en les retirant de la 
terre, ou ils se brisaient dans le crible au contact des pier- 
railles. Ce que nous avons de mieux, en ce genre, est repré- 
senté sur la planche en grandeur naturelle. 



- 371 - 

La figure 5 montre la face et un côté d'une espèce de 
polissoir: le bout supérieur est taillé en biseau des deux 
côtés et usé par le frottement. La face principale est gravée 
au bas des trois raies disposées un peu en éventail, et eu 
remontant de deux séries entrecroisées de raies très- fines. 
Deux raies parallèles et longitudinales ornent les deux 
côtés, comme on le voit sur le côté droit. 

La figure 9 représente un fragment de manche. C'était 
peut-être ce que l'on a convenu d'appeler bâton de com- 
mandement. Les deux faces étaient ornées, de la même 
manière que celle visible sur le dessin, par quatre rayures 
profondes terminées en pointes, celles-ci dirigées vers le 
centre. Deux trous circulaires, évasés de chaque côté, 
traversaient l'instrument et en diminuant sa force ont pro- 
bablement été cause de ce qu'il est cassé. 

Les figures 6, 7 et 8 font voir les extrémités supérieu- 
res de poinçons. Le w G est un poinçon triangulaire avec 
des encoches le long d'un côté. Le n° 7 est orné sur une 
ligne longitudinale de triangles en relief. Le n° 8 n'a 
que des raies obliques, en creuy. 

La figure 10 montre un fragment d'instrument analo- 
gue, orné sur sa face principale de deux raies longitudinales 
bordées l'une et l'autre d'encoches obliques. 

La figure \ 1 montre la base effilée en biseau, d'un poin- 
çon ou d'un autre outil inconnu. Des deux côtés la partie 
plane en biseau est ornée de raies obliques comme J'indi- 
que le dessin. 

Les coquilles trouvées dans la grotte de la Crouzade 
viennent toutes de la Méditerranée et s'y rencontrent 
encore, sauf le Fusus Anliquus. .l'ai déjà nommé celles 
qui ont été percées d'un trou pour servir d'ornement. Les 
autres ont dû servir à l'alimentation, car on en trouve des 
débris en grande partie. Ce sont surtout des Pecten, des 
Arca, des Cardium, des Calypfraea et des Moules. 

Il n'est pas surprenant de voir autant de coquilles , la 
grotte étant seulement à 2 kilomètres de la Méditerranée, 



— 372 — 

el la montagne elle-même étant une île pendant la période 
quaternaire. 

Les ossements recueillis appartiennent aux espèces sui- 
vantes : 

Bœuf, Bouquetin, Renne, Cerf, Cheval, Blaireau 9 Re- 
nard, Lapin, Oiseau maritime. 

En résumé : 

Nos fouilles nous ayant procuré une certaine quantité 
d'ouvrages en bois de Renne et quelques sculptures sur 
des os, il conviendrait, ce nous semble, de rattacher la 
grolte de la Grouzade à l'époque de la Madelaine, bien que 
certaines grottes de cet âge aient fourni des outils et des 
armes beaucoup pins perfectionnés que ce que nous avons 
trouvé. 

M. Gartailhac fait passer sous les yeux de la Société une carte 
d'Europe sur laquelle sont indiquée les gisements de la période 
finale de l'âge de la pierre taillée, caractérisée par l'extrême 
abondance du Renne. Les vestiges laissés par l'homme de cette 
époque se sont rencontrés dans plus de 40 déparlements Français, 
sur une trentaine de points en Belgique j la Bavière en compte 
trois 5 la Suisse, trois; et presque toujours dans des cavernes ou 
dans des abris sous roches. Cependant, comme ces peuplades n'ont 
pas été les seules à stationner dans les cavernes, M. Cartailhac 
trouve qu'on leur donne à tort le surnom de troglodyliques, 
mérité aussi bien par les hommes île la pierre polie, leurs succes- 
seurs. 

Il voudrait, en outre, mettre le public en garde contre l'illusion 
causée par certains chiffres donnés par les explorateurs. Ainsi, 
M. Piette (de Graône), noire collègue, évalue dans la grotie de 
Gourdan, près de Montréjeau, de 3 à G mètres la puissance des 
strates formées par les détritus de l'habitation de 1 homme. En 
admettant une augmentation de Jeux centimètres par an, il ne faut 
que 300 ans pour atteindre ce maximum de 6 mètres qui paraît 
énorme au premier abord. 

La môme grotte a livre les ossements de 4,000 Rennes. Or, en 
Laponie, la chair d'un Renne sert à nourrir, pendant une semaine, 
quatre personnes. La famille qui stationnait à Gourdan était certai- 



- 373 - 

nement plus nombreuse ; en revanche, des animaux autres que le 
Renne formaient les deux tiers de son alimentation ; enfin, il faut 
tenir compte de ce fait que les peuplades de chasseurs ne séjour- 
naient pas constamment dans la grotte; en donnant comme pro- 
bable un chiffre de 12 Rennes apportés là chaque année, il ne 
fallait que 333 ans pour en accumuler 4,000. M. Cartailhac 
ajoute que ses observations n'ont nullement pour but de combat- 
tre l'idée de la haute antiquité de l'homme, vérité scientifique 
démontrée depuis 10 ans. 

il termine en exposant la nécessité de ne point baser des conclu- 
sions, des théories, sur l'absence, dans certaines régions de l'Eu- 
rope de stations, alors qu'elles sont nombreuses sur d'autres 
points. 

Si la Dordogne, le Tarn-et-Garonne, l'Ariége paraissent privilé- 
giés, c'est surtout parce que ces pays ont été explorés avec plus de 
soins. La Suisse est très pauvre en stations de l'âge du Renne; 
on vient cependant de découvrir près Je Schaffonse et du lac de 
Constance, une grotte fréquentée à celte époque si remarquable 
par le développement du sentiment artistique, chez les sauvages 
répandus dans l'Europe occidentale. Entre autres objets, cette 
grotte s livré un os dont M. Cartailhac montre la représentation et 
sur lequel est gravé au Irait ia figure d'un Renne admirablement 
exécutée. 

M. Laffont lit une note insérée au Journal Officiel, dans laquelle 
la Société d'Histoire naturelle est mentionnée comme patronant 
dans la région le Club-Alpin français, et devant former dans son 
sein une section de géographie. 



Séance du S9 avril. 

Présidence de M. le colonel Belleville. 

Lu Société reçoit : 

Paléontologie de Biarritz, par M. de Bouille (envoi de l'auteur). 

M. le Président propose d'ouvrir parmi les membres de la Sociélé, 
une souscription pourconco urir à la fondation de l'Observatoire du 
pic du Midi. 

Cette proposition est adoplée. 



— 374 — 

M. Thutat rend compte de la réunion des. Sociétés savantes à la 
Soibonne. La carte agro-géologique du Tarn-et-Garonne présentée 
par notre collègue, M. Rey-Leseure, lui a valu un véritable 
succès. 

M. Truiat pend compte, en outre, à la Société, d'une visite qu'il 
a eu l'occasion de faire au Muséum de Paris. 

Tout le monde sait que depuis longtemps les naturalistes se 
plaignaient amèrement de l'état des galeries du Muséum ; sans que 
nous ayons à rechercher les causes de ces plaintes plus ou moins 
exagérées, il n'en est pas moins vrai que bien des séries restaient 
indéfiniment dans un statu quo complet et que les collections 
exposées étaient loin de représenter l'état présent de la science. 
Dans ces dernières années, depuis le siège de Paris surtout, des 
progrès importants ont été accomplis, et voici quelques détails sur 
la zoologie : 

La ménagerie est dans un état remarquable, tous les parcs sont 
occupés ; les animaux, en excellent étal, sont plus nombreux qu'ils 
ne l'avaient jamais été ; enfin, la nouvelle ménagerie des reptiles, 
encore inachevée, sera une des plus belles et des mieux aména- 
gées. 

Le grand pavillon de zoologie a surtout attiré notre attention, 
car ici les améliorationsontété considérables ; les préparations ont 
beaucoup gagné, et bientôt les ridicules empaillages, que bien vous 
connaissez, auront été remplacés par des montages soignés. La 
série des singes est magnifique, les Lémuriens surtout ont été 
l'objet de tous les soins de M. Alphonse Milne-Edwards, et Paris 
possède maintenant la plus nombreuse collection de ces singuliers 
animaux. 

Dans les carnassiers, faute de place, il a fallu éliminer des gen- 
res entiers, et il nous semble qu'en ceci le Muséum a parfaitement 
compris son véritable rôle scientifique : à notre avis, un établisse- 
ment de cette importance ne doit pas se contenter de ne présenter 
seulement que les types principaux ; il doit, au contraire, former 
des séries complètes et sans lacunes, et (aire attendre dans les 
laboratoires les séries inachevées. 

Nous ferons la môme remarque pour les Pachydermes et pour 
les Ruminants. Nous ne pouvons abandonner les galeries demam- 
malogie sans citer l'étonnante série d'espèces nouvelles de grands 
mammifères rapportée du nord de la Chine par l'abbé David : et 



- 375 - 

ceci nous donnera l'occasion de rappeler teeùê' époque brillante 
pour le Muséum où-TÉtatsavait employer des sommes considérables 
pour les expéditions scientifiques et où des naturalistes , tels que 
tesson, Quoy, Gaymard ot tant d'autres allaient au loin, sur les 
navires do l'État, recueillir les documents les plus précieux. 

Comme vous le voyez, les galeries de mammalogie ont singuliè- 
rement changé, mais vous ne serez pas étonnés de ces rapides 
progrès lorsque nous vous aurons dit que c'est M. Alphonse Milne- 
Edwards qui a pris à cœur cette résurrection, et il a fallu toute son 
énergie pour obtenir un semblable résultat; vous pourrez aisé- 
ment vous rendre compte des difficultés matérielles qu'il fallait 
surmonter quand vous saurez, entr'autre détail, qu'il faudrait un 
local 40 fois plus grand pour loger ce qui existe actuellement au 
Muséum. 

Les collections d'oiseaux semblent ne s'être pas enrichies 
beaucoup ; mais, ici, il y a eu grand progrès dans l'étiquettage, 
celte lacune si critiquée du Muséum. Dans ce moment M. Oustalet 
s'occupe activement de mener à bonne fin une révision générale 
des richesses ornithologiques du Muséum, et bientôt il sera possi- 
ble de savoir exactement ce que renferment et les galeries et les 
laboratoires. 

Les collections de reptiles sont complètement aménagées, l'éti- 
quettage est complet : ce travail considérable a été entrepris par 
M. Blanchard, et .cela avec d'autant plus de mérite que ce savant 
professeur n'était chargé des reptiles que par intérim et que rien 
autre que l'amour de ia science ne l'obligeait à semblable besogne. 

Les séries de poissons sont en pleine organisation et bientôt elles 
auront le même ordre que les collections de reptiies. 

Nous ne pouvons guère vous parler des invertébrés ; sauf les 
crustacés, les autres classes sont disséminées de tous côtés et il est 
assez difficile de se rendre un compte exact de leur état. 

Les collections d'anatomie occupent, comme vous. le savez, une 
série de pièces irrégulières dont la plupart ont été ajoutées au bâti- 
ment primitif. Nous ne vous parlerons que des acquisitions les 
plus remarquables, et nulles ne peuvent être mises au-dessus de 
la curieuse série des grandes espèces éteintes dont M. Gervais a 
entrepris lu reconstitution. Vous connaissez déjà de réputation le 
squelette de Megatherium, celui du Glyptodon que le Muséum 
possède mais qu'il n'a pu loger ailleurs que dans un ancien labora- 



- 37() — 

loire de chimie où le public n'est pas admis ; dansée momcnUout 
le personnel du laboratoire est occupé à la préparation des oiseaux 
quaternaires envoyer par le Muséum de la Nouvelle-Zélande. 

L'anthropologie a du se réfugier dans une série de petites pièces 
biscornues, et M, de Quatrefages, aidé de M. Hamy, a dû installer 
t;inl bien que mal ces collections dans d'anciennes chambres à cou- 
cher. A vrai dire, la collection anthropologique n'existe que depuis 
quelques années et elle s'est accrue tout d'un trait, de telle sorte 
qu'elle peut prétendre maintenant à l'un des premiers rangs. Nous 
\ous citerons surtou! une collection craniolugique recueillie dans 
le voyage de Dumonl d'Urville, collection qui renferme des 
exemplaires de races qu'il est actuellement impossible de retrouver; 
ou bien elles sont éteintes, ou bien le métissage a entaché tous les 
individus que l'on peut retrouver maintenant. 

Nous ne pouvons terminer cette rapide esquisse de l'état actuel 
des collections zoologiques du Muséum sans déplorer qu'un éta- 
blissement de cette importance soit aussi délaissé qu'il l'est par 
VÈtat. Les locaux sont insuffisants ou détestables, le personnel 
restreint et rétribué d'une manière ridicule ; et cependant le 
Muséum de Paris a élé !e premier établissement de ce genre; c'est 
lui qui a produit les Buffonjes Cuvier, les Lamark, les Geoffroy, 
les Jussieu, ces illustrations françaises à jamais célèbres dans la 
science. 

Mais en France, l'enseignement primaire semble seul compris du 
plus grand nombre; la science pure paraît objet, je ne dirai pas de 
luxe (elle serait alors tenue m\ honneur), mais bien objet de fan- 
taisie pour des hommes d'une espèce à part, et qui sont assez 

fous pour se contenter des jouissances de l'esprit : l'utilité de nos 
études est contestée continuellement, tant est grande l'ignorance 
du plus grand nombre, et de ceux-là même qui mettent à profit 
tous les jours les découvertes de a science. 

M. Chamayou annonce qu'il a remis la pétition concernant 
l'emploi des courbes de niveau à M. de Brettes-Thurin, député de 
la Haute-Garonne, qui la déposera sur le bureau de l'Assemblée. 



— 377 — 

Séance du 6 mai. 

Présidence de M. le colonel Belleville. 

M. l'abbé Bruigtiéres, curé de Bilhars(Tarn), est nommé mem- 
bre titulaire, sur la présentation de MM. Chnmayou etHuttier. 

Sur la proposition de M. G. de Malafosse, il est décidé que le 
Bulletin sera désormais envoyé au directeur de la Revue des 
Sciences naturelles de Montpellier. 



Séance du 13 mai. 

Présidence de M. le D r Gourdon. 

La Société reçoit ; 

Excursions des Alpes-Maritimes, par AndoynauJ. 
Conseils et réflexions sur l'Agriculture, par A. Rousset. 
Institut des provinces : Programme du Congrès de Rodez. 
Lettre du Club-Alpin français remerciant la Société do son con- 
cours. 

M. Bastide, négociant à Toulouse, présenté par MM. Hutlioret 
Chamayou. est admis comme membre titulaire. 

M. le D r Garrigou, chargé par M. le Directeur général des 
chemins de fer d'étudier les causes géologiques de l'affaissement 
du tunnel de Sarrouilhes, situé sur !e chemin de fer de Toulouse 
à Bayonne, près de Tarbes, indique les causes qui on!, déterminé 
des mouvements dans cet ouvrage ; il produit à l'appui des coupes 
du plateau de Lannemezan, dont le tunnel de Sarrouilhes traverse 
le dernier chaînon, le plus rapproché de la vallée de l'Adour. 

Le tunnel est percé dans une moraine qui s'étend depuis le haut 
du plateau et passe sous le terrain miocène, d'après M. Garrigou. 
Des crevasses latérales s'etant produites le long du souterrain, les 
eaux pluviales et celles des sources ont fini par désagréger les 
poudingues composés de cailloux roulés cimentés par de l'argile, 
et des tassements se sont produits. On a tâché de remédier à cet 
état de choses en comblant les crevasses et en captant les sources : 



— 378 — 

toutefois ces travaux n'ont pus encore produit tout leur effet, car 
le tassement des terrains rapportés ne se fait que lentement. 

M. dk M.vlafosse ajoute qu'un fait analogue s'est produit sur le 
chemin de fer de ttrioude a Mais, mais d'une façon différente. Un 
tunnel creuse dans des schistes Siluriens a fait un mouvement, 
mais le souterrain a marché tout entier. Pour remédier à cet état 
de choses, on paraît décidé à donner au tunnel la forme circulaire 
qui résiste mieux à la pression des terresexercée uniformément de 
toutes parts. 



Séance du 20 mai. 

Présidence de M. L\croi\, vice-président. 

La Société a reçu une lettre de M. le colonel Belleville annon- 
çant que la Société protectrice des animaux lui a décerné une 
médaille de bronze pour son opuscule sur la Rage. 

M. le docteur Gourdon et M. Chamayou déposent des projets de 
grandes et petites courses. 



Séance du 27 mai. 

Présidence de M. leD r Gourdon. 

La Société reçoit : 

Une lettre de faire part du décès de M. Prosper Germain, mem- 
bre titulaire de la Société. 

Une lettre de l'Académie des Sciences de Toulouse, invitant les 
membres de la Société à assister à la séance publique. 



Séance du 3 juin. 

Président de M. L\croix, vice président. 

La Société reçoit : 

Une lettre de la Société archéologique invitant les membres 
de !a Société à assister à la s?auee publique du 4 juin. 



— 379 — 

Une lettre de la Société de géographie adressera des documents 
pour le Congrès de 1875, qui sera tenu à F'aris, et réclamant le 
concours de la Société. 

M. Bonnal est chargé de présenter un rapport sur ici question. 

M. Lacroix rend compte de la première petite course qui a été 
faite à Larramet le 25 mai. Il met sous les yeux de la Société un 
nid de Busard Montagu (rircus cineraceus) recueilli dans cette 
localité. Il fait remarquer que le nombre des œufs contenus dans 
ce nid (4) est toujours le même. Ce busard niche à terre, au 
milieu d'une touffe da bruyères ou déjeunes chênes-, ils soir très 
solidement fixésaux plantes qui les entourent et il n'est pas facile 
de les enlever : ils sont entièrement composés de brins de bois et 
d'herbes sèches, sans aucune plume, sans aucun débris de laine. 
Les œufs sont presque ronds, de couleur blanche légèrement azu- 
rée 3t parsemés de tâches d'un brun très-clair et quelquefois peu 
apparentes : l'intérieur de la coquille est vert d'eau. 

M. Trutat envoie le Mémoire suivant : 

Essai sur les Pyrénées. 

Un des effets les plus remarquables de rétablissement 
des voies ferrées est bien certainement le développement 
du goût des voyages. De quel courage ne fallait-il pas 
faire provision autrefois avant de tenter l'assaut d'une dili- 
gence dans laquelle force était d'étouffer des journées 
entières avant d'atteindre le but désiré? ou de quelle for- 
tune ne fallait-il pas être possesseur pour fréter une calè- 
che de poste et rendre ainsi moins rudes les lenteurs du 
voyage? 

Mais les chemins de fer sont venus et avec eux un 
ensemble d'améliorations de toutes sortes ; aussi est-il 
permis , plus que jamais , d'insister sur l'utilité des 
voyages. 

Cette habitude des voyages ne prendra cependant son 
complet développement que lorsqu'elle sera entrée plus 
avant dans nos mœurs, et qu'elle fera partie de l'éducation 
de la jeunesse française. 



— 380 — 

« Je crois aller au-devant d'un vœu qui ne peut tarder 
à être exprimé (disait le colonel Laussedat à la réunion de 
l'Association française tenue à Bordeaux en 1872), en 
demandant que nos enfants voyagent et qu'ils acquièrent 
ainsi, en même temps qu'une connaissance parfaite des 
idiomes, une jusîe idée de l'état de leur pays et de celui 
des contrées voisines à tous les points de vue. Les voyages 
seraient, à mon avis, le meilleur complément de l'étude 
des langues vivantes et de la géographie pédagogique , 
toujours aride , quoi qu'on fasse, pour y intéresser les 
jeunes gens. Les Anglais, les Russes, les Allemands voya- 
gent beaucoup, et c'est là, on n'en saurait douter, la prin- 
cipale raison pour laquelle ils ont sur nous l'avantage de 
parler les langues et de savoir généralement la géographie 
de l'Europe. » 

En Angleterre, cet usage est tous les jours mis en pra- 
tique et c'est par là que les jeunes gens débutent dans la 
vie. Aussitôt sorli de l'Université et simplement muni de 
lettres de présentation, le jeune Anglais est lancé dans la 
vie aventureuse dos voyages et livré à ses propres forces , 
désormais il devra se passer de l'appui immédiat de sa 
famille; mais s'il a bel et bien la bride sur le cou, ce ne 
sera pas uniquement pour explorer les boulevards de la 
capitale ou les coulisses des théâtres, but vers lequel aspi- 
rent trop nos jeunes gens. 

En France, en effet, l'oisiveté est la plupart du temps 
la cause la plus directe des habitudes mauvaises que con- 
tractent si rapidement les fils de famille que leur position 
de fortune n'oblige pas à embrasser une carrière. N'est-il 
pas déplorable cependant de les voir consacrer les forces 
vives de leur jeunesse à l'unique recherche des plaisirs 
faciles; plaisirs où ils trouvent souvent la ruine de leur 
santé, et l'énervement des qualités de leur esprit, au mépris 
de cette énergie qui fait un citoyen et le rend digne de 
ce nom. 

Il conviendrait donc de développer de bonne heure ce 



— 381 — 

goût des voyages; aussi nous rangerons-nous à l'idée du 
colonel Laussedal quand il dit: « Je serais d'avis que, pour 
préluder aux voyages à l'étranger, nos plus jeunes enfants 
lussent exercés à de longues marches, en leur faisant faire 
pendant la belle saison des excursions dans le voisinage 
de leur école, et en profitant des chemins de fer pour leur 
faire connaître le pays dans un rayon plus étendu. Qui ne 
sait qu'en Suisse et en Allemagne , de tous jeunes gens 
emploient ainsi une partie du temps de leurs vacances à 
faire, sac au dos et sous la direction de leurs instituteurs, 
d'assez longues tournées, au grand avantage de leur déve- 
loppement moral, physique et intellectuel, et je pourrais 
ajouter, au grand avantage du développement des sciences 
naturelles. » 

Les voyages à pied nous paraissent, en effet , des plus 
utiles aux jeunes gens. L'habitude de la marche au point de 
vue de la santé est d'une importance extrême; et, d'un 
autre côté , les excursions en commun ont le précieux 
avantage de façonner le caractère de ceux qui y prennent 
part, en même temps qu'elles développent rapidement la 
faculté si importante de l'observation. ïopffer nous a donné 
à ce sujet des conseils aussi excellents à suivre que char- 
mants à lire, et nous ne pouvons résister à la tentation de 
citer les lignes suivantes du spirituel Genevois : 

« Il est très bon d'emporter, outre son sac, provision 
d'entrain, de courage et de bonne humeur. Il n'est pas 
mal aussi de se fatiguer assez pour que tous les grabats 
paraissent moelleux, et de s'affamera ce point que l'appétit 
est un délicieux assaisonnement aux mets de leur nature 
les moins délicats; de n'attendre rien du dehors et d'em- 
porter tout avec soi : son sac, pour ne pas dépendre du 
roulage ; ses jambes pour se passer de voitures ; sa curio- 
sité pour trouver partout des spectacles ; sa bonne humeur 
pour ne rencontrer que de bonnes gens. » 

Quoi de plus facile que la mise en pratique de tout ceci ? 
n'avons-nous pas à notre porte, grâce aux chemins de fer, 



— :j82 — 

les plus merveilleux sujets de voyage? Les Alpes, les 
Pyrénées , pour ne ciler que les plus remarquables, ne 
sont plus qu'à quelques heures de nous, quel que soit le 
département de la France où nous résidions ; et nous pou- 
vons avancer sans crainte d'être démenti, que les explora- 
tions de montagnes réunissent à la fois toutes les difficultés 
et tout l'intérêt des expéditions les plus lointaines. 

Depuis longtemps les Alpes ont le privilège d'attirer les 
touristes de l'Europe entière, et de nombreux écrivains en 
ont, à l'envi, célébré ses charmes : « Si nous avançons 
que dans certaines conditions, dit Topffer, tout pays est bon 
pour y voyager avec agrément, il ne nous appartient pas 
de méconnaître que la Suisse l'emporte à cet égard sur 
toute autre contrée. Sans parler des facilités qu'elle offre 
de toutes parts au voyageur, quelle autre terre sur le globe 
concentre dans un plus petit espace , plus de merveilles 
quant à la nature, plus de variété quant à l'homme? Dans 
la même journée l'on change de peuple comme de contrée; 
l'âpre et le riant se succèdent, tantôt par degrés, tantôt par 
de frappants contrastes; les mœurs de simples ou de sau- 
vages que vous les avez observées le matin, sont devenues, 
le soir, civilisées ou industrieuses; ici de chauves sommi- 
tés; là des croupes verdoyantes ou des retraites d'ombre 
et de paix. » 

A côté des Alpes, ne pouvons-nous pas citer les Pyré- 
nées? et si nos montagnes méridionales n'ont pas toute la 
réputation de celles de la Suisse, ne pouvons-nous affirmer 
qu'elles n'en méritent pas moins la visite des touristes ? 
Sans doute leurs pics les plus élevés n'atteignent pas des 
hauteurs aussi considérables que les cîmes des Alpes ; sans 
doute, les facilités du voyage ne sont pas semées sous 
les pas comme en Suisse; en retour, dans les Pyrénées, la 
nature domine plus seule ; la présence continuelle de 
l'homme ne vient pas enlever ce parfum d'isolement et de 
grandeur qui est un des plus grands charmes de la nature. 
Nous pouvons bien dire avec Jean-Jacques Rousseau de 



— 383 — 

ces montagnes seules que : « Les méditations y prennent 
je ne sais quel caractère grand et sublime, proportionné 
aux objets qui nous frappent, je ne sais quelle volupté 
tranquille qui n'a rien d'acre et de sensuel. Il semble qu'en 
s'élevant au-dessus du séjour des hommes , on y laisse 
tous les sentiments bas et terrestres, et à mesure qu'on 
approche des régions éthérées l'âme contracte quelque 
chose de leur inaltérable pureté. » 

Depuis quelques années, le nombre des étrangers qui 
visitent nos montagnes augmente rapidement, et cette 
affluence provient certainement de l'installation des voies 
ferrées au centre même des Pyrénées. Mais nous le disons 
à regret, les vrais touristes, ceux qui savent demander aux 
montagnes ce qu'elles peuvent donner , ceux qui savent 
voir, dédaignent trop souvent de venir dans nos monta- 
gnes. Leur réputation n'est pas suffisamment faite, ils ne 
les connaissent pas ; aussi quand l'un deux, par une cir- 
constance fortuite, a visité les Pyrénées, il y revient avec 
plaisir et profit. 

Il conviendrait donc, avant tout, d'établir le bilan des 
attractions de la chaîne des Pyrénées. Nous ne pouvons ici 
aborder pareille tâche, il nous suffira de retracer le plus 
brièvement possible une sorte d'esquisse générale de cette 
région, et qui pourra servir d'introduction à une série 
d'observations de détails ayant pour but de préciser cer- 
tains points de l'histoire de ces montagnes. 

Si, dès le début, nous avons attribué aux chemins de fer 
la part la plus importante dans le développement du goût 
des voyages, nous devons dire en terminant ces considé- 
rations générales que c'est grâce à eux que nous avons pu 
entreprendre des études suivies sur la chaîne toute entière; 
aussi estimons-nous un devoir de débuter dans notre Essai 
sur les Pyrénées en remerciant la Compagnie des chemins 
de fer du Midi du concours qu'elle a bien voulu prêter à 
nos recherches. ■ 



38 



.«• 



CHAINE DES PYRENEES. 

Le nom de chaîne des Pyrénées ne s'applique pas seule- 
ment aux montagnes qui séparent la France de l'Espagne; 
il désigne aussi, outre les Pyrénées proprement dites, pla- 
cées à l'est, tout un ensemble de montagnes appelées sou- 
vent Pyrénées Canlabres et qui forment à l'Ouest un massif 
considérable. Une grande dépression sépare ces deux par- 
ties et établit au pied Sud de la chaîne des Pyrénées pro- 
prement dites, un grand bassin en tout semblable au bassin 
Sous-pyrénéen qui, au nord, sépare ces monts du plateau 
central. 

Nous ne nous occupons pas ici des Pyrénées Cantabres, 
et dans la chaîne française nous aurons particulièrement 
en vue le versant Nord qui fait partie en entier du terri- 
toire français. 

La chaîne des Pyrénées proprement dite mesure en 
ligne droite, de l'Océan à la Méditerranée, 430 kil., et 
si l'on tient compte des différentes inflexions de la crête 
médiane, il faut élever à 070 kil. cette longueur totale. 

Gomme largeur elle aurait : 

Entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Pampelune.. 60 kil. 

Entre Tarbes et Ainsa MO kil. 

Entre le Boulou et Hostalnou 24 kil. 

La superficie horizontale de cette surface ainsi limitée 
serait de 33,000 kil. carrés. 

La masse totale étendue sur la surface entière de la 
France exhausserait le sol de 35 mètres, tandis que les 
Alpes françaises atteindraient le chiffre de 42 mètres. Mais 
l'on comprend que ces quantités ne sont qu'approximati- 
ves, et que le seul chiffre réel serait celui des mètres cubes 
de la masse entière, mais les données manquent encore 
pour établir un chiffre approchant de la réalité. 

Constitution générale. 

La chaîne des Pyrénées offre dans sa constitution une 



— 385 — 

régularité remarquable, et qu'il est extrêmement rare de 
rencontrer aussi comp ! ète; il serait, en effet, difficile de 
citer un type plus parfait de chaîne de montagne, et à ce 
point de vue leur étude offre aux géographes le plus grand 
intérêt. 

« Les Pyrénées, écrit de Charpentier, se découvrent 
de fort loin, de quelque côté qu'on les aborde. L'un des 
points les plus favorables pour bien jouir de la vue de cette 
belle chaîne, et sur la majeure partie de sa longueur, est 
Toulouse et ses environs, surtout du haut des coteaux de 
Pech-David. Là on se trouve presqu'en face du milieu de 
la chaîne, assez loin d'elle pour embrasser un vaste hori- 
zon, et néanmoins encore assez rapproché pour pouvoir bien 
en distinguer les principaux détails. Là , les Pyrénées se 
présentent à la vue sur une longueur de plus de 50 lieues, 
depuis le Canigou jusqu'aux sommets qui dominent la 
vallée d'Ossau, en offrant un tableau aussi ravissant que 
majestueux et qui occupe (out l'horizon au Sud. Elles 
paraissent ne former qu'une seule montagne oblongue qui 
s'élève insensiblement de l'Ouest à l'Est. Son faite est 
découpé par des sommets plus ou moins aigus et par des 
dépressions plus ou moins évasées. » 

Mais si, allant plus avant, l'on pénètre dans la chaîne 
elle-même, l'on constate une régularité remarquable. En 
effet, les Pyrénées ont été comparées à juste titre, tantôt 
à un squelette de poisson, tantôt à une feuille de fougère. 
L'axe principal de la chaîne donne naissance de chaque 
cô.té à des chaînons latéraux qui, à leur (our, se subdivi- 
sent encore jusqu'au niveau des plaines environnantes. Ces 
montagnes secondaires s'unissent presque toujours perpen- 
diculairement à l'axe central ; et elles donnent naissance 
sur chaque versant à des vallées qui communiquent sou- 
vent entre elles par des cols, des ports, c'est-à-dire par des 
dépressions formées entre deux cîmes. 

« Outre ces rameaux ou chaînons latéraux, nous dit de 
Charpentier, rameaux qui partent immédiatement de la 

27 



- 386 - 

chaîne centrale, on observe encore dans les Pyrénées un 
petit nombre de chaînons dont la direction est à peu près 
parallèle à celle de la chaîne, et qui sont souvent si bien 
séparés des rameaux latéraux qu'on ne peut pas les con^ 
sidérer comme une ramification de ces derniers. Ces chaî- 
nons parallèles ne sont pas d'une étendue assez grande 
pour être comparés à ceux des Alpes et du Jura , lors 
même que l'on ne tiendrait pas compte des vallées qui les 
interrompent fréquemment. Tous ces chaînons se trouvent 
plus rapprochés du pied de la chaîne que du faîte, et à 
plusieurs endroits leur pente septentrionale se perd immé- 
diatement dans la plaine ou dans les collines précédant 
les Pyrénées de ce côté. Les plus étendus et les mieux 
caractérisés se rencontrent dans le département de l'Ariége 
et dans celui des Basses Pyrénées. » 

Cette suite de chaînons parallèles , qui a reçu , dans 
ces derniers temps , le nom de Petites Pyrénées, ne vient 
nullement troubler l'ordonnance générale de la chaîne 
principale. Cette régularité a cependant été interrompue 
par un accident gigantesque qui semble avoir brisé en son 
milieu l'axe même de la chaîne, sans avoir troublé le mode 
de formation des moitiés ainsi séparées. 

Cette immense brisure a donné naissance à deux chaînes 
distinctes; l'une, Occidentale, se relie à la côte Océa- 
nienne , et par les Monts basques gagne rapidement la 
partie élevée de la chaîne : Vignemale , Clarabide, Cra- 
bioule, Sauvegarde, la Picade, pour se terminer au port 
d'Estherry ; l'autre, Orientale, commence à la Méditerra- 
née (cap Creuss,) et fournit bientôt le picPédrous, Carlitt, 
l'Andorre, la Ilaute-Ariége; puis marche parallèlement à 
la chaîne Occidentale, donne les pics de Crabère, de Ten- 
tenade et finit au Pont du Roi, à 20 kil. environ au Nord 
de la Picade. 

« On pourrait comparer les Pyrénées (1) à une chaîne 

(0 Elisée Reclus. 



— 387 — 

normale qui aurait été divisée en deux par une gigantes- 
que faille et dont les moitiés, restées fixes par leurs extré- 
mités maritimes , auraient tourné légèrement et en sens 
inverse autour de ces extrémités comme sur des pivots. » 

Nous pourrons donc regarder comme séparées et dis- 
tinctes les deux moitiés de la chaîne, l'une aboutissant par 
des pentes successives à l'Océan, et l'autre, au contraire, 
plongeant brusquement dans la Méditerranée par les pen- 
tes rapides du Canigou. 

Malgré cet accident gigantesque, chacune de ces moitiés 
a conservé sa régularité d'allure, et cette brisure n'a pas, 
en quelque sorte , enlevé à l'ensemble de ces montagnes 
leur remarquable simplicité. Elles diffèrent complètement 
en cela des Alpes, car celles-ci « se divisent , d'après 
Studer, en une série de groupes formant autant de masses 
centrales distinctes qui courent pour la plupart dans une 
même direction , mais qui souvent aussi se maintiennent, 
les unes à l'égard des autres, dans une direction oblique, 
ou bien sont disposées , comme les cases d'un échiquier, 
autour d'un axe idéal, semblable à peu près aux différentes 
cimes caractéristiques d'une même zone volcanique. » 

Normalement, les sommets les plus élevés devraient se 
trouver placés sur la crête de la chaîne; il n'en est rien 
dans les Pyrénées, et ici encore nous avons à signaler une 
anomah'e intéressante. Vaxe orographique , ou ligne qui 
joint les points culminants, s'éloigne de Vaxe géographique, 
ou ligne qui sépare les versants opposés, pour se tenir 
constamment au sud de Vaxe géographique en décrivant 
une courbe sur le territoire espagnol pour toucher, dans 
cette déviation, les sommets du Néthou, des Posets et du 
Mont Perdu. Ces trois montagnes, tout en étant situées en 
avant de la chaîne, se relient cependant à Taxe stratigra- 
phique, mais d'une manière plus ou moins complète. 

Les Posets et le groupe de la Maladetta s'en séparent le 
plus; ce dernier massif, de beaucoup le plus important, 
est complètement isolé à l'Ouest, au Nord et au Sud, et il 



— 388 — 

es! à peine relié du côté de l'Est à la grande chaîne par 
les crêtes des Salenques qui, elles-mêmes, se terminent 
brusquement au pic Fourcanade. 

N'oublions pas de rappeler que ce massif des Monts- 
Maudits se trouve juste dans Taxe de la grande fracture 
transversale qui est venue séparer en deux la chaîne des 
Pyrénées. Cette région présente, du reste, à tous les points 
de vue, de nombreux sujets d'étude, et nous aurons à en 
parler de nouveau lorsque nous toucherons à la question 
des glaciers. 

Le Ganigou, dans les Pyrénées Méditerranéennes, paraît 
isolé également de la chaîne principale, mais ici le massif 
séparé occupe le versant Nord, contrairement au Néthou 
et au Mont-Perdu, qui sont avancés vers le Sud. Nous 
considérerons les pics de Carlitt, de Périgt, et, d'une 
manière générale, les hauts sommets qui dominent la val- 
lée de l'Aude, comme terminant la grande chaîne Méditer- 
ranéenne ou massif moyen, massif qui s'étendrait au-delà 
de Formiguèreen donnant naissance aux petites montagnes 
des Corbières, dont les dernières ramifications vont mourir 
dans la plaine de Narbonne. 

Le massif du Canigou commencerait au Sud par une 
longue crête, formant le côté gauche de la vallée espa- 
gnole de la Sègre, qui donne pour premier sommet élevé 
le Puigmal (2,909 m ) en avant duquel le Cambres -d'Aze 
(2,7G0 m ) indiquerait le point de raccord avec le massif du 
Carlitt : Mont-Louis serait ainsi placé exactement sur cette 
ligne de jonction. A partir du pic Costa-Bona (2,464 m ), 
cette crête de la Sègre se divise en deux : l'une, la crête 
de Roja, aboutit par le Nord au Canigou, et finit brusque- 
ment à la. vallée de Prades. Au Sud, au contraire, la crête 
s'abaisse insensiblement et occupe la rive droite du Tech 
pour finir par les petites montagnes des Albères au cap 
Cerbère (208 m ) ; de telle sorte que le Canigou (2,785 m ) do- 
mine également de toute son élévation, au nord la plaine 
de la Têt et au sud la plaine du Tech. 



- 389 — 

Le Canigou est une des montagnes les plus imposantes 
des Pyrénées ; son isolement lui donne une physionomie 
toute particulière, car ce sommet élevé (2,785 m ) domine sa 
base de plus de 2,000 mètres; or, d'après M. Russell : 
» si l'on admet que la longueur d'une ascension doit s'es- 
timer et se mesurer d'après la différence de niveau du 
pic à gravir et celle du point de départ, l'ascension du 
Ganigou est une des plus longues des Pyrénées, puisque 
son sommet domine Prades de 2,440 m et le Vernet de 
2,16'5 m . » Mais nous avons hâte d'ajouter que l'ascension 
du Ganigou est des plus faciles et présente le plus grand 
intérêt. De ce sommet l'on peut voir, en effet, toute la 
moitié orientale des Pyrénées et un horizon de mer qui 
dépasse 200 kil, ; par une belle matinée d'été, il est facile 
de suivre la côie de Barcelonne à Cette, et l'on distingue 
assez nettement les noires montagnes d'Agde, point extrême 
de cette longue traînée volcanique qui vient directement 
du massif de l'Auvergne plonger dans la mer, au cap 
d'Agde. 

A ces considérations purement orographiques nous 
devons ajouter que les caractères géologiques de cette 
région ont permis à M. Dufrénoy de séparer complètement 
le massif du Ganigou du reste de la chaîne. 

« Différentes circonstances, dit-il, me font présumer 
que le dernier surgissement de ce groupe de montagnes 
est plus moderne que celui du reste de la chaîne : la prin- 
cipale consiste dans le relèvement des terrains tertiaires 
les plus récents vers la cîme du Canigou. Ainsi à Neffiach, 
au nord du Canigou, M. Reboul a indiqué, depuis long- 
temps, que les marnes argileuses qui contiennent des 
fossiles analogues aux terrains subapennins sont en cou- 
ches fortement inclinées. Au. sud du Canigou, des terrains 
à lignites également très modernes, qui forment une bande 
dans la Cerdagne, depuis Llivia jusqu'à la hauteur de la 
Seu d'Urgell, sont en couches relevées d'environ 60° vers 
le N. 20' 0. Les terrains tertiaires situés sur les deux 



- 390 - 

versants de cette montagne ont donc été fortement 
dérangés, tandis que sur toute la longueur de la chaîne 
des Pyrénées les terrains tertiaires se sont déposés hori- 
zontalement au pied de la vaste falaise formée par celte 
même chaîne. * 

Nous ajouterons encore que le soulèvement du Canigou 
a donné aux sources thermales de cette région une phy- 
sionomie spéciale qui les différencie des autres sources de 
la chaîne jusque dans leur composition chimique. 

Enfin, le Canigou doit à sa position géographique la 
particularité d'imprimer à la flore de cette région une phy- 
sionomie que Ton chercherait inutilement ailleurs, et de 
montrer, d'une façon remarquable, les rapports qui existent 
entre l'altitude et la végétation. 

M. Martins s'exprime ainsi à ce sujet : 

« Au pied du Canigou, l'oranger mûrit ses fruits dans 
des jardins entourés de murs ; puis le voyageur traverse 
des champs d'oliviers, de maïs, des bouquets de chênes 
verts, des vignobles célèbres par leurs vins ; mais à 420 m 
de hauteur l'olivier l'abandonne ; à 550 m la vigne s'arrête ; 
à iS:;0 m c'est le châtaignier; à 1,320 il rencontre les pre- 
miers rhododendrons, dont les touffes fleuries lui annon- 
cent qu'il entre dans l'air pur des régions alpines. Les 
derniers champs de seigle et de pomme de terre, que l'infa- 
tigable Catalan va cultiver à l'extrême limite où il peut 
espérer une récolte, ne dépassent pas 1,64G m . A cette hau- 
teur, le hêtre, le sapin argenté, le pin, le bouleau ombra- 
gent, le sol ; mais leur taille se réduit peu à peu sous 
l'influence combinée du froid, du vent et du poids de la 
neige. Le sapin s'arrête à 1,950 m , le bouleau à 2,000 m ; le 
pin gravit la montagne jusqu'à la hauteur de 2,480 m . Au- 
dessus, s'étend une pelouse composée de plantes alpines 
ou polaires, inconnues aux régions tempérées. Le rhodo- 
dendron ne dépasse pas 2,540 m . Le genévrier seul, rabou- 
gri, couché sur le sol, monte jusqu'au sommet, à 2,785 m , 
où les plantes du Spilzberget du Mont-Blanc dorment ense- 



— 391 — 

velies pendant neuf mois sous la neige, et croissent, fleu- 
rissent et fructifient en trois mois. » 

Ceite région du Ganigou est trop intéressante pour être 
traitée dans une esquisse aussi rapide que Test cet Essai; 
nous reviendrons quelque jour sur les particularités qu'elle 
présente; et nous reprenons nos considérations générales 
sur l'ensemble de la chaîne. 

Si Ton examine avec quelque attention le profil en long 
de Taxe orographique des Pyrénées, on s'aperçoit que les 
sommeis s'étagent peu à peu de l'Océan à la partie centrale 
(Maladetta) pour s'abaisser ensuite sur le massif Méditer- 
ranéen; mais ces deux parties semblent tout d'abord avoir 
des allures différentes. A l'extrémité occidentale, le massif 
montagneux commence par de ^longues séries de crêtes 
arrondies, et dont la hauteur ne dépasse pas 1,000 met. 
pour ne prendre le caractère des hautes montagnes qu'à 
environ 4 50 kil. de la mer, au pic d'Anie (2,584 m );le 
premier haut sommet, sous le nom de pic du Midi d'Ossau 
(2,985 m ), est à quelques cinquante kilomètres plus 
loin. A partir de ce point et jusqu'au massif de la Mala- 
detta les sommets se maintiennent à une hauteur moyenne 
de 2,800 m . Au-delà, cette même crête s'abaisse insensi- 
blement jusqu'à l'extrémité des montagnes de PAriége, 
mais elle se relève brusquement dans le massif du Carlitt 
où elle reprend la moyenne précédente, 2,800 m . A partir du 
col de la Perche, au-dessous du Carlitt, elle s'abaisse gra- 
duellement vers la Méditerranée pour se relever encore une 
fois dans le massif du Canigou (2,785 m ) et plonger rapi- 
dement dans la Méditerranée à 50 kil. environ du pied de 
celte montagne. 

D'après ce que nous avons dit précédemment, il faut con- 
sidérer le massif du Ganigou comme distinct et détaché de 
la chaîne centrale, et dans ce cas voir dans le Carlitt et les 
Gorbières la terminaison du massif central ; de même que 
les A Ibères terminent à la mer la crête de la Sègre d'où 
s'est détaché latéralement le Canigou. La chute des Pyré- 



- 392 - 

nées Méditerranéennes n'aurait donc pas une inclinaison 
aussi forte que le veulent de Charpentier et Elisée Reclus, 
et la différence entre les deux extrémités de la chaîne serait 
plus apparente que réelle -, carie Canigou, nous le répétons, 
ne peut-être regardé comme formant l'extrémité de la chaî- 
ne ; l'axe même de cette chaîne passant plus loin, au Nord. 

A leur origine orientale les Pyrénées forment (dans le 
massif du Canigou) d'un côté le petit groupe des Albères 
qui atteint 208 m au Puig Joan près du cap Cerbère , 
84 1 m à la tour de la Massane, et 4,259 m au Puig- 
Neulos, pour s'abaisser un peu au col du Perthus (290 ,n )- 
mais au niveau de Céret. au Boularic elle atteint 1,450 m , 
le pic de Costa -Bona est à 2,464™, et c'est de ce point 
que se détache la crête de Roja (1,810™), qui rejoint le 
Canigou (2,785™). Au de-là de Costa- Bona les sommets 
s'élèvent rapidement jusqu'au Puigmal (2,908™), en 
passant par le Cambres-d'Azes (2.750™). Au de-là, la 
crête de la Sègre descend assez rapidement jusqu'à la Seu 
d'Urgell (696™). 

Au pied du Cambres-d'Azes, le col de la Perche (1,577 m ) 
réunit le massif du Canigou au massif central; celui-ci 
commence par le vaste platean de Mont-Louis (1.514™) 
d'où surgit le pic Péric (2,S25™) et le pic Carlitt (2,950™). 
C'est de ce point que semblent naître les petites mon- 
tagnes des Corbières, qui donnent passage à la rivière 
de l'Aude et vont terminer leurs pentes aux environs de 
Narbonne. Quelques points cependant se relèvent brusque- 
ment dans les environs de Quillan, le pic de Bugarach 
s'élève à 1,230™, et le mont Alaric se fait remarquer 
par sa position avancée dans la plaine. 

Au-delà des pics Carlitt et Péric, la crête conserve 
dans la Ilaute-Ariége une grande élévation, elle atteint 
2,599™ au port de Siguer ; 2,90!™ au pic du même 
nom ; 3.080™ au Mont-Calm ; 2840° au Montvallier ; 
2,900™ au pic de Mauberme et finit, pour ainsi dire, au 
pic de Tentenade au-dessus du Pont-du-Roi. 



— 393 — 

Si, descendant de nouveau vers le versant Sud, nous 
arrivons dans le massif isolé de la Maladetta, nous trou- 
verons le point culminant de la chaîne : pic de Néthou 
(3,404 m ), et à côté le pic de la Maladetta (3,21 2 m ); le 
pic d'Albe à (3,280-), et le pic Fourcanade (2,882 m ). 

La chaîne septentrionale commence par le chaînon de 
de Pouméro et se divise bientôt au port de la Picade 
(2,425 m ); il donne un chaînon latéral important qui 
marche directement vers le Nord en formant la rive gau- 
che de la vallée supérieure de la Garonne (vallée d'Aran) 
et qui portera les sommets de l'Entécade (2,220 m ), de 
Bacanère (2,1 95 m ), et se termine non loin de Saint-Béat 
au Mont Sacoube (1,746 m ). 

Au-delà du port de la Picade nous rencontrons succes- 
sivement : le pic de Sauvegarde (2,736 m ) ; le pic Sacrous 
(2,675 m ); la tour de Maupas (3,21 4 m ) ; le pic Perdi- 
guères (3,!45 m ); le pic de Clarabide (2 5 975 m )[; en 
face, sur le territoire espagnol et comme détaché de la 
chaîne, le pic des Posets (3,367 m ). 

A partir du pic de Clarabide, les sommets élevés man- 
quent, pour ainsi dire, au-dessus de la vallée d'Aure, et il 
faut arriver jusqu'aux sommets de Troumouse pour attein- 
dre 3, 086 m ; la crête passe ensuite en avant du Mont- 
Perdu (3,35 l m ), sentinelle avancée au Sud comme les 
Posets pour gagner les hauteurs qni dominent Gavarnie : 
tour de Marboré (3,008 m ), pic de la (Cascade 3,275 m ), 
et atteindre le Vignemale (3,298 m ). 

De ce point la crête suit de brusques inflexions au- 
dessus de la vallée des Eaux-Chaudes que dominent le pic 
de Balaïous (3,147 m ) , le pic de Soube (3,032 m ) et 
arriver au-dessus de la vallée d'Aspe. 

De ce point les montagnes s'abaissent peu à peu en attei- 
gnant encore 1,9IO m au pic d'Arias; 1,409 m au pic de 
Leicar ; 1 ,039 m à Laratechogeguya ; enfin 757 m à Anatarbé, 
et 900 m à la montagne de la Rhûne, pour se terminer à 
l'embouchure de la Bidassoa au niveau même de la mer. 



— 394 — 

Dans cette dernière partie des Pyrénées Océaniques « le 
faite lui-même, dit de Charpentier, présente une forme 
assez différente de celle qu'il avait eue jusqu'ici. Au lieu 
de se terminer en une crête tranchante et bordée de grands 
précipices, il offre en général, ainsi que les chaînons laté- 
raux qui s'en détachent, une série de sommets arrondis 
et allongés, d'un accès facile et couverts de pâturages. On 
y observe, il est vrai, encore quelques pics, mais ils sont 
en petit nombre et peu aigus. » 

Les deux versants séparés pas la crête médiane d'où 
s'élèvent les pics que nous venons d'énumérer ont une 
inclinaison différente : les pentes du Midi sont plus rapi- 
des que celles du Nord \ en cela, les Pyrénées semblent 
obéir à une loi générale qui relierait par une cause incon- 
nue la direction d'une chaîne, et la plus grande déclivité 
d'un de ses deux versants. Les montagnes de la Sierra 
Nevada, les Alpes, le Caucase, l'Himalaya qui se dirigent 
de l'Ouest à l'Est, ont toujours leurs pentes les plus rapi- 
des au Sud; tandis que les montagnes djrigées du Nord 
au Sud, comme les Cordillères des Andes, les Alpes Scan- 
dinaves, le Liban, ont les leurs à l'Ouest. 

Dans les Pyrénées, le versant Sud aurait une pente 
moyenne de 3°, 20' par mètre, et le versant Nord 2°, 30' 
seulement. Mais dans l'évaluation de cette pente générale 
il convient de tenir compte de ce fait : qu'au Nord le pied 
même des montagnes est beaucoup plus bas que du côté 
du Sud (Espagne); d'un autre côté, le versant Français est 
long et à pente égale, tandis que le versant Espagnol est 
court et à chutes brusques , ce qui rend son accès souvent 
difficile. 

D'après ce que nous avons exposé de l'allure des chaî- 
nons secondaires, il est facile de voir par avance que les 
vallées des Pyrénées sont, à peu près toutes, des vallées 
transversales. Les vallées parallèles sont de rares excep- 
tions et n'ont jamais d'importance. 

La direction de ces vallées transversales est ordinaire- 



— 395 — 

ment perpendiculaire à l'axe delà chaîne; aux deux extré- 
mités cependant les vallées de la Bidassoa à l'Ouest, celles 
du Tech et de la Têt à l'Est, font avec l'axe central un angle 
assez aigu. 

Nous ne voulons pas énumérer toutes les vallées qui 
descendent sur le versant Nord des Pyrénées, nous nous 
contenterons de rappeler que de Charpentier en a compté 
29 principales. Elles pourraient se grouper ainsi : 

Trois aboutissent à la Méditerranée, ce sont celles delà 
Têt, du Tech et de l'Aude, les deux premières dépendent 
du massif du Canigou; la dernière, celle de l'Aude, descend 
de l'extrémité orientale du massif moyen et plus particu- 
lièrement du massif du Garlitt. 

Sept naissent du massif moyen : la plus importante est 
celle de l'Ariége ; les autres vallées : Vic-Dessos, Erce, 
Ustou, le Salât, Gastillon, le Ger, déversent toutes leurs 
eaux dans la Garonne. 

Une vallée, celle de la Garonne, sépare les deux massifs : 
moyen et occidental. 

Dix-huit appartiennent au massif occidental. Celles de 
Luchon, du Larboust, de Louron, d'Aure fournissent des 
eaux à la Garonne; les vallées de Campan, d'Héas, de 
Lavédan, de Cauterets, d'Ossau, d'Aspe, de Barétons, de 
Soûle, de Cèze, de Louzaide, de Baigorry et du Bastan 
alimentent PAdour. La Bidassoa ne reçoit que les eaux des 
torrents de ses gorges et finit près de Fontarabie. 

Toutes ces vallées ont reçu leurs noms du cours d'eau qui 
les arrose : trois de ceux-ci se jettent dans la Méditerranée, 
lui apportant les eaux du massif du Canigou et de l'extrémité 
orientale du massif moyen : tandis que les autres vont à 
l'Océan par trois embouchures : la Bidassoa, l'Adour et la 
Garonne. 

Contrairement à ce qui existe dans les Alpes, aucun des 
cours d'eau pyrénéens ne prend naissance dans un lac 
d'une certaine étendue, réservoir naturel des eaux que 
fournissent les glaciers supérieurs. Les lacs des Pyrénées 



- 396 — 

sont tous à un niveau plus élevé que ceux de la Suisse, et 
leur importance est si peu considérable qu'ils n'exercent 
qu'une faible influence sur le régime des cours d'eau. Mais 
il devait en être tout autrement alors que les glaciers cou- 
vraient une grande partie des montagnes, sans cependant 
qu'il soit possible de comparer les marécages dont nous 
retrouvons les traces dans la plupart des vallées pyrénéen- 
nes aux lacs qui donnent à la Suisse une physionomie par- 
ticulière. 

Les eaux des torrents des Pyrénées sont toujours d'une 
limpidité parfaite, contrairement à celles des Alpes qui 
sont troubles et blanchâtres. Cette différence provient de 
leur mode d'origine; tandis que les torrents des Alpes 
naissent directement des glaciers qui descendent jusque 
dans le fond des vallées, les torrents des Pyrénées prennent 
naissance dans des régions plus élevées, ils déposent vite les 
menus débris dont ils sont chargés à leur origine, et ceia 
avant même d'avoir atteint le fond des hautes vallées. D'un 
autre côté, les eaux qui sortent directement de nos glaciers 
sont toujours moins sales que celles des Alpes ; car les gla- 
ciers alpins encaissés entre de hautes crêtes reçoivent de 
nombreux débris qui salissent les eaux de fusion, alors que 
les glaciers pyrénéens ne descendent pas dans les vallées 
et portent pende débris à leur surface. Nous dirons, enfin, 
que si les glaciers sont les points d'origine de tous les 
grands cours d'eau des Pyrénées, les eaux d'infiltration 
jouent un rôle important. 

GLACIERS. 

Les glaciers des Pyrénées? do quel sourire dédaigneux 
les membres de Y Alpine'' Club n'accueillent-ils pas ceux qui 
parlent même de leur existence! Sans doute, nous ne pou- 
vons leur montrer de ces longs fleuves de glace tels que les 
glaciers du Rhône, de VAar, (ÏAlesch, mais les Pyrénées 
ont quelques représentants de ces attardés d'un autre temps 
et le ïlgnemale, par exemple, offrira aux coureurs de gla- 






— 397 — 

ciers les beautés et les difficultés de ses plus jeunes frères 
des Alpes ; les glaciers du Mont-Perdu et ceux de la Mala- 
detta par leur étendue considérable pourront même passer 
pour les exemples les plus remarquables des glaciers de som- 
mets] par leur position orientale, et à quelques pas des 
chaudes régions de l'Espagne , les glaciers Pyrénéens 
auront une physionomie à eux, et un intérêt tout spécial 
pour le naturaliste. 

Les hautes régions des Pyrénées sont à peu près incon- 
nues ; les glaciers, par leur éloignement de tout lieu habité, 
n'ont jamais été étudiés d'une manière sérieuse, et seuls 
quelques touristes déterminés comme M. Pack ou M. Rus- 
sell ont cherché à en connaître l'importance. Les obser- 
vations scientifiques manquent complètement, alors cepen- 
dant qu'elles offriraient le plus grand intérêt. Nous savons 
si peu quel est le régime des glaciers des Pyrénées, que 
l'on connaît à peine la surface occupée par chacun d'eux; 
d'un autre côté, s'il est certain que la glace obéit aux 
mêmes lois que celles qui ont été reconnues dans les Alpes, 
il n'en reste pas moins probable que les conditions de cli- 
mat et d'altitude différentes dans cette région doivent ame- 
ner des modifications spéciales. Nous ne savons rien de la 
rapidité de la progression, de l'accroissement ou du retrait 
de nos glaciers; et nous ne connaissons pas davantage le 
rapport qui existe entre l'apport des neiges de l'hiver et l'al- 
lure du glacier pendant la saison chaude de l'été. 

Nous avions depuis longtemps le désir d'étudier quel- 
ques-uns de ces phénomènes, mais les difficultés matérielles 
nous avaient jusqu'à présent arrêté. 

Jusqu'à l'année dernière (1873) il n'existait pas d'abri, 
même de cabane de berger, assez voisine des glaciers pour 
s'y établir quelques jours; mais un Espagnol mieux avisé, 
Pédrone Sébastien, a commencé l'installation d'une hôlelle- 
rie à la Rencluse de la Maladetta, aux pieds même des gla- 
ciers, et dès lors les observations deviendront possibles. 

Le 5 septembre dernier nous avons fait une première 



— 398 - 

plantation de piquets sur le glacier de la Maladetta afin de 
constater la marche hivernale de ce point ; les neiges sont 
venues recouvrir nos piquets quinze jours après, et aussitôt 
que le soleil aura frayé un passage nous vérifierons l'état 
de notre alignement, et nousespérons pouvoirsuivre régu- 
lièrement cette étude pendant la saison chaude. Mais Thô- 
tellerie de la Rencluse ne suffit pas encore à l'installation 
d'un poste d'observation ; aussi avons-nous cherché un point 
plus élevé afin d'y élever un abri où il soit possible de séjour- 
ner quelque temps. Ce point nous l'avons trouvé, grâce 
aux indications de M. Bianchi, sur la crête du Portillon à 
3,000 met, environ d'altitude. Par sa position, 1" 'observatoire 
du Portillon sera des plus remarquables, car il dominera 
de tous côlés les glaciers de la Maladetta et du Néthou; par 
la crête granitique qui réunit ce point au pic delà Rencluse 
il sera toujours possible de gagner le plan desEstangs et 
l'hospice de Vénasque, lorsque le mauvais temps ne permet- 
tra pas de stationner à cette hauteur. 

Les glaciers des Pyrénées appartiennent tous, sauf celui 
du Vignemale, à la deuxième catégorie admise par de 
Saussure : ce sont des glaciers de sommets. Situés à de 
grandes distances les uns des autres, ils portent rarement 
des blocs par suite de la forte inclinaison de leur surface. 
Ils ne commencent point, comme dans les Alpes, par de 
vastes champs de neiges, et la formation du névé et de la 
glace compacte a lieu jusque dans leurs parties les plus éle- 
vées. Ce fait provient de ce que la fusion de la neige se 
produit facilement dans les hautes régions (3,400 m ) 
par suite de l'ardeur des rayons du soleil méridionnal de 
ces contrées-, les gelées qui se produisent chaque nuit 
amènent une formation rapide du névé. 

La plus grande dimension des glaciers pyrénéens est 
généralement transversale, et leurs bords inférieurs sont 
presque toujours parallèles aux crêtes contre lesquelles ils 
prennent naissance. 

Les crevasses sont aussi transversales et parallèles à 



— 399 - 

leur plus grande largeur; elles atteignent une grande 
étendue par suite de la forte inclinaison de la pente sur 
laquelle les glaciers reposent ; mais les accidents provoqués 
par les abrupts sont rares , aussi les cascades de glace ne 
se rencontrent-elles que sur quelques points. Le glacier du 
Vignemale en renferme de magnifiques, et séracs, aiguilles, 
obélisques de glace y abondent. Mais les crevasses les plus 
remarquables sont de véritables rbnayes et courent paral- 
lèlement au bord d'origine du glacier ; particulièrement 
développées dans les glaciers de la région d'Oo, on peut 
les regarder comme infranchissables. 

Un des caractères spéciaux des glaciers pyrénéens est 
la manière d'être de leurs moraines frontales; nous avons 
dit que la forte pente de la surface ne permettait guère aux 
rochers qui tombent des parois environnantes de rester en 
place, ils glissent tous immédiatement, et, s'ils ne sont pas 
arrêtés par des crevasses , ils gagnent à l'instant le 
bas du glacier : là ils forment par leur accumulation un 
bourrelet qui recouvre complètement le pied du glacier; 
aussi est-il fort rare de trouver des abrupts de glace 
comme en présente si souvent l'extrémité terminale des 
glaciers' suisses. Les ruisseaux qui descendent du glacier 
s'infiltrent sous ces débris et ne se réunissent qu'à une 
certaine distance; ils démolissent peu à peu la moraine, 
enlevant le sable et les débris qui remplissent les inter- 
valles restés libres , et provoquant des éboulements qui 
permettent d'étudier la structure intérieure des moraines 
frontales 

Ainsi finissent le plus ordinairement nos glaciers; leur 
extrémité est recouverte par ce bourrelet rocheux dans 
toute son étendue : quelquefois cependant la glace se 
montre à découvert, et chassant devant elle le bourrelet 
morainique , elle forme des parois verticales creusées 
d'anfractuosités dans lesquelles naissent de petits torrents; 
mais ce fait est tout exceptionnel, il n'est pas constant et 
indiquerait que la marche du glacier est irrégulière selon 



— 100 - 

années; recouvert quand il décroit, le glacier serait 
complètement à nu lorsqu'il marche plus rapidement qu'il 
ne tond. 

Les glaciers les plus* importants des Pyrénées sont ceux 
de : 

La Maladetta; 

Massif d'Oo ; 

Mont-Perdu ; 

G a va r nie ; 

Vignemale. 
Le glacier de la Maladetta occupe toutes les pentes 
Nord du massif de ce nom, il est divisé en son milieu par 
une crête perpendiculaire à sa plus grande largeur ( crête 
du Portillon). Le glacier du Nêthou (Est) mesure i,300 m 
de largeur sur 1,800 met. de hauteur; et celui de la 
Maladetta (Ouest) compte 1 ,000 met. de largeur sur '1,400 
mètres de hauteur ; en ne tenant pas compte de la crête du 
Portillon, qui n'a qu'une épaisseur insignifiante, la largeur 
totale est de 9,200 mètres. 

L'on pourrait encore relier à ces deux glaciers princi- 
paux les glaciers moins étendus des Salenques et de las 
Moulières qui prolongent assez avant à l'Est la grande 
nappe de glace du Néthou. 

Le versant Sud ne possède que des amas de glace sans 
importance, derniers restes du glacier qui occupait autre- 
ibis la profonde vallée de Gregonio. 

La pente générale du glacier de Néthou est de 3G cent, 
par mètre, mais dans le milieu elle est de 40 cent., et au 
dôme elle atteint 50 cent. ; aussi cette partie nécessite -t- 
elle l'emploi de la hache lors de l'ascension du pic. 

Toutes les eaux fournies parles glaces à l'Est de la crête 
du Portillon viennent se jeter dans un gouffre, le Trou de 
l'oro, situé un peu à l'Est du pic de la Rencluse ; elles repa- 
raissent à 4 kil. dans la vallée d'Ar ligues -Tellin , pour 
fournir un appoint considérable à la Garonne. Les eaux 
qui naissent du glacier de la Maladetta (Ouest du Portillon) 



- 401 - 

s'engouffrent sous terre à la Reacluse et donnent naissance 
un peu plus bas à la rivière espagnole de TEsserra. 

A notre avis, ce glacier, le plus grand des Pyrénées et 
le plus avancé au sud, est de beaucoup le plus intéressant 
de la chaîne: nous en faisons l'objet de nos études les plus 
attentives, aussi espérons-nous pouvoir en donner un jour 
une description détaillée. 

Les glaciers du massif 0VO0 occupent le fond de la vallée 
du Lys, ainsi que de la vallée d'Oo, ils viennent confon- 
dre leurs eaux à Luchon dans le torrent de la Pique. Leur 
étendue générale est plus considérable que celle des gla- 
ciers de la Maladetta, mais au lieu d'être réunis comme 
les premiers, ils sont au contraire assez largement séparés 
les uns des autres et ne se relient pas entre eux aussi 
directement. Nous réunirons dans ce groupe les glaciers 
de Boum, de Maupas, des Graoues , des Crabioules, du 
Passage, du Portillon d'Oo, du Seilh de la Baque et des 
Gours Blancs; ils occupent environ 12 kil. de longueur et 
fournissent tous des eaux à la Garonne. Les crevasses y 
sont fort nombreuses; les pentes de quelques-uns sont tel- 
lement fortes, qu'il est impossible de les gravir; et l'un 
d'eux, celui du Portillon, présente un magnifique abrupt 
où la stratification de la masse de glace se voit admira- 
blement. 

Les glaciers du Mont-Perdu déversent leurs eaux sur le 
territoire espagnol , mais ils recouvrent les pentes septen- 
trionales de cette montagne, et ils descendent dans la 
dépression qui sépare le massif du Mont-Perdu delà chaîne 
centrale ; il y a ici une analogie presque complète avec ce 
qui se passe dans le glacier de la Maladetta. 

Les hauts sommets qui dominent le cirque de Gavarnie 
sont occupés par des glaciers : « Ceux-ci, dit M. Russel, 
chargent les gradins du cirque et n'ont pas de place pour 
se déployer, mais ils sont très- épais, crevassés et d'une 
belle couleur bleue. Les neiges qu'ils envoient dans le 
fond du cirque y atteignent au printemps une épaisseur de 

28 



- 4-02 — 

pins de 100 mètres, et toute l'année ils ne cessent d'y lan- 
cer des pierres dans l'après-midi. » 

Le glacier de Vignemale est peut-être le plus curieux à 
visiter dans les Pyrénées. Il se rapproche par ses allures 
des glaciers des Alpes et comme eux il descend dans la 
vallée entre deux crêtes élevées. C'est ce qui a fait dire à 
M. Russel : « Ce glacier est. sans pareil dans les Pyrénées. 
Il descend majestueusement de l'est à l'ouest sur une lon- 
gueur de 3 kil. avec une largeur de 1,000 m , et vers le 
bas il est tellement déchiré, bouleversé, chaotique , que 
l'on dirait une ville de glace changée en ruines par quel- 
que catastrophe. D'abord, excessivement inclinées et im- 
praticables, ses pentes s'adoucissent vers le milieu, où se 
dessinent régulièrement des crevasses uniques dans les 
Pyrénées, larges comme des rues et excessivement pro- 
fondes. J'y ai mesuré un mur de glace tout-à-fait vertical 
de 17 mètres. En haut, c'est une plaine éblouissante de 
neige. » 

Pourquoi les Pyrénées ne possèdent- elles pas un plus 
grand nombre de glaciers, et pourquoi leurs dimensions sont- 
elles aussi restreintes? Au premier abord, il semble natu- 
rel d'attribuer ce fait à une cause unique : l'élévation peu 
considérable de nos montagnes relativement à celles des 
Alpes; mais un simple coup d'œil jeté sur la carte de 
la Suisse montre bientôt que cette cause n'est que secon- 
daire. En effet, le massif du Mont-Blanc est de beaucoup 
le plus élevé de toute la chaîne des Alpes; il domine de 
plus de IjOÛO 01 nos plus hautes cîmes pyrénéennes, et 
cependant ce n'est pas là qu'il faut aller chercher les gla- 
ciers les plus étendus, mais bien dans les Alpes Bernoises, 
témoin le glacier d'Alesch qui descend sur le revers méri- 
dional de la Jnngfrau et constitue le plus considérable des 
glaciers suisses. 

D'après Agassiz, le secret des grands glaciers des Alpes 
gît dans les accidents du sol sur lequel ils reposent. Deux 
conditions semblent nécessaires à la formation de toutgla- 



— 403 — 

cier de premier ordre : l'élargissement de la partie supé- 
rieure des vallées et un fond uni et à faible pente : « ce 
n'est qu'à ces conditions que la neige pourra s'accumuler 
en assez grande quantité pour fournir des émissaires aussi 
gigantesques que les glaciers de l'Aar, d'Alesch, du Rhône. 
Enfin, n'oublions pas d'ajouter une condition essentielle: 
c'est qu'il faut que ces cirques soient situés au-dessus 
d'une certaine limite qui doit être d'au moins 2,700 m dans 
les Alpes. C'est parce que les cirques de Giébel en Suisse, 
de Gavarnie dans les Pyrénées, ne sont pas à une hauteur 
suffisante qu'ils ne donnent pas naissance à des glaciers de 
premier ordre; d'où il faut conclure que, tandis que ces 
derniers sont un phénomène de climatologie purement et 
simplement, les grands glaciers sont un phénomène mixte 
à la fois orographique et climatologique. » 

Mais si les glaciers n'occupent dans les Pyrénées actuelles 
qu'une faible étendue, ils ont eu autrefois une importance 
considérable. Il n'existe pas, en effet, une seule vallée dans 
laquelle il ne soit posssible de retrouver des traces glaciai- 
res. Aussi pouvons-nous dire que, des bords de la Têt aux 
bords de la Nive, un vaste manteau de glace recouvrait 
autrefois la chaîne entière. 

Un des plus grands glaciers anciens du versant nord des 
Pyrénées est celui de la vallée d'Argelès, que MM. Martins 
et Collomb ont décrit en 1 868. Sa longueur totale aurait 
été de 53 kil. et sa pente moyenne de 0,039 par mètre, 
pente générale qui concorde avec ceile que l'on constate 
sur un grand nombre de glaciers actuels. Jusqu'à présent 
le glacier d'Argelès est le seul qui ait été étudié dans tous 
ses détails; nous devons ajouter que, depuis la publication 
du travail de MM. Martins et Collomb, plusieurs observa- 
teurs, et notamment M. le général de Nansouty, ont cru 
reconnaître plus avant dans la plaine de Tarbesdes dépôts 
formés par ce même glacier. Nous avons nous-même visité 
les localités en question, et s'il reste certain pour nous que 
leur physionomie glaciaire est incontestable, nous n'ose- 



- 404 - 

rions pas affirmer que les glaces ont déposé en ces points 
les débris qui s'y trouvent accumulés. Aussi, M. Martins 
nous parlant de ce fait bien connu de lui, nous disait-il : 
Nous n'avons pas cru devoir indiquer comme étant compris 
dans la zone occupée par le glacier d'une manière positive les 
localités où les deux éléments caractéristiques, roches polies, 
caiVoux rayés, venaient à manquer. 

11 est vraiment à noter que, dans toutes les vallées des 
Pyrénées, les dépôts qui en occupent le fond, quoique repo- 
sant sur des roches polies, contiennent peu de cailloux rayés; 
nous constaterons encore que, dans les moraines actuelles, 
les cailloux rayés sont extrêmement rares, ce qui provient 
sans doute de l'uniformité de composition des roches sus 
et sous-jacentes. Ces dépôts du fond des vallées, dans bien 
des points où leur origine glaciaire est incontestable, pré- 
sentent toutefois un mélange de caractères essentiellement 
diluviens; delà, difficulté d'attribuer à l'un ou à l'autre de 
ces deux agents, glaces ou eaux courantes, les dépôts que 
l'on a sous les yeux. 

La fonte des anciens glaciers a dû continuer pendant un 
temps considérable; elle semble même se diviser en trois 
périodes, dont la plus ancienne aurait été de beaucoup la 
plus importante \ c'est elle qui démantelant les immenses 
moraines déposées par les glaciers à l'entrée dans les 
vastes plaines Sous-Pyrénéennes, a comblé le fond des 
vallées jusqu'à une grande hauteur. 

Une seconde période moins tumultueuse, plus lente dans 
ses effets, a plus lard afFouillé ce dépôt primitif, creusant 
un nouveau lit, dont les berges étaient formées par les 
dépôts primitifs ; une troisième phase a produit l'état actuel. 

L'étude de ces terrasses, qui se trouvent dans toutes les 
vallées des Pyrénées, nous permettra de déterminer les 
phases suivies par les anciens glaciers. 

Nous allons signaler maintenant les traces les plus 
remarquables qu'ils ont laissées dans les vallées du versant 
Nord de la chaîne. 






~- 405 — 

Dans le massif du Canigou, la vallée de la Têt offre des 
(races glaciaires, abondantes ; celle du Tech, plus à l'Est, 
contient de nombreux dépôts, depuis l'angle formé par la 
crête de Roja, le pic de Costa-Bona et la crête du Tech 
jusqu'à Céret, il est facile de constater la présence d'un 
ancien glacier d'une étendue restreinte. 

Dans la vallée de la Têt. il faut remonter au massif du 
Carlitt pour retrouver le point d'origine d'un grand glacier 
qui a largement moutonné et poli le plateau de Mont Louis 
(grande Bouillouse). Il s'est déversé ensuite au Sud dans la 
vallée de la Sègre par les Escaldes et Puycerda ; dans celle 
de la Têt par Olette et Villefranche, et a porté ses moraines 
jusque dans la vallée de Prades, où venait aboutir le petit 
glacier latéral des pentes Nord du Canigou. De ce même 
point d'origine partait aussi un glacier moins important 
qui remplissait la hauie vallée de l'Aude et passait par 
Formiguères et Puy-Valador pour se joindre plus bas au 
petit affluent latéral de Sainte-Colombe. 

La vallée de l'Ariége, au contraire, contenait un glacier 
énorme qui prenait naissance au cirque de PHospitalet et 
réunissait de nombreux affluents latéraux : à l'Est ceux du 
Pic Lanous et ceux des petites vallées qui dominent Ax \ 
à l'Ouest ceux de la vallée d'Aston et de la vallée de Vic- 
Dessos plus importants. La masse entière gagnait Foix et 
venait étendre ses dépôts dans la plaine, jusqu'aux environs 
de Pamiers, après avoir parcouru environs 70 kilomètres. 

Une série de glaciers moindres descendaient des crêtes 
qui dominent le Saint-Gironais; et les rivières du Salât et 
du Lez marquent assez bien leur parcours. 

Nous signalerons comme des plus remarquables le grand 
glacier de la Garonne : sa longueur était à peu près celle 
du glacier Ariégeois, 70 kiL, mais à en juger par la masse 
des dépôts qu'il a laissés dans la plaine et par les hau- 
teurs qu'il a recouvertes, celui-ci était le plus important. 

Son point d'origine devait se trouver au fond de la vallée 
d'Aran, au col de la Ratière, l'immense étendue du cirque 



- 406 - 

de Viella devait lui former un vaste réservoir de neige. Au 
niveau de Saint-Béat, son épaisseur était telle, qu'au mo- 
ment de sa plus grande extension, il passait par dessus les 
montagnes situées à l'Est du Pic du Gard et arrivait direc- 
tement à Saint-Gaudens, laissant comme traces de son 
passage des roches polies et des blocs erratiques. A Saint- 
Béat, il s'infléchissait aussi vers la gauche et venait con- 
fondre ses glaces avec celles du grand affluent de la vallée 
de Luchon, qui amenait tout le contingent de la vallée 
d'Oo et de la vallée du Lys. Plus bas, au niveau de 
Saint-Bertrand, il recevait le petit affluent de la Barousse 
et rejoignait le grand glacier de la vallée d'Aure pour for- 
mer dans la plaine une immense muraille de plus de 50kil. 
de long. Mais ces glaciers ont encore communiqué à une 
période de leur existence avec ceux de la Maladetta par le 
port de la Pîcade et le chaînon de Pouméro. Nous avons 
pu suivre une traînée de blocs de granité du Néthou depuis 
le port de la Picade jusque dans le fond de la vallée 
d'Aran, c'est là une des relations les plus curieuses du 
glacier de la Garonne. Ces masses de glace une fois réu- 
nies ont entraîné une quantité de débris qui ont comblé la 
vallée tertiaire de la Garonne ; et c'est principalement dans 
cette vallée que l'on a signalé le phénomène des terrasses] 
voici du reste comment M. Leymerie a décrit cette forma- 
tion : 

« Le phénomène des terrasses ne commence a se mani- 
fester clairement qu'à Saint-Gaudens sous la forme d'un 
plateau d'une horizontalité parfaite, qui s'étend à gauche 
de la vallée proprement dite jusqu'à la base des coteaux 
tertiaires. Plus loin, à Beauchalot, ce plateau se trouve 
interrompu sur la rive gauche pour se porter momentané- 
ment à droite, et ne reprend d'une manière marquée du 
côté gauche qu'à Martres. A partir de ce point il établit 
dans la vallée, et toujours à la gauche du fleuve, trois 
niveaux en forme de plaines qui se continuent jusqu'au 
confluent du Tarn. L'un, le plus inférieur, est celui de la 



— 407 ~ 

vallée proprement dite; le plus élevé correspond au plateau 
de Saint-Gaudens. 

«Dans le pays Toulousain ces trois niveaux sont très mar- 
qués, et en général le phénomène diluvien s'y montre dans 
toute sa splendeur. La ville de Toulouse, située sur la rive 
droite de la Garonne, repose elle-même sur une légère 
eminence du terrain diluvien, qui n'est sans doule qu'un 
témoin d'une ancienne bordure qui dépendait de notre 
niveau, intermédiaire ; toutefois les terrasses ne se manifes- 
tent pas de ce côlé, où l'on ne trouve que des escarpements 
molassiques, tout leur développement a lieu du côté gauche 
où elles s'étendent au loin jusqu'à plus de cinq lieues. 

Voici leur largeur et leurs altitudes : 

Largeur. Altitude. Différ. 
Terrasse supérieure (Léguevin) '11,000 — 180 j 
— inférieure (Lardenne) 5,000 — 152 j 
Vallée propr. dite (St.-Cyprien) 4,000 — 140 j 12 

Vallée générale 20,000 

» Ces plaines élevées (terrasses) sont constituées par une 
couche de graviers et de cailloux roulés, en général pugil- 
laires et même céphalaires , accompagnés d'un dépôt 
terreux et sableux qui s'y mêle ou qui les recouvre en pro- 
portions variables. La puissance de ces dépôts supérieurs 
est ordinairement de 3 à 6 mètres; ils recouvrent le terrain 
tertiaire. Les cailloux sont principalement des quartzitesde 
couleur brune ou noirâtre à la surface, mais gris à l'inté- 
rieur, des parties dures de grès noirs anciens (grauwackes) 
et de grès rouge, du granité toujours en décomposition. 
Le quartz aussi se rencontre dans ce dépôt, mais moins 
fréquemment que les roches précédentes. Dans la vallée 
proprement dite on retrouve encore les cailloux des terras- 
ses associés à d'autres espèces qui se montrent plus rare- 
ment aux niveaux supérieurs (ophite, porphire, eurite). Le 
granité et ses variétés (pegmatite, leptinitei presque toujours 
intact, joue là un rôle tout-à-fait essentiel. » 



- 408 - 

Nous compléterons la description du savant professeur en 
disant que ces terrasses sont très marquées dans la vallée 
de l'Adour. 

Le glacier de la vallée d'Aure était remarquable par sa 
direction rectiligneet parla quantité considérable de dépôts 
qu'il a transportés dans la plaine et qui sont hors de pro- 
portion avec son étendue. Sa longueur jusqu'à son entrée 
dans la plaine était de 10 kilomètres environ, mais il a 
porté ses dépôts bien plus avant. 

Nous ne pouvons signaler en ce moment toutes les par- 
ticularités si dignes d'intérêt qu'il présente, nous nous 
contenterons d'observer que, contrairement à ce qui arrive 
toujours dans les anciennes moraines des Pyrénées, ces 
dépôt s sont infertiles; ils ont formé les Landes de Lanne- 
mezan, et cela sans doute à cause de la composition miné- 
ralogique des éléments qui le constituent. 

Le pic du Midi de Bigarre a dominé longtemps les petits 
glaciers de Tramezaigucs, ainsi que celui (TArgelès dont 
nous avons déjà parlé. 

Continuant notre marche vers l'Océan, nous trouvons la 
vallée des Eaux chaudes qui donne à Arudy de magnifiques 
traces glaciaires jusqu'à Rébenac. 

La vallée d'Aspe contient des dépôts manifestement gla- 
ciaires jusqu'à Oloron, et les alentours du fort d'Urdos oft've 
de beaux exemples de parois striées. Au delà, les phénomè- 
nes perdent de leur importance; cependant nous pouvons 
en constater encore dans la vallée de Mauléon et dans la 
vallée de la Nive, où M. le général de Nansouty a reconnu 
une magnifique moraine à Cambo. 

Toutes les localités que nous venons d'énumérer portent 
des tracesidentiques à celles que MM. Martins et Collombs 
ont signalé dans la vallée d'Argelès; aussi pouvons-nous 
appliquer, à chacune d'elles en particulier, les conclusions 
tirées par les deux naturalistes éminents ; nous les citons 
textuellement : 

r« En étudiant les traces que ce glacier a laissé sur le sol, 



— 409 — 

nous avons vu qu'il se comportait comme tous les glaciers 
actuels connus : il transportait des matériaux d'un fort 
volume et en même temps de menus débris, que nous trou- 
vons sous forme de moraines, exactement à la place qui leur 
est assignée par les lois constatées du mouvement de trans- 
lation des glaciers, et en affectant une disposition qui exclut 
tous les autres modes de transport naturels. En même temps 
ce glacier a usé, buriné les roches résistantes avec lesquel- 
les il s'est trouvé en contact; puis, en troisième lieu, les 
boues produites par ce frottement continu de la glace contre 
la roche, entraînées par les eaux de fonte et les torrents 
glaciaires, ont contribué à former la matière première de 
ce Loess qui couvre au loin la plaine bien au delà du péri- 
mètre occupé par l'ancien glacier. 

» Ainsi, transport des blocs, usure des roches, et forma- 
tion du Loess, sont trois phénomènes contemporains, syn- 
chroniques, provenant d'une seule et même cause. 

v Si l'on veut remonter à l'origine du phénomène des 
anciens glaciers, à la cause de leur grande extension, il 
n'est pas nécessaire de faire intervenir les mots de révolu- 
tions ou de cataclysmes. On peut très-bien concevoir qu'à 
la fin des dépôts tertiaires ou au commencement de l'épo- 
que quaternaire, la distribution des mers et des terres de 
notre hémisphère était bien différente de ce qu'elle est 
aujourd'hui. 

» Les observations les plus récentes ont démontré que le 
Sahara avec sa fournaise ardente n'existait pas; l'Angle- 
terre presque toute entière, pendant cette période, a été 
plusieurs fois, suivant M. Lyell, soumise à des oscillations 
qui l'ont submergée et émergée à plusieurs reprises. A 
cette époque, la Baltique était en communication avec la mer 
Blanche; le nord de l'Allemagne et une grande partie de la 
Russie d'Europe étaient plongées sous les eaux froides de 
la mer du Nord. Cet envahissement prolongé des mers sur 
les terres, ce changement de proportion relative de la por- 
tion émergée et de la portion immergée de la surface terres- 



— 410 — 

tre a dû apporter avec lui un changement correspondant 
dans le climat; l'air était probablement plus humide, les 
hivers longs et relativement tempérés, les étés courts et 
trais, quoique la moyenne de l'année ne fût peut-être pas 
très inférieure à ce qu'elle est aujourd'hui. 

» Dans dépareilles conditions, il devait tomber beaucoup 
de neige en hiver; elle s'amassait sur les sommets et dans 
les cirques des montagnes ; les étés brumeux n'étaient pas 
suffisants pour la faire fondre en totalité; l'alimentation 
l'emportait sur la fusion ; le reste, le stock des neiges de 
chaque année, s'ajoutant à lui-même, accumulé pendant 
des siècles, devait finir par donner lieu à une très grande 
extension des glaciers. » 

Si MM. Martins et Gollomb croient suffisantes les causes 
que nous venons d'indiquer pour expliquer Y extension des 
anciens glaciers des Pyrénées, il nous paraît difficile d'étendre 
à la surface entière du globe les mêmes effets produits par 
cette cause unique : oscillations du sol, et qui doit se traduire 
ainsi : balancement etinégalité des surfaces émergées etpar contre 
des surfaces d'évaporution (mers) et de condensation (terres). 

En effet, les recherches effectuées jusqu'à ce jour ont 
démontré que les glaciers avaient occupé toutes les régions 
du globe, et l'on peut regarder comme suffisamment prouvé, 
que cette extension a eu lieu à la même époque. Il semble 
donc rationnel de chercher, en dehors des seuls accidente de 
la surface terrestre, la cause de cette production des glaces, 
de cet abaissement de température, ou plutôt de cette uni- 
formité de température, indispensable à la formation des 
grands glaciers. 

Il faudrait peut-être chercher dans un phénomène géné- 
ral, dans une cause astronomique, le point de départ de cette 
période. 

Malheureusement ici, plus encore que dans l'explication 
proposée par MM. Martins et Collomb, les hypothèses sont 
appuyées sur des lois cosmiques dont la connaissance exacte 
semble être encore entourée d'obscurité. 



— 4M — 

Cependant des hommes, d'un savoir incontestable, croient 
qu'en combinant les différents effets produits par la préces- 
sion des équinoxes, la nutation, l'excentricité de l'ellipse 
terrestre, il est possible de préciser une époque à laquelle 
la terre s'est trouvée, par sa position dans l'espace, dans 
des conditions favorables à l'extension des glaces à sa sur- 
face entière. Mais, répondrons-nous, malgré les calculs 
astronomiques, malgré les chiffres, nous sommes toujours 
dans le domaine des hypothèses. 



Séance du 10 juin -1874. 

Présidence de M. Lacroix, vice-président. 

La Société reçoit : 

Géologie du Tarn <t- Garonne, par M. Pérou. 

M. Chelle envoie le Mémoire suivant : 

Découverte d'un gite calaminaire à Bagnères-de-Luchon. 

J'ai l'honneur de soumettre à la Société la communication 
suivante : 

Vers la fin d'octobre 1873, le sieur Camon (François), que 
je prends habituellement pour m'accompagner dans mes 
courses minéralogiques aux environs de Bagnères-de- 
Luchon, me remit plusieurs échantillons de pierres pour 
que je lui fisse connaître la nature des substances qu'elles 
contenaient. Ces pierres avaient fixé son attention par 
ce qu'il avait remarqué dans leurs cavités des cristaux 
brillants. 

L'examen immédiat de ces derniers m'amena à penser 
que j'avais sous les yeux de la pierre calaminaire renfer- 
mant à la fois du carbonate et du silicaîe de zinc. 

Je communiquai donc au sieur Camon les noms dos subs- 
tances minérales que je venais de déterminer, et l'impor- 



- 412 - 

lance que ces dernières pourraient avoir pour une exploi- 
tation industrielle si elles étaient abondantes dans le gîte 
qui les renfermait. 

Des renseignements fournis par l'intéressé, je conclus 
qu'il était prudent de s'empresser de demander au Gouver- 
nement le droit de recherches, après avoir obtenu l'assen- 
timent des communes de Bagnères-de-Luchon, Mou^tajon 
et Cazarilh, puisque le terrain dans lequel se trouvait, ou 
pouvait se trouver le gisement dont il s'agit, leur appar- 
tenait. 

Je vous donnerai maintenant quelques détails sur la 
situation du gîte et sur l'importance qu'il paraît avoir, sans 
oublier l'indication des substances qu'il renferme, et qui 
sont de nature à vous intéresser au point de vue minéra- 
logique. 

Le gisement qui nous occupe a été reconnu en affleure- 
ment sur plusieurs points, dans le ravin situé non loin de 
Barcugnas (faubourg de Bagnères-de-Luchon), qui aboutit 
à la route nationale de Toulouse en Espagne et qui limite 
les territoires des communes de Luchon et de Moustajon. 

Il se montre sous la forme de veines ou filons encaissés, 
ou enveloppés dans des calcaires dolomitiques cristallins, 
durs et très denses, d'un blanc mat légèrement grisâtre, 
affectant une disposition linéaire suivant la direction des 
couches schisteuses avec lesquelles ils sont en contact. Ces 
bancs de calcaire atteignent une largeur de \ à 2 mètres 
à certains affleurements. 

Le minerai calaminaire est placé entre les strates ou 
clivages naturels, soit du calcaire dolomitique, soit des 
schistes argileux gris-verdâlre, ou de la fluorine d'un bleu 
clair, ou encore de la baryte sulfatée qui très -souvent lui 
servent de gangue. Ce qu'il offre surtout de particulier 
c'est sa disposition en zones ondulées de différentes nuan- 
ces parmi lesquelles se fait remarquer un blanc mat tachant 
les doigts à la manière de la craie zinconisc ou zinc hy- 
drocarbonaté, présentant très-souvent dans ses fissures ou 



41 J — 



vacuoles de petites druses de cristaux hyalins affectant la 
forme des cristaux de Wilhémite (silicate de zinc anhydre), 
c'est-à-dire de prismes hexagonaux à sommets romboèdri- 
ques Les petits cristaux dont il est question sont revêtus 
presque toujours d'une couche légère ou enduit delimonite 
(fer hydroxydé) ou d'une matière chloriteuse d'un vert 
sale. 

Le minerai en masse (pierre calaminaire) est chargé 
d'oxyde de fer et présente une matière d'un blanc mat 
(zinc hydrocarbonaté) qui est la substance dominante. 

Cette dernière, accompagnée des petits cristaux dont je 
viens de parler, m'a donné par une analyse approximative 
une teneur en zinc de 35 pour 100. 

Le minerai calaminaire est accompagné, dans les divers 
affleurements que nous avons reconnus, de blende-brune 
très-ferrifère, de petits cristaux de fer sulfuré, forme cubi- 
que notamment. 11 est à remarquer que la galène qui est 
associée presque toujours à la bîende ne se montre pas 
dans les gîtes de ces affleurements. 

Nous avons constaté la présence du cuivre gris (pana- 
base) dans une roche roulée trouvée non loin du gîte cala- 
minaire. 

Le filon de pierre calaminaire ainsi que les strates de 
calcaire dolomitique qui le renferme paraissent présenter 
plusieurs ramifications ou bifurcations, parmi lesquelles 
deux se font particulièrement remarquer: 

1° L'une dirigée N.-O.-S.-E. qui paraît être la principale 
branche ou véritable filon. 

2° L'autre dirigée E.-O. 

Il est à noter que la première de ces deux directions est 
celle que suit la chaîne des montagnes de Mendip-HilPs 
dans le centre de l'Angleterre, où le calcaire qui en occupe 
l'axe contient des minerais calaminaires activement 
exploités. 

Nous noterons encore cette autre remarque, c'est que les 
gisements de calamine exploités en Angleterre, Belgique, 



- 41 4 — 

Silésie, Espagne, quoique intercalés dans des terrains d'épo- 
ques différentes, ont entr'eux une analogie manifeste au 
point de vue surtout de la nature des roches encaissantes 
qui sont presque toujours des calcaires dolomitiques. Cette 
analogie est encore augmentée par la nature des substances 
minérales qui s'y trouvent associées telles que : blende, 
pyrites de fer ou de cuivre, produisant par leur décompo- 
sition soit du ferhydroxydé, soit du cuivre carbonate, spath- 
fluor, baryte sulfatée, etc. 

Si l'analogie existe quant aux roches et aux substances 
métallifères que nous venons de mentionner, il faut recon- 
naître qu'elle ne se continue pas toujours en ce qui con- 
cerne la nature des terrains géologiques dans lesquels se 
trouvent les minerais calaminaires, car, quoique la plupart 
de ces terrains appartiennent au calcaire carbonifère, on en 
cite quelques-uns qui font partie soit du trias, soit du lias. 
Dans la catégorie de ces derniers terrains on peut citer le 
gîte de Silésie qui se trouve dans le Muschelkalk et celui 
de Combecave, près Figeac (Lot), dans l'infrà-lias. 

Le gîte calaminaire de Luchon paraît se rattacher par 
la forme et l'espèce du minerai aux gîtes importants de 
carbonate de zinc hydraté exploités sur la côte septentrio- 
nale d'Espagne, dans la province de Santander. Il semble 
évident que l'action des eaux a eu une large part dans la 
production du minerai constituant les parties supérieures 
des gisements que nous venons de comparer. 

11 me reste maintenant à vous dire que le gîte qui nous 
occupe fait partie du terrain silurien ou dévonien : les 
géologues qui ont fait une étude spéciale des montagnes 
des environs de Bagnères de- Luchon ne paraissant pas 
jusqu'ici tout à fait d'accord pour la détermination des 
terrains qui constituent le massif de ces montagnes. 

Quoi qu'il en soit, il serait très-important d'être fixé à ce 
oijjet, car, comme je l'ai déjà mentionné plus haut, presque 
tous les gisements calaminaires appartiennent soit au calcaire 
carbonifère, soit aux terrains immédiatement supérieurs. 



— 415 — 

J'ajoute que les renseignements, peut-être trop étendus 
que nous venons de donner à la Société, trouvent leur jus- 
tification dans l'intérêt qui se rattache aux gisements de 
calamine dont le nombre est, comme vous le savez, très- 
restreint. 

Les pays, où l'on trouve cette substance minérale en 
abondance, sont ceux que nous avons déjà cilés et quelques 
autres où elle ne se montre qu'en quantité insuffisante 
pour donner lieu à une exploitation régulière, tels que 
Moutalet, près d'Uzès, Aulus (Pyrénées), etc. 

Espérons que les recherches qui auront lieu ultérieure- 
ment amèneront à reconnaître que le gîte de Bagnères-de- 
Luchon est susceptible d'être livré à une exploitation 
industrielle. 

Séance du 17 juin 1874. 

Présidence de M. le colonel Beileville. 

La Société reçoit : 

Rennes-les-Bains , Campagnes ei Met , par M. le docteur 
Gourd on. 

Un pli cacheté déposé par M. le docteur Garrigou. 

M. Bidaud met sous les yeux de la Société des pointes de 
flèches en silex trouvées dans des dolmens de la Haute-Vienne 
Ces dolmens, au nombre de six, se trouvent sur un plateau, large 
de 600 mètres ; quatre étaient groupés en une sorte de grand tra- 
pèze et deux étaient éloignés de ce groupe. Tous sont en ruine : 
les supports étaient au nombre de cinq (un seul en avait sept). 
ils forment un fer à cheval, dont les branches sont tournées vers 
l'Ouest -, la table est affaissée du côté rjb l'entrée. Ces dolmens 
n'avaient pas été fouillés, mais un seul d'entre eux , le dolmen 
de la Bordent, contenait des armes et des poteries ; les silex 
se trouvaient dans une couche de terre argileuse, à le surface de 
laquelle ont été rencontrées quelques dents d'heibivorcs. M. 
Bidaud destine au Musée d'histoire naturelle de Toulouse tous les 
objets recueillis par lui. 



- H 6 - 

Séance du 24 juin 1874. 

Présidence de M. !e colonel Belleville. 

M. Lacroix signale un fait assez rare, c'est le dé pu ri prématuré 
des martinets : une bande composée d'environ v , 000 individus 
.i quitté Toulouse le môme jour. Ces oiseaux ne quittent ordinai- 
rement noire région qu'à la fin de juillet ut au commencement 
d'août ; et peut-ôlre ce départ présage t-il un été court. 

M. Marqukt présente à la Société une araignée frappée d'anes- 
thésie et destinée à servir de pâture à un Pompilius variabilis : 
certains hyménoptères enfouissent leurs œufs et placent ^ côté 
d'eux un approvisionnement de nourriture destinée aux larves 
qui naîtront des œufs ; c'est le cas de l'araignée qu'il présente, et 
«•liez laquelle la vie n'est pas éteinte, mais doLt les mouvements 
sont paralysés. 

Séance du 1" juillet. 

Présidence de M. le colonel Belleville. 
La Société reçoit : 

Élude sur les Poissons du Lias supérieur de la Lozère et de la 
Bourgogne, par M. E. Sauvage. 

Sur la proposition de M. Bôxnal, la Société décide qu'un rap- 
port sera présenté à la prochaine séance par la Commission char- 
gée de rechercher l'utilité de la création d'une section de géographie. 

M. Bonnal, au nom de la môme Commission, conclut à la 
non- opportunité d'une réponse à un article inséré au n<> 23 du 
Bulletin de la Réunion des Officiers et relatif à la pétition adressée 
par la Société à l'Assemblée nationale. 



Séance du 8 juillet. 

Présidence de M. le colonel Belleville. 

La Société reçoit : 

Contribution pour servit à llùstoire naturelle des Ephémérines, 
par le docteur Emile Joly. 



- 417 - 

Sont admis comme membres correspondants : 
M. l'abbé Landes, à Devillac (Lot). 

M. L. Combes, pharmacien, à Fumel, présentés par MM. Car- 
tailhac et Chamayou. 

Séance du 15 juillet. 

Présidence de M. le colonel Belleville. 

La Société reçoit : 

Une lettre de M. le Maire de Toulouse, accusant réception de 
l'envoi de trois fascicules du Bulletin et de trois brochures sur la 
rage. 

M. Chalande fils est admis comme membre titulaire sur la pré 
sentation de MM. Belleville et Cartailhac. 

M. le docteur Gourdon, au nom du Comité de publication, 
dépose sur le bureau le deuxième fascicule du Bulletin. 



Séance du 22 juillet. 

Présidence de M. le colonel Belleville. 

La Société reçoit : 

Une lettre du président de l'Association française pour l'avance- 
ment des sciences, annonçant l'ouverture d'un Congrès scientifi- 
que à Lille , et demandant l'envoi d'un délégué représentant la 
Société. 

M. Calmels dépose sur le bureau un pied de liseron des champs 
(convolvulus arvensis), dont les fleurs, d'un blanc rosé, sont com- 
plètement doubles : cette curieuse anomalie s'étend à tous les pieds 
que renferme une vigne des environs de Carbonne , et cette forme 
se reproduit par semis d'une manière régulière. 

M. Calmels met sous les yeux de la Société une bergeronnette 
jaune (budytes flava), dont le bec arqué est en tout semblable â 
celui d'un souï-manga. 

M. Calmels destine ce sujet aux collections du Musée d'histoire 
naturelle. 

29 



- 418 ■■ 

M. Regnault annonce qu'il assistera au congrès d'anthropologie 
de Stockholm : il prie la Société de lui permettre de la repré- 
senter à celte réunion. La Société accorde à M. Hégnault une 
délégation spéciale à cet effet. 



Séance du 29 juillet. 

Présidence de M. le colonel Belleville. 

La Société reçoit : 

Une lettre du président de la Société des Lettres, Sciences et 
Arts de l'Aveyron, annonçant que la session de l'Institut des pro- 
vinces s'ouvrira à Rodez au mois de septembre ; 

Une lettre du président du Club Alpin Français, demandant la 
formation d'une section pyrénéenne à Toulouse. 

M. Garrigou rend compte en ces termes de la course à Saint- 
Réat : 

Course à Saint-Béat. 

La Société a commencé par suivre le versant E. de la 
montagne de Cierp, depuis le village de Signac jusqu'à 
l'extrémité du village de Cierp. 

Dans cet espace, on a pu constater les faits suivants : 
Le silurien supérieur fossilifère de Guran (cardiola inter- 
rupta, -orthoceres de diverses espèces, etc.) supporte en 
stratification discordante d'une manière assez sensible, le 
Dévonien caractérisé surtout par des calcaires à goniatites, 
formant les marbres de Signac. Ceux-ci passent insensi- 
blement à des schistes argileux rouges se transformant peu 
à peu en grès rouges psammitiques alternant avec des 
niveaux de poudingues quartzeux, pris par M. Leymerie 
pour du Trias. Ces grès passent insensiblement encore à 
des schistes argileux, d'abord, puis sensiblement quartzeux. 
Cet ensemble est nettement orienté 0, 5° N. Au dessus de 
ces schistes existe une brèche ophitique renfermant des 
débris anguleux et souvent roulés de granité et en même 
temps des fragments de toutes les roches inférieures, 



- 449 - 

principalement des schistes supérieurs au vieux-grès rouge 
Dévonien, très nettement ophitisés. Celte brècbe passe 
insensiblement à un schiste plus ou moins ophitisé deve- 
nant, ensuite, quartzeux et injecté de veines de chaux 
carbonate et de quartz, ce qui lui donne un peu l'aspect 
des schistes siluriens inférieurs. Peu à peu, ils passent à 
un calcaire marmoréen renfermant des quantités considé- 
rables de cristaux de Couzeranite blanche, de Dypire noir 
(prismatiques), d'Hémitrène, de Trémolithe, etc., et d'une 
roche compacte verte, ressemblant un peu à la Lerzolithe 
de Lherz (Ariége). Cet ensemble marche sensiblement 
0, 41° N. Le plongement qui était sensiblement N. dans le 
haut de la montagne devient légèrement S. à la base. On 
dirait que les calcaires qui sont supérieurs au terrain dévo- 
nien passent au contraire dessous. 

Immédiatement au N. de ces roches, et butant contre 
les calcaires, par suite d'une faille, on trouve le granité qui 
se poursuit jusqu'au N. de Saléchan. 

Après avoir gagné l'entrée de la vallée de Marignac, où 
l'on trouve, mais avec un renversement complet, la même 
série de terrain qu'à Gierp, la Société s'est dirigée sur le 
mamelon de Gery, mamelon granitique butant par faille, 
également, contre les marbres de Marignac et d'Arri. Des 
lambeaux de ces calcaires semblent enclavés dans le granité. 
On y trouve les mêmes minéraux qu'à Cierp. 

Nous dirons que la seule chose qui différencie les cou- 
ches de la vallée de Marignac de celles de Cierp, c'est que, 
à la place de la brèche ophitique 5 il y a un ophite pur 
enclavé entre les mêmes schistes. 

La montagne d'Arri, renfermant les carrières de mar- 
bre dites de Saint-Béat, occupe, par rapport aux terrains 
sous-jacents, exactement la même place que le calcaire 
marmoréen de Cierp. En remontant la vallée du Gar vers 
Lés, on voit, sur la rive gauche de la rivière, exactement 
la même succession de roches qu'à Cierp. Il y aurait ici, 
de plus, des fossiles Dévoniens dans les schistes supérieurs 



- 420 - 

au grès rouge, ce qui permet bien de dire que ces grès 
rouges constituent le vieux grès rouge et non le nouveau 
grès rouge du Trias, ainsi que l'a prétendu M. Leymerie. 

La Société a contourné, ensuite, le pic du Mont de 
Saint-Béat, et elle a pu voir que ce mamelon isolé est cons- 
titué par les mêmes calcaires marmoréens que le pic 
d'Arri, avec les mêmes minéraux adventifs deCouzeranite, 
de Dypire, de Trémolithe et de roches vertes ressemblant à 
laLerzolithe. Ces calcaires reposent sur un schiste quartzeux 
veiné de blanc posé lui-même sur un ophite passant à la 
Syénithe, à l'Amphibolithe, à plusieurs autres variétés de 
cette espèce de roche et reposant, à son tour, sur des 
schistes accompagnés de grès rouges avec calcaires griot- 
tes. Tous ces faits sont visibles en gravissant et en redes- 
cendant, vers le sud, le col de Bouts. 

Nous signalerons dans les calcaires du Mont, vers Bouts, 
la présence de cristaux de Péridot et de petites masses 
d'Olivine, isolés par place et remplissant souvent les inters- 
tices et les fissures du calcaire. 

La Société à laquelle M. Garrigou a pu montrer tout cet 
ensemble qu'il avait étudié et parcouru à plusieurs repri- 
ses, a pu se rendre compte que les terrains formant les 
montagnes de Gierp, de Marignac, d'Arri et du Mont de 
Saint-Béat font partie du même ensemble, et ne peuvent 
être rapportées à des terrains différents. 

A la base existerait le terrain Dévonien reposant sur le 
Silurien, tous deux fossilifères, et au-dessus se trouverait 
un ensemble que M. Garrigou n'hésite pas à rapporter 
d'après ses propres études, datant de 1864 (1), d'après 
celles de M. Coquand 1870 (2) et du regretté Magnan 
1872 (3) au terrain carbonifère. 

Le terrain carbonifère de Gierp et des environs de Saint- 

(1) Bull, de la Soc. Géol. de France, 1864. 

(2) Id. id. 4 870. 
<3) Mémoires de la Soc. Géol. de France, 1 872. 



— 421 — 

Béat ferait donc partie de la bande s'étendant des limites 
ouest de l'Aude jusques au sud de Sarrancolin dans les 
Hautes-Pyrénées. C'est ce qui résulte également des ren- 
seignements consignés dans la note que M. Garrigou vient 
d'envoyer tout récemment à l'Institut. 

M. G. de Malafosse donne lecture d'un passage de I'ot loge 
intitulé : Descriptio fluminum Galliœ qvâ Francia est... Part*.j 
1618. L'auteur, Papirius le Masson, écrit à propos de la Garonne 
(p. 505) : « Ce fleuve fournit au marché de Toulouse de nom- 
breuses variétés de poissons et l'approvisionne en excellent gibier 
d'eau ; de sa source à son embouchure, la Garonne est peuplée de 
Truites, de Saumons, de Lottes, d'Anguilles, de Carpes, de Tan- 
ches, d'Ables, de Goujons, d'Alauses, de Brochets, de Mulles et 
autres poissons de même genre ; on y pêche aussi parfois l'Acci 
penser appelé Sturio (esturgeon) par les Gallo-Romains, et Creac 
par les Bordelais. » 

Cette énumération est sans doute fort incomplète > mais la 
nomenclature icthyologique n'avait pas au XVII e siècle la même 
précision que de nos jours; les savants (voir Rondelet) réunissaient 
sous le nom de Mugiles, ces types nombreux que !e vulgaire 
nomme aujourd'hui poissons blancs, Meuniers, Gardons, Van- 
doises, etc. Il est, du reste, étonnant que Papirius le Masson ait 
omis de signaler la Lamproie, espèce bien faite cependant pour 
attirer l'attention par la singularité de son aspect. 

M. Edmond Bonnal donne lecture du rapport de la Commission 
chargée d'étudier le projet d'établir une section de géographie. 

Ce rapport est divisé en trois parties : 

La première comprend un résumé historique des grandes 
découvertes ou des réformes accomplies dans le domaine de la 
science descriptive de la terre, depuis Hérodote jusqu'à d'Anville. 

La seconde partie retrace les efforis faits en France depuis un 
demi -siècle, pour propager et favoriser les différentes branches 
des sciences géographiques. M. Bonnal expose, à ce sujet, les 
idées qui ont guidé des négociants et des membres de l'Institut, 
dans la création d'une Commission de gréographie commerciale. 
Puis, il développe l'œuvre des journaux, des revues qui, depuis 
cinquante années, soutiennent l'honneur français sur ce point. 
L'exposé des principes de la géographie politique lui fournit Toc- 



- 42* - 

cosion de protester, en tes discutant, contrôlée théories des géogra- 
phes prussiens, notamment contre les systèmes de Bœck et de 
Kiépcrt. 

La troisième partie est remplie par l'étude sommaire des rela- 
tions commerciales des cités méditerranéennes de la Gaule méri- 
dionale. 

M. Bonnal termine en donnant l'opinion de la Commission sur 
les travaux auxquels pourraient se livrer les membres de la sec- 
tion de géographie, soit en explorant les côtes, soit en étudiant 
les questions commerciales dans leur rapport avec la géographie du 
Midi de la France. 

Lecture est faite des propositions formulées par la Commis- 
sion. 



Séance du 5 août. 

Présidence de M. le colonel Belleville. 

La Société reçoit : 

Traité sur la Rage, par M. Bourrel. Don de M. le colonel 
Belleville. 

M. d'Aubuisson lit une note sur la résistance vitale que les in- 
sectes et notamment les Lépidoptères opposent aux froids les plus 
rigoureux. L'auteur rappelle, tout d'abord, les expériences de 
Spallanzani, de Leister, de Ross, qui après avoir soumis des insec- 
tes et des chenilles à des froids de 20, 30 et 40 degrés au-dessous 
de zéro, ont pu constater soit leur ëclosion, soit leur retour à la 
vie. M. d'Àubisson a eu souvent l'occasion de répéter ces expé- 
riences et il signale surtout les chenilles de la Piéride du chou 
comme supportant très bien le froid de nos hivers. 

Conformément au règlement, le Président annonce que les 
séances de la Société seront suspendues jusqu'au mois de 
novembre. 



TOULOUSE. — TYPOGRAPHIE BONNAL ET GIBRAC, RUE SAINT-ROME, A'i. 



TABLE DES MATIERES. 

Pages. 

État des membres de la Société 5 

Liste des Académies et Sociétés correspondantes 4 

Séance de rentrée du 19 novembre 1873 13 

Sur la pétition de la Société pour l'enseignement de l'histoire na- 
turelle. E. Cartàilhac 14 

Sur la réunion de l'Association pour l'avancement des sciences. 

E. Cartàilhac 15 

Séance du 26 novembre 15 

Sur une mission scientifique au Paraguay. Balansa 16 

L. de Folin. Description de la Clausilia Arnaldi (nov. sp.) .... 17 

Séance du 10 décembre 19 

Vaussenat. Sur le tremblement de terre de Bagnères-de-Bigorre. . 1 9 

Sur le même sujet. E. Trtjtat 24 

Séance du 17 décembre 24 

E. Abeille de Perrin. Étude sur les Salpingiens européens. ... 24 

Marqlet. Description d'un nouveau Meianophila 31 

Séance du 24 décembre 33 

A. Reverdit. Stations préhistoriques de la vallée de la Vézère . . 33 

Séance du 7 janvier 1874 39 

Séance du \ 5 janvier 40 

A. Lacroix. Catalogue des oiseaux de la Haute-Garonne, l'Aude, 

etc. (suite) 41 

Élections du bureau 145 

Séance du 21 janvier 145 

Observations sur le Kanguroo rouge et le Sarcophile. S. Pianet. . !45 

E. Bonnal. Pétition pour l'emploi des courbes de niveau 146 

Sur la domestication du cheval. E. Cartàilhac, Gourdon. . . 151 

Séance du 28 janvier 1 52 

E. Trltat. Sur les glaces de fond de la vallée du Lys 152 

Cas d'albinisme observé chez un Isard. A. Chamayou 154 

Séance du 4 février i 56 

Lassère. Invasion de rongeurs dans la plaine de Valentine ....... 155 

Séance du 11 février 156 

Lettre de M. Levasseur, de l'Institut 1S6 

JVUrquet. Catalogue des coléoptères de la région (suite) 157 

Séance du 1 8 février 4 71 

E. Sauvage. Notice sur les poissons tertiaires de l'Auvergne ... 171 

Séance du 25 février 198 

Élections des Commissions des courses 198 

Séance du 4 mars 199 

Excursion aux mines de Banca (B. P.). F. Regnaglt 199 

Séance du \ i mars 200 



- 424 - 

Rey-Lbscure. clarté et esquisse agio -géologique du Tarn-et-Ga- 

ronne 201 

Cas d'albinisme chez un métis de canard commun et de Pilet. 

A. Lacroix 350 

Sur un métis de coq et de pintade. G. deMalafosse. 350 

Séance du 18 mars 350 

C'ub alpin-français. Laffont et Trutat 351 

Séance du 25 mars 351 

Colonel E. Belleville. Les Orages, l'Ozone et le Choléra. ... 351 

Séance du 8 avril 362 

Séance du 15 avril 362 

Séance du 22 avril 363 

H. Rousseau. Habitation préhistorique de la Crouzade 363 

Sur une carte d'Europe indiquant les gisements de la période finale 

de l'âge de la pierre taillée. Cartailhac 372 

Séance du 29 avril 37 3 

Compte-rendu d'une visite au muséum de Paris. Trltat 374 

Séance du 6 mai 377 

Séance du 13 mai 377 

Sur les causes géologiques de l'affaisement du tunnel deSarroui- 

Ihes. Garrigou 377 

Séance du 20 mai 378 

Séance du 27 mai 378 

Séance du 3 juin 378 

Trltat. Essai sur les Pyrénées 379 

Séance du \0jwn 411 

Chelle. Mémoire sur la découverte d'un gite calaminaire à Ba- 

gnères-de-Luchon 411 

Séance du M juin 415 

Sur les pointes de flèches on silex des dolmens de la Haute-Vienne. 

Bidaud 415 

Séance du 24 juin. . . 416 

Séance du 1 er juillet 416 

Séance du 8 juillet . . 41 G 

Séance du 1 5 juillet 417 

Séance du 22 juillet 417 

Sur le liseron des champs. Calmels 417 

Séance du 29 juillet 41 8 

Garuigou. Course de Saint-Béat 418 

E. Bonnal. Sommaire du rapport de la Commission chargée d'étu- 
dier le projet d'établir une Section de Géographie 42 1 

Séance du 8 août 422 

Note sur la résistance vitale des insectes aux froids. d'Aubuisson. 422 

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'«"lions.-. — T M , ,| ( . Bonnai. ,r Gibjuc, rue Saiiii -Rome, U